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Inventaire général du patrimoine culturel
inventaire topographique (Belz)
Auteurs de la notice : Herbaut Claudie ; Toscer Catherine
Année de rédaction : 2006
Bretagne
Morbihan
Belz
Présentation de la commune de Belz
Vignette
Île de Saint-Cado et la chapelle de l'ancien prieuré fondé au 12e siècle, qui conserve des parties romanes
Dénomination : généralités
Numéro INSEE de la commune : 56013
Aire d'étude : Belz
Commentaire historique : De nombreux monuments mégalithiques du Néolithique, dolmens, allées couvertes, menhirs, parsèment la campagne ou les abords des hameaux (fig. 15). On a mis au jour en 2005 des alignements de menhirs couchés dans la lande de Kerdruellan. Le tumulus de Crubelz, aux dimensions remarquées au 19e siècle (Cayot-Delandre, 1847), est aujourd´hui arasé (fig. 3).
On attribue parfois l´origine du nom de Belz à un sanctuaire gaulois ou le dieu Belenus aurait été honoré. Aucun élément n´est venu confirmer cette hypothèse. Toutefois l´occupation protohistorique du territoire est attestée par plusieurs découvertes archéologiques tel ces deux lots de haches à douilles en bronze découverts l´un en 1886 à Kerclément (Danigo, 1986), l´autre en 1888 à Kercadoret (Le Mené, 1891). Par ailleurs, les stèles circulaires trouvées sur le territoire attesteraient de l´occupation à l´Âge du fer. Il en existe à Bodéac, à Kerclément, à Kergo.
La voie romaine Quimper Vannes passait au nord de Belz sur la commune actuelle de Locoal-Mendon. Peu de vestiges archéologiques datant de l´époque romaine ont été répertoriés à Belz. Il y aurait une ancienne villa aux abords du hameau de Magourin (Danigo, 1986).
Au Moyen Âge la paroisse de Belz est citée dans plusieurs chartes du 11e siècle et en particulier dans le cartulaire de l´abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé. En effet un ermitage attribué à saint Cado est établi sur l'île du même nom au 6e siècle. Les Bénédictins de Quimperlé recueillent cet ermitage en 1089, grâce à l´intervention du duc de Bretagne Alain IV. Ils en font un prieuré dont ils gardent les bénéfices jusqu'à la Révolution (fig. 10). L´intervention des comtes de Cornouaille dans les affaires de Saint-Cado est légitime lorsque l´on sait que le pays de Belz et les environs leur appartenaient depuis le 9e siècle sous le nom de Pou Belz (Pagus de Belz). Il rentra dans le domaine ducal en 1066, par l´avènement d´Hoel, fils d´Alain Caignard, à la couronne ducale. Le Pou Belz n´était pas seulement un territoire féodal, c´était aussi une circonscription ecclésiastique, un doyenné connu dès le 11e siècle au moins. Il s´étendait du Blavet à la rivière d´Auray, et regroupait 18 paroisses. Le doyen paraît avoir résidé d´abord à Belz. Il y possédait en toute propriété l´île de Riec. Jadis elle aurait été reliée au continent par un pont et c´est de la que vient la dénomination de Pont Belz, substituée parfois à celle de Pou Belz. Vers le 13e siècle le siège du doyenné fut transféré à Mendon. (Le Mené, 1891).
Sous le domaine ducal plusieurs seigneuries se développaient à Belz à la fin du Moyen Âge. On reconnaît ainsi aux 15e et 16e siècle : Kerguen aux Livec, Kerlutu aux Urvoy puis aux de Rosmadec, Keryargon aux Guymarho (fig. 16), Penher aux Talhouet de Keravéon.
Les quelques descriptions de la fin du 18e siècle rapportent que Belz, sous le domaine royal, dépend de la sénéchaussée d´Auray. Le pays plat est fertile en grain (Ogée, 1ère édition, fin 18e s). Il y a foire à Saint-Cado le dimanche qui précède et le dimanche qui suit le 21 septembre. Sur la carte de Cassini (fig.1) figurent les moulins à vent de Kercadoret et de Keryargon, le moulin à mer de Keroie (des Oies) et l´étang du Sac'h.
En 1795, après la bataille de Quiberon, Belz dépose les armes et adhère aux propositions de paix (Ogée, 1843). Après la Révolution, Belz devient commune, chef lieu de canton. La paroisse est rétablie en 1804.
Au milieu du 19e siècle la commune est le théâtre de grands chantiers routiers. Celui de la nouvelle départementale qui relie Auray à Port-Louis, engendre la construction d´un pont suspendu, inauguré par le préfet Lorois en 1844. Deux autres routes départementales sont aménagées dans la foulée : celle qui relie Pont-Lorois à Carnac, via Erdeven, et celle qui descend vers Etel (fig. 4 et 5). En effet, à la fin du siècle la commune bénéficie du formidable essor de la pêche au port d´Etel. Les Belzois constituent la majorité des équipages des bateaux armés à Etel. Ils iront aussi travailler dans les usines de conserves de ce même port, travail saisonnier qui occupe principalement les femmes.
Enfin c´est aussi à partir de la fin du 19e siècle que l´élevage des huîtres remplace progressivement la drague des bancs naturels qui s´épuisent. La rivière d´Etel et plus particulièrement les rivages de Belz y compris ses îlots, deviennent un pôle de production ostréicole important à l´échelle du département.

Introduction

Belz est situé en bordure de la ria d´Etel véritable mer intérieure, à environ 20 km de Lorient, 15 km d´Auray et 35 km de Vannes. Le rivage découpé de la ria constitue les limites sud-ouest, ouest et nord-ouest de la commune (fig. 8, 9 et 11). Ailleurs Belz est borné par Locoal-Mendon au nord-est, Erdeven à l´est et au sud-est, et Etel pour une petite limite au niveau du pont du Sac´h.

Le territoire communal qui couvre une superficie de 1604 hectares, est constitué d´un substrat granitique qui fut exploité de tout temps mais surtout aux 18e et 19e siècles, pour la construction à Lorient et celle du phare de Belle-Île. D'anciennes carrières subsistent à Keryargon ou à Kernio. Sur les affleurements rocheux, de larges zones de landes grossièrement orientées est-ouest existent au centre de la commune, entre Kerclément et les Quatre-Chemins, et au nord entre Kerlivio, Kernours et Trébointel. Ici elles sont plantées de bois de pins (fig. 13).

Comme dans les communes voisines, le réseau hydrographique est dense à Belz. Il est constitué de ruisseaux qui se déversent soit vers l´étang du Sac´h au sud, soit dans les nombreuses anses qui constituent la ria d´Etel au nord-ouest. Le découpage particulier du trait de côte où débouchent les ruisseaux, a permis l´aménagement de digues pour des moulins à marée (fig. 12).

Dans l´ensemble le territoire apparaît relativement plat. L´altitude moyenne est de 16m dans les landes au centre de la commune, elle s´élève à l´est et au nord-est pour atteindre le maximum de 36m à Kerclément, 30m aux environs de Bodéac et Kerlivio. La fertilité des sols, en dehors des landes, justifie la présence de fermes anciennes, regroupées en hameaux, rarement isolées (fig. 14). Les plus importants des hameaux ruraux sont aussi dotés d´une chapelle : Kerclément, Kerdonnerch. Les plus importants des villages côtiers sont des ports naturels dotés ou non de môles et de cales : Saint-Cado (fig. 6), Porh-Niscop à Kergo, Kerispern.

Un réseau de chemins anciens remarquables parcoure la campagne belzoise où les terres agricoles ni les landes n´ont pas fait l´objet d´un remembrement. On y trouve de remarquables croix de chemin. C´est l´une des caractéristiques forte des paysages de la commune (fig. 13 et 19).

Le bourg, situé à proximité du rivage de l´anse de Kercadoret, a la forme d´un village rue qui s´étend le long de la D 16 (D 9 vers Pont-Lorois). Toutefois la trame urbaine antérieure à la construction de cette route subsiste aux abords de l´église et des anciennes fermes (fig. 17 et 18).

RAPPEL HISTORIQUE ET GEOGRAPHIQUE

La commune de Belz présente une double caractéristique à la fois maritime et rurale. Même si l´on est tenté d´opposer les villages de pêcheurs ou côtiers de la frange ouest, à ceux de la partie orientale du territoire communal, bon nombre d´entre eux présentent une mixité de l´habitat : aux côtés des fermes, existent des maisons traditionnelles du monde maritime.

La construction du pont Lorois et des deux routes départementales y aboutissant, ont eu un impact déterminant dans la restructuration du territoire communal au 19e siècle. Le carrefour dit des Quatre-Chemins, né au milieu des landes, en est l´une des conséquences la plus significative. Par ailleurs et alors que bon nombre de hameaux naissent ou s´étendent à la faveur du nouveau réseau routier, d´autres au nord-est (Kernours, Kerrio, Bodéac) ou au sud-est (La Madeleine, Kerclément) restent à l´écart de toute mutation importante.

Le formidable développement de l´ostréiculture à partir des années 1890, sur les rivages de la ria d´Etel, a favorisé l´implantation de chantiers à Belz. C´est une autre caractéristique essentielle de la commune, où l´on trouve quantité de maisons de gardiens de parcs à huîtres et d´installations aquicoles diverses (cales, bassins, ateliers) y compris sur les îles à l´est de Saint-Cado.

Dans les anciennes landes, certaines plantées de pins au 19e siècle, subsistent des mégalithes de l´époque Néolithique. Cinq d´entre eux sont protégés Monument historique : à Kerprévost, Kerguerhan, Kerhuen (2) et Kerlutu. La chapelle Saint-Cado est aussi protégée Monument historique, protection complétée en 1936 puis en 1964 par un site inscrit et un site classé sur le site de l´île de Saint-Cado

La majorité des dossiers de recensement concerne les écarts, le bourg et l´habitat des années 1840-1920. On notera toutefois deux dossiers se rapportant à des manoirs inédits et deux édifices du 18e siècle : le presbytère et une maison au hameau de Saint-Cado

Le pont Lorois, remarquable ouvrage d´art reconstruit au milieu des années 1950, est sélectionné. De même, l´usine des conserveries Le Douarain (1939-1981), dont les produits sont connus sous l´appellation Les Délices de Saint-Cado, est aussi sélectionnée. Un permis de démolir concernant cet ensemble a été déposé en 2006.

Les infrastructures ostréicoles simplement repérées sont regroupées dans un dossier collectif. Il en est de même des moulins dont aucun n´est sélectionné.

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- 1 - STATISTIQUES GENERALES

Superficie de la commune : 1604 hectares.

Nombre d´écarts : 47.

Population : 2031 (recensement 2005).

Evolution de la population de 1843 à 2005 :

1843 : 1500 habitants.

1892 : 2678 habitants.

1909 : 3194 habitants.

1923 : 3289 habitants.

1996 : 3372 habitants.

1999 : 3287 habitants, et 2005 : 3424 habitants (chiffres INSEE), soit une progression de 4,2% entre les deux derniers recensements.

Logements, chiffres INSEE :

En 2005 la commune compte 2031 logements dont 1552 résidences principales, 396 résidences secondaires et logements occasionnels, 83 logements vacants.

La part des résidences principales est de 76,4%.

Dans le parc des résidences principales, en 2005, la part des maisons est de 90,5% et celle des appartements de 9,1%.

- 2 - PATRIMOINE ARCHITECTURAL : LES ECARTS et LE BOURG (48 dossiers)

Parmi les 47 écarts repérés, qui constituent la base de la présente étude, 18 sont SELECTIONNES.

Le bourg est également sélectionné.

- 3 - PATRIMOINE ARCHITECTURAL : EDIFICES ETUDIES (45 dossiers)

Patrimoine religieux : 1 église, 4 chapelles, 15 croix monumentales, 2 fontaines de dévotion, 1 grand calvaire, 1 presbytère.

Patrimoine civil : 1 fontaine publique, 1 monument aux morts, 2 ponts, 1 mairie école, 1 école, 1 poste.

Patrimoine industriel : 1 conserverie.

Manoirs : 2 manoirs dont 1 devenu château.

Maisons et fermes : 10 maisons, 1 ferme, soit un total de 11/45 dossiers architecture.

- 4 - PATRIMOINE ARCHITECTURAL, MAISONS FERMES REPEREES

Rappel : le nombre de logements est de 2031 (Chiffres INSEE, 2005). Dans le parc des résidences principales, 90,5% sont des maisons et 18,7% sont achevées avant 1949.

Recensement Inventaire des logis en 2006 (maisons, fermes) :

Au bourg : 63 repérées dont 4 sélections.

En écart ou isolé : 318 repérées dont 7 sélectionnées

Soit un total de 381 REPEREES dont 11 SELECTIONNES pour étude.

Ce chiffre de 381 maisons fermes recensées correspond à 18,7% du parc actuel des logements de la commune.

On arrive en fin d´enquête au même pourcentage que celui fourni par l´INSEE : 18,7% de résidences principales achevées avant 1949.

Il est logique que le nombre des logis repérés lors de l'étude d'inventaire se rapproche du pourcentage fourni par l'INSEE. Cependant la similitude des résultats est une coïncidence. En effet bon nombre de logis antérieurs à 1949 ont été écarté de notre étude, lorsqu'ils sont trop remaniés, ce qui est un constat fréquent en particulier pour les fermes de la commune. Pour l'INSEE divers paramètres tel l´identification des maisons devenues résidences secondaires ou celui des rénovations comptabilisées parfois en constructions neuves lorsqu´il y a changement d´affectation, nous incitent à rester prudent vis à vis des statistiques.

- 5 - PATRIMOINE MOBILIER ETUDIE

Mobilier religieux uniquement : l´étude du mobilier de l´église paroissiale, des 4 chapelles, plus un objet au presbytère, ont donné lieu à 46 DOSSIERS, dont 17 objets d´orfèvrerie.

Documentation

Bibliographie
OGEE Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de Bretagne, nouvelle édition augmentée par Marteville et Varin. Rennes, 1843, p. .
CAYOT-DELANDRE. Le Morbihan, son histoire et ses monuments, Rennes, 1847 : éditions du Bastion, 1990.
Description de plusieurs mégalithes remarquables (tumulus, dolmen, menhir) à Crubelz, Er-Vélionec, Kernours (Lann-Mané-Rohler), Kerhuen, Kerlourde, Kerlutu.
Description de l'île de Saint-Cado et de la légende qui s'y rapporte (p 503-507), p. 502.
ROSENZWEIG Louis. Répertoire archéologique du département du Morbihan. Paris 1963, p. .
LE MENE J - M. Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes, Vannes, 1891-1894, p. 56.
GILLIOUARD E. Petite histoire de la paroisse et commune de Belz. Châtelaudren, 1976, p. .
DANIGO Joseph. Eglises et chapelles du doyenné de Belz. Bannalec, 1986, p..
Le patrimoine des communes du Morbihan. Collection patrimoine des communes de France, Editions Flohic, Paris, 1996, p. 150 et suiv..
CROIX Alain (coord.), La Bretagne, d'après l'itinéraire de monsieur Dubuisson-Aubenay, P.U.R. Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, Rennes, 2006.
Publication commentée du manuscrit rédigé lors de son voyage en Bretagne en 1636, conservé à la BNF, Nouvelles acquisitions françaises 4375.
A Vannes Dubuisson-Aubenay recopie des manuscrits se rapportant à la vie de saint Cado.
Il traverse la rivière d'Etel entre Belz et Plouhinec, sur le trajet de Vannes à Port-Louis.
Il décrit la rivière d'Etel, ses franchissements possibles (3), les marais alentours de l'île de Saint-Cado, point de traversée retenu sur son itinéraire bien qu'il soit, dit-il, le plus fascheux, le plus large et aussy le moins fréquenté de tous, p. 475.

Annexe

Déroulement de l'enquête :

L'enquête sur le terrain s'est déroulée de juin à septembre 2006. Des recherches conjointes ont été menées aux archives départementales du Morbihan, au Service départemental de l'architecture et du patrimoine, à Vannes, et ponctuellement à la Conservation départementale du patrimoine mobilier (Conseil général du Morbihan). L'analyse des données et la rédaction des notices ont été achevées en décembre 2006.

Remerciements : M le Maire de Belz et l'ensemble des services de la mairie de Belz, M le recteur de la paroisse de Belz, M D. Mens (Conservation départementale du patrimoine mobilier), M Le Douarin, Mme Rius, M et Mme Bellouard, M et Mme Cador et l'ensemble des propriétaires qui nous ont ouvert leur porte et apportés les renseignements nécessaires au complément de l'enquête. M Kerhino de Pont-Lorois qui nous a piloté sur la rivière d'Etel.

Illustrations

Voir

Bretagne, Morbihan, Belz, Écarts (document hors requête)
Bretagne, Morbihan, Belz, Fontaines (document hors requête)
Bretagne, Morbihan, Belz, Manoirs (document hors requête)
Bretagne, Morbihan, Belz, Moulins (document hors requête)
Bretagne, Morbihan, Belz, Ponts (document hors requête)
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