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Inventaire général du patrimoine culturel
Inventaire préliminaire : Ille-et-Vilaine
Auteurs de la notice : Lauranceau Elise ; Pichot Malo ; Le Texier Erwan
Année de rédaction : 2001
Bretagne
Ille-et-Vilaine
Liffré
Présentation de la commune de Liffré
Vignette
Le bourg de Liffré vu depuis la forêt domaniale de Rennes, au nord
Dénomination : généralités
Numéro INSEE de la commune : 35152
Aire d'étude : Ille-et-Vilaine

Introduction

Située à l'est du département d'Ille-et-Vilaine, Liffré est le chef-lieu d'un canton composé de huit communes. Elle est limitée au nord par les communes de Chasné, Ercé-près-Liffré et Gosné, au sud par les communes de La Bouëxière, d'Acigné et de Thorigné-Fouillard. Deux importants massifs forestiers occupent plus de la moitié de ses 6 501 hectares de superficie. La forêt domaniale de Rennes la sépare des communes de Chasné, de Saint-Sulpice-la-Forêt et de Betton. A l'ouest, la forêt domaniale de Liffré (ou forêt de Sevaille) la sépare des communes de Dourdain, de Livré-sur-Changeon et de Saint-Aubin-du-Cormier. Au recensement de 1999, elle comptait 6 455 habitants pour 2 380 logements.

Fortement boisé, le paysage liffréen est également marqué par de nombreux étangs. En limite est de la commune, les étangs de Liffré et de Sérigné sont les plus importants. Ils sont alimentés par les rivières de Sérigné et de la Veuvre qui ont permis l'installation de trois moulins à eau (Moulin de Liffré, moulins de Sérigné et du Feu aujourd'hui détruits).

Suivant sa nature, le sous-sol de la commune peut être découpé en trois zones. Les deux extrémités (approximativement les forêts domaniales de Rennes et de Liffré) reposent sur des couches de schistes précambriens, parfois ardoisiers, qui adoptent l'aspect des schistes de Rennes. Le sous-sol de la zone centrale est constitué d'une alternance de couches de schistes noirs ou bleutés parfois ardoisiers et de grès de couleur grise correspondant au grès de Saint-Germain. Une grande partie est de la commune (Sérigné, la Bérue, la Machelais, la Martois, Launay) repose sur des bancs de schistes argileux et de quartzites noirs.

De nombreuses carrières furent exploitées sur la commune au sud de la Busardière jusqu'au début du 20e siècle. On retrouve ainsi essentiellement des moellons de grès dans les constructions liffréennes.

La paroisse de Liffré est tardivement fondée au 13e siècle. Elle est issue des grands défrichements médiévaux des forêts de Rennes, Sevaille et de Chevré (commune de La Bouëxière). La paroisse de Sérigné, fondée au 12e siècle, est rattachée à celle de Liffré à la fin du 16e siècle. La commune connaît alors sa superficie maximale, amputée en 1981 par le détachement du village de Fouillard au profit de Thorigné - Fouillard.

Au milieu du 19e siècle, le village accueille quatre foires au milieu du 19e siècle. A cette époque, la commune connaît un essor important de sa population dû au développement de l'industrie du bois, exploitation des forêts. Le passage de la voie ferrée d'intérêt local entre 1897 et 1949 favorisera à son tour l'essor du commerce liffréen. Commune rurale, Liffré n'abritait que 243 exploitations agricoles pour 715 immeubles en 1946. La terre ne faisait alors vivre que 1018 personnes, soit 42 % pour cent de la population totale (2410).

Evolution de l'habitat aux 19e et 20e siècles (Erwan Le Texier)

Si l'habitat de la campagne de Liffré s'est assez peu développé au cours des deux cents dernières années, le bourg s'est par contre considérablement étendu. Le cadastre napoléonien (1827) le représente bien plus réduit qu'aujourd'hui. Concentré autour du carrefour formé par les routes de Rennes - Fougères et Liffré - La Bouëxière, il présentait un développement plus important selon l'axe est-ouest, vraisemblablement plus ancien. Jusqu'au milieu du 20e siècle, le bourg continue son développement le long de ces deux voies principales. Ce développement s'effectue par la densification du bâti existant, par des modifications, des remaniements, des remplacements d'édifices, sans que la superficie du bourg s'accroisse vraiment. Cette emprise du bâti ancien est parfaitement lisible sur le cadastre rénové (1980).

Toute une couronne bien moins dense et bien plus vaste de lotissements pavillonnaires et autres logements s'est formée, s'intensifiant ces dernières années avec la tendance à la rurbanisation autour de Rennes. Les prés de la Benazerie, au sud, sont désormais occupés par des logements et les établissements scolaires de Liffré. Les maisons récentes, installées au centre d'une parcelle où elles sont entourées d'un simple jardin, s'étendent aussi le long des voies de communication, en direction de La Bouëxière (la Busardière, le Mouton Brillant), à proximité de la R.N. 12 (l'Ariançon, les Canadais), route de Mi-Forêt (la Villeneuve). Des toponymes, comme l'Endroit Joli, dénotent le caractère récent de l'habitat en ces lieux.

Une deuxième couronne, de l'ouest au nord-est, donc à proximité de la R.N. 12 (A. 84), regroupe les activités industrielles, artisanales et commerciales.

L'espace architectural urbain évolue toujours beaucoup plus vite que la campagne. Liffré ne fait pas exception à la règle, bien que sa situation partielle de "cité-dortoir" s'applique autant à son bourg, où s'installent les nouveaux arrivants, qu'à sa campagne, où vivent plutôt ceux qui ont hérité d'une maison, même s'ils travaillent à Rennes. Confronté quotidiennement à la ville, désormais toute proche, l'architecture de ce monde rural en subit les conséquences : les édifices anciens sont en général, soit fortement modifiés, soit détruits ou en voie de l'être.

Partout, les parcelles ont subi un remembrement sous la forme de regroupements quand le patchwork est trop petit et mêlé (ainsi à Launay), plus rarement sous la forme de divisions (pour des propriétés à bâtir). Les routes et les chemins communaux n'ont été rectifiés qu'aux carrefours. En revanche, plusieurs routes importantes ont vu le jour, imposant la destruction de certains bâtiments et favorisant, par ailleurs, un développement de l'habitat selon ces nouveaux axes : R.D. 528 vers La Bouëxière, R.D. 92 vers Acigné, R.D. 27 (Mi-Forêt), ainsi que le long des voies communales principales, en direction de La Bouëxière ou de Livré-sur-Changeon. A l'écart de ces routes, les villages restent très compacts, laissant de vastes terres non bâties entre eux, en particulier au sud (autour du Feu, de la Morlais, etc.). L'ouest de la commune, occupé par la forêt, est peut-être moins bâti encore qu'il y a 150 ans, a fortiori depuis que Fouillard a été rattaché à Thorigné.

Dans les écarts, ce sont les petits bâtiments anciens qui ont disparu, et même parfois des alignements entiers, notamment vers l'est et le sud (la Cerberdière, la Martois, la Goupillais, les Brouillards). Les alignements qui subsistent sont souvent remaniés, avec des appentis en moins et des greffes ou des reprises en plus, datées de la fin du 19e ou du début du 20e siècle. Les bâtiments récents sont souvent des dépendances agricoles modernes, au sein de vastes fermes, témoins de l'évolution de l'agriculture.

En définitive, l'habitat reflète le déclin du monde rural et agricole d'hier, et la forte pression immobilière actuelle. Celle-ci est liée non pas, cette fois, à l'activité agricole, mais à la position idéale de Liffré, entre ville et campagne, là où se mêlent les activités agricoles traditionnelles et un secteur tertiaire en perpétuelle expansion.

Documentation

Documents figurés
Carte de la France, feuille 128, Dinan. Levée par César-François Cassini de Thury, vers 1783, échelle : 1/86 400e.
Commune de Liffré. Plan cadastral. Tableau d'assemblage. Plan par Naylies, 1827, échelle : 1/20 000e. (A.D. Ille-et-Vilaine).
[Liffré. Une hutte de sabotiers, le sabotier et sa famille]. Photographie, Rennes : E. Mary-Rousselière, limite 19e siècle 20e siècle. In : Rennes et pays de Rennes en 1900. 1992. (Mémoire photographique de notre siècle), p. 71.
[Liffré. Vue du village depuis la route de Fougères]. Photographie, Rennes : E. Mary-Rousselière, limite 19e siècle 20e siècle. In : Rennes et pays de Rennes en 1900. 1992. (Mémoire photographique de notre siècle), p. 85.
[Liffré. Vue du village depuis la route de Rennes]. Photographie, Rennes : E. Mary-Rousselière, limite 19e siècle 20e siècle. In : Rennes et pays de Rennes en 1900. 1992. (Mémoire photographique de notre siècle), p. 85.
[Liffré. Vue des maisons de la Grand-rue et de la place de la Mairie]. Photographie, Rennes : E. Mary-Rousselière, limite 19e siècle 20e siècle. In : Rennes et pays de Rennes en 1900. 1992. (Mémoire photographique de notre siècle), p. 85.
Plan de la lande Beaugé. Plan, auteur inconnu, 18e siècle, échelle inconnue. (A.D. Ille-et-Vilaine. Série Fi : 1 Fi Liffré 01).
Liffré. Eglise paroissiale Saint-Michel. Elévation de la façade latérale Ouest. Plan attribué à Arthur Regnault, [s.d.]. (A. D. Ille-et-Vilaine).
Bibliographie
GUILLOTIN DE CORSON, Amédé. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray Libraire-éditeur. Paris : René Hatton Libraire-éditeur, 1882-1886, t. 3, p. 511-513 ; t. 5, p. 72-75.
BANÉAT, Paul. Le Département d'Ille-et-Vilaine Histoire Archéologie Monuments. Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929, t. 2, p. 286-289.
OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845, t. 1, p. 509.
Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions 2000. (Le patrimoine des communes de France), t. 1, p. 800-806.
DIEULEVEULT, Alain de, EDOM, Jean. Petits trains d'Ille-et-Vilaine. Le Mans : Editions Cénomane, 1986, p. 143, 154, 160.
BRAND'HONNEUR, Michel. Les mottes médiévales d'Ille-et-Vilaine. Saint-Malo : Les Dossiers du Ce.R.A.A., 1990, p. 70.
BRAND'HONNEUR, Michel. L'habitat chevaleresque du XIe au XIIIe siècles. Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne, 1992, t. 69, p. 77-93.
MENAGER, Didier. Le Domaine royal de Saint-Aubin-du-Cormier de Liffré au milieu du 16e siècle. Mém. maîtrise : Hist. : Rennes 2, Université de Haute-Bretagne : 1985, p. 57-58.
GUYVARC'H, Jean. Liffré. Panorama pour un centenaire. Liffré : Imprimerie municipale, s.d.
ORAIN, Adolphe. Petite géographie pittoresque du département d'Ille-et-Vilaine pour servir de guide aux voyageurs dans Rennes et le département. Rennes : P. Dubois, 1884, p. 187.
Dictionnaire des communes du département d'Ille-et-Vilaine. Paris : Res universis, 1992.

Illustrations

Voir

Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne / Service Régional de l'Inventaire) / Conseil Général d'Ille-et-Vilaine / Association Pour l'Inventaire Bretagne. (c) Inventaire général. Renseignements : Centre de documentation de l'inventaire du patrimoine culturel (02 22 93 98 40 / 24)
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