Extrait de l'ouvrage d'Henri Fréville, tome 1, p. 188-189.
"Cleunay naissait, ainsi, de la nécessité de faire face à des besoins pressants produits de l'abandon dans lequel avaient été laissés, pendant des dizaines et des dizaines d'années, sous des municipalités de toutes nuances, certains quartiers de la ville et, d'abord, la rue de Brest. Il n'avait pas été, initialement, conçu comme le furent ceux qui furent construits après lui - à partir d'un plan longuement mûri et d'une législation spécifique ; il porta longtemps les traces de l'empirisme qui présida à sa naissace mais il est appelé à un épanouissement certain en dépit des difficultés rencontrées au départ.
Ajoutons que le ministère de la Construction, dès l'achèvemet des premiers logements d'urgence, compte tenu du prix rlativement bas auquel les terrains avaient pu être acquis [...] suggéra d'implanter immédiatement, à côté de la cité d'urgence, un nombre relativement important de logements dits "sociaux" ressortissant à ce qui fut appelé à l'époque "l'opération million" ; nous fûmes amenés à souscrire à cette offre ayant l'avantage de comporter une aide directe de l'Etat, en capital, pour chaque unité d'habitation construite et de nous ouvrir des possibilités de contracter un emprunt alors que c'était là chose très malaisée à l'époque.
L'inconvénient, par contre, était que le nouveau programme proposé par les pouvoirs publics comportait uniquemenet des logements pour la construction desquels devaient être strictement respectés certains impératifs économiques et architecturaux tendant à réduire au maximum les prix de revient tel, par exemple, la réaisation de toits à pnte unique ce qui contribuait à donner à l'ensemble un cractère de monotonie que nous déplorions. Mais les candidats à l'utilisation de ces logements furent extrêmement nombreux et les demandes se multiplièrent à un rythme accéléré.".