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Inventaire général du patrimoine culturel
inventaire topographique (Rennes)
Auteur de la notice : Barbedor Isabelle
Année de rédaction : 1998
Bretagne
Ille-et-Vilaine
Rennes
Zone d'urbanisation prioritaire du Blosne, dite ZUP Sud
Vignette
Les éléments attractifs du quartier, CEDER, 1961 (A. C. Rennes)
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Périmètre juridique et périmètre d'opération

Désignation

Dénomination : zone d'urbanisation prioritaire
Partie(s) contituante(s) : avenues ; boulevards ; rues ; églises ; lycée ; collèges ; hôpital ; centre culturel ; galeries marchandes ; édifices sportifs ; quartier

Précisions sur la localisation

Numéro INSEE de la commune : 35238
Aire d'étude : Rennes ville
Canton : Rennes ville
Milieu d'implantation : en ville
Latitude : 48.0794247
Longitude : -1.6966880

Elément de description

Commentaire descriptif : La zone d´urbanisation prioritaire, implantée au sud de la ville, est limitée à l´est et à l´ouest par deux voies de grande communication, la rue de Nantes et la rue de Vern, au sud par la rocade, enfin au nord par un boulevard de contournement (boulevard Albert-Ier, boulevard de l´Yser, boulevard Oscar-Leroux et boulevard Léon-Grimault). Elle est traversée par des réseaux pénétrants (l´avenue Henri-Fréville et l´avenue des Pays-Bas) qui dessinent trois quartiers : à l´est, le quartier du Landrel, au centre, le quartier Italie, à l´ouest, le quartier Bréquigny.
La trame urbaine est orthogonale, formée d'îlots rectangulaires et d'îlots irréguliers, au nord, en limite des quartiers voisins.
Chaque quartier est formé d´îlots qui sont tous bordés sur au moins un côté par une voie primaire. Des passages souterrains permettent le franchissement piétonnier des voies séparant les îlots ; des dessertes internes donnent accès aux aires de jeux et aux espaces verts aménagés en coeur d´îlot. Des parkings et des aires de stationnement sont disposés à la périphérie des îlots. A l´est et à l´ouest, deux parcs sont aménagés à proximité d´établissements scolaires du second degré ; le plus important est le pôle ouest qui regroupe lycée, collège et complexe sportif.

Eléments d'historique

Datation(s) principale(s) : 3e quart 20e siècle
Datation(s) en années : 1959 ; 1961 ; 1964 ; 1965
Justification de la (des) datation(s) : daté par source
Auteur(s) de l'oeuvre : Marty Michel (architecte)
Justification de la (des) attribution(s) : attribution par source
Commentaire historique : Créée par un arrêté ministériel du 7 octobre 1959, la Z. U. P. du Blosne conçue par l´architecte urbaniste Michel Marty, nommé architecte chef des opérations en 1960, est généralement appelée la ZUP Sud, en raison de sa situation géographique. Son périmètre juridique délimite une superficie de 500 hectares, ramenée à 340 hectares pour le périmètre opérationnel qui exclut les terrains acquis par la ville pour la construction du lycée Bréquigny et pour la création d´un cimetière, mais aussi les terrains déjà lotis et la rocade dont l´emprise va modifier les contours de la ZUP. Un arrêté préfectoral du 16 juin1964 entérine l´extension du secteur vers le sud-est.
Au plan programme, défini en 1961, succèdent le plan masse dessiné en 1962 et le règlement d´architecture élaboré en 1965 par l'agence d'architecture Marty et Denieul. Les îlots sont nommés de A à S à cette date. Les terrains sont acquis et libérés en presque totalité, en 1966.
Les constructions débuteront autour de 1965 et se poursuivront jusqu´à la fin des années quatre-vingt.

Intérêt et protection

Nature de la protection MH : édifice non protégé MH

Synthèse

La ZUP doit permettre de faire face à une crise du logement, dans le cadre d´une planification globale de la ville dont l´extension est programmée entre trois ZUP, celle de Maurepas, au nord-est, celle de Villejean-Malifeu, au nord-ouest, enfin celle du Blosne, au sud. Ces quartiers « entièrement nouveaux, [sont] choisis pour des raisons de voisinage avec des zones d´emploi et indépendamment des tendances naturelles de l´expansion », comme l´indique le rapport d´ensemble. La ZUP du Blosne s´inscrit cependant dans la logique de développement de la ville vers le sud dont il s´agit de stopper la tendance spontanée et désordonnée. L´implantation de l´usine Citroën à Chartres-de-Bretagne sera un facteur décisif dans le choix de favoriser et d´organiser le développement vers le sud, malgré les contraintes topographiques.

La ZUP se superpose à une zone rurale de la commune qui subsistait, jusqu´en 1960, au sud de l´axe des boulevards Albert-Ier, Léon-Grimault et de l´Yser.

Le cadastre de 1812 permet d´observer la présence de nombreux manoirs déclassés, ceux du Böedrier et de Saint-Donatien-la-Forêt, ceux des Hautes-Ourmes et des Basses-Ourmes, mais aussi de petites fermes et de maisons rurales construites en bordure des chemins et parfois décrites par Paul Banéat (celles du Gacet, de la Moinerie et du Cormier, celle du Landrel, qui possédait une avenue plantée visible sur le cadastre de 1842). Les villages de Torigné et de la Goupillais ont eux aussi disparu. Seules subsistent à l´état de vestiges les emprises des jardins du manoir des Hautes-Ourmes et du château de Bréquigny, détruits à la fin des années 1960, les maisons des Ecotais et des Hautes-Chalais.

Pour faciliter la commercialisation de ce nouveau secteur urbain, la S. E. M. A. E. B. proposera, en 1968, de conserver la toponymie ancienne pour nommer les nouveaux sous-quartiers (résidence des Hautes-Ourmes, du Landrel, des Basses-Ourmes, etc.) et de proscrire le sigle de ZUP de la dénomination Rennes-Le Blosne, du nom du ruisseau qui coulait au sud de la commune.

Seuls quelques toponymes ont été conservés dans la voirie (allée du Gacet, place de Torigné, quartier du Landrel), l´ensemble porte des noms de provinces ou de villes européennes (Europe centrale à l´est, Europe du Sud, au centre et Europe du Nord à l´ouest). Les arrêts de bus portent le nom de quelques toponymes anciens (Gacet, Landrel, Hautes-Ourmes et Torigné, Canada-Les Chalais) alors qu´on l'observe pour une seule station de la ligne du VAL ouverte en 2002 (Le Blosne) qui traverse la ZUP selon un axe est-ouest. Les parcs aménagés sur les terres d´anciens manoirs conservent également leur toponyme (parcs des Hautes-Ourmes et de Bréquigny), comme les groupes scolaires (Hautes-Ourmes, La Binquenais, Les Chalais, Bréquigny). L´avenue Henri-Fréville portera le nom du maire de Rennes qui fut le fervent promoteur du projet.

Selon le plan de masse dessiné en 1965, chaque quartier est formé d´îlots desservis par des voies dont la largeur est fixée à 10 m pour les voies primaires et à 7 m pour les voies secondaires. Des passages souterrains permettent le franchissement piétonnier des voies séparant les îlots ; des dessertes internes donnent accès aux aires de jeux et aux espaces verts aménagés en coeur d´îlot. Des parkings et des aires de stationnement sont disposés à la périphérie des îlots. A l´est et à l´ouest, deux parcs sont aménagés à l´emplacement des jardins du manoir des Hautes-Ourmes et du château de Bréquigny, complétés, au sud et au nord-ouest, par des équipements sportifs.

Le réseau ancien conservé a été profondément modifié, la rue de Châtillon est interrompue au niveau de la rue d´Espagne et l´ancien chemin de la Goupillais a été élargi et rectifié pour former un tronçon du boulevard de contournement, l´actuel boulevard Albert-Ier. L´avenue Henri-Fréville rompt le chemin dont il reste des vestiges dans les îlots C et D. Les seuls édifices anciens conservés sont situés dans l´îlot J, il s´agit du manoir des Hautes-Chalais et de la maison des Chalais, alors qu´il ne subsiste que les jardins du manoir des Hautes-Ourmes et du château de Bréquigny. Au sud des Chalais, les jardins sont également conservés.

Les équipements publics sont nombreux, certains fonctionnant à l´échelle de la ville entière voire au-delà, comme le lycée Bréquigny et le complexe sportif du même nom (avant 1983) ou encore l´hôpital (1979) et le centre commercial Alma (1973) où sont situés bowling et cinémas. La ZUP est cependant équipée d´établissements scolaires, sportifs et religieux répartis dans les quartiers qui disposent à l´origine d´une église ; un local est mis à la disposition de la communauté israélite, 2 allée de Brno) et d´un collège mais aussi de plusieurs groupes scolaires liés aux unités de voisinage. En 1983, un programme de bureaux : Le Méridien, Le Crimée (îlot O), les Argonautes (îlot J), PTT (îlot D), vient compléter l'ensemble.

L´ensemble des logements collectifs, dont l´unité est la résidence, est à l´origine conçu par groupes d´immeubles formant eux-mêmes des unités de voisinage dans lesquelles s´intègrent également des logements individuels. Ceux-ci, peu nombreux (10%), sont disposés à la périphérie, au sud et au sud-ouest. A l´origine, le quartier ouest regroupe trois unités de voisinage composées de logements collectifs, le quartier est compte trois unités de voisinage, dont deux mixtes, le quartier centre en compte quatre, dont deux mixtes. Ces unités de voisinage ne coïncident pas avec les îlots, elles sont distribuées par des voies secondaires et des dessertes d´îlot. Les programmes de logement ne coïncident pas avec les îlots.

Le ministère de la Construction émet un avis favorable, en 1962, considérant « que l´ensemble des problèmes exposés trouve une heureuse solution tant dans le plan programme que dans le plan de masse établi par l´architecte en chef ». Il émet cependant une réserve sur l´emplacement des commerces (voie à grand trafic vers la ville) et insiste sur le fait que le cimetière « puisse jouer le rôle d´une véritable zone paysagère de calme et de verdure ».

Le choix de l´emplacement des églises, dont l´emprise est fixée à 1 ha pour chacune d´entre elles, sera soumis à l´archevêché, en 1962, qui expose ses préférences pour le sud-est du rond-point Albert-Ier, et non l´emplacement projeté, « adossée au cimetière », pour les abords de la ferme de Saint-Donatien, mieux situés par rapport aux églises existantes ; enfin regrette l´emplacement prévu au sud-est, « rejetée à l´extrémité ou presque de la ZUP, non loin de la rocade », et préfèrerait le secteur de la ferme du Petit-Thorigné.

Ces quartiers doivent accueillir les 12000 logements prévus, 5000 à l´est, 3210 au centre et 3680 à l´ouest. Un autre projet présente une répartition différente et moins dense, soit près de 4000 logements aux secteurs centre et est et moins de 3000 au secteur ouest, dont l´emprise est largement mobilisée par le complexe sportif, le lycée et le parc de Bréquigny. Ces deux secteurs sont ceux qui comptent aujourd´hui le plus de logements sociaux (60%) alors que le rapport est inversé dans le secteur ouest où il n´atteint que 40%.

Le bilan de 1969 donne le chiffre de 1025 logements construits et 2840 en cours.

Le programme 1969-1971 prévoit la construction de 4647 logements, dont 1980 HLM et 2267 primés et non aidés (ces derniers dans l'îlot H).

La connexion avec les quartiers existants s´effectue principalement avec le secteur des Champs-Manceaux et dans une moindre mesure avec celui de la Thébaudais.

Documentation

Documents d'archives
A. C. Rennes. Série 666 W 4. ZUP sud (1965-1969) .
A. C. Rennes. Série 666 W 5. ZUP sud (1965-1969) .
A. C. Rennes. Série 666 W 3. ZUP sud (1962-1970) .
A. C. Rennes. Série 666 W 1. ZUP sud : demande de financement 1ère tranche (1964) .
A. C. Rennes. Série 666 W 2. ZUP sud (1960-1970) .
A. C. Rennes. Fonds Marty ; 8 Z 7. Plan d'implantation des immeubles dans les quartiers (1966-1972) .
A. C. Rennes. Fonds Marty ; 8 Z 1. ZUP du Blosne. Urbanisme. Dossier général Rennes Le Blosne. Dossier programme (1966) .
A. C. Rennes. Fonds Marty ; 8 Z 2. ZUP du Blosne. Urbanisme et espaces verts (1962-1983) .
A. C. Rennes. Fonds Marty ; 8 Z138. Le Landrel. Projets d'architectes H. L. M. (1967) .
Documents figurés
[1961]. Rennes sud. Programme, schéma, 1961 (A. C. Rennes).
[1961]. Rennes ZUP sud. Zones préférentielles des équipements, schéma, CEDER, 1961 (A. C. Rennes).
[1961]. Rennes ZUP sud. Eléments attractifs du quartier, schéma, CEDER, 1961 (A. C. Rennes).
[1961]. Rennes ZUP sud. Les structures urbaines du quartier prévisibles à l'achèvement de la ZUP, schéma, CEDER, 1961 (A. C. Rennes).
[1961]. Rennes ZUP sud. Les structures urbaines prévisibles des constructions nouvelles de la ZUP, schéma, CEDER, 1961 (A. C. Rennes).
[1961]. Rennes ZUP sud. Organisation du plan de masse, schéma, CEDER, Marty et Denieul architectes en chef, 1961 (A. C. Rennes).
[1961]. Rennes ZUP sud. Programme d'équipement par centres de regroupement, schéma, CEDER, 1961 (A. C. Rennes).
[1961]. Rennes ZUP sud. Les équipements sociaux, sanitaires, culturels et sportifs au sud de Rennes, en 1961, schéma, CEDER, 1961 (A. C. Rennes).
[1961]. Rennes ZUP sud. Les quartiers réels, en 1961, schéma, CEDER, 1961 (A. C. Rennes).
Bibliographie
FABRE-VERDIER, Rachel, ROZE, Christèle. "Existe-t-il une typologie du grand ensemble ? " In Grands ensembles urbains en Bretagne, sous la direction de Frédérique Fromentin et Yveline Pallier, éditions Apogée, 1997, p. 20-22.
FREVILLE, Henri. Un acte de foi. Trente ans au service de la Cité. Rennes : éditions Sepes, 1977, tome 1, p. 232-240.

Annexes

Ville de Rennes ZUP Sud. Dossier Programme. Rapport d´ensemble, 1965 (A. C. Rennes ; 8 Z 1)

Le programme prévoit la création de 12 531 logements, dont 641 HLM alors en cours de construction, soient 11 890 logements à construire (dont 1200 individuels). Le financement prévu s´échelonne sur plusieurs tranches entre 1965 et 1971 et s´accompagne d´une étude sur l´opportunité d´un chauffage urbain et la construction d´un réservoir de 5000 m3 d´eau potable. Dans l´avant-projet technique de la DCM du 30 avril 1965 ces logements sont répartis dans les trois quartiers : 3680 à l´ouest, 3210 au centre et 5000 à l´est.

Ces logements sont répartis en groupes : 4000 logements HLM et ILN (immeuble à loyer normal) ; 6705 logements primés ; 745 logements non aidés ; 440 PSR.

Les équipements

Le programme prévoit la création de 156 classes élémentaires, 16 classes de perfectionnement et 66 classes maternelles, soit une capacité d´accueil de 9000 élèves pour des besoins estimés à 10 100 élèves. Le complément est pourvu par les groupes scolaires Oscar-Leroux, Volclair, Margueritte et Haute-Chalais, prévus en 1966, et par un établissement privé projeté. L´enseignement secondaire est assuré par trois collèges (3600 élèves), un lycée et un CET (648 élèves), complétés par le lycée polyvalent de la Poterie, en construction au moment de la création de la ZUP.

Des zones de jeux et de plein air (18 ha) doivent être aménagées le long du ruisseau de Blosne et de la rocade dans la zone de non aedificandi et dans chaque groupe scolaire (7 ha), mais également le complexe sportif de Bréquigny (2 ha), le parc de Bréquigny (1,3 ha), le parc des Hautes-Ourmes (3,8 ha). Les espaces verts internes aux différents quartiers sont estimés à 83 ha, auxquels s´ajoutent ceux qui sont liés à la voirie (28 ha).

Les équipements sanitaires, sociaux et socioculturels placés dans deux centres urbains prévus au point d´arrivée des deux pénétrantes devaient accueillir 2 centres culturels, 2 maisons des jeunes (type 8), 4 maisons des jeunes (type 3), 2 foyers de jeunes travailleurs et 2 foyers de jeunes travailleuses, 1 établissement pour débiles profonds, 1 centre d´accueil pour inadaptés à caractère social, 1 centre d´accueil et foyer de semi-liberté pour garçons, 2 foyers logements et deux foyers club pour personnes âgées, 2 centres sociaux et 10 antennes, 2 dispensaires, 2 annexes de la mairie, 2 annexes du bureau d´aide sociale, 2 annexes du commissariat de police, 1 central téléphonique de 10 000 lignes et 2 recettes PTT, mais également quatre centres de culte, deux cabinets de groupe et un bureau payeur de la Sécurité sociale.

L´approvisionnement devait être assuré par deux centre commerciaux principaux et quatre centre commerciaux de quartier et par les centres implantés à proximité.

Une zone d´activité existante, la S. A. Fairchild (ateliers de fabrication de semi-conducteurs), doit permettre la création de nombreux emplois féminins.

La voirie

Pour assurer des liaisons rapides avec les zones d´emploi (zones industrielles et usine Citroën de Chartres-de-Bretagne), les quatre pénétrantes radiales doivent être améliorées par la rectification des rues de Nantes et de Vern, la prolongation de la rue de l´Alma qui doit former le futur axe Rennes-Nantes, et l´aménagement des échangeurs de la rocade. Cet impératif des liaisons avec les bassins d´emploi justifie le maillage rectangulaire qui permet de raccorder la voirie primaire de la ZUP aux pénétrantes et à la rocade.

Le projet de Marty

L´objectif est la structuration du quartier à l´échelle de la voiture avec des réseaux secondaires dans lesquels on limite sa présence à la desserte des logements, qui se traduit par un maillage orthogonal fort à l´intérieur duquel les implantations simulent un pseudo-désordre avec peu d´alignements.

I Etude socio-démographique

Le projet de Marty se base sur l´analyse du mouvement d´urbanisation des quartiers sud de Rennes qui se développent depuis la fin du 19e siècle, au sud de la voie ferrée, le long des faubourgs et en maisons individuelles dans les lotissements. En 1955, l´accroissement est favorisé par l´impulsion des HLM, le parc immobilier passe de 10 229 logements en 1954 à 13 881 logements en 1962.

Les quartiers sud de Rennes sont alors les quartiers de Villeneuve, Alma - Châtillon, Riaval, Cimetière de l´Est, Vern (dont l´accroissement est supérieur à 80%), Sainte-Thérèse, marqué par un gros afflux de population, Margueritte, caractérisé par une grande densité de l´habitat collectif, qui sera intégré à la ZUP en raison de sa proximité et de son organisation, marquée par l´importance de la reconstruction entre 1962 et 1965, Courouze et Saint-Jacques.

S´ajoutent les quartiers de Châtillon-Vern et de Bréquigny-Châtillon.

Ces nouveaux logements sont constitués pour près de 90% d´immeubles collectifs de plus de 100 logements. Entre 1954 et 1966 on constate l´augmentation de chaînes de petits, moyens et grands ensembles de 200 à 500 logements, au sud des boulevards Georges-Clemenceau, Emile-Combes, Franklin-Roosevelt et Léon-Bourgeois.

La structure urbaine des quartiers sud est liée à la présence de la voie ferrée qui n´autorise que 4 franchissements. Trois axes de liaison nord-sud (Nantes, Alma et Saint-Hélier), qui constituent des axes de fuite et deux axes de coupure est-ouest (Jacques-Cartier, Georges-Clemenceau, Emile-Combes, Franklin-Roosevelt et Léon-Bourgeois), qui constituent un axe de circulation mais aussi une entrave au mouvement nord-sud.

Ces obstacles au développement urbain nécessitent un besoin de structuration.

L´architecte dénonce le manque d´homogénéité des constructions et des populations, le manque de densité, enfin le manque de plan d´ensemble (parcellaire agricole loti), qui donnent « un style banlieue avec dominante pavillonnaire et collectifs épars ».

Il met également en évidence le sous-équipement du secteur : absence de poste annexe, rareté du téléphone public, sous équipement social, commercial et médico-sanitaire.

La « commune libre de Sainte-Thérèse » est un exemple unique d´identité de quartier au sud de la voie ferrée. Marty mentionne l´expérience en cours à La Binquenais, avec le rôle des équipements socioculturels, alors que les grands ensembles de Bréquigny, du Pigeon-Blanc et des Cloteaux sont de véritables blocs dortoirs isolés.

Il s´agit donc de faire des habitants du sud des citadins à part entière et de construire des équipements liés au quartier mais qui peuvent aussi accueillir toute la ville : piscine, stade pour désenclaver ce quartier soumis à l'attraction de la ville nord.

II Nature des équipements préconisés 1966

Le chapitre s´appuie sur les réflexions générales de 1957 sur l´organisation des unités sociales du logement au quartier.

La « vie urbaine » commence au niveau de l´unité de voisinage et du quartier, comprenant unités d´habitation, espaces, équipements commerciaux, scolaires, administratifs, socioculturels...

Le logement est l´unité principale de l´équipement : l´appartement doit répondre aux besoins familiaux les plus divers.

Chaque logement devrait être adapté aux besoins familiaux élémentaires.

Dormir et manger sont les fonctions principales auxquelles s´ajoutent se détendre, recevoir, éduquer les enfants. La famille est l´unité de consommation du loisir et de la culture. Or l´appartement ne répond pas à ces besoins, ce qui implique un programme complémentaire.

Certaines catégories de population ont des besoins spécifiques : les personnes âgées, les jeunes travailleurs et les handicapés.

La résidence (50 à 150 logements) doit répondre aux besoins de 200 à 600 habitants.

Elle est le prolongement naturel du logement collectif, elle rompt la continuité de l´espace : création d´espaces fermés réservés aux seuls habitants : espace privé collectif.

Création d´équipements complémentaires (de type congélateurs, laveries, TV club)

-permanents : salle de jeux pour enfants de l´immeuble, local étude scolaire et atelier de bricolage

-provisoire : salle aménageable pour les fêtes ou les groupes et pièce attribuable à un logement en fonction des besoins

La surface de ces équipements complémentaires devra être supérieure à la moyenne nationale en raison du temps pluvieux : 30 à 50 m2 (contre 25 m2) pour 100 logements.

Ces équipements permettent, en outre, de lutter contre les problème d´anonymat, dénoncé comme une valeur négative de la vie en grand ensemble.

La disparition des jardins potagers, qui est déjà d´une utilité économique moins réelle et d´une pratique moins répandue, sera compensée par la création de jardins familiaux dans des zones de non aedificandi.

Les espaces de jeux de 0 à 3 ans et de 3 à 7 ans, qui ne font l´objet d´aucune réglementation, seront situés à l´écart des voies de circulation, dans un rayon de 100 m des habitations desservies.

La résidence est l´unité souhaitable dans l´organisation urbaine des grands ensembles mais il n´est pas toujours possible de respecter le seuil de regroupement (100 à 150 logements) ; la plupart du temps, la densité des zones ne permet pas d´isoler de petites unités de ce type.

Pas de modèle standard : organisation en voisinage de petits immeubles bas ou concentration dans 1 ou 2 blocs (les tours).

Le groupe d´immeubles (400 à 500 logements) doit répondre aux besoins de 1500 à 2000 habitants.

Il correspond à la juxtaposition de 2 ou 3 résidences ou à un bloc d´un seul tenant. C´est une unité courante dans l´organisation des Z. U. P., physiquement soulignée par le quadrillage des voies secondaires.

Locaux pour activités de groupe destinés à lutter contre la tendance naturelle de l´homme moderne à un repli sur soi, réelle dans les grands ensembles. Tout s´organise en cellules individuelles, du logement à la voiture, en passant par la télévision. Les appartements constituent des bloc collectifs où l´on est plus isolé que dans les maisons individuelles. Pour lutter contre la juxtaposition, l´agglomération d´individus sans relation, le projet cherche à offrir des possibilités de rencontres.

L´urbanisme doit favoriser la vie des groupes en leur donnant le moyen d´exister, de personnaliser le cadre et de l´humaniser en regroupant les locaux dans des espaces communs, en les traitant comme des éléments du décor : support de symbole ou oeuvre d´art.

L'implantation en rez-de-chaussée d´immeuble ou en terrasse est un problème.

L' unité de voisinage (800 à 1200 logements) doit répondre aux besoins de 3500 à 4500 habitants.

Un seuil est franchi avec la présence des rues, les équipements médicaux devront répondre aux besoins de la mère et de l´enfant et en autorisant les activités de groupes, les maisons de voisinage devront renforcer la cohésion sociale.

Dans le quartier (2500 à 5000 logements) doit répondre aux besoins de 12 000 à 20 000 habitants.

On cherchera à préserver la notion d´identité en développant garde d´enfants, équipements pour la jeunesse, équipements publics et socioculturels.

III Implantations de principe des équipements socioculturels de la ZUP sud (1966)

Les locaux collectifs résidentiels (circulaire du ministère de la Reconstruction du 9 juin 1965)

-équipements complémentaires du logement (ateliers de bricolage, salle des fêtes, etc.)

-équipements affectés en permanence à un groupe particulier

Propositions

-intégrer les équipements complémentaires du logement aux immeubles

-regrouper les équipements affectés en permanence à un groupe particulier dans une base

Fonctions principales de ces équipements mis à disposition en priorité aux habitants du groupe d´immeubles où ils sont implantés :

abriter activités et réunions

se substituer aux cafés

Les maisons de voisinage

Elles regroupent des services, des activités éducatives, de loisirs et culturelles et constituent un pôle d´animation d´une collectivité selon l´esprit et la technique du développement communautaire.

Leur localisation doit correspondre au centre vital (et non géographique), en liaison souhaitable avec place, équipement commercial, voie de passage.

Les équipements de plein air

-espace 0-3 ans : 1 dans chaque résidence de 200 logements

-moins de 8 ans : 2 ou 3 de 500 m2

-jeux violents et bruyants : 1,5 m2 par logement.

VILLE DE RENNES. RENNES ZUP SUD. REGLEMENT D´ARCHITECTURE juin 1965 (A. C. Rennes)

A - MESURES GENERALES

Tous travaux, privés ou publics, quelle qu´en soit leur importance qu´il s´agisse d´habitation ou de toute autre construction, devront dès les premières études, et avant toute demande d´accord préalable ou de permis de construire, être soumis à l´approbation de la Société.

Le contrôle de la Société s´exercera en matière d´architecture sur la conformité des projets avec les dispositions générales du plan masse, sur l´aspect extérieur des bâtiments à construire ainsi que sur leur composition intérieure.

D´une manière générale tous les plans, coupes, dessins de façades, dessin d´exécution à grande échelle et devis descriptif devront être soumis à l´agrément de la Société. Le contrôle exercé par la Société portera non seulement sur les prescriptions du règlement particulier ci-inclus, mais encore sur celles du règlement d´urbanisme de la Ville de Rennes et du règlement sanitaire.

Les projets soumis aux formalités de la délivrance du permis de construire ou l´accord préalable devront être accompagnés du visa de l´architecte en chef et de la S.E.M.A.E.B. avant leur dépôt en Mairie.

Les propositions pour la délivrance du certificat de conformité seront présentées avec le visa des représentants de la Société après achèvement complet des travaux.

B - MESURES PARTICULIERES

I - PLAN MASSE IMPLANTATION

L´acquéreur aura pour obligation de se conformer aux implantations, côtes de niveau et volumes bâtis prévus au plan masse. Les volumes exprimés seront considérés comme le gabarit maximum dans lequel devront s´insérer les constructions.

La hauteur maximum des façades des constructions individuelles mesurées à l´égout des toitures sera de 6 mètres aussi bien pour les constructions individuelles isolées que pour les constructions individuelles jumelées ou en bandes. Les constructions ne devront comporter au maximum que deux étages droits ou éventuellement 1er étage droit sur soubassement, ces hauteurs seront prises, soit à partir du niveau de la chaussée finie, dans l´axe de la construction, soit au pied de la construction si celle-ci est à un niveau inférieur à celui de la voie. Les ensembles de constructions individuelles devant être variés, d´autres spécifications sur les hauteurs et l´aspect pourront être imposées pour certains groupes.

Pour les constructions jumelées ou en bandes de programmes non groupés, les hauteurs seront non seulement des hauteurs maxima mais aussi des hauteurs imposées. Elles seront prises soit à partir du niveau de la chaussée finie dans le prolongement de la limite moyenne, soit au pied des constructions en mitoyenneté si le terrain est à un niveau inférieur à celui de la voie. Les deux constructions jumelées devront avoir le même volume enveloppe. Une tolérance d´un mètre en plus ou en moins est admise en fond de parcelle. Dans tous les cas, les façades sur rue, les égouts de toiture, les pentes des toitures et le faîtage seront alignés. Les entrées de garage des constructions jumelées devront être prévues contre la mitoyenneté, les niveaux de leurs seuils et leur hauteur sous linteau devront être identiques.

C´est le premier permis de construire qui commande le suivant étant bien entendu que celui-ci devra être étudié en fonction des possibilités de construire des parcelles voisines.

2 - TENUE DES PROPRIETES FONCIERES

Les constructions quelle qu´en soit la destination et les terrains doivent être aménagés et entretenus de telle manière que la propreté et l´aspect de l´ensemble ne s´en trouvent pas altérés. En attendant que les travaux de construction soient entrepris les acquéreurs ou les locataires le cas échéant doivent assurer l´entretien et le débroussaillage de leur parcelle.

Avant le début de tous travaux, les terres végétales devront être soigneusement décapées et stockées. Les jardins privatifs devront être aménagés dès la fin de la construction. A cet effet, les terres devront être remises à niveau et être d´une nature apte à recevoir les plantations.

Les parties en bordure de rues et dans les marges de reculement des constructions devront faire l´objet d´une étude présentée à la Société. Les allées piétons, les entrées de garages devront être traitées soigneusement et offrir au moins les caractéristiques suivantes :

-stabilisation du sol, blocage des pierres concassées sur 10 cm. d´épaisseur minimum, cylindrage puis gravillonnage suivi d´un sablage : tapis d´enrobés à froid ou dallage.

A la limite du domaine public, chaque fois qu´il y a chargement de matériaux, on devra trouver soit un muret, soit une bordure. Les bordures seront posées dans une forme en béton maigre avec contrebutée, le béton sera coulé soigneusement à la place, qu´il doit occuper puis convenablement dammé de manière à ne présenter ni saillie, ni dépression, ni vide.

3 - CLOTURES

Les clôtures ne sont autorisées qu´aux endroits indiqués sur le plan masse. Elles devront être conformes aux dispositions du règlement de groupement d´urbanisme qui prévoit un mur bahut de 0,40 et une hauteur totale de 1,20 m.

Les projets de clôture devront être soumis à l´agrément de la S.E.M.A.E.B. avant exécution.

4 - REVETEMENTS DE FACADES

Les matériaux de revêtements de façades des bâtiments et des pignons devront être de première qualité. Il pourra être fait emploi de revêtement céramique, de pâte de verre ou d´ardoise.

L´emploi du granit sera recommandé en soubassement et en pignon. La couleur de ce granit sera de teinte gris jaune. Les enduits s´il en est prévu, devront être de teinte très claire.

5 - COUVERTURES

Les immeubles collectifs seront couverts soit par des toitures soit par des terrasses. Dans le premier cas, il sera recherché la pente minimum permise pour le matériau choisi. Dans le second cas, toutes précautions devront être prises pour résoudre les problèmes posés par l´effet inesthétique des souches de conduits de fumée et de ventilation (acrotères, disposition de liaison des souches, etc.).

Les constructions individuelles seront obligatoirement couvertes par une toiture en ardoise, les lucarnes ne pourront excéder en longueur le tiers de la longueur de la façade.

6 - CHEMINEES

Les souches de cheminées devront être particulièrement soignées et devront être regroupées au maximum en position centrale des immeubles. Les capte-suies des chaufferies seront à prévoir en position inférieure (cave) ils ne seront pas acceptés sur les toitures. Dans les constructions individuelles les souches de cheminées devront occuper autant que possible l´axe des pignons et se rapprocher au maximum du faîtage.

7 - MENUISERIES EXTERIEURES

Les menuiseries extérieures ainsi que les volets, portes et portails devront être peints en blanc ou gris très clair, si d´autres couleurs devaient être choisies, elles devraient au préalable être présentées à la Société et acceptées par elle. Les volets devront être en bois, on évitera l´emploi de jalousies trop légères.

8 - SECHOIRS ESCALIERS

Dans les immeubles collectifs, on préférera les séchoirs en position centrale, s´ils sont prévus en façade, on apportera un soin particulier pour les masquer. De même, on veillera à l´éclairement des escaliers s´ils apparaissent en façade.

9 - ANTENNE T.V.

Dans les immeubles collectifs, il sera prévu au maximum une antenne collective télévision et radio FM par immeuble ou par 4 cages d´escaliers.

Pour les logements individuels, les antennes individuelles seront posées à l´intérieur des combles des toitures.

10 - CONSTRUCTIONS ANNEXES

Il est interdit d´édifier des constructions annexes non figurées au plan masse quelle que soit la destination ou le mode de construction. Les garages, séchoirs, celliers, débarras, etc. seront donc à prévoir dans les volumes inscrits au plan masse.

11 - ACCES

Il ne pourra être projeté d´autres accès aux divers bâtiments que ceux prévus au plan masse.

12 - PUBLICITE

Dans les immeubles où sont prévus des commerces, des activités artisanales, ou industrielles, les parties réservées à leur publicité devront être étudiées et présentées à l´agrément de la Société.

13 - EQUIPEMENT D´INTERET GENERAL

Les constructeurs seront tenus de réserver dans leurs bâtiments l´emplacement et le volume nécessaires à l´édification de divers locaux d´intérêt général, en particulier à usage de transformateurs électriques, la position de ces locaux éventuels sera indiquée au plan masse.

14 - PROGRAMMES PARTICULIERS

Des clauses particulières pourront être édictées par la Société sur propositions de l´architecte en chef, pour des flots présentant un caractère spécial, tels que les espaces libres réservés aux jeux, les bâtiments publics, les édifices cultuels, les aménagements sportifs, les centres commerciaux, les locaux affectés aux artisans ou aux petites entreprises, les bâtiments appelés à recevoir les chaufferies ou les réservoirs d´eau.

Extrait de l'ouvrage d'Henri Fréville, p. 233-235

"Rennes-Le Blosne - si l'on met à part les "villes nouvelles" de la région parisienne - a été, au moment de son lancement, une des plus grosses opérations urbanistiques de France. Elle fut aussi, lorsqu'elle eût pris forme, l'une des plus originales et des plus visitées par les spécialistes.

Compte tenu de la configuration du terrain [...] l'architecte, Michel Marty, a tendu à réaliser une authentique extension de la ville vers le sud. De là, le rôle dévolu aux voies de raccordement avec le centre : rue de l'Alma, rue de Vern, rue de Nantes et leurs prolongements.

L'architecte, en accord avec la ville, a tenu, d'autre part, à limiter la taille des quartiers de la zone nouvelle à 1200 logements environ et à les maintenir à l'abri des voitures de transit, d'où un maillage dense des voies secondaires et une volonté affirmée d'établir une continuité entre les quartiers par des espaces verts et des passages souterrains pour piétons.

La continuité est, aussi, assurée par les constructions. On a rassemblé les parties denses dans une arête centrale ; par contre, en bordure de la rocade, limitant la zone au sud, les volumes furent abaissés.

[...]

Il n'est pas exagéré de dire, avec l'architecte, que cet immense espace est, en réalité, constitué "de cinq quartiers qui font un tout". Jean-Pierre Chaudet [...] parle, à son propos, de "cité-jardin". Il est vrai que sur la superficie totale [500 ha], elle compte 230 hectares d'espaces libres et 130 hectares de plantations et de verdure. La ZUP, s'accorde-t-on à reconnaître, est un "ensemble de quartiers ordonnés autour de leurs écoles et de leurs centres commerciaux.

[...]

L'originalité première de Rennes-Le Blosne est d'avoir été - et de demeurer en ce moment - le terrain d'expérience directe et de créativité d'une équipe pluridisciplinaire dont Michl Marty a été l'animateur. ".

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