Au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, l´ensemble des objets liturgiques accuse un retour vers les formes des siècles antérieurs. Cette orientation des arts décoratifs qui s épanouit tout particulièrement sous le Second Empire et se prolonge jusqu´à la fin du XIXe siècle, associe des références diverses et recompose un style éclectique, comme c´est le cas sur la croix de Plouezec. Les têtes d´anges en saillie de part et d´autre du noeud, motif apparu au XVIIIe siècle et fréquemment repris par les orfèvres parisiens et lyonnais sous la Restauration, est ici associé à des feuilles d´acanthes qui s´inspirent davantage des modèles du XVIIe. Par delà cette recomposition qui est commune à l´ensemble du territoire, l´inscription du nom des deux fabriciens ancre cette oeuvre dans la tradition bretonne. La couronne d´épine au centre de la croix est un motif récurrent sur les croix de l´atelier Désury. Répondant à une demande de la clientèle locale, cet atelier continuera de fabriquer des croix de procession en métal précieux jusqu´au début du XXe siècle, alors que dès le milieu du XIXe siècle, les fabricants parisiens ou lyonnais proposent surtout des modèles en métal plaqué, argenté ou doré.