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Inventaire général du patrimoine culturel
inventaire topographique (Baud)
Auteurs de la notice : Tanguy Judith ; Toscer Catherine
Année de rédaction : 2002
Bretagne
Morbihan
Baud
Présentation de la commune de Baud
Vignette
Quinipily, la Vénus de Quinipily
Dénomination : généralités
Numéro INSEE de la commune : 56010
Aire d'étude : Baud
Commentaire historique : La superficie de Baud s'étend sur 4798 hectares depuis le démembrement de sa trêve Saint-Barthélemy intervenu en 1867. Bien que chef-lieu du canton comme agglomération la plus importante, Baud est excentrée, située au sud du territoire. Le bourg s'est constitué à la croisée de deux routes : Auray-Pontivy et Rennes-Lorient. A ce point de jonction s'est constitué un lieu de marché, débouché des produits de la riche campagne environnante. Les foires créées au 18e siècle par le roi à la demande de la famille de Lannion, seigneurs de Quinipily en Baud, soulignent un lieu "très propre au commerce ... grâce à l'ouverture des grands chemins" le bourg étant le centre et l'entrepôt des bestiaux entre Haute et Basse Bretagne.
Sur le plan cadastral de 1829, le bourg est encore peu développé et les rues sont étroites. La place centrale est occupée par l'enclos du cimetière dans lequel s'élèvent deux édifices parallèles : la chapelle Notre-Dame de la Clarté et l'église paroissiale Saint-Pierre (détruite en 1922). Au nord de l'église s'ouvre la place du marché, au sud de la chapelle part la route d'Auray. Un nouveau tracé, établi au 19e siècle, va bouleverser la structure très simple de l'agglomération et c'est seulement à la fin du siècle que Baud prendra un caractère semi-urbain longtemps dénié à un bourg qui n'avait d'autres fonctions que commerciales.

Introduction

Présentation de la commune

La commune de Baud s'étend sur 4798 hectares depuis le démembrement de sa trêve Saint-Barthélemy intervenu en 1867. Elle est délimitée par des cours d'eau : au nord, un ruisseau établit la séparation avec Saint-Barthélemy ; à l'est, l'Evel qui traverse la commune d'est en ouest marque la limite avec Guénin ; à l'ouest, la profonde saignée du Blavet engendre une frontière naturelle avec Quistinic (fig. 1, 2), relayée par l'Evel et le ruisseau de Pont Pala, tandis qu'au sud c'est la forêt de Camors qui borne Baud.

Le territoire est vallonné, parcouru de nombreuses rivières (fig. 3, 4). Sur le canton de Baud, le Blavet forme la transition entre sous-sol de schiste et de granite. Situé à l'ouest du Blavet, Baud possède un sous-sol essentiellement granitique comme Melrand et le nord-ouest de Bieuzy. Au Crann et à Quinipily, des carrières sont encore en exploitation, vestiges de nombreuses autres dont les excavations se devinent encore dans la lande (fig. 5, 6,7). D'autres encore le long du Blavet, seront très sollicitées lors de sa canalisation et de la construction de la voie de chemin de fer.

Bien que chef-lieu du canton comme agglomération la plus importante, Baud est excentrée, située au sud du territoire. Le bourg s'est constitué à la croisée des routes d'Auray à Pontivy et surtout de Rennes à Lorient. A ce point de jonction s'est constitué un lieu de marché, débouché des produits de la riche campagne environnante.

En effet, malgré la présence importante des landes, le territoire est fertile sous l'Ancien Régime et au 19e siècle, avec une importante culture de froment destinée à l'exportation, vendue sur les marchés d'Hennebont et de Pontivy. Les autres cultures consistent en seigle, avoine, blé noir qui se commercialisent localement.

L'importance de l'élevage bovin est attestée par les nombreux logis-étables recencés sur le territoire, ainsi que dans le rapport de 1733 de l'intendant des Gallois de la Tour, très précis sur le plan économique. Le chanvre est également cultivé, dans un courtil à chanvre attenant à la ferme dont il est systématiquement fait mention dans les prisages et mesurages, le travail autour de la toile étant autrefois une source de revenus complémentaires pour les paysans. L'importante production de cidre est attestée dans les inventaires après décès qui mentionnent couramment la présence de barriques et de fûts, ainsi que dans les baux de fermage dans lesquels il est demandé aux fermiers de planter des pommiers tous les ans dans les vergers.

Quant à l'industrie, elle fait une apparition furtive et brève, lors de l'exploitation épisodique d'une mine de plomb argentifère à Saint-Maudé, de 1830 à 1920 (fig. 8). L´exploitation a été poussée jusqu´à 40 mètres, sur quatre niveaux avec un puits de 50 mètres. Le filon faisait au moins un mètre d´épaisseur. A l'exception du bâtiment administratif, il ne reste rien aujourd'hui des autres bâtiments de la mine.

De la Préhistoire au haut Moyen Âge

Le patrimoine archéologique de Baud, non répertorié dans ce dossier, couvre des périodes allant du néolithique à l'époque gallo-romaine. Avec ses onze mètres de longueur, l'allée couverte du Prieuré, classée au titre des Monuments historiques, apparaît sur la commune de Baud comme un monument mégalithique majeur (fig. 9). Au nord de l'agglomération, un menhir surplombe le ruisseau du Roffol.

L'âge du Bronze est représenté sur le terrain par une très belle sépulture individuelle mise au jour en 1974 au lieu-dit Kercorde située sur la partie élevée de Baud. Dans les communes voisines de Saint-Barthélemy, Bieuzy et Pluméliau, beaucoup d'éléments attestent une occupation importante de l'espace rural durant l'âge du Fer. A Baud comme dans le reste du canton, de multiples traces de petites constructions indigènes en forme d'enclos, sont décelables dans les surfaces cultivées. La "romanisation" se vérifie dans le matériel collecté lors des prospections. Tuiles de couverture, fragments de poteries sigillées, d'amphores et autres indiquent une réelle acculturation des populations autochtones.

La motte castrale de Tréganin apparaît comme un exemple de l'habitat fortifié autour de l'an mil. Au hasard des prospections, de nombreuses structures fossoyées sont mises en évidence sur tout ce territoire. Allant du simple parc à bestiaux à la ferme protégée par système de fossé et talus souvent surmonté d'une palissade.

Comment ne pas évoquer l'énigme posée par la Vénus de Quinipily ? Si son origine reste inconnue, cette statue qui surplombe la fontaine du château de Quinipily a longtemps été source de discorde. Dressée dans un premier temps sur la butte de Castennec en Bieuzy, la Vénus de pierre était vénérée selon des rites païens. En 1661 et 1690, l'évêque de Vannes la fit jeter dans le Blavet. Sa récupération, en 1698, par le comte de Lannion en son château de Quinipily provoqua un retentissant procès avec le duc de Rohan. Objet de curiosité aujourd'hui, elle reste un but de visite et apparaît comme un atout touristique du canton (fig. 10).

Sous l'Ancien Régime

L'histoire de Baud est indissociable de la paroisse de Saint-Barthélemy, ancienne section détachée en 1867 pour devenir commune à part entière, à la demande des habitants qui trouvent le bourg de Baud trop éloigné.

Le territoire du canton de Baud est situé dans l'ancienne forêt primitive centrale de Bretagne qui constitue aux premiers temps féodaux le comté du Porhoët issu du démembrement du comté de Rennes. En 1221, le comte Alain reçoit de son frère Geoffroi la totalité du territoire situé à l'ouest de l'Oust dans lequel se situe le canton de Baud, avec Castel Noec (en Bieuzy) ou Castennec comme siège. Le château tombe en ruines, aussi Alain de Castel Noec transporte-t-il en 1228 le siège de la seigneurie sur l'Oust, à Rohan, dont il prendra le nom. Seigneur suzerain du territoire, en particulier des paroisses de Bieuzy et Melrand et d'une partie de celle de Guénin et Pluméliau, la famille de Rohan rentre en possession de la seigneurie de Baud, initialement détachée de la vicomté de Rohan, dès la fin du 15e siècle. Plus tard, vendue aux Kerveno de Pluméliau, Baud constituera avec Kerveno une très puissante seigneurie érigée en marquisat en 1623 et relevant directement du roi. L'influence locale des familles de Kerveno et de Rimaison (en Bieuzy) sera relayée au 18e siècle par la famille de Lannion, gouverneurs de Vannes, rentrée en possession de la seigneurie de Quinipily à Baud au milieu du 17e siècle.

L'emprise de ces puissantes familles est telle que peu de petites seigneuries vassales peuvent s'implanter. Certains lieux en conservent cependant encore des traces (voir : dossier collectif manoirs et château, dossier collectif moulins).

A l'inverse, l'architecture vernaculaire a conservé de nombreux témoins des 17e et 18e siècles ainsi que quelques vestiges du 16e siècle, reflets d'une bonne santé économique pour la province sous l'Ancien Régime (voir : dossier collectif maisons et fermes).

Documentation

Documents figurés
Archives départementales du Morbihan. Série 3 P, cadastre ancien.
Archives départementales du Morbihan. Série 5 Fi 8, fonds Lapie.
Archives départementales du Morbihan. Série 9 FI, Baud, .
Archives départementales du Morbihan. Série O, travaux communaux : 20 10/ 6, 8.
Archives départementales du Morbihan. Série S 489, usine de plomb de Saint-Maudé.
Archives départementales du Morbihan. Série S 1032, cours d'eau, moulins et usines.
Archives départementales du Morbihan. Série S 1033, cours d'eau, moulins et usines.
Archives départementales du Morbihan. Série 1 Fi 116, cartes et plans.
Le Conservatoire Régional de la Carte Postale (le Cartopole de Baud) , .
Bibliographie
Archives départementales du Morbihan. Série O, travaux communaux : 20 10/ 9.
Archives départementales du Morbihan. Série S 267, chemin de fer, ligne Pontivy-Auray.
Archives départementales du Morbihan. Série E 1575, aveux en Pluméliau, .
Archives départementales du Morbihan. Série 6E 2527, prisages et mesurages en Melrand.
Bulletin et Mémoires de la Société Polymathique du Morbihan, tome CXXIX, 2003, imprimerie régionale, 29380 Bannalec.
CAYOT-DELANDRE. Statistiques communales du canton de Baud. Dans : Annuaire statistique historique et administratif du département du Morbihan. Vannes, 1836.
DE LA PINSONNAIS, Amaury. Généalogie de la famille Moraud. 2003, p. 3.
DANIGO, Joseph.Eglises et chapelles du pays de Baud. Imprimerie Presse du Morbihan, Lorient, 1974.
DUBUISSON-AUBENAY. Itinéraire de Bretagne.
DU HALGOUET, Hervé. Le duché de Rohan et ses seigneurs. Saint-Brieuc, 1925.
DU HALGOUET, Hervé. La vicomté de Rohan et ses seigneurs. Saint-Brieuc, 1921.
DUHEM, Gustave. Les églises de France, Morbihan. Paris, 1932.
L'Estampille/ L'Objet d'art, numéro 342, décembre 1999, éditions Faton, 21000 Dijon.
FLOQUET, Charles.La Vénus de Quinipily.Keltia Graphic éditions, Spezet, 1998.
Inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France. Vallée du Blavet. Le canton de Baud. Bretagne. 2003. Rennes : Editions Apogée. (Images du Patrimoine ; n° 235).
LAIGUE, René, comte de. Mémoire et réformation de la noblesse, p. 62-67.
LE MAITRE, Alain. La misère dans l'abondance au XVIIIe siècle. Le rapport de l'intendant des Gallois de La Tour, 1733. Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne, 1999.
LE MENE, Joseph-Marie.Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes. Vannes : Imprimerie Galles, 1894, t. II. p. 355.
Le Patrimoine des communes, le Morbihan. Paris, Flohic, éditions 2000 (Collection Le Patrimoine des Communes de France).
LE TALLEC, Jean. La vie paysanne en Bretagne centrale sous l'Ancien Régime. Editions Coop Breizh, 1996, .
LUCO, Abbé.Pouillé historique de l'ancien diocèse de Vannes. Bénéfices séculiers. Vannes : imprimerie Galles, 1884.
OGEE, Jean-Baptiste.Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Rennes : Molliex, libraire-éditeur, 1843-1853, p. 70-72.
SEE, Henri. Les classes rurales en Bretagne du XVIe siècle à la Révolution. Gérard Monfort Editeur, 1978, reprint de l'édition de 1906.
ROSENZWEIG, Louis. Répertoire archéologique du département du Morbihan. Paris, 1863, .

Illustrations

Voir

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