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Inventaire général du patrimoine culturel
Inventaire préliminaire : Ille-et-Vilaine
Auteurs de la notice : Dalibard Sabrina ; Ménard Stéphanie
Année de rédaction : 2004
Bretagne
Ille-et-Vilaine
Domloup
Les maisons et les fermes sur la commune de Domloup
Vignette
La Houssais
Dénomination : maisons ; fermes
Décompte des oeuvres recensées : inusité dans cette opération
Aire d'étude : Ille-et-Vilaine
Datation(s) principale(s) : 17e siècle ; 18e siècle ; 19e siècle ; 20e siècle

Observations

L'inventaire du patrimoine architectural de la commune de Domloup a pris en compte la totalité des bâtiments antérieurs au milieu du 20e siècle. Cependant, même si la plupart des maisons et des fermes de la commune font l'objet d'une fiche individuelle, certaines (49), trop remaniées et devenues non interprétables, sont seulement regroupées dans un dossier collectif.

Il existe 110 dossiers concernant les maisons et fermes de Domloup. Parmi ces 109 dossiers, 81 concernent les fermes et 29, les maisons.

Les fermes :

Il existe donc 81 fiches individuelles concernant les fermes antérieures au milieu du 20e siècle de la commune de Domloup.

Ces fermes sont composées d'un logis et de dépendances. Pourtant, nombreuses sont celles qui sont aujourd'hui devenues des maisons, dans ce cas, les dépendances sont quelquefois difficilement identifiables. En effet, si une écurie est aisément repérable grâce au fait que cet espace est systématiquement pavé, il n'en va pas de même pour une étable. Dans le cas où le bâtiment a été remanié, il est parfois difficile de faire la différence entre une étable et un cellier par exemple. La dépendance la plus fréquente dans les fermes de la commune de Domloup est l'étable, elle a été identifiée dans plus de la moitié des 81 fermes recensées. Vient ensuite le cellier qui est majoritairement installé dans un appentis postérieur au logis, avec, le plus souvent, un accès direct dans la salle et un accès extérieur en pignon. Dans un peu moins d'un tiers des fermes recensées, il existe encore une grange, une écurie et une porcherie. D'autre part, 18 fours subsistent sur le territoire de la commune de Domloup. Ils étaient vraisemblablement plus nombreux à l'origine, puisque chaque ferme ou presque devait en posséder un. Cependant, ces éléments souvent situés à l'entrée de la cour, sont devenus gênants et inutiles avec le temps, c'est la raison pour laquelle il en subsiste si peu. Des remises, des poulaillers et des laiteries existent également dans certaines des fermes recensées. Les laiteries sont présentes dans les bâtiments de fermes relativement récents, de la fin du 19e ou bien du début du 20e siècle, époque où des espaces sont prévus à cet effet.

Contrairement à d'autres communes du canton, comme Servon sur Vilaine où 80 % des fermes inventoriées sont situées dans des hameaux, les fermes de Domloup sont autant localisées en hameaux qu'en milieu isolé. Ainsi, plus de la moitié des bâtiments recensés est implantée en écart alors que l'autre moitié des bâtiments est implantée dans un endroit isolé. Certaines fermes originellement isolées comme Hédé sont actuellement intégrées au village, celui-ci ayant connu un développement important, notamment vers le sud.

Dans un peu plus de 80 % des fermes inventoriées, il existe des bâtiments élevés en terre ; la technique utilisée est celle de la bauge, c'est-à-dire des levées de terre successives et non un coffrage comme dans la technique du pisé. Par ailleurs, presque 70 % des fermes recensées de Domloup possèdent des bâtiments construits en moellon de schiste. Ces deux matériaux utilisés dans la construction à Domloup sont les matériaux locaux, la terre issue du sol où se trouve la construction et le schiste provenant du sous-sol de la commune. Il existe encore de nombreux points d'eau à proximité des fermes de Domloup, ceux-ci peuvent correspondre à l'endroit d'extraction de la terre nécessaire à la construction des bâtiments du lieu. Les fermes reconstruites sur des sites d'anciens manoirs présentent souvent des matériaux différents, d'importation, qui sont vraisemblablement des remplois du manoir. C'est le cas au Bois Grosdoigt par exemple où le logis possède des encadrements de baies en granite ou bien au Bois Hamon où un bâtiment dépendant de l'ancien manoir est construit en schiste recouvert d'un parement de brique à l'extérieur. La construction en bauge est répartie d'une manière relativement uniforme sur le territoire de la commune, cependant, seule la partie sud-est de la commune déroge à cette règle et comprend des bâtiments élevés en grande majorité en moellon de schiste. Quelquefois, seul le logis de la ferme est élevé en moellon de schiste et les dépendances sont en bauge. C'est le cas par exemple à Senil, la Merceraie... Souvent, dans ces exemples, le logis est antérieur aux dépendances, il date du 17e ou 18e siècle, époque où les constructions de Domloup utilisent plutôt le moellon de schiste. Les dépendances sont, quant à elles, élevées à la fin du 19e siècle en bauge. Ainsi, l'utilisation de la maçonnerie de schiste correspond souvent à une époque ancienne alors que la terre est plus largement utilisée au 19e siècle.

Les fermes rencontrées sur le territoire de la commune de Domloup sont, pour une large majorité des cas, des logis à fonctions combinées. Il s'agit donc de fermes abritant, sous un même toit, un logis composé d'une pièce généralement, et d'une ou de plusieurs dépendances, le plus souvent une étable et un cellier. Quelques fermes (une dizaine à Domloup) possèdent des logis à foyers juxtaposés, c'est-à-dire qu'il existe une cheminée sur chaque pignon. A Domloup, ce type de logis correspond à une époque, la seconde moitié du 19e siècle généralement. Enfin, il existe également à Domloup des fermes alignées les unes avec les autres, par exemple, à Roche Chaude où deux petite fermes possèdent des logis accolés au centre et de part et d'autre, des dépendances.

Enfin, en ce qui concerne les datations des fermes, une large part de celles-ci remonte au 19e siècle, comme dans la majorité des communes du département d'Ille-et-Vilaine. De plus, la seconde moitié du 19e siècle est particulièrement propice à la construction en campagne. En effet, des fermes entières sont reconstruites à cette époque à Domloup, c'est le cas de la ferme du Temple ou bien de celle de l'ouest du hameau du Nugué qui porte la date de 1865. Par ailleurs, l'une des particularités de la commune est de posséder un grand nombre de fermes possédant des bâtiments du 18e siècle. En effet, plus d'un tiers des fermes possède une construction de ce siècle. Certaines portent d'ailleurs des dates, 1775 sur le logis de la Merceraie, 1772 à la Retardais ou bien encore 1771 à Montgazon. Les fermes de la commune présentant les parties les plus anciennes remontent au 17e siècle, il en existe des exemples à Senil ou aux Noës où les logis datent du 17e siècle.

Par ailleurs, à la fin du 19e siècle, une famille propriétaire de plusieurs fermes à Domloup, la famille d'imprimeurs rennais Oberthur a fait édifier des étables notamment dans les fermes qu'elle possédait. Ainsi, les étables de la ferme de la Basse Vigne et de la Pinceguérrière (Poprune) sont identiques. La ferme de la Haute Vigne a été reconstruite par cette famille à cette époque également. L'architecte en est Emmanuel Le Ray.

Les maisons :

Il existe 29 fiches individuelles concernant des maisons antérieures au milieu du 20e siècle à Domloup. De plus, 5 fiches concernent des alignements de plusieurs maisons.

A Domloup, il existe une proportion égale de maisons construites en village et en écart. En effet, le village est en réalité très réduit, même si la construction de nombreux lotissements récemment donne une impression de bourg étendu. Il existe donc seulement une quinzaine de maisons antérieures au 20e siècle interprétables dans le village. Environ 20 % des maisons recensées de Domloup sont construites en milieu isolé, prenons en pour preuve la maison de la Croix Dorel remontant à la fin du 19e siècle. Dans les écarts de la Loudaie ou du Val se trouvent également des maisons au milieu des fermes.

A l'instar des fermes, les matériaux utilisés dans la construction des maisons de la commune correspondent aux matériaux locaux. En effet, la majorité des maisons situées en milieu rural sont construites en bauge alors que les maisons du bourg présentent une maçonnerie de moellon de schiste ou de grès. Quelques maisons sont construites avec de la brique, dans l'écart de la Houssaie par exemple et dans le bourg, près du presbytère. Ces deux constructions datent de la fin du 19e et du début du 20e siècle, période de forte utilisation de la brique. Ainsi, l'emploi d'un matériau spécifique correspond souvent à une époque particulière. Le moellon de schiste est utilisé sur les constructions les plus anciennes, ensuite, au 19e siècle, l'emploi de la bauge est très fréquent, puis, au début du 20e siècle, on assiste à un retour à la maçonnerie de moellon de schiste ou de grès. Dans le bourg de Domloup, même si leurs façades sont enduites, les maisons de la rue du Calvaire sont construites en pierre.

La maison la plus ancienne de la commune est, sans conteste, la maison du chapelain de Notre-Dame de la Rivière. Cette maison est accolée au nord de la chapelle et présente des traces du 15e-16e siècle (cheminées, escalier en vis en pierre). Certaines maisons comme celle du Haut-Val pourraient remonter au 17e siècle. Au 18e siècle, quelques maisons sont construites à Domloup, notamment au lieu-dit les Croix où il existe un alignement de deux logis de cette époque et dans le bourg, au numéro 5 rue du Calvaire qui possède une corniche en bois de cette époque. Comme dans les autres communes du canton et du département, la majorité des maisons de Domloup date du 19e siècle. Il existe des exemples de maisons construites au 19e siècle au Bas Val et à la Croix Dorel entre autre. Enfin, le bourg possède de nombreuses maisons de la fin du 19e ou bien du début du 20e siècle, particulièrement dans la rue du Calvaire. Une maison de la commune est un peu particulière, il s'agit de celle située dans le hameau de la Houssaie. Elle date vraisemblablement de la fin du 19e ou bien du début du 20e siècle et présente les caractéristiques d'une maison urbaine bien qu'elle soit implantée en campagne.

La majorité des maisons recensées sont des maisons élémentaires à pièce unique, c'est-à-dire qu'il n'existe qu'une seule grande pièce possédant une cheminée, au dessus de laquelle il existe un grenier. Ce type de maison est plutôt présent en milieu rural, par exemple au Haut Val. Les maisons du bourg sont majoritairement des maisons à travées ; les maisons de la rue du Calvaire illustrent ce cas.

Documentation

Bibliographie
Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France), p. 370-374.
BARDEL, Philippe, MAILLARD Jean-Luc. Architecture de terre en Ille-et-Vilaine. Rennes : Apogée, Ecomusée du Pays de Rennes, 2002.
BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929, p. 531-534.
OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845, p. 254.
PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie. Architecture, méthode et vocabulaire. Paris : Inventaire Général des monuments et des Richesses artistiques de la France, Centre des monuments nationaux/Editions du patrimoine, 2000.
Etude d'ensemble canton de Chateaugiron. Syndicat d'études et de programmation, Fonds social urbain, Comité interministériel pour les villes, Ministère de l'Urbanisme, du Logement et des Transports, PACT ARIM d'Ille-et-Vilaine, 1985.
RACINEUX, A. Histoire d'Acigné et des environs. Rennes, 1999.
LAURENT Catherine (dir.). Emmanuel Le Ray architecte de la ville de Rennes de 1895 à 1932. Rennes, Archives Municipales-Direction de l'Architecture du Foncier et de l'Urbanisme, 2000.

Illustrations

Voir

Voir aussi

dossier collectif : Bretagne, Ille-et-Vilaine, Domloup, Haies (les), Manoir (document hors requête)
Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne / Service Régional de l'Inventaire) / Conseil Général d'Ille-et-Vilaine / Association Pour l'Inventaire Bretagne. (c) Inventaire général. Renseignements : Centre de documentation de l'inventaire du patrimoine culturel (02 22 93 98 40 / 24)
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