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Inventaire général du patrimoine culturel
enquête thématique régionale (fortifications littorales)
Auteur de la notice : Lécuillier Guillaume
Année de rédaction : 2002
Bretagne
Finistère
Groupe défensif côtier de Morlaix codé "Mo"
Carte
Vignette
Perros-Guirec : casemate de type H 612 intégrée dans la falaise

Désignation

Dénomination : ensemble fortifié
Partie(s) contituante(s) : ensemble fortifié

Précisions sur la localisation

Aire d'étude : Bretagne-nord
Latitude : 46.9842213
Longitude : -5.1063594

Elément de description

Commentaire descriptif : Le groupe défensif côtier de Morlaix (Küsten-Verteidigungs-Gruppe codé "Mo") compte 120 ensembles fortifiés :
- De Perros-Guirec (Wn Mo n° 01) à Cléder (Kerfissien Wn Mo n° 120). Sur le terrain, nos investigation nous en ont permis d´en étudier près de 80.

Eléments d'historique

Datation(s) principale(s) : 2e quart 20e siècle
Datation(s) en années : 1942 ; 1943 ; 1944
Auteur(s) de l'oeuvre : Organisation Todt (ingénieur militaire)
Justification de la (des) attribution(s) : attribué par travaux historiques

Statut juridique

Statut de la propriété : propriété publique ; propriété privée

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre : vestiges de guerre
Nature de la protection MH : édifice non protégé MH

Annexe

Service Historique de la Marine. Brest. Rapport Pinczon du Sel. Livre IV. Le Mur de l´atlantique la côte de la Manche et de l´Atlantique du Mont Saint-Michel à Laïta. 1947-1948.

Chap. III : Région de Lannion (Côtes-d´Armor)

Ce littoral présente un ensemble assez complexe de hautes falaises, rivages encombrés de rochers, de profondes rivières navigable comme le Trieux et le Tréguier, et des plages petites mais abritées, bordées de nombreuses villas. S'il est difficile d'envisager un débarquement massif, du moins la côte se prête d'une façon remarquable à des coups de mains de commando.

D'autre part, ses vues élevées et dégagées permettent l'installation de postes de veille et de radars. Pour l'étude des fortifications dressées par les Allemands, nous diviserons ce littoral en trois : les abords de Paimpol et de Lézardrieux, la région de Tréguier, celle de Perros-Guirec jusqu'à la pointe de Beg Léguer. Puis les batteries lourdes de l'intérieur.

1. De Paimpol à Tréguier

Zone non étudiée.

Stp Po n° 35 : Pointe de Guilben (Plan n° 44/IV)

Stp Po n° 46 : Ile à bois (Plan n°46/IV. Photo n° 38)

2. De Tréguier à Perros-Guirec (Zone non étudiée)

A Tréguier ne résident que quelques douaniers surveillant les mouvements des pêcheurs.

En remontant la rive gauche, on trouve aux Roches Jaunes un 75 mm de campagne installé en 1944, battant la rivière. Il est dominé par des ouvrages d'infanterie armés de mitrailleuses légères et de projecteurs. Des constructions en béton étaient en cours.

Port Blanc (Plan n° 48/IV)

L'entrée de la rivière de Tréguier est sous la surveillance d'un ouvrage situé à la pointe du Château complètement évacuée de ses habitants.

Une pièce de 155 mm française est dirigée vers l'île d'Er (ou Enez Terc´h). Trois cuves de canon de 20 mm C. A. (sur plate-forme légère) avec un projecteur forment la D.C.A. et la défense rapprochée. Tout le rivage est miné.

Jusqu'à l'anse de Port Blanc, la côte protégée par des bancs rocheux ne reçoit que des obstructions sur ses plages, des éléments de mur en béton et des champs de mines presque continus. Un observatoire avec une mitrailleuse est placé à Kerloquin.

L'anse de Port Blanc supporte un mur en béton qui sépare la plage de la route qui la borde. A la pointe Ouest, un petit ouvrage renferme un canon de 47 mm en cuve interdisant l'entrée du chenal, un observatoire avec un Tobrouk de mitrailleuse, une tourelle de char barrant la route et croisant son feu avec la pièce de Royau, enfin deux bunkers avec mitrailleuses.

Plage de Trestel (Plan n° 48/IV)

Derrière son triple réseau de défense : mines, barbelés, tranchés, l'ouvrage de Royau compte un canon de 47 mm (sous casemate mais démolie) battant la plage vers le Nord-est, une tourelle de char qui barre la route du littoral, deux bunkers avec Tobrouk de mitrailleuse.

Après une fausse évacuation, les Allemands renforcés reviennent le dimanche 5 août 1944, font sauter les ouvrages et les maisons de la pointe, puis partent sur sept camions emportant des partisans pris comme otages, ceux-ci agitant des drapeaux tricolores.

Un peu plus loin s'étend la belle plage de Trestel. Elle reçoit une ligne de pieux Rommel et un mur en béton. Sur la pointe Nord, près du sanatorium est dressé le point d'appui comprenant une casemate pour un canon de 75 mm, un bunker portant une tourelle de char battant la plage Nord-ouest et les chemins d'accès, vers le Sud une pièce de 20 mm C. A., trois bunkers avec Tobrouk.

L´observatoire est installé sur une villa voisine. Le commandement se trouve à Penvenan (?).

L'observatoire de 30 hommes se rend aux Américains après une vive fusillade et avoir incendié les maisons occupées.

En se rapprochant de Perros-Guirec, on trouve à Port l'Epine (Photo n° 39 et 40) un ensemble assez important. Une casemate pour un canon de 75 mm orientée vers l'Est, un canon de 47 mm mobile pour lequel une plate-forme est préparée vers la Sud-ouest, un fortin bétonné à embrasures commandant la cale, un canon de 40 mm FLAK télécommandé en cuve, un Tobrouk de mortier. L'observatoire et le P.C. à la côte 31 est entouré de plusieurs bunkers dont deux à Tobrouk. La trentaine d'hommes qui occupaient les lieux se rend sans combat à l'arrivée des Américains.

3. De Perros-Guirec à Beg Léguer

Linkin (port de Perros-Guirec) (Plan n° 49/IV. Photo n°41)

Le petit port est défendu par une pièce de 105 mm dans une casemate camouflée en villa (orientée vers Louannec), un canon de 88 mm pour lequel une casemate était en construction. Plusieurs bunkers dont deux avec Tobrouk de mitrailleuse. Un canon de 47 mm PAK est dirigé vers l'entrée du port, et un second est établi sur la jetée.

Wn Mo n° 05 : Pointe du Château (Perros-Guirec) (Plans n°50 et 51/IV)

Un tunnel creusé dans le roc abrite un canon de 75 mm tirant vers Trestrignel, deux bunkers avec Tobrouk et deux observatoires. La galerie souterraine permet l'accès à la casemate et aux postes de guet. A la Roseraie, une pièce de 47 mm bat la plage de Trestraou. Elle est encadrée par deux Tobrouk de mitrailleuses.

Stp Mo n° 09a : La Clarté (Mez Gouez) (Plans n°52 et 53. Photos n°42 à 45)

Très important centre de renseignements et de surveillance de la Luftwaffe réunissant un gros radar de surface et trois radar C. A (Deux appareils Freya FuMG 401 A/LZ et deux appareils Würzburg Riese FuSE 65). Les bunkers (dont deux abri-usines L 486) dans lesquels se réfugiait le personnel étaient nombreux (un comportait deux étages et d'autres munis de Tobrouk) en plus des casernements de surface.

Wn Mo 09 : Kerdu : Une importante D.C.A. de six pièces de 40 mm FLAK 30 défendait le centre et un canon de 105 mm en casemate (R 612) tirait vers la trouée de Kerdu. L'ensemble était entouré d'un réseau de tranchées avec barbelés et certains champs de mines bordaient par endroit les barbelés.

Les ouvrages assuraient la défense D.C.A. légère et la protection de la baie de Trestraou.

Autre description des ouvrages :

Une casemate pour 105 mm.

Six cuves pour matériel D. C. A. léger.

Quatre radars. (1 pour but marin, 3 C.A.)

Un grand blockhaus à 2 étages (abri L 479 PC de renseignements de la chasse, à deux étages) et douze pièces avec niches pour mitrailleuses.

Deux blockhaus sous cuve de D.C.A. (abris L 410a et L 409a)

Un blockhaus avec niche de mitrailleuse.

Un blockhaus surmonté d'un radar rectangulaire.

Un local en maçonnerie. (poste sous tension)

Une niche à mitrailleuse.

A l'arrivée des Américains en 1944, les 800 Allemands des environs se réunissent pour rejoindre Lannion, mais intimidés par les F. F. I. très actifs, ils reviennent et se rendent à des officiers alliés.

Le phare de Triagoz quoique canonné ne fut pas abattu.

Ploumanac´h (Plan n° 54/IV. Photo n°46)

Le sémaphore de Ploumanac´h est aménagé avec un petit radar (un Seetakt FuMO 2) et le bâtiment enrobé dans un bunker. Deux autres bunkers avec mitrailleuses, une pièce de 47 mm PAK mobile et trois cuves de canon de 20 mm C.A. (deux FLAK, un Oerlikon) complètent l'ouvrage entouré de barbelés et de mines.

Autre description de l'ensemble :

Trois matériel de 20 mm.

Un matériel de 47 mm PAK.

Deux cuves en maçonnerie avec plate-forme enterrées pour gros matériel.

Treize blockhaus.

Un radar.

Deux postes d'observation.

Un abri pour canon de 47 mm PAK.

Quatre niches à mitrailleuses.

Une partie du site est en terrain militaire (quatre blockhaus et un radar), l'autre sur un terrain privé.

En se retirant, les Allemands incendient les barques et le canot de sauvetage.

Pointe de Belisal (Trégastel) (Plan n°55/IV)

Un grand camp est installé sur la pointe abritant matériel et personnel dans onze bunkers dont plusieurs munis de Tobrouk de mitrailleuses. Un pièce de campagne mobile surveillait les plages voisines. Ces ouvrages protégeaient les plages de Trégastel, Grève Blanche et Cozris (?).

Autre description :

Une casemate pour canon de 75 mm.

Onze blockhaus pour mitrailleuses. (3 bouchés, détruit)

Un radar.

Ile Grande

Un canon de 47 PAK en cuve (mauvais état) à la pointe Nord-ouest est accompagné de deux bunkers dont un avec Tobrouk de mitrailleuse. Le château où siège le P.C. est entouré de barbelés et défendu par des ouvrages de campagne armés de mitrailleuses. Des champs de mines sont étendus devant les grèves accessibles.

Dans l'île est dessiné un faux terrain d'aviation avec des maquettes en bois d'avions dans lesquels la Luftwaffe vient s'entraîner au bombardement. L'île Brume (ou Brulée : ?) (rocher voisin) est maquillé en bâtiment de guerre. La petite garnison de 30 hommes se replie le 4 août sur Trébeurden.

Trébeurden

De part et d'autre de la pointe du Castel, on trouve un élément de mur en béton (2,3 mètres de haut, 1 mètre de base) devant les plages - celles-ci obstruées par des herses et des épieux.

Deux pièces de 77 mm de campagne à la pointe de Bihit sont dissimulés dans des abris taillés dans le roc. L'un dirigé vers Tresmeur, l'autre sur Beg Léguer. Deux observatoires surveillent la région (servant aussi de niches à mitrailleuses).

Wn Mo n° 18 : Beg Léguer (Plan n°56/IV)

L'ouvrage établi à la pointe Servel (pointe rocheuse) comporte trois cuves de 20 mm FLAK 30 dont deux sur abri (batterie C. A. de Beg Léguer), sept bunkers dont deux avec Tobrouk et un avec coupole périscopique. Ces trois pièces qui interdisent l'entrée de la rivière de Lannion et tiraient sur les plages voisines étaient renforcées par une pièce de 88 mm mobile, quelques tranchées et barbelés et sur les plages des obstacles.

Les troupes de la région atteignant 3000 hommes en 1940, se réduisent à 300 en 1944 dont la plus grande partie est constituée de Russes voleurs et pillards, d'un détachement de la Luftwaffe et de quelques S. S. De malheureux incidents éprouvèrent le population de Trébeurden, certains fermiers après des agressions de F. T. P. réclamèrent la protection de la gendarmerie allemande. Pour se venger, les F. T. P. massacrèrent plusieurs familles et attaquèrent des soldats allemands. En représailles, ces derniers fusillèrent ou pendirent une quinzaine de personnes et brûlèrent des maisons. L'évacuation commença le 5 août 1944 et après un retour le 7 en vue de rallier la garnison de Perros harcelée par des F. F. I., elle fut définitive.

Aérodrome de Lannion

Le petit terrain d'aviation français est considérablement agrandi et aménagé par une piste d'envol de 1440 mètres de long et 60 mètres de large. Des postes de dispersion sont établis tout autour. Cet aérodrome fut peu utilisé.

La D. C. A. comprend dans l'angle Nord-ouest un affût quadruple (20 mm FLAK 38) et plusieurs simples de 20 mm (trois pièces de 20 mm FLAK 30) avec un projecteur (de 60 cm).

A Créac´h Meur, quatre pièces de 88 mm FLAK 36 et trois de 20 mm FLAK 30.

En juin 1944, cette batterie part en Normandie. Le sommet du clocher de Rusquet (au Sud-est) gênant l'envol est coupé.

Wn Mo n° 26 : quartier général implanté à Lannion.

4. Batteries lourdes

Stp. Po n° 27 : Batterie ALVF de Plounez (Plan n°58/IV. Photos n°47 à 51)

Derrière Paimpol en bordure de la voie ferrée, quatre pièces de 203 mm Marine sont installées à l'intérieur de sorte d'amphithéâtre avec raccord de rail. Ces pièces pouvaient tirer sur tout l'horizon. Autour de ces emplacements, dix bunkers grands et petits sont construits et merlonnés pour abriter munitions, matériel, postes de D. T. et personnel. La D.C.A. est montée sur le toit d'un certain nombre de ces blockhaus et comprend trois cuves pour affût quadruple de 20 mm. Le camp est limité par un réseau de tranchées et de barbelés et des postes de mitrailleuses battant les routes voisines et la voie ferrée.

Wn Po n° 34 : Batterie de 155 mm court de Landeby

A 2 kilomètres au Nord de Lézardrieux (sur l´autre rive du Trieux) sont placés quatre canons de 155 mm court en casemate (H 669). Leur axe de tir s'ouvre en éventail de façon à battre toute la rade de Paimpol. Cette batterie garde ses chevaux et dégage vers Brest le 3 août 1944.

Wn Po n°51a : Batterie de 155 mm long de l'Enfer Pleumeur-Gautier (Plan n°57/IV. Photo n°52)

A Pleumeur-Gautier se trouve une batterie de quatre pièces de 155 mm en casemate (H 669).

Une section est orientée vers Pleubian, l'autre vers Lanmodez couvrant ainsi les approches des rivières de Tréguier et du Trieux et en particulier le curieux sillon du Talbert.

Ile aux Moines (Sept-Iles) (Plan n°59/IV)

S'avançant à 3 milles au Nord de la côte de la pointe de Lannion, les Sept-Iles occupent une position intéressante pour surveiller les approches des baies de Saint-Brieuc et de Morlaix. L'île aux Moines fût occupée mais ce ne fut d'abord que des visites quotidiennes. Un détachement de 4 Marins renforcés ensuite de 10 soldats de l'armée de l'Air ne s'installa à demeure qu'en février 1941.

A vrai dire, ce ne fut que pour surveiller le gardien de phare et servir de poste de guet aérien, un câble téléphonique sous-marin reliant le phare à Ploumanac´h. Le phare fonctionnait par intermittence de 10 minutes au passage de convois allemands.

Les travaux de défense furent très limités. Outre l'aménagement des anciens ouvrages Vauban pour servir de positions d'infanterie, le phare fut entouré d'un triple réseau de barbelés et la partie Nord du deuxième réseau reçut une rangée de mines contre personnel.

De nombreux combats entre ces unités légères de marins et les aéronefs alliés se déroulèrent dans les parages des îles. Au début d'août 1944, quelques jours avant la libération de la côte le détachement occupant l'île fit sauter complètement le phare à la dynamite et partit.

Chap. IV : La baie de Morlaix (Finistère)

Nous considérons maintenant l'ensemble de la baie de Morlaix englobant les estuaires de la Penzé et de la rivière de Morlaix, de Roscoff à la pointe de Primel incluse.

La rade de Morlaix offre un bon mouillage, abrité de tous les vents ; les bâtiments légers peuvent donc y relâcher par gros temps et le plan d'eau permet le transbordement des marchandises lourdes des transports dans des chalands remontant ensuite à Morlaix.

La rade proprement dite, limitée au Nord par la ligne brisée Penn-al-Lann - Taureau - Stérec - pointe de Perrohen, est déjà naturellement protégée par les îlots, récifs et bancs qui en parsèment les abords.

L'organisation de la défense par les Allemands répondait donc au double but d'utiliser librement à leur profit le plan d'eau et d'y interdire les incursions ennemies.

Le système de défense comprend les éléments habituels avec en plus un terrain d'aviation pour la chasse et un barrage mobile sur la ligne citée plus haut.

1. Défenses côtières

Wn Mo n° 35 : Pointe de Séhar ou Locquémeau port.

Le premier ouvrage vers l'Ouest en partant de (Beg Léguer) est situé sur une étroite langue de terre. Il est constitué par une casemate (H 676) étanche aux gaz armée d'un canon de 47 mm PAK 36 SKODA (Tchèque, démolie : ?) jumelé à une mitrailleuse de 8 mm. Cette pièce bat toute la crique Est et recoupe la zone battue de l'ouvrage de Beg Léguer. Une niche étanche à la partie arrière abrite un mortier automatique. Derrière la casemate, trois bunkers enterrés et deux Tobrouks de mitrailleuses dirigés vers le Sud. Ces ouvrages défendaient la rivière de Lannion.

A la libération l'armement après avoir ouvert le feu sur les barques de pêche abandonne l'ouvrage.

La Lieue de Grève (Plan n° 60. Photo n° 53 à 56)

De Guer (?) à Locquirec deux belles plages séparées par la pointe de Plestin offrent des possibilités de débarquement quoique la pente soit si faible que les engins risqueraient d'échouer très loin du rivage. Les Allemands élèvent des défenses sérieuses prenant les plages d'enfilade en constituant des points d'appui solide.

A Saint-Michel-en-Grève, les ouvrages en béton n'apparaissent qu'en 1944. Tout d'abord, un canon de 47 mm PAK en cuve, puis un très gros bunker près des hôtels (inachevé), un abri pour mitrailleuse avec un tunnel conduisant au plateau sur lequel est d'abord installé une batterie de quatre canons de 155 mm hippomobile en attendant que les casemates des Dunes soient armées, puis où sont édifiés des baraquements.

Aux Rochelles (?) (photo n°53 et 54) le gros rocher (Le Grand Rocher) qui surplombe la route et le rivage est creusé de chaque côté où niche un canon de 75 mm. Creusé dans le roc avec un tunnel. Les deux casemates sont partiellement détruites.

Au milieu de la plage devant la villa « Les Dunes » (photo n° 55 et 56) une grosse casemate (détruite) avec un canon de 150 mm qui tire vers le large est flanquée de deux autres plus petites avec une pièce de 75 mm à droite et un canon de 50 mm à gauche. De petits bunkers (quatre blockhaus, une niche à mitrailleuse) sont enfouis dans le sable et servent de soutes.

Les villas sont renforcées de parois en béton. Le propriétaires sont autorisés à détruire les ouvrages à leurs frais.

Wn Mo n° 41 : A Saint-Efflam, une pièce de 50 mm en casemate tire vers l'Est couvrant toute la plage. A ses côtés, deux Tobrouks de mitrailleuses et un bunker à deux pièces (poste de guet et niche à mitrailleuses).

La plage est suivie par la route d'un bout à l'autre, aussi à côté des fortifications décrites de nombreux obstacles sont dressés sur les sables assez loin vers le large - tétraèdres en ciment ou en fer, pieux avec ou sans mines. Le remblai de la route sert de mur de béton en de nombreux endroits.

Sur la route de Plestin (pointe de l'Armorique), un poste d'observation est dressé entouré de quatre Tobrouks pour mortiers. Un canon de 155 mm court, en position près de la route, peut être utilisé aussi bien vers l'Est que vers l'Ouest. Une unité hippomobile avec quatre mortiers se tient tout prête à intervenir au point de débarquement.

Locquirec

Derrière plusieurs rangées d'obstruction, un long mur de béton se dresse fermant la plage. Celle-ci est sous le feu d'une pièce de 75 mm (ou 105 mm) en casemate (démolie), situé à la pointe du Château (Wn Mo n° 46). La plage du Corbeau est justiciable des mitrailleuses de Tobrouk des bunkers du Château et d'une pièce de 47 mm PAK placée au Sud de la carrière de Keraudren (?).

Tout ce secteur d'abord occupé par une grosse garnison est progressivement dégarni de troupes. A la libération, les derniers soldats après avoir fait sauter leur matériel et la jetée de Locquirec, quittent les lieux sans combat.

De Locquirec à Saint-Jean-du-Doigt

La haute falaise de cette côte se défend par elle-même et les petites plages qui y sont encastrées n'offrent aucun débouché sérieux, aussi les Allemands se contentent de semer des champs de mines et de disposer quelques armes à la pointe de Beg-an-Fry. Autour d'un observatoire à 110 mètres d'altitude, 2 Tobrouks de mortiers et de mitrailleuses.

A l'Est de la plage de Saint-Jean-du-Doigt sur la falaise de près de Kernévez, des tranchées entourant deux postes de mitrailleuses et deux bunkers ; ont été laissés inachevés plusieurs blockhaus.

Pointe de Primel (Plan n°61/IV. Photo n°57 à 60)

Toute la région de Plougasnou avec son plateau très dégagé vers la mer est utilisé comme Centre d'Ecoute Radar et Station de T. S. F.

A Ruffélic (Photo n°57)

Deux radars C.A. sont en position. Ils sont défendus par trois canons de 20 mm FLAK en cuve, une pièce de 47 mm en casemate à mi-hauteur de la falaise vers l'Est, et des tranchées en maçonnerie. Deux gros bunkers (complètement détruits) sont construits près des radars. Une pièce de 47 mm en casemate à la pointe du Poulain (Roc 'h Louët) bat la plage de Saint-Jean-du-Doigt.

A Kerhouin (Photo n°58)

Un grand radar (Mammut FuMO 52) contre bâtiments de surface comporte quatre mâts fixes supportant un cadre de 20 mètres par 10 mètres sensiblement orienté au 75-225 (Cet appareil tardivement implanté n'a pas reçu d'abri réglementaire L 485. A mi-distance entre le centre de Fréhel et le centre de la pointe du Raz, la station de Kerhouin devait assurer la continuité de la chaîne des stations de repérage de la Côte Europe).

La D.C.A. compte six pièces de 20 mm FLAK 30 en cuves, dont certaines surélevées concourent à la défense du terrain. L'usine électrique et les installations, les soutes occupent quatre bunkers. Deux casernes défilées servent au personnel nombreux. Le camp est délimité par une ceinture de tranchées et de barbelés, et les accès contrôlés par des lances flammes. De nombreux champs de mines protègent les abords.

Wn Mo n° 56 : Primel-Trégastel (Photo n°59)

Après un champ de mines longeant la côte, on atteint la plage de Trégastel où court sur toute sa longueur un mur de béton type. A l'Est, une casemate armée d´un canon de 47 mm et deux Tobrouks surveillent le plage. Quatre bunkers y sont joints.

La plage à Primel (Photo n°60) est justiciable d'une pièce de 105 mm en casemate située à l'Ouest, et d'une autre de 47 mm en casemate plus basse qui flanque la plage vers le Sud. L'extrémité de la pointe est simplement minée.

Autre description des ouvrages de la pointe de Primel qui protégeaient l'anse de Primel et la plage de Trégastel.

A l'Ouest de la pointe de Primel :

Une casemate pour canon de 105 mm.

Une casemate pour canon de 47 mm. (démolie : ?)

A l'Est de la pointe de Primel :

Une casemate pour canon de 47 mm (mauvais état).

Deux emplacements pour mitrailleuses (mauvais état).

Quatre bunkers dont deux avec Tobrouk (mauvais état).

Le personnel de tous ces ouvrages s'élevait à 150 hommes environ à la Libération. Il évacue le dimanche 6 août 1944 et prend part aux combats de Plouigneau. Quelques jours avant l'évacuation trois jeunes gens et une jeune fille sont fusillés à Ruffélic se livrant soi-disant à l'espionnage.

Saint-Fiacre (Plan n°62. Photo n°61)

Un grand poste radio relevant directement de la Haute Kommandantur est installé à Saint Fiacre. Il comprend essentiellement un grand cadre de 10 mètres de long monté sur pivot avec galets aux extrémités et chemin de roulement et un pylône de 40 mètres de haut situé à 50 m environ et supportant les antennes. Il s'agirait surtout d'un poste de brouillage.

L'usine électrique est dans un bunker renforcé et enterré possédant une dalle de 3 mètres de béton. Plusieurs autres bunkers dont plusieurs avec Tobrouk de mitrailleuses se répartissent sur le terrain. La D.C.A. comporte trois pièces de 20 mm FLAK 30 en cuve. Autour barbelés et mines.

Autre description :

Trois cuves bétonnées pour 20 mm C. A.

Un radar rectangulaire sur rail. (détruit)

Un grand bunker comprenant quatre garages, pour groupes électrogènes, chambres magasins...

Quatre bunkers dont deux avec niches à mitrailleuses (trois sont en bon état).

deux niches à mitrailleuses (une détruite).

Un pylône de 40 mètres.

Cet ouvrage était vraisemblablement destiné à diriger les bombardements sur l'Angleterre.

Le terrain est privé : 1 ha de garenne, 2 ha cultivable. Ces bunkers pratiquement indestructibles sont utilisés comme garages par les propriétaires. L'endroit favorable pour une installation radar souhaite être conservé par l'Armée et la Marine.

La station a été attaquée plusieurs fois par les bombardements alliés, mais un seul coup au but détériora le chemin de roulement du cadre.

« Près de Saint-Fiacre, une importante station de radio-guidage, codée « Dora », s'appuyant sur un émetteur Knickebein FuMG 402, à grand cadre monté sur pivot avec galets et chemin de roulement, permet de guider les escadrilles allemandes vers l'Angleterre.

En 1944, ce système devenu obsolète, a été remplacé par un appareil See-Elefant, de 40 mètres de hauteur. L'usine électrique située sous une dalle de 3 mètres d'épaisseur, regroupe les divers appareils servant à l'exploitation et la transmission des données. Aujourd'hui, transformé en stand de tir, cet ensemble garde son camouflage d'origine ocre orangé. Plusieurs autres abris, dont certain avec Tobrouk pour mitrailleuse, se répartissent sur le terrain protégé par trois pièces de 20 mm Flak 30 (Chazette) ».

Wn Mo n° 57 : Pointe de Annalouesten

Ouvrage bien isolé sur un piton rocheux protégé du côté de la mer par des bancs rocheux et du côté de terre par des champs de mines barrant l'isthme. Il comptait un canon de 105 mm (ou 75 mm) en casemate (mauvais état) orienté vers le Sud-ouest et l'anse de Penantre (?), un canon de 47 mm en casemate (démolie) battant l'anse de Port Blanc, deux Tobrouks de mitrailleuses (abris bétonnés : ?) au sommet du piton couvrant tout l'horizon.

La garnison (80 hommes) après un faux départ le 3 août 1944 revient le soir même et repart le 5 après avoir enlevé des otages. Elle participe au combat de Plouigneau où les otages sont fusillés.

Saint Samson

Wn Mo n° 58 : Pierre Double : une casemate de 75 mm orientée vers le Nord, une tourelle de char vers le Nord-est de la grève et un bunker avec Tobrouk de mitrailleuses.

Wn Mo n° 59 : Pointe de Ty Lousou : une casemate (mauvais état) pour un canon de 47 mm, deux Tobrouks de mitrailleuses (mauvais état), deux emplacements pour mitrailleuses (mauvais état) et des retranchements d'infanterie (conservés en partie).

Wn Mo n° 60 (projet) : Térénez

L'ouvert de l'anse bordé de falaises abruptes n'est pas spécialement défendu, mais l'épi qui la barre en son milieu est coupé par des pieux et des herses Maginot. A la pointe même, un petit poste de douane établit une surveillance.

Pointe de Barnénez - l'île Stérec

Cet ensemble forme le verrou Est de l'entrée de la rivière de Morlaix. Penn-al-Lann en forme le verrou Ouest. Il comporte sur la croupe de Barnénez derrière des tranchées sur les pentes descendant vers la mer : deux cuves pour canons de 47 mm et de 76 mm russe, trois bunkers avec mitrailleuses et deux Tobrouks de mitrailleuses.

Dans l'île Stérec un tunnel creusé de part en part recèle un canon de 76,2 mm russe qui peut tirer vers l'Ouest du côté d'un barrage de la baie ou au Nord vers le chenal de Tréguier.

Du Dourduff à la pointe de Traou Rolland (?) s'étendent des champs de mines.

Autre description :

Un tunnel de 88 mètres de long et de 3 à 7 mètres de large creusé dans le roc comprenant 3 soutes de 10 mètres par 5 mètres. (1 soute détruite)

Un canon de 76,2 mm d'origine Russe.

Ploujean (Plan n°63/IV)

L'importance de cette région repose surtout sur la présence du terrain d'aviation de Ploujean. Aussi, l´armement de cette zone est-il uniquement à base de D.C.A. En dehors de celle qui borde le terrain (Wn Mo n° 71b : 20 mm et 40 mm Bofors) on trouve une batterie lourde de quatre pièces de 88 mm FLAK 36 établie au dessus de Brignon (Brignonic), et de trois pièces de 20 mm comme défense rapprochée. Au début de 1943, cette batterie est déplacée et transportée vers le terrain d'aviation. Elle est remplacée par des pièces légères et un ensemble de projecteurs. En même temps commence la construction de six cuves pour 105 mm D. C. A. qui restent inachevées (Wn Mo n° 71 b).

Le train d'aviation spécialisé pour avions de chasse après en avoir compté 60 n'en garde plus qu'une dizaine. L'objectif principal de ces formations étaient l'interception des bombardiers au retour de leurs expéditions sur Brest.

Annexe : Ouvrages Allemands du Menez en Ploujean. Plan et coupe de la cuve de D. C. A. sur l'abri.

Autre description :

Pièces en cuve à ciel ouvert sur blockhaus (5 en bon état mais inachevée).

Six cuves sur blockhaus pour 105 mm C. A.

Deux blockhaus dont une à deux pièces et postes de guet.

Un bassin.

Stp Mo n° 50 : Morlaix, Kernéguez, station de radio guidage.

Locquénolé - Saint-Julien (Plan n°64/IV. Photo n°62)

En remontant la rive gauche de la baie, on rencontre tout d'abord sur un terre-plein entre la route et le rivage l'emplacement d'une batterie de quatre pièces de 40 mm FLAK Bofors en cuve, disposée pour tirer sur la mer aussi bien qu'en l'air. Une pièce de 105 mm mobile (emplacement visible) bat toute la rade pendant qu'un blockhaus avec meurtrières surveille la route de Morlaix à Carantec (détruit en 2003). De nombreuses petites soutes (25) en béton s'alignent sur le terrain (détruites en 2003)..

Carantec

Wn Mo n° 80 : le Roc'h C'hlaz.

Wn Mo n° 81 : Le réduit central de la défense de cette rive est à Penn-al-Lann (Plan n°65/IV. Photo n°63).

Sur la partie Est, une grosse casemate (H 612) avec un canon de 105 mm, puis un bunker garage (H 604) pour une pièce de 155 mm sur roues que l'on peut mettre en position sur une plate-forme bétonnée, puis trois bunkers à personnel avec Tobrouk.

Plus au Nord, une casemate avec un 47 mm tirant vers la tourelle de Pichet (?), est creusée sous la terrasse d'une villa.

Un projecteur est installé à la pointe extrême près d'un poste de douane.

Le chemin qui mène à l'Ouest borde un gros bunker avec Tobrouk de mitrailleuses.

A la pointe Nord, on trouve deux tourelles de char commandant la plage du Kelenn et les routes d'accès.

A l'extrémité de l'Evron, une cuve pour une canon de 47 mm, trois bunkers à Tobrouk et un poste d'observation. Tout près, une villa servant de cantonnement possède une cave renforcée d'une dalle de béton.

Autre description :

Une casemate pour un canon de 105 mm avec poste d'observation (en hauteur).

Un blockhaus avec abri pour matériel de gros calibre et niches à mitrailleuses.

Un blockhaus avec poste d'observation et tunnel pour accès à niches à mitrailleuses.

Un blockhaus avec niche pour mitrailleuse (détruit).

Dix niches pour mitrailleuses (deux détruites).

Deux emplacements pour matériel léger.

Wn Mo n° 82 : La Chaise du Curé (Plan n°67/IV)

Une cuve avec un canon de 47 mm, un gros bunker à deux Tobrouks de mitrailleuses surveille le chenal Ouest de Ricard.

Wn Mo n° 83 : A la pointe de la Croix (Plan n°66/IV)

Une grosse casemate (aujourd´hui surmontée d´une villa) avec un canon de 105 mm barre l'entrée de la Penzé et celle du port de Pempoul. Une pièce de 50 mm en cuve défend les plages. Plusieurs bunkers dont un à Tobrouk complète l'ouvrage.

La pointe qui porte Carantec (Plan n°68/IV)

Est assez élevée (50 mètres) mais à la base de l'isthme des plages en pente douce se confondent à marée basse avec des vasières découvrant de plusieurs centaines de mètres.

Vasières et plages sont jonchées d'obstacles de toutes sortes en plusieurs barrages avec de nombreuses mines attachées aux obstructions. Des éléments de mur en béton de type classique bordent les plages qui en pente douce donne accès aux routes voisines. Enfin des champs de mines antichar et contre personnel interdisent de nombreuses régions principalement aux abords des ouvrages.

La position de Penn-al-Lann avait été évacuée de tous ses habitants. La garnison (52 Allemands et Russes) se rend aux parachutistes alliés qui se présentent.

"La pointe qui porte Carantec est assez élevée (50 mètres) mais à la base de l'isthme, des plages en pente douce se confondent à marée basse avec des vasières découvrant sur plusieurs centaines de mètres.

Vasières et plages sont jonchées d'obstacles de toutes sortes en plusieurs barrages avec de nombreuses mines attachées aux obstructions. Des éléments de mur en béton de type classique bordent les plages (Deux murs antichars courent le long des plages du port et du Kélenn. Ce dernier porte la date du 23 novembre 1942.) qui en pente douce donne accès aux routes voisines. Enfin des champs de mines antichar et contre personnel interdisent de nombreuses régions principalement aux abords des ouvrages".

Saint-Pol-de-Léon

PC I/AR 266 Wn n° 88 à Saint-Pol-de-Léon.

Le secteur de Saint-Pol-de-Léon constitue la ligne avancée de la défense du camp retranché de Brest. Il forme aussi la couverture Ouest de la baie de Morlaix. Très vulnérable par suite de la présence des ports de Saint-Pol-de-Léon, de Roscoff et de l'estuaire de la Penzé, il préoccupe le haut commandement allemand qui multiplie les défenses côtières et soutient l'ensemble par trois grosses batteries lourdes de 155 mm.

Wn Mo n° 85 (projet) : pointe Saint-Jean.

Wn Mo n° 89 : Les défenses côtières en dehors de quelques postes de mitrailleuses installés à Saint-Pol-de-Léon ne commence que dans l'île Sainte-Anne où une casemate (démolie) dotée d´un canon de 50 mm (encore en place, sous la dalle de béton au niveau de l´estran) barre l'entrée du port tandis qu'une pièce de 20 mm FLAK en cuve (démolie) bat Pempoul. Au sommet, un observatoire est entouré de 2 Tobrouks de mortiers (en partie détruit).

Wn Mo n° 90 : A la pointe de Kléguer, deux casemates (une démolie, une autre au bord de la route en mauvais état) avec pièce de 50 mm défendent la plage et les flancs de Bloscon (Roscoff). Au point culminant un observatoire, deux bunkers à Tobrouk de mitrailleuse et trois Tobrouks de mortier.

Wn Mo n° 94 : Pointe de Bloscon - Sainte-Barbe (Plan n° 69/IV. Photo n°64)

La défense de Roscoff est concentrée sur cette pointe. Au port même, les Allemands démolissent le parapet du vieux port qui gêne le tir de leur pièce de Sainte-Barbe pour atteindre le terre-plein. Celui-ci est miné, mais à leur départ les mines ne sont pas allumées. Le phare dont l'optique avait été mis en sûreté reste intact.

Dans l'ancien fort de Bloscon, une casemate (H 669) est construite, abritant un canon de 75 mm de campagne qui embouque le chenal Ouest de Batz. Une pièce de 40 mm C.A. en cuve et plusieurs bunkers avec mitrailleuse entourent le fort.

Dans la falaise Est, un canon 50 mm PAK barre le passage vers le plateau des Dunes et un autre flanque les abords de la pointe (tout deux sous casemate H 667, cheval de bataille de l'armée allemande pour ses positions fortifiées) barrent l'entrée de la baie de Morlaix.

Près de la petite chapelle Sainte-Barbe est installé un Tobrouk pour mortier, deux bunkers avec mitrailleuse et un gros bunker casemate armé d'un sMG 37 mm barrant le chenal Est de Batz (Photo n° ?).

La cale est surveillée par une tourelle de char et un canon de 47 mm monté dans un bunker étanche. Enfin, une coupole à mitrailleuse lourde à cinq hublots monte la garde vers l'intérieur derrière Ardiou Rock, aidée par deux bunkers à Tobrouk de mitrailleuses.

L'accès à la pointe est en outre interdit par un réseau de barbelés et plusieurs champs de mines terrestres. (de 50 mètres de large, Tellerminen Mdl. 42 et des mines antipersonnel du type Smi 35 (Schrapnellmine 35) au TNT).

Après avoir compté un régiment (Inf. n°100) au début de l'occupation, les troupes allemandes de la région se réduisent à une centaine environ qui partent vers Brest à l'approche des avant-gardes américains. Quelques retardataires et une dizaine de douaniers se rendent aux alliés le 11 août 1944..

Dimensions approximatives : triangle de H : 400 mètres, B : 600 mètres. Aire : 12 Ha.

Comprenant : deux casemates pour canon de 75 mm Krupp, une casemate de pour un canon de 47 mm Skoda, deux casemates pour canon de 50 mm Pak, sept blockhaus sous terre dont six en état et un en partie détruit.

Un blockhaus sous terre, surmonté d'une tourelle pour mitrailleuses.

Trois blockhaus sous terre dont deux soutes et un casernement comprenant plusieurs abris pour mitrailleuse.

Trois blockhaus sous terre dont 1 soute et 2 casernements.

Deux petites constructions en béton.

Six niches en béton pour mitrailleuses.

« Derrière cet écran (de mines), les allemands sont cantonnés dans leur abris près des rochers d'Ardiou Rock ainsi que sur la pointe où sont actuellement installés les viviers des langoustiers. Plusieurs Ringstand barrent l'accès à la pointe avec leurs mitrailleuses LeMG34. A l'Est, deux canons antichars (Pak) de 50 mm KwK L/39 sous casemates H 667.

A l'Ouest, une très belle casemate camouflée H 631, équipée d'un canon antichar de 47 mm K 36 (Tchèque) de la firme Skoda et d'un sMG 37 (Tchèque) co-axial, couvre l'entrée du port de Roscoff. Au centre du dispositif, au pied de la chapelle s'échelonnent : deux abris pour le personnel dont l'un est surmonté d'une tourelle de char FT 17 équipée d'une mitrailleuse, un Ringstand H 58c, une plate-forme de tir équipée d'un canon Krupp de 75 mm FK 38 d'une portée de 11,5 km ainsi que le poste d'observation H 627 des batteries de la I./AR 266 basées dans le secteur de Saint-Pol-de-Léon.

Enfin au Nord, une seconde casemate H 669 pour 75 mm de campagne bat (vers l'Ouest) l'entrée du port et quelques Ringstand et abris légers en tôles métro assurent la défense directe de la plage en liaison avec les tranchées taillées dans la pierre.

Dans le bourg de Roscoff (Wn Mo n° 96) même un autre canon antichar de 47 mm Skoda sous casemate H 676 croise son feu avec celui de la pointe Sainte-Barbe en direction de l'entrée du port défendue par deux pièces de 20 mm Flak 30 (Chazette) ».

Pointe des Capucins (Perharidi)

La vasière séparant le sanatorium de Roscoff et la pointe est hérissée d'obstacles anti-tanks et anti-planeurs. Plusieurs emplacements de mitrailleuses sont disposés sur le pourtour et un épaulement pour pièces de campagne domine le tout.

La plage du Sana est bordée par un mur de soutènement qui remplit l'office du mur en béton, mais elle reçoit ses rangées d'obstructions. Des bunkers à Tobrouk et des épaulements pour armes en assurent la défense. Un dispositif de six petits tanks Goliath (petits engins chenillés bourrés d'explosif et téléguidés) sous abri est dressé pour attaquer les chars qui emprunteraient la route. La plage est également battue par une pièce de 40 mm C.A. en cuve à la pointe des Capucins même. Celle-ci, vers le Nord et l'Ouest, met en ligne une casemate pour canon de 47 mm tirant vers l'Ouest sur le chenal de Batz et une pièce de 40 mm C.A. en cuve.

Dans un îlot voisin (Enez Jacopin), propriété privée sont installés un observatoire et des nids de mitrailleuses.

Anse du Pouldu

Bordée de tronçons de murs en béton et parsemée d'obstacles, l'anse est sous le feu d'un canon de 47 mm sous casemate disposée à l'extrémité Est. Près de cette casemate, un bunker à hublot pour un canon de 37 mm, une cuve de 20 mm C.A et trois bunkers dont deux à Tobrouk. Un champ de mine continue encercle la plage.

Pointe de Guerzit

Petit ouvrage comprenant une cuve de 47 mm au nord, un 20 mm C. A. un peu en retrait, 2 bunkers avec mitrailleuse, dont l'un bat la plage est et l'autre le chemin d'accès.

Wn Mo n° 109 : Ile de Sieck

Sur la côte 23 est située une pièce de 47 mm en cuve flanquée de deux bunkers avec mitrailleuses. Puis, les dunes de Santec abondamment minées et semées d'obstacles terminent cette région jusqu'à l'embouchure de la Horn. Les deux hôtels du Dossen détruits, l'ont été par suite d'un accident de déminage faisant 15 morts.

Observations sur le terrain : l'île de Sieck compte de nombreuses traces de fortifications, tranchées, épaulements pour pièces d'artillerie ou mitrailleuses, piquets pour barbelés... Une maison, aujourd'hui ruinée a été aménagée pour recevoir un observatoire en béton. Le relief est marqué par des cratères. La végétation composée essentiellement de lande et d'épineux masque le relief façonné brutalement par la guerre.

Ile de Batz (Plan n°70/IV)

Prolongeant la pointe de Roscoff, l'île de Batz avec ses hauteurs relatives et son petit port accessible à marée haute, offre une position stratégique importante. Les Allemands l'occupent dès leur arrivée en juillet 1940 et rapidement se renforcent pour tenir l'île sérieusement. La garnison s'élève jusqu'à 350 hommes environ en juillet 1943. D'assez nombreux ouvrages sont construits pour défendre les approches de la côte.

Le port est fermé par deux ouvrages, l'un à Roc'higou comprenant une casemate pour canon de 47 mm et un Tobrouk de mitrailleuse, l'autre une casemate pouvant abriter une pièce de 88 mm dominant le débarcadère au Roch (Ar Ru), avec une niche de mitrailleuse.

A la pointe C´hleguer, une casemate pour canon de 47 mm tire sur la passe et prend à revers le port de Roscoff. Bilvidic reçoit également une casemate pour canon de 88 mm et plusieurs postes de mitrailleuses. Au Moulin Nord-ouest, une cuve en béton est armée d'un canon de 20 mm D.C.A. (20 mm Oerlikon FLAK 28) et l´ancien fort voisin du phare est renforcé par des ouvrages de campagne. Les quelques plages propices à des débarquements de commandos sont obstruées par des pieux et des barbelés agrémenté pour ceux de la Grève Blanche par des tellermines.

Le phare (au point le plus élevé 23 mètres se dresse à 41 mètres de hauteur) garda ses gardiens pendant l'occupation, mais il était allumé que sur ordre. Ceux-ci purent assister en mai 1944 à un violent combat naval qui se déroula à 4 heure du matin et au cours duquel un contre-torpilleur allemand gravement avarié est venu s'échouer sur le Raoumem.

« A 2 km au Nord du bourg de Roscoff, s'élève comme un éperon la petite île de Batz. Cette île jouissant d'un climat très doux et possédant au Sud de nombreuses plages de sables, est entourée au Nord par une ceinture de récifs. Au point le plus élevé (23 mètres) se dresse un phare de 40 mètres de haut permettant une bonne observation vers le large. D'ailleurs les Allemands installèrent un poste de vigie à son sommet avec 3 hommes de garde.

L'île de Batz est investie par une compagnie de la Marine-Flak-Abt.231 détachée de Brest avec un effectif de 5 officiers, 37 sous-officiers et 174 soldats. Cette unité dispose pour défendre l'île de 20 mitrailleuses légères, d'un Oerlikon Flak 28, de quatre mitrailleuses lourdes, de quatre mortiers de 81 mm et de trois canons anti-chars de 37 mm Pak 35/36. En dehors de cette compagnie de Marine, une station météorologique a été installée sur l'île dirigée par 3 soldats défendus par une escouade issue du II./IR 853, soit 10 hommes commandés par un sous-officier, équipée d'un LeMG 34, d'un mortier de 81 mm et de l'armement individuel des fantassins ; et enfin 2 hommes servant un poste émetteur-récepteur en liaison avec Brest (MNo) (Chazette) ».

Groupe de batteries lourdes de Saint-Pol-de-Léon (Plan n°71/IV)

(Photo : Casemates de 105 de la région de Saint-Pol-de-Léon)

Le commandement Allemand a tenu en permanence dans la région de Saint-Pol-de-Léon un groupe de trois batteries hippomobiles armée de canon de 150 mm (calibre à vérifier). Ces batteries ont occupé des positions de campagne jusqu'au moment où les positions fortifiées citées ci-après ont été prêtes.

De même des batteries de D.C.A. moyennes et légères et des groupes de projecteurs ont été çà et là suivant les époques. D'après les dates de construction des casemates, il semble que l'action massive de l'aviation alliée en Afrique du Nord, puis en Italie, ont convaincu l'ennemi de l'inarité des ouvrages de campagne, si bien camouflés soient-ils.

Les batteries protégées se composent de quatre casemates pour pièce de 150 mm de campagne en deux sections et de nombreux bunkers enterrés servant d'abri pour le personnel, de postes de direction de tir, d'usines électriques ... et dont un certain nombre avec mitrailleuses.

Une D.C.A. moyenne mobile protégeait la construction de l'ouvrage et changeait ensuite de place.

L'effectif comprenait une centaine d'homme dont de nombreux russes affectés aux attelages.

Les positions définies furent :

Wn Mo n° 92c : Kerhoant (Plan n°72/IV)

(3./ AR 266) En bordure Sud et à 3 kilomètres sur la route de Saint-Pol-de-Léon à Plougoulm.

Section de gauche : axe de tir vers la pointe Ouest de l'île de Batz.

Section de droite : axe de tir vers le Sanatorium de Roscoff.

La construction des casemates a débuté en janvier 1944, la batterie s'est repliée vers Brest 8 jours avant l'arrivée des Américains.

Dimensions approximatives : 340 mètres par 300. Aire : 10 Ha 20.

Les trois premières casemates H 669 sont espacées de 45 mètres, la dernière la plus au Sud est situé à 75 mètres plus en retrait. Elles sont armées de quatre obusiers de 155 mm SFH 414 (Français) Schneider.

Wn Mo n° 81c : Kerdalar (Plan n°73/IV)

(1./AR 266) En bordure Est et à un kilomètre sur la route de Mespaul.

Section de gauche : axe de tir vers les abords Ouest de l'île de Batz.

Section de droite : axe de tir vers les abords Est de l'île de Batz.

Commencés en juin 1943 et occupée 3 mois plus après ; la batterie est partie aussitôt après le débarquement de Normandie vers Saint-Brieuc.

Dimensions approximatives : 325 mètres par 240 mètres. Aire : 7 Ha 80.

Les casemates H 669 de l'armée de terre (armées de quatre pièces de 76,2 mm) sont espacées entre elles de 35 mètres. Cette batterie nouvellement construite n'avait pas été utilisée.

Wn Mo n° 86c : Vezen Doket. Plan n°74/IV.

(2./AR 266) A 3 kilomètres en bordure est de la route de Plouénan.

Section de gauche : axe de tir vers l'île Callot.

Section de droite : axe de tir vers la pointe de Carantec.

Construction au début de 1944. La batterie est partie vers Saint-Brieuc après le débarquement de Normandie, revenue trois semaines après, elle est repartie vers Brest à la fin de juillet.

Dimensions principales : 180 mètres par 120 mètres. Aire : 2 Ha 16.

Les casemates H 669 de l'armée de terre (armées de 4 pièces de 76,2 mm) sont réparties en arc de cercle et espacées de 50 mètres l'une de l'autre. Chaque casemate a un prénom peint à l'intérieur : Max, Moritz, Ulli, Ural. Le site compte cinq blockhaus abris souterrains bétonnés.

Chap. V. De Plougoulm, (rivière de la Horn) à l´Aber Ildut (Carte A2-IV)

La mission de ce secteur est de s'opposer aux coups de main, d'interdire le service de renseignements par espions et de retarder toute opération de débarquement, plus importante, menaçant le camp retranché de Brest.

La côte est bordée de dangers qui s'étendent souvent jusqu'à 3 milles au large ; un seul mouillage de refuge pour petits bâtiments se trouve à l'Aber Wrac'h, mais pour du personnel décidé et bien équipé de nombreuses plages pouvant recueillir des engins de débarquement.

La défense comprend un cordon côtier linéaire peu armé (sauf en quelques points) et deux groupes de batteries lourdes : premier groupe, Plounévez-Lochrist et région Kerlouan - Brignogan ; deuxième groupe, dans le triangle Plouguerneau - Lannilis - Landéda.

Premier cordon côtier

Allant de l'Est à l'Ouest, on rencontre successivement :

Wn Mo n° 111 et 112 : Moguériec

Petit port de pêche abrité par une jetée de 160 mètres. Dès le début, les Allemands au nombre d'une trentaine, installent un poste de douane et un poste de garde organisés en ouvrage de campagne renforcé par deux bunkers avec une pièce mobile de calibre moyen. Deux éléments de mur en chicane barre l'accès du port à la route. Début 1944, les Allemands entament sur la pointe Nord, la construction d'un ouvrage comprenant une casemate pour un canon de 47 mm tirant vers le Nord-ouest, une cuve pour une pièce de 47 mm tirant sur tout l'horizon, deux postes de mitrailleuses et un bunker ; l'artillerie n'a pas été mise en place.

A 3 kilomètres au Nord de Plougoulm, au lieu-dit Pointe de Toul an Ouch ou de Kerbrat se trouve un bunker et trois niches de mitrailleuses.

Observations sur le terrain : un important bunker, non identifiable, subsiste à l'état de vestige au point le plus élevé de la rive droite de la Horn. Cette casemate n'est qu'une partie du dispositif de flanquement de la grande plage du Dossen. La dune est parcourue par un réseau assez dense de tranchées et de positions de campagne pour pièces d'artillerie ou mitrailleuses. Le tracé des tranchées reste aujourd'hui très lisible.

Wn Mo n° 115, 116, 120 : Les Amiets (ouvrages de Kervaliou : ?)

On y trouve, construit dans la dune qui s'élève jusqu'à surplomber la plaine intérieure de 15 mètres, un ouvrage important englobant une cuve pour un matériel de 50 mm tirant sur tout l'horizon, une cuve pour mitrailleuse lourde, un emplacement de mortier, des emplacements de mitrailleuses, plusieurs blockhaus dont trois avec mitrailleuses et un observatoire à embrasure dominant la plaine.

Un peu à l'ouest, à la pointe de Téven Meur (Kerfissien) est installé un observatoire et des épaulements pour armes automatiques. Les pistes d'accès à la plage servant aux goémoniers sont barrées par des rails pris dans un lit de ciment ; la plage elle-même est parsemée d'épieux.

Illustrations

Voir

Voir aussi

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