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Inventaire général du patrimoine culturel
enquête thématique régionale (fortifications littorales)
Auteur de la notice : Lécuillier Guillaume
Année de rédaction : 2005
Bretagne
Finistère
Crozon
Pointe de Morgat
Beg Ar Gador ou pointe du Kador
Batterie de 95 mm (4 canons G de 95 mm sur affûts G de côte)
Vignette
Vue aérienne du réduit de batterie de côte dite batterie de Morgat ou Kador en 1971

Désignation

Dénomination : batterie ; abri
Destinations successives et actuelle : promenade ; sentier
Partie(s) contituante(s) : batterie ; réduit ; fossé ; casemate ; blockhaus

Précisions sur la localisation

Numéro INSEE de la commune : 29042
Aire d'étude : Bretagne Nord
Milieu d'implantation : isolé
Latitude : 48.2203220
Longitude : -4.4950745

Eléments de description

Matériau(x) du gros-oeuvre et mise en oeuvre : moellon ; maçonnerie ; granite ; enduit
Matériau(x) de couverture : pierre en couverture ; terre en couverture
Parti de plan : plan rectangulaire régulier
Vaisseau et étage : rez-de-chaussée
Type de la couverture : terrasse
Etat de conservation : désaffecté

Eléments d'historique

Datation(s) principale(s) : 4e quart 19e siècle
Datation(s) secondaire(s) : 1ère moitié 20e siècle
Datation(s) en années : 1888 ; 1896 ; 1900
Justification de la (des) datation(s) : porte la date
Commentaire historique : Fonction : défense de l'anse de Morgat.
Armement des batteries haute et basse de Kador :
Le 7 novembre 1844, le comité des fortifications s'appuyant sur le travail de la commission des côtes de 1841 (Atlas de défense des côtes, tome III, 2e arrondissement de Brest) recommande l'armement des deux batteries : 6 canons de 30 livres de balle modèle 1840 sur affût pivotant et obusiers de 22 cm modèle 1827 sur affût de fer pivotant, 2 obusiers de 12 en bronze, 2 mortiers de 32 cm en fer.
Les batteries haute et basse de Kador sont mentionnées dans l'Atlas de 1858 de mise en état de défense des côtes de l'Empire Français (n° 230). Classée en 1er degré d'importance, elle est armée de 3 canons de 30 livres de balle modèle 1840 sur affût pivotant, 3 obusiers de 22 cm modèle 1827 sur affût de fer pivotant et 2 mortiers de 32 cm en fer.
Selon l'état extrait de la délibération de la Commission de Défense des Côtes en date du 7 février 1870 et annexé au projet d'instruction pour la révison à faire à l'armement du littoral, l'armement transitoire antérieur à 1870 est composé de : 3 canons rayés de 30, 1 obusier de 22 cm lisse, 2 obusiers de 22 cm rayés et frettés et 1 mortier de 32 cm.
Selon l'état extrait de la délibération de la Commission de Défense des Côtes en date du 7 février 1870 et annexé au projet d'instruction pour la révison à faire à l'armement du littoral, on préconise comme armement transitoire proposé en 1970 : 2 canons rayés de 27 cm, 2 obusiers rayés et frettés de 22 cm et 1 mortier de 32 cm.
Une batterie de 4 canons de 95 mm est mentionnée sur la liste des batteries de côte daté du 1er mars 1904 et 1913.

Statut juridique

Statut de la propriété : propriété de la commune

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre : vestiges de guerre
Nature de la protection MH : édifice non protégé MH
Site, secteur ou zone de protection : site classé
Observations : Accès libre.
Site intégré à la Route des Fortifications de la presqu´île de Crozon créée en 2007.
Magasin à poudre sous roc repéré comme gîte d´hibernation pour les chauves-souris, en particulier pour le Grand Rhinolophe
(Rhinolophus ferrumequinum).

Annexe

BATTERIES DU CADOR par Philippe Truttmann.

Situation : à l'extrémité sud de la plage de Morgat ; 3 kilomètres sud-sud-ouest du centre de Crozon.

HISTORIQUE SOMMAIRE

La pointe du Cador (ou pointe de Morgat) orientée sensiblement est-ouest ferme au sud la plage de Morgat et forme un saillant en baie de Morgat tant en planimétrie qu'en nivellement, constituant un site privilégié pour des positions d'artillerie destinées à interdire l'accès de la plage et de l'anse de Morgat, ou destinées à agir contre des vaisseaux tentant d'y mouiller.

Ce site semble avoir été organisé défensivement par Vauban dès 1694, lors de la descente anglo-hollandaise sur Camaret (cf. : carte de 1695 reproduite dans Toudouze, qui indique deux batteries sur la pointe de Cador) mais en ouvrages relevant plutôt de la fortification passagère, à base de simples plate-formes avec parapet en terre, et petit bâtiment annexe.

Jusqu'à la refonte opérée par la commission de 1841, la pointe de Cador portait deux batteries :

- Une batterie haute, pour mortiers, à proximité du phare actuel (armée de 2 mortiers de 12 livres de balle (dont un encloué !) d'après un état de 1778).

- Une batterie basse pour canons, orientée vers l'île l'Aber et établie sur un replat, au-dessus de la falaise, au saillant de la pointe.

A la suite des travaux de cette commission, la batterie basse a été entièrement remaniée en 1860 et 1861 et munie d'un réduit-type 1846, tandis que la batterie haute laissée telle quelle, diparaît peu à peu.

Vers 1880, nouveau et dernier remaniement, la batterie basse est transformée en batterie de 4 pièces de 95 mm (donc, batterie de petit calibre).

L'ouvrage se trouve dans l'état résultant de cette dernière transformation, le matériel a disparu et la végétation sauvage recouvre entièrement la position.

DESCRIPTION

Batterie haute : on ne distingue plus rien de cet ouvrage.

Batterie basse : implantée à 30 mètres environ au-dessus du niveau de la mer, au-dessus de la falise et à la pointe même de Cador, cet ouvrage comprend, du nord au sud :

- Le réduit (daté de 1861) conforme (sauf légère différence en longueur : 21 mètres au lieu de 19,90 mètres au type n° 2 de "corps de garde crénélé" défini par la circulaire du 31 juillet 1846 (pour batterie de 40 hommes et 12 pièces) (Capacité réelle (Grand Atlas du Génie) : 1 officier et 30 hommes. Magasin à poudre de 3 000 kilogrammes. Citerne de 15 mètres cubes). Le bâtiment est orienté nord-sud avec entrée au nord. Faute de place pour le construire plus en retrait, il est protégé des coups du large par un masque terrassé couvrant le long pan est et le pignon sud, masque artificiel réalisé avec le déblai provenant de la fouille de la plate-forme et régalés en glacis à l'extérieur. Ce masque est soutenu, du côté du réduit, par un mur de maçonnerie, jouant un peu le rôle de contrescarpe.

Le parapet crénelé couronnat l'édifice a été supprimé à une époque impossible à déterminer.

Matériaux : maçonnerie de moellons de schiste enduite au mortier. Chaînes d'angle et encadrements de baie en pierre de taille de granite harpés (gros appareil).

- La position de batterie proprement dite, constituée par :

- Une tranchée de service formant ru du Rempart.

- Une plate-forme rectiligne à quatre positions de pièces (95 mm modèle 1888 sur affût de côte), en béton et circulaires métalliques, traversée de pièce en pièce par des traverses peines soutenues à l'arrière par un mur en maçonnerie comportant deux niches à munitions.

- Un parapet en terre soutenu à l'arrière par un mur en maçonnerie.

- Le magasin à munitions de batterie : petit local souterrain accessible par un corridor débouchant en bout de la tranchée de la rue du rempart, sous un retour du parapet formant traverse d'extrémité et défilant la batterie contre les coups venant du sud.

Ce corridor comporte deux brisures successives à 90 degrés, et a son entrée bétonnée.

Illustrations

Voir

Voir aussi

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