Logo du Conseil régional de Bretagne Logo du Conseil général d'Ille-et-Vilaine Logo du service de l'Inventaire général
Inventaire général du patrimoine culturel
Inventaire préliminaire : Ille-et-Vilaine
Auteur de la notice : Gilbert Xavier
Année de rédaction : 1999
Bretagne
Ille-et-Vilaine
Campel
Présentation de la commune de Campel
Vignette
Le quartier du Val sur le tableau d'assemblage du cadastre de 1836
Dénomination : généralités
Numéro INSEE de la commune : 35048
Aire d'étude : Ille-et-Vilaine

Introduction

1) le cadre naturel

Le finage communal, qui couvre 1058 hectares, s'étend sur le versant sud d'une ligne de collines marquant la limite septentrionale du pays d'Anast. Le relief, qui avoisine une altitude de 100 mètres sur la zone sommitale nord - approximativement depuis Brémont jusqu'à la Bigotais - descend par un coteau au flanc duquel le bourg est implanté jusqu'aux terres bosselées du sud dont l'altitude moyenne se situe à une soixantaine de mètres.

C'est dans cette zone basse, près du pont de Launay Rolland, que naît le Combs, du confluent du Ruisseau de Trévallan et du Ruisseau des Moulins. Depuis le Bois de Livry ou sourd son principal affluent, la rivière à modelé une haute vallée propice à l'aménagement d'étang artificiels : du nord au sud, ceux de Livry, du Haut et de Bas et des Pommerais.

Cette disposition se trouve en partie déterminée par la structure géologique des terroirs : aux schistes pourprés et au grès armoricain du nord qui ont fourni la plupart des matériaux de gros oeuvre succèdent les schistes briovériens des terres basses, moins résistants à l'érosion mais plus fertiles.

Marteville et Varin, continuateurs d'Ogée, répartissent vers 1843 ainsi la superficie de la commune : 420 ha. de labours, 108 ha. de prés et patures, 30 ha. de bois, 4 ha. de vergers et jardins, 501 ha. de landes et terres incultes, enfin 13 ha. d'étangs. les mulins à eaux d

2) "Les Salaün" : la cour du roi Salomon

Les premières mentions de Campel apparaissent au milieu du IXe siècle dans deux actes du cartulaire de l'abbaye de Redon.

Lorsqu'en 843, un certain Anowareth fait don de la paroisse d'Anast à l'abbaye Saint-Maur de Glanfeuil en Anjou, Campel figure comme l'une des sept "chapelles" de cette paroisse primitive

Une seconde charte émanant du roi Salomon de Bretagne est instrumentée le 29 août 868 "in aula que vocatur Campel". Identifiant alors le site de cette cour royale avec l'ancien manoir du Val, Paul Banéat émet l'hypothèse que les trois camps du Chesne-Derrien, des Forêts et de la Bigotaye qui courrent le long des crêtes de la Lande d'Anast sur deux kilomètres, aspectés au nord, étaient destinés à défendre ce "château" principal. Si l'étymologie du toponyme Val qui rappelle le Latin "vallum" désignant un retranchement, vient étayer cette assertion, l'existence d'un rempart en terre (aujoud'hui disparu) reliant le Fort des Forêts à celui de la Bigotaye, portant le nom de "Cour du Châtel" inclinerait plutôt à placer de ce côté le siège de l'aula royale. Mais la proximité de Maxent, au nord, semble plus décisive. Au milieu du IXe siècle en effet, le roi Salomon y établit un prieuré destiné à servir de position de repli aux moines de Redon : en 964, ces derniers y trouvent refuge avec leurs trésors et reliques sous la protection du roi lorsque les Vikings menacent l'abbaye Saint-Sauveur.

A la lumière de ces indices, il est plausible que ce dispositif cohérent, aspecté au sud, ait été mis en place au cours du IXe siècle dans la perspective de contenir les raids des Scandinaves opérant sur la Vilaine.

Il est intéressant de relever néanmoins chez le même auteur mention de trois manoirs aujourd'hui disparus, qui s'élevaient à proximité immédiate des susdites fortifications : respectivement d'est en ouest, le manoir du Chêne-Derrien, celui de la Sorais et un peu plus loin le Bois-Denats (sur la commune de Bovel), qui passe pour être le siège de l'ancienne seigneurie d'Anast. Même si ces résidences nobles, celle du Val comprise, sont imputables à l'époque féodale, grosso modo entre le XIe et le XVIe siècle, la solution de continuité est ici remarquable.

En dépit de ce lointain passé prestigieux, Sainte-Magdeleine de Campel demeure jusqu'à la Révolution une simple trève de Maure. Elle compte alors selon Ogée 880 communiants. En 1803, à la restauration concordataire, Campel devient paroisse et commune du canton de Maure-de-Bretagne.

3) Le patrimoine de la commune

Des périodes les plus anciennes, assez peu représentées, sont conservés quelques éléments notables. Hormis les camps médiévaux dont l'intérêt est surtout archéologique, il convient de mentionner l'ancien manoir des Touches, une maison situé dans le bourg au pied du clocher, et la ferme du Chesnots.

L'essentiel du corpus patrimonial appartient toutefois à une époque récente. Il n'en est pas moins dépourvu d'intérêt pour l'histoire de l'architecture. Ainsi les fermes de Brémont et de la Touche-du-Four, la maison de médecin et celle du chanoine Trochet au bourg. On citera aussi l'ensemble constitué par la mairie-école et l'ancienne école de garçons, bon exemple des équipements publics construits sous la Troisième république, la nouvelle église bâtie sur les plans de l'archevêque de Brossays Saint-Marc, austère et monumentale. Enfin, le château du Val-Henri, bien représentatif de l'oeuvre de l'architecte Charles Langlois.

Documentation

Documents figurés
Carte géologique détaillée de la France, extrait de la feuille de Redon levée par les Officiers du Corps d'Etat-Major Moisy, Blanchard et Giroux et publiée par le Dépot de la Guerre en 1855, révisée en 1928. 3e réédition, Service de la Carte géologique de la France du ministère de l'Industrie. Offset-Levallois (Seine), 1964. 1/80000e.
Carte de la France levée par César-François CASSINI de THURY, extrait de la feuille 129, Rennes. XVIIIe siècle. réédition Institut Géographique National.
Bibliographie
GUILLOTIN DE CORSON. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray Libraire-éditeur. Paris : René Hatton Libraire-éditeur, 1882-1886, 6 vol, T.IV p. 275-277.
BANÉAT, Paul. Le Département d'Ille-et-Vilaine Histoire Archéologie Monuments Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929, 4 vol, T.I p. 258-260.
CHEDEVILLE, André et TONNERRE, Noël-Yves. La Bretagne féodale XIe-XIIIe siècles. Rennes : Ouest-France, 1987, p. 444.

Illustrations

Voir

Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne / Service Régional de l'Inventaire) / Conseil Général d'Ille-et-Vilaine / Association Pour l'Inventaire Bretagne. (c) Inventaire général. Renseignements : Centre de documentation de l'inventaire du patrimoine culturel (02 22 93 98 40 / 24)
Page principale
Avertissement : Toute demande motivée de retrait d'illustration sera examinée par le service.
Conception de l'application : Pierrick Brihaye, Malo Pichot, Alain Jenouvrier, Guillaume Lécuillier