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Inventaire général du patrimoine culturel
enquête thématique régionale (fortifications littorales)
Auteur de la notice : Lécuillier Guillaume
Année de rédaction : 2005
Bretagne
Ille-et-Vilaine
Saint-Malo
Le Grand Bé
Fort
Vignette
Vue générale de l'îlot du Grand Bé

Désignation

Dénomination : fort
Appellation et titre : Fort du Grand Bé
Partie(s) contituante(s) : batterie ; caserne

Précisions sur la localisation

Numéro INSEE de la commune : 35288
Aire d'étude : Bretagne Nord
Milieu d'implantation : isolé
Latitude : 48.6518264
Longitude : -2.0341431

Eléments de description

Matériau(x) du gros-oeuvre et mise en oeuvre : granite ; pierre de taille ; moyen appareil ; petit appareil ; moellon ; terre
Matériau(x) de couverture : pierre en couverture
Vaisseau et étage : rez-de-chaussée ; 1 étage carré
Etat de conservation : vestiges

Eléments d'historique

Datation(s) principale(s) : 17e siècle ; 18e siècle
Datation(s) en années : 1697
Auteur(s) de l'oeuvre : Vauban (ingénieur militaire) ; Siméon Garangeau (ingénieur militaire)
Personne(s) liée(s) à l'histoire de l'oeuvre : Louis XIV (personnage célèbre)
Commentaire historique : Fonction : protéger Saint-Malo. Système défensif de Saint-Malo.

Statut juridique

Statut de la propriété : propriété de la commune

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre : vestiges de guerre ; à signaler ; à étudier
Nature de la protection MH : édifice non protégé MH

Synthèse

FORT DU GRAND BE.

SAINT-MALO

in La route des fortifications en Bretagne et Normandie de Guillaume Lécuillier, coll. les étoiles de Vauban, Paris, éditions du Huitième jour, nov. 2006, 168 p.

"Le Grand Bé est un fort de pareille construction que celui d´Arboulé [La Varde], muni de huit canons et de trois mortiers. Il a cinq embrasures qui ont leur découverte sur le mouillage de la fosse aux Normands". Garangeau, août 1695.

A la différence du Petit Bé ou du fort National élevés tous deux sur des rochers, le Grand Bé est construit sur un îlot... S´il semble aujourd´hui arasé, le Grand Bé conserve outre la célèbre tombe de Chateaubriand tournée vers le large, de nombreuses traces d´occupations anciennes. Ile de quarantaine fortifiée dès le 16e siècle, le site est réutilisé par Vauban en 1689 pour la défense de Saint-Malo.

Le plan du projet d´agrandissement vers le nord du fort sur le Grand Bé, établi à Saint-Malo par Garangeau le 12 juin 1697, nous apprend que le corps de garde et le petit magasin à ustensiles ont été aménagés dans une ancienne chapelle... et que d´autres petits édifices en appentis regroupent le logement du maître canonnier et un magasin à poudre. Cette même année, les archives montrent que le Grand Bé était doté de 250 bombes pour ces trois mortiers, et disposait en outre de quatre canons de 48 livres de balle (le nec plus ultra de l´époque), quatre canons de 36 livres de balle et quatre autres de 24 livres de balle ; plus de 1 200 boulets tous calibres confondus et près de huit tonnes de poudre. La garnison était composée de 2 officiers, 30 soldats, 3 "bombardiers", 4 canonniers de marine, 120 canonniers de milices (des apprentis canonniers en somme) et 45 matelots habitués à obéir rapidement aux ordres...

Durant la Seconde Guerre Mondiale, les allemands réutilisèrent l´îlot (codé Stp. Ra n° 276) en y installant une batterie lourde de marine armée de quatre canons de 105 mm, deux canons antiaériens et un canons antichars ainsi que deux projecteurs, ce qui lui valut d´être très fortement bombardé par les Américains... Propriété de la ville de Saint-Malo, le Grand Bé est accessible à marée basse par une chaussée submersible.

Documentation

Bibliographie
PLAYOUST-LEQUETTE (V.), La défense avancée de Saint-Malo au temps de Siméon Garangeau (1689-1741), mémoire de doctorat d´Histoire de l'Art de l´Université Paris IV, Sorbonne, sous la dir. de Antoine Schnapper, Paris, 1997, 4 vol., 960 p. (Bibliothèque Serpente, Paris, cote BUT 4020).

Annexe

Garangeau (alias Garengeau) d'après BLANCHARD (A.), Dictionnaire des ingénieurs militaires 1691-1791, Montpellier, 1981, 2 tomes.

"Famille de bourgeoisie parisienne.

1678, Siméon Garangeau

Né à Paris vers 1647.

Père : Sieur François Garangeau, bourgeois de Paris, maître menuisier.

Mère : Demoiselle Marie Dubois.

Soeurs :

- Françoise, aînée, épouse de Jacques gousse.

- Marie, épouse de Jean Rémy et belle-mère d´un apothicaire.

- Françoise, cadette, épouse de Charles Courtois, maréchal des logis de la dauphine (toutes trois habitant Paris ; mortes avant leur frère).

Célibataire.

Mort à Saint-Malo le 25 août 1741, âgé de 94 ans.

Ingénieur ordinaire, département de la Marine, à 31 ans en 1678 ; affecté à Brest.

Ingénieur en chef à Saint-Malo en 1691 ; ayant le soin de Saint-Malo, du fort en dépendant et du château du Taureau.

Directeur des fortifications de Haute-Bretagne au début du 18e siècle.

Capitaine réformé au régiment de Champagne à une date inconnue, chevalier de Saint-Louis en 1712. Mort en activité.

Services de guerre inconnus.

Très remarquable architecte auquel on doit de très nombreux travaux, en particulier les suivants :

- Les forts de l´île d´Harbour, de la Latte en Plévenon, du Petit Bé, de la Conchée, de l´Ile aux Moines.

- Les travaux au château du Taureau et à la tour de Solidor,

- La canalisation du Couësnon, celle des marais de Dol,

- Plusieurs batteries et tours à feux,

- Les hôpitaux de Morlaix et de Cézembre,

- Les églises de Saint-Louis de Brest, de Saint-Servan, de Cancale, la chapelle Saint-Sauveur de Saint-Malo,

- Les répartitions des remparts de Brest et de Dinan,

- Les accroissements de Saint-Malo,

- Les projets de Saint-Servan,

- Plusieurs malouinières (maisons de campagne de Saint-Malo)".

Illustrations

Voir

Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne / Service Régional de l'Inventaire). (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne, APIB. Renseignements : Centre de documentation de l'inventaire du patrimoine culturel (02 22 93 98 40 / 24)
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