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Inventaire général du patrimoine culturel
enquête thématique régionale (fortifications littorales)
Auteur de la notice : Lécuillier Guillaume
Année de rédaction : 2004
Bretagne
Finistère
Fortifications littorales : les tour-modèles "1811"
Vignette
Camaret : vue générale de la tour-modèle n° 3 élevé en 1812 de la pointe du Toulinguet
Dénomination : batteries ; casernes ; citernes ; poudrières
Décompte des oeuvres recensées : 6 repérés ; 6 étudiés
Aire d'étude : Bretagne Nord
Datation(s) principale(s) : 1er quart 19e siècle
Commentaire historique : Dès 1801, le premier consul Bonaparte réorganisait la défense des côtes en renforçant notamment l'encadrement des canonniers gardes-côtes par des officiers de marine.
En 1803 commence une nouvelle guerre avec l'Angleterre ; après un première " accrochage " en rade de Cherbourg en juillet, le port et la ville de Granville sont victimes d'un bombardement naval en septembre reprenant les principes tactiques des brûlots de la fin du 17e siècle.
La défaite navale de Trafalgar en 1805 comme celle de la Hougue 113 ans plus tôt marque une réorientation de la France vers une stratégie défensive. L'Anglais est à nouveau maître des mers et entame le blocus des côtes françaises. Outre la reprise des travaux de fortifications sur les côtes, le creusement du canal de Nantes à Brest reprend pour désenclaver l'arsenal. De 1689 à 1815, la France est presque continuellement en guerre avec l´Angleterre, les historiens ont parlé de " Seconde guerre de 100 ans ".
En France, les batteries de côtes du 18e siècle dont certaines ont été construites à la fin du 17e siècle sont réarmées. Elles servaient de refuge dans le cas de rencontres fortuites avec l'ennemi, protégeant les " navires amis " au mouillage et évitant que " l'Anglais " ne s'y installe " en croisière ". La défense des côtes hiérarchisée en " capitaineries " sous l'Ancien Régime est réorganisée en " compagnies " de canonniers gardes-côtes chapeautées par la Direction d'Artillerie de Brest. Pour lutter contre la marine anglaise et les corsaires, les caboteurs s´organisent en convois aidés par des chaloupes canonnières stationnées dans les mouillages et à l´entrée des rivières.
La construction d'une nouvelle flottille de guerre destinée à un débarquement terrestre est lancée en France tandis que l'Angleterre établit son programme de construction de tours de défense côtière : " les tours Martello " (103 " tours " et 2 " forts-redoutes " sont prévus de Eastbourne à Douvres et de Clacton à Aldeburgh, et les fortifications des îles anglo-normandes : Jersey et Guernesey, sont modernisées).
La défense du port et arsenal de Cherbourg situé directement face à l'ennemi est renforcée ainsi que celle des îles satellites du Cotentin. Reprenant là encore les principes tactiques de la guerre des côtes de la fin du 17e siècle : les îles doivent devenir des " bastions avancés du continent ", et il faut éviter à tout prix que les îles ne deviennent des points d´appui pour l´ ennemi... des travaux sont entrepris à Belle-île pour doter Le Palais d'une fortification d'agglomération.
En 1810, Napoléon souhaite réorganiser la défense des batteries de côtes de l´Empire de la Hollande - mer des Wadden, à la Dalmatie.
- Des colonnes mobiles composées de " 200 cavaliers, 800 à 1000 hommes de troupe d'Infanterie et 3 pièces d'artillerie de campagne attelées " sont mises en place pour la garde du littoral. La colonne vertébrale de ce dispositif " d'intervention rapide " repose sur les gardes-côtes et les douaniers et sur leur capacité à prévenir d'un débarquement.
- Le système de corps de garde et signaux de côte est modernisé par le sémaphore (1808), le télégraphe et la vigie.
- Partant du constat que les batteries de côte, c'est à dire en réalité les canons (très coûteux) sont vulnérables à un raid ennemi, l'idée générale est de rassembler les éléments nécessaires au bon fonctionnement d'une batterie de côte en un seul ouvrage " faisant bloc " en cas d'attaque afin de mieux les protéger.
La "tour-modèle" regroupe dans un même édifice tous les éléments nécessaires à une batterie de côte : réduit défensif, pièces d´artillerie, magasin d´artillerie, magasin à poudre et magasin à vivres pour la garnison.
La particularité de ce nouveau système de fortification est la standardisation des ouvrages basés sur des "plans-types" établis par le comité des fortifications et visés par l´Empereur. Ce programme de défense des côtes est connu sous le nom de "tours et redoutes modèles type 1811". Il sera appliqué à la fois pour la pour la défense des côtes et des montagnes. En effet, la tour - des tours de Vauban aux postes de direction de tir allemand en passant par les tours anglaises dite " Martello ", est une solution architecturale qui répond aux principales contraintes de la défense côtière et alpine :
- Voir de plus loin : il faut pouvoir prévenir l'arrivée de l'ennemi pour avoir le temps de mettre en place une contre-attaque... c'est un poste de surveillance, un corps de garde.
- Dominer l'espace maritime à défendre : la zone de mouillage des navires amis.
- La tour doit pouvoir servir de réduit : d'où la prise en compte de la défense rapprochée en dotant les édifices d'un plan de feu perfectionné pour les armes portatives (pistolets et fusils).
- L'économie : construire des tours d'artillerie ou d'observation revient moins cher que de fortifier la totalité de la côte, on ne fortifie que les sites les plus menacés.
La "tour-modèle" inaugure le système de plans-types perfectionné à outrance par les Allemands pour la construction des blockhaus du Mur de l'Atlantique. Le plan-type permet de rationaliser l'armement des batteries en fonction de la situation géographique et des choix tactiques (la géostratégie) tout en contrôlant le coût et le délais de construction de l'ouvrage. La standardisation et la systématisation de la fortification et de l'artillerie permettent une meilleure défense.
En 1811 sont adoptés deux types d'ouvrages :
1er type : tour-modèle (pour la défense des côtes et des montagnes)
- Tour-modèle n° 1 pour 60 hommes, deux bretèches par côté. L'armement " régulier " consiste en 4 canons de 24 livres ou de 16 livres (dont 2 au 2ème niveau dit niveau de l'entrée).
- Tour-modèle n° 2 : pour 30 hommes. L'armement " régulier " consiste en un canon de campagne et 2 caronades.
- Tour-modèle n° 3 : pour 18 hommes ou 12 hommes et un gardien de batterie ; une bretèche par côté. L'armement " régulier " consiste en 2 caronades.
- Corps de garde défensif n° 4 : sans terrasse.
- Corps de garde défensif n° 5 : sans terrasse.
2ème type : redoute-modèle (combinant les avantages du tracé bastionné et ceux des systèmes casematés).
- Redoute-modèle n° 1 : seul un modèle a été réalisé sur l´île d´Aix, fort Liédot. Il s'agit d'un fort carré bastionné en maçonnerie de 90 mètres de côté.
- Redoute-modèle n° 2 : seul un modèle a été réalisé en rade de Toulon, fort Napoléon. Il s'agit d'un fort carré bastionné en maçonnerie de 66 mètres de côté.
Commentaire descriptif : De plan carré à pan légèrement coupé (permettant le percement dans l'angle d'un créneau de fusillade comme sur la tour Vauban à Camaret) et de forme pyramidale, la tour modèle se distingue par sa taille : 16 mètres de côté à la base pour la tour-modèle n° 1 ; 10,5 mètres de côté à la base pour la tour-modèle n° 2 ; 9 mètres de côté à la base pour la tour-modèle n° 3 ; 8,5 mètres de côté à la base pour les corps de garde défensifs n° 4 (deux niveaux) et n° 5 (un niveau).
L'épaisseur des murs est de à 0,5 mètres.
La tour-modèle comporte trois niveaux :
- 1er niveau voûté sur pilier central à l'épreuve des bombes (d'avant la crise de l'obus-torpille) (accessible par un escalier droit) : souterrains percés de créneaux de fusillade flanquant le fossé sec, magasins à poudre, au matériel d'artillerie, aux vivres, et la citerne.
- 2ème niveau voûté sur pilier central à l'épreuve des bombes : rez-de-chaussée percé de créneaux de fusillade, entrée dotée d'un pont-levis basculant, casernements, logement du garde-batterie. La tour-modèle n° 1 comporte une embrasure à canon de chaque côté de l'entrée.
- 3ème niveau à l'air libre (accessible par un escalier droit) : parapet à bretèches percé de créneaux de fusillade et terrasse d'artillerie.
Si les organes défensifs : dispositifs d'entrée, créneaux de fusillade (rappelant les archères), bretèches (créneaux de pied) et même le principe de la tour (rappelant le donjon) semblent d´inspiration médiévale, en réalité il s'agit d'une réédition de motifs fonctionnels adaptée à l'arme portative : le fusil.
Un fossé sec et un glacis concourent à la défense rapprochée de la tour.
Le programme de construction des tours-modèles étalé sur 10 ans est véritablement lancé en 1812. En 1814, Napoléon abdique et le système de tours-modèles est abandonné. Sur les 160 ouvrages modèles prévus (106 sur la côte Atlantique ; 54 en Méditerranée), seules une dizaine de tours seront achevées en 1814 dont 6 en rade de Brest :
- Camaret-sur-Mer, Pointe du Toulinguet, Tour-modèle n° 3.
- Locmaria-Plouzané, Pointe du Grand-Minou, Toulbroc'h, Tour-modèle n° 3 (détruite).
- Plougonvelin, Pointe du Créac'h Meur, Tour-modèle n° 3 (2e niveau et parapet arasés).
- Plougonvelin, Saint-Marzin, Tour-modèle n° 3 (détruite).
- Roscanvel, Pointe de Cornouailles, Tour-modèle n° 1.
- Roscanvel, Pointe des Espagnols, Tour-modèle n° 1 (parapet arasé).
La construction d'un septième ouvrage était prévu en 1814 aux " Longs Sablons " afin de renforcer le dispositif de défense de l'anse des Blancs Sablons. Peut-être s'agit-il du réduit de batterie de côte Sud des Blancs Sablons, seul ouvrage non daté, le cadastre de 1840 le mentionnant comme la " redoute neuve ".
D'après le Tableau des tours-modèles à construire en dix années sur les côtes de l´Empire d'autres tours étaient programmées sur la côte nord Bretagne : Pontusval (tour-modèle n° 3), île de Batz (tour-modèle n° 1 au point culminant pour soutenir les batteries situées à l´Est et à l´Ouest), Pointe de Dourven (ou pointe de Locquémeau), Perros (proposition d´une tour réduit n° 2), île de Bréhat (tour n°1).
En 1814, la paix revient en Europe, toutes les batteries de côtes ont été désarmées... et oubliées.
Matériau(x) du gros-oeuvre et mise en oeuvre : granite ; pierre de taille ; moyen appareil ; maçonnerie ; moellon ; enduit
Matériau(x) de couverture : granite en couverture

Observations

Défense des côtes et géostratégie aux 19e et 20e siècles

L´histoire de la fortification a souvent été associé à des études de géostratégie. Depuis longtemps, les militaires se sont intéressés à la question de la défense de côte car toute guerre maritime intéresse la géostratégie. En effet, la mer constitue un "moyen de communication entre les Etats et entre ceux-ci et leurs dépendances - c´est-à-dire entre théâtres". En conséquence, la mer est géostratégique par essence, alors que la terre ne le devient que par accident, en fonction de l´échelle des opérations. Depuis l´aviation stratégique et les transports à long rayon d´action, l´air joue lui aussi comme un théâtre et un trait d´union entre théâtres. La Seconde Guerre mondiale et les conflits ultérieurs, englobant les trois milieux terrestre, maritime et aérien, marquent l´apothéose de la géostratégie.

Au 19e et au début du 20e siècle, certains auteurs comme Didelot, Gaffarel, Laboria, se contentent d´une description stratégique du littoral accompagnée ou non de cartes. Ce sont les début de la géostratégie qui pose au lecteur la question de savoir si la géographie détermine la stratégie ou la stratégie qui utilise la géographie ? Grivel en prenant en compte les progrès techniques ira plus loin encore dans son ouvrage : De la guerre maritime avant et depuis les nouvelles inventions : attaque et défense des côtes et des ports, guerre du large : étude historique et stratégique édité à Paris en 1869.

Le Service Historique de la Marine à Brest conserve de nombreux cours de fortifications plus techniques, issus de différentes écoles militaires : Ecole militaire et d´application du Génie, Ecole d´application de l´artillerie et du Génie, Ecole royale spéciale militaire de Saint-Cyr. Parmi les plus intéressant que nous avons consulté figurent, le Cours de fortification permanente de Delair et le Cours élémentaire de fortification fait à l´école spéciale militaire d´Emy.

Dans le dernier quart du 20ème siècle, deux auteurs vont aller beaucoup plus loin dans leurs réflexions sur les fortifications, la Marine et la géostratégie mondiale tout en proposant des modules de réflexion à plus long terme.

Ouvrage de référence, La pierre et le vent, fortifications et marine en Occident d´Alain Guillerm traite du contrôle de l´espace terrestre et maritime de l´Antiquité à la Guerre Froide. Dans l´étude de "l´espace de la guerre", Alain Guillerm rejoint Paul Virilio auteur de Bunker archéologie. Guillerm y évoque l´éternelle course entre le boulet et la muraille, les progrès de la fortification et de la marine mais surtout s´interroge sur les liens étroits entre stratégie et technologie. Ce que Nicolas Faucherre appelle "le dialogue entre des moyens d´attaque toujours plus performants et des moyens de défense qui y répondent toujours avec retard".

Guillerm pose une question fondamentale : "Pourquoi écrire sur la guerre lorsqu´on est un homme de paix ? " et nous offre une très bonne analyse de ce qui nous attendra dans nos travaux : "la stratégie est autant l´histoire de la guerre que l´art de la guerre - ce domaine rejoint l´archéologie, l´histoire des techniques et plus généralement l´archéologie du savoir", notre étude sera donc forcément pluridisciplinaire.

Chez Paul Virilio, les blockhaus, sont des "bornes de l´espace militaire contemporain" qui continue à exercer de la fascination car aujourd´hui, il n´y a plus de bornes : la dimension du danger a changé. "La terre est devenu un immense glacis exposé au feu nucléaire" et le blockhaus vient nous rappeler ce bouleversement : il y a 60 ans, il pouvait abriter l´homme alors qu´aujourd´hui l´homme n´est plus à l´abri nul part... c´est l´idée d´extension du phénomène de la guerre à l´échelle mondiale.

Dans son ouvrage publié en 1985, Alain Guillerm va dans le même sens en résumant les profondes mutations qui ont eut lieu depuis la Seconde Guerre Mondiale comme le primat de "l´échelle mondiale" dans les calculs stratégiques.

Ce primat se manifeste d´ailleurs dans le terme géostratégie, combinaison des termes géographie et stratégie, qui pour les militaires, les géographes et les historiens désignent la spécificité des opérations conduites "aux plus vastes dimensions, et avec la plus grande variété de moyens d´action", selon l´expression d´André Vigarié. Mais chaque époque, en fonction de ses moyens de communications, possède ses propres "plus vastes dimensions" à laquelle on peut associer un type de fortification. A cela près qu´aujourd´hui, le sous-marin d´attaque a vaincu la vieille muraille.

"A l´époque du tank et de l´avion, une ligne fortifiée est devenue le synonyme de l´absence de volonté de vaincre. D´ailleurs les puissances de l´Axe, dès leurs premières défaites, vont tomber dans ce travers ; le mur de l´Atlantique de Hitler, les îles fortifiées japonaises du Pacifique (de Tarawa à Okinawa), seront le symptôme de ce tournant dans la fortune des armes comme dans les esprits". Pourquoi élever des fortifications si la guerre peut avoir lieu n´importe où, n´importe quand ? Même les missiles n´ont qu´une portée limitée et sont tirés depuis l´élément marin, en quoi ils relèvent toujours de la géostratégie. L´extension du rayon d´action des armées favorise cette multiplication des théâtres qui définit l´essence même de la géostratégie. "Dans cette optique on peut donc affirmer qu´en 1940 comme en 1980, la fortification, "le béton", est radicalement dépassée, et que le char et l´avion restent les rois du champ de bataille quelle que soit la puissance des missiles employés contre eux. Mais si le "béton" est dépassé, le concept de fortification lui, ne l´est pas. La défense du territoire - sa sanctuarisation - a simplement changé de nature. Pour une puissance indépendante c´est, pensons-nous, la dissuasion, la menace du feu nucléaire stratégique qui est devenue la forme moderne de la fortification".

Documentation

Document d'archives
Service Historique de l'Armée de Terre, Article 4 : Frontières de France, Section 2 : Frontières maritimes. Paragraphe 1 : Mémoires généraux, Carton 9 : 1812-1814)
Pièce n° 20 : 1811 . Carte générale des côtes comprises entre la rade de Cancale et la rivière de Quimperlé par la commission des côtes. Sont mentionnées les batteries existantes et proposées pour la défense des côtes.
Pièce n° 21 : 1811 . Tableau des tours - modèles proposées dans la direction d´artillerie de Brest. " Etat indicatif des batteries de côte auxquelles il conviendrait conformément à l'ordre de sa majesté, en date du 2 mai, d'établir, pour leur défense des tours de différents modèles, à raison de l'importance de la batterie ".
Pièce n° 28 : 1811. Mémoire sur la position des tours - modèles 1811 (L´île des Landes, batterie de Corbière, batterie de Pontrieux, batterie de Postermen, Conquet jusqu´à Port-Blanc).
Bibliographie
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Annexes

Barazer d'après BLANCHARD (A.), Dictionnaire des ingénieurs militaires 1691-1791, Montpellier, 1981, 2 tomes.

"Famille de bourgeoisie bretonne originaire de Morlaix. Négociants et armateurs, occupant en outre de nombreuses fonctions municipales dans leur cité ; consuls, maires, jurats, directeurs des hospices, capitaines de la milice urbaine. Plusieurs officiers des armées du roi.

1777, Guillaume-François Barazer.

Né à Morlaix le 5 septembre 1752.

Père : Guillaume-Jean-Baptiste, sieur de Lannurien, négociant à Morlaix, major de la milice, fils de Guillaume (1673-1730), armateur, maire de Morlaix, consul et colonel de la milice, et d'Ursule-Thomase Creton, dame de Lannurien.

Mère : Sébastienne-Louise Digaultray, fille de François, sieur des Landes, maire de Quintin, diocèse de Saint-Brieuc.

Frères :

- Jean-François-Ange (1753-1830), sieur de Lannurien, avocat au Parlement de Bretagne, emprisonné durant la Révolution.

- René-François (1757-1777), lieutenant d'artillerie, volontaire de la guerre d'Indépendance, noyé en mer.

Marié à Lesneven le 13 avril 1790 avec Etienne-Marie Perinnelle (alias Perrinnelle), fille de Claude, né à Vitré le 24 juillet 1729, sieur de Vaulfollet, inspecteur des domaines puis receveur des domaines à Lesneven, et de Marie-Rose Collet de Kerman.

Enfants :

- Constant-Marie-Joseph, né en 1795, officier des hussards, démissionnaire en 1830,

- Marie-Rose-Joséphine (1791-1879), épouse (1812) de Jérôme Lefébure de la Pasquerie,

- Aline (1806-1885), épouse (1830) de Placide Magré, capitaine de vaisseau.

Mort à Brest le 9 août 1827 (75 ans).

Elevé par sa grand-mère paternelle. Ursule-Thomase Creton.

Elève et lieutenant en second à l'école de Mézières en 1775-1776.

Ingénieur ordinaire et aspirant lieutenant à 24 ans et demi le 1er janvier 1777 ; affecté à Cherbourg.

Lieutenant en 1er à Bastia le 15 septembre 1782.

Revenu à Cherbourg depuis 1787 au moins.

Capitaine le 1er avril 1791.

Compta à l'armée des Côtes bretonnes à partir de 1793.

Chef de bataillon sous-directeur à Brest le 16 décembre 1794. Nommé sur place colonel directeur des fortifications en 1804.

Chevalier de la Légion d'Honneur en 1805. Retiré le 22 juillet 1814.

Chevalier de Saint-Louis dans les années qui suivirent.

Eut à se préoccuper de l'aménagement des places du Finistère durant tout l'Empire".

La crise de l´obus-torpille

Durant le19e siècle, l´artillerie fait des progrès considérables rendant obsolètes de nombreuses fortifications. L´artillerie rayée est vite perfectionnée par l´obus-torpille en 1885. Désormais, c´est sous le roc que les hommes se protègent en attendant l´usage du béton armé.

Illustrations

Voir

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