"Castilla del Leon, le fort espagnol de Roscanvel" par Didier Cadiou. 2007.
in Fortifications Littorales, La Rade de Brest, projet de publication du Service de l'Inventaire du Patrimoine (SINPA), Région Bretagne.
"Longtemps épargnée par les guerres de religion, la basse Cornouaille en fait la brutale découverte à la fin de l´année 1593. Le conflit est complexe, chaque parti faisant appel à des alliés étrangers ; espagnols pour les catholiques, anglais pour les protestants. La Bretagne occupe en fait une place géostratégique de premier ordre dans le conflit qui oppose les deux puissances maritimes (1587-1604). Elle permet de contrôler la route maritime entre l´Espagne et les Pays-Bas et peut également servir de base de départ pour une éventuelle invasion. Le château de Brest devient dès lors un objectif pour chacun des belligérants.
Ainsi, peu après s´être installé à Blavet, actuel Port-Louis, don Juan del Aguila, commandant l´armée espagnole, propose, dès le 6 janvier 1591, la construction d´un fort à l´entrée de la rade de Brest. Cherche-t-il simplement à éviter que les Anglais ne s´installent à Brest ? Ces derniers ne semblent pas, en effet, décidés à se contenter de Paimpol et de Bréhat, mais le gouverneur de Brest, René de Rieux, sieur de Sourdéac, refuse d´accueillir une garnison anglaise dans sa place.
En mars 1594, les Espagnols se rendent enfin en presqu´île de Crozon, bien décidés à édifier le fort qu´ils projetaient depuis trois ans.
Les travaux de construction du Castilla del Leon, le « château du lion », sur un rocher escarpé, dominant le goulet de Brest de près de 70 mètres, à la pointe septentrionale de la paroisse de Roscanvel, sont confiés à l´architecte Cristobal de Rojas. Déjà expérimenté, l´homme fut l´un des principaux architectes militaires d´Espagne où il intervint à divers titres sur nombre de fortifications. En Bretagne, il érige le Fuerte del Aguila, le « fort de l´aigle », de Blavet.
Le Castilla del Leon est protégé par un retranchement, lui-même précédé de deux bastions reliés par une courtine avec leurs fossé et contrescarpe. A l´abri de ces défenses, se trouvent le corps de garde et la soute à munitions ainsi que diverses habitations ou tentes. Quelques pièces d´artillerie protégent les abords et les flancs de l´ouvrage. Lequel fort « a été fait de terre-pleins avec de la très bonne terre et de la fascine en 26 jours et il est mis en défense et munitionné avec quelques artillerie postée de forme qu´elle en a déjà les clefs » s´enthousiasme Cristobal de Rojas. « Le château a été fabriqué conformément au terrain et à une très bonne soldatesque, de façon à couvrir la venue de l´ennemi par des tirs croisés là où ils ne peuvent pas battre en retraite et si les angles sont un peu ouverts, c´est pour découvrir l´ennemi par le travers quand il arrivera aux remparts et s´ils étaient plus fermés, la fortification s´en trouverait affaiblie. » se justifie-t-il. La garde en est confiée à trois compagnies sous le commandement du capitaine Tome de Paredes, soit un effectif qui varia de 3 à 400 hommes.
Comprenant la menace qui pèse sur Brest, l´armée royale du maréchal d´Aumont, s´en vient enfin mettre le siège devant le fort espagnol, non sans avoir pris au préalable Morlaix, puis Quimper. Les avant-gardes françaises se présentent devant les lignes espagnoles dès le début d´octobre, bientôt rejointes par le gros de l´armée, tandis que la flotte de l´amiral Martin Frobisher assure le blocus du goulet, interdisant aux Espagnols tout ravitaillement par la mer. Au 25 octobre, l´armée royale peut être estimée à 5700 hommes, dont 2000 Anglais commandés par le général sir John Norris. Les premiers jours du siège sont consacrés à creuser des tranchées d´assaut et à installer 14 pièces d´artillerie.
Le 2 novembre, l´artillerie donne enfin de la voix, sans toutefois beaucoup de succès : on « fit très peu de dégâts en raison de la robustesse de la place, à part quelques rares amorces de brèches, nous détruisîmes seulement leur parapet et quelques éléments de leurs flancs ». Plusieurs assauts sanglants sont lancés en vain. Deux semaines s´avèrent alors nécessaires pour creuser une mine sous le bastion oriental et la faire exploser le 17 novembre. Il fallut néanmoins plusieurs assauts avant de se rendre maître du fort. « Il mourut un grand nombre de soldats en ce siège, non tant par les mains de l´ennemi que des froidures, malaises et pauvreté... en six semaines que dura le siège, à peine y eut-il trois jours de beau temps, ainsi une pluie continuelle et tourmentes qui affligèrent extrêmement les soldats, entre autres l´infanterie, qui n´avait autre retraite presque aux tranchées. » La quasi-totalité des Espagnols fut tuée, « de tout âge ou sexe qu´ils furent, car il y avait presque autant de femmes que de soldats ». Dans les rangs des assaillants, les pertes sont bien plus effroyables puisque l´on estime qu´il ne demeure plus que 800 hommes valides à l´issue des combats. Les dépouilles des victimes seront redécouvertes à la fin du XIXème siècle lors des travaux de construction des batteries extérieures de la pointe des Espagnols. Leurs restes mortuaires seront alors transférés dans une fosse commune de l´ancien cimetière de Roscanvel.
Le maréchal d´Aumont n´a guère le temps de savourer sa victoire, car il doit se retourner immédiatement afin de faire face à l´armée de secours espagnole arrivée aux portes de la presqu´île de Crozon. L´affrontement n´a cependant pas lieu, don Juan del Aguila ayant ordonné la retraite à l´annonce de la chute du fort. Il envisage cependant de reconstruire la place-forte « de sorte qu´on ne la perde pas à nouveau car elle se trouvera plus forte et mieux pourvue. » Quant au maréchal d´Aumont, il ne lui reste guère plus qu´à ordonner le démantèlement du fort et à replier son armée sur Quimper, tout en se plaignant du comportement de son allié, le général Norris.
« Ce siège est le plus beau qui ait été en Bretagne pendant les présentes guerres, où il n´y avait à gagner que des coups, car le pillage était moins que rien » témoignera le chanoine Moreau. La toponymie a conservé le tragique souvenir de ce combat puisque le lieu porte encore aujourd´hui le nom de « pointe des Espagnols »".
Bibliographie :
- Jean MOREAU, Histoire de ce qui s´est passé en Bretagne durant les guerres de la Ligue Ed. Le Bastard de Mesmeur, Saint-Brieuc, 1857, 420 p.
- Jacques TREVEDY, « Siège de Crozon (1594). Anglais et Espagnols en Bretagne ». Revue de Bretagne, de Vendée et d´Anjou, tome V (1891), pp. 193-207, 281-293, 351-360, 448-460, et VI (1891), pp. 57-69, 120-128, 179-289, 383-397.
- Gaston DE CARNE, Documents sur la Ligue en Bretagne. Correspondance du Duc de Mercoeur et des Ligueurs bretons avec l´Espagne, extraite des archives nationales. 2 tomes, Vannes-Rennes, 1899.
- Henri WAQUET, Mémoires du chanoine Jean Moreau sur les Guerres de la Ligue en Bretagne. Coll. Archives historiques de Bretagne, n° 1, Quimper, 1960, 313 p.
- Michael JONES, « Les Anglais à Crozon à la fin du XVIème siècle : le témoignage des cartes ». Mémoires de la Société d´Histoire et d´Archéologie de Bretagne, tome LXXV, 1997, pp. 11-35.
- Didier CADIOU, Jean-Jacques KERDREUX, Monique DREVILLON, Sylvie DAOULAS, « 1594 : le siège de la pointe des Espagnols ». Avel Gornog, n° 13, Crozon, 2005, pp. 2-18.
LES BATTERIES DU PORTZIC ET DE LA POINTE DES ESPAGNOLS.
GOULET DE BREST
in La route des fortifications en Bretagne et Normandie de Guillaume Lécuillier, coll. les étoiles de Vauban, Paris, éditions du Huitième jour, nov. 2006, 168 p.
"Quand la batterie du Portzic sera achevée, elle ne sera pas moins considérable que celle de Léon [Mengant], non par le nombre de canons qui ne sera pas si grand, mais par la qualité du calibre qui est plus gros et qui bat très bien sur l'arrière, le travers et l'avant des vaisseaux [...] Elle contiendra 43 pièces de gros canon très avantageusement placé sur l'endroit du goulet le plus étroit". Vauban, Fortification du goulet de Brest, novembre 1695.
Programmée par Vauban en 1683 sur une pointe à l'ouest de Brest, la batterie du Portzic est aménagée de 1693 à 1699. C´est l´ultime barrière de feu avant les canons de la Penfeld et du château, l'ingénieur Mollart suivant les conseils du grand ingénieur l'agrandit à plusieurs reprises. En "aménageur du territoire"... Vauban prévoit de créer des communications terrestres : "en faisant un chemin du Portzic à la ville le long de la côte où il y a déjà un petit sentier, y ajoutant quelques logements de mousquetaires de distance en distance [...]". En 1777, la batterie du Portzic est intégrée aux forts détachés de Brest. L'ouvrage est encore agrandi et doté d'un fort de terre... Au fil des années, le calibre des canons de Portzic augmente, jusqu'aux batteries sous casemate du Mur de l'Atlantique...
Face au Portzic, se dresse la batterie de la pointe des Espagnols voulue par Vauban. "Ouvrage très difficile auquel j'ai fait travailler une grande partie de la campagne passée [1694]. Elle aurait été achevée si les fonds n'avaient pas manqué ; il y a encore pour 10 à 12 000 livres de dépense à faire, non compris les affûts et plate-formes des pièces qui sont tous faits au parc de la Marine. Cette batterie-là doit contenir 32 grosses pièces de 36 livres de balle chacune, qui répondront à celles de Portzic [...]" écrit ce dernier en 1695. Pourtant, selon le plan de Traverse de 1700, la batterie de la pointe des Espagnols qu'il désigne comme la "batterie de Vauban" est toujours en travaux ! Elle est dotée au final de 33 embrasures, d'une rampe pour le débarquement des chaloupes d'approvisionnement, de corps de garde et magasins... L'ingénieur propose la construction de deux tours voûtées (à trois niveaux) servant à la fois de "magasins et logements" et d'escaliers de communication pour monter de la batterie basse aux retranchements de la gorge. Enfin est prévue la construction d'une grosse tour voûtée pour "servir de réduit et de magasin avec une batterie de neuf pièces au dessus". La tour de défense côtière d'inspiration médiévale semble être la solution idéale pour Vauban mais, faute de fonds, ces extensions ne seront pas réalisées.
BATTERIES DE LA POINTE DES ESPAGNOLS par Philippe Truttmann.
Situation : extrémité nord-est de la presqu'île de Quélern.
GENERALITES GEOGRAPHIQUES
Le plateau rocheux (schistes et quartzites de Plougastel) de la presqu'île de Quélern se termine au nord-est par un promontoire à peu près triangulaire, bordé de falaises très raides tombant dans la mer, dont la face nord constitue la rive sud du goulet de Brest et la face est domine la rade intérieure. Ce promontoire est la pointe des Espagnols, dont le sommet commande de 60 mètres l'entrée du port de Brest, à 5 000 mètres de distance, et qui constitue l'extrémité est du goulet, à partir de laquelle le plan d'eau s'élargit pour former la rade intérieure.
C'est, en fait, la porte intérieure du Goulet.
A cet emplacement privilégié s'ajoute le fait que la disposition étirée du sommet de la pointe se prête tout naturellement à une organisation du genre "éperon barré" éminemment favorable à sa défense face à l'intérieur.
HISTORIQUE SOMMAIRE
La configuration géographique du site a eu sur les événements historiques une influence indéniable :
- Au printemps 1594 les Espagnols alliés de la ligue débarquent de 12 vaisseaux à Camaret, envahissent la presqu'île de Quélern et avec l'aide de la population locale attirée par des salaires élevés, construisent un fort triangulaire au sommet de la pointe.
- Sourdéac, qui commande à Brest au nom du roi Henri IV ; demande des renforts au Maréchal d'Aumont gouverneur de Bretagne.
- le 15 octobre 1594 une armée composée de 3 000 français commandés par Molac, 2 000 Anglais commandés par Norris, 300 arquebusiers à cheval et 400 gentilshommes, vient bloquer et attaquer le fort tenu par 400 Espagnols munis de canons et commandés par Don Thomas Praxede.
Malgré la profondeur insuffisante des fossés (due à l'extrême dureté du sol) le siège est très dur, du fait de la maladie qui sévit, et de la vigoureuse résistance des Espagnols ; ce n'est que le 18 novembre que l'assaut final submerge le fort, tous les Espagnols sauf 13 (9 blessés et 4 qui s'étaient cachés) sont tués y compris Praxede.
Sourdéac fait aussitôt raser le fort.
Depuis cette date la pointe prend le nom de pointe des Espagnols.
- On notera que si l'initiative d'attaquer Brest, à partir de ce point, après l'avoir solidement organisée, revient aux Espagnols, l'idée en sera reprise ultérieurement et la leçon n'a pas été perdue, ni par les Anglais qui participaient au siège de 1594, ni par les français qui organisèrent en conséquence la presqu'île, ni même par les Allemands entre 1942 et 1944.
L'organisation permanente du site est reprise par Vauban qui construit :
- La batterie haute (ultérieurement transformée en batterie de mortier puis en batterie pour canons de 100 mm à tir rapide) que l'état de l'artillerie du 23 Avril 1694 indique comme armée de 4 canons de 24 livres de balle et 3 mortiers.
- L'actuelle batterie basse ; au pied de la falaise, pour 32 pièces tirant à embrasure (Le projet de Traverse du 24 janvier 1696, appostillé
par Vauban, avec un plan et huit profils. Archives de l'Inspection du Génie à Vincennes ; la batterie semble au 3/4 terminée).
Cette batterie est indiqué par l'Etat d'armement de 1758 comme [composée] de 24 canons et 2 (?) mortiers, et baptisée "batterie Vauban" nom qu'elle gardera ultérieurement.
On construit également plusieurs petits bâtiments à usage de casernement, corps de garde, magasin, tant à la batterie basse qu'à la batterie haute.
- Fin 17e siècle, un aide d'artillerie, du "MEE", émet le projet d'un fort triangulaire au sommet de la pointe (projet non exécuté).
- Au 18e siècle, les choses restent en l'état, sauf la batterie haute qui est remaniée pour recevoir 6 mortiers sur plateformes et entourée, du côté du plateau d'un retranchement en terre (Plusieurs projets avaient été envisagés (1769 en particulier) tendant à construire une enceinte enveloppe (couronné bastionné) ; ils ne furent pas exécutés et le retranchement en terre en est la résurgence partielle, réalisée aux [à] moindres frais.), avec fossé et parapet, couvrant, en tracé tenaillé, l'ensemble de la position.
En 1811, à l'époque du blocus continental, on procède à la construction d'une tour-réduit type n° 1 (pour 60 hommes) au sommet topographique de la pointe. Par contre les deux branches tombantes projetées pour fermer la pointe vers l'arrière ne sont pas exécutées.
Vers cette époque, le parapet de la batterie basse a été transformé à barbette et les embrasures bouchées.
- Au 19e siècle, après la longue période de calme de la Restauration, le vieux projet de l'enceinte arrière ressurgit et, est enfin exécuté.
Il aboutit à la construction, face à l'intérieur des terres, d'un ouvrage à cornes couvrant la batterie haute et dont les flancs se prolongent par deux branches tombantes aboutissant à la mer et enveloppant l'ensemble des ouvrages hauts et bas. La date de construction n'en est pas connue et se situe entre 1811 et 1870 (peut-être 1859-1860 par analogie avec les autres travaux prescrits par la Commission de 1842).
Après 1870, dans le cadre de la réorganisation d'ensemble résultant de la mise en service de l'artillerie rayée, on établi en 1883-1884 au sommet du plateau et le long de la route stratégique établie à cet effet :
Sur la face nord,
- A l'ouest : une batterie pour 4 pièces de 24 cm Marine modèle 1870-1884 tirant normalement au goulet.
- A l'est, près de l'ouvrage à cornes une batterie pour 4 pièces de 32 cm Marine modèle 1870-1881, tirant vers le nord, obliquement par rapport au goulet.
Sur la face Est,
- Au nord, et à l'intérieur de l'ouvrage a cornes une batterie de 3 canons de 32 cm tirant dans la rade intérieure (vers l'île Ronde).
- Au sud, une batterie comprenant 4 pièces de 19 cm Marine modèle 1864-1870 et 4 pièces de 24 cm Marinen modèle 1870, tirant dans la rade intérieure.
Toutes ces batteries sont des batteries de bombardement, à air libre avec traverses-abris.
- En arrière sur le plateau, deux magasins à poudres enterrés type 1874, à 400 mètres l'un de l'autre ; l'un destiné aux batteries du groupe nord, l'autre aux batteries du groupe est.
Cet ensemble considérable développe ainsi 19 pièces de gros calibre et les abris correspondants.
- Après la crise de l'obus-torpille (1885-1886), on construit en 1888 sous le terre-plein de la batterie basse de Vauban, une batterie de rupture sous roc pour 2 pièces de 32 cm Marine modèle 1870-1884 sur affût de casemate tirant perpendiculairement au goulet.
Par ailleurs la crise de l'obus torpille ayant remis en cause la capacité de résistance des abris, parapets et magasins des batteries hautes récemment construites l'ensemble aurait du normalement être réorganisé et doté d'abris à l'épreuve des nouveaux projectiles à grande puissance ; on se contenta par raison d'économie et du fait de la position en retrait de ces batteries par rapport à l'entrée du goulet, de construire un magasin à poudre sous roc sous l'ouvrage à cornes avec entrée par le fossé du flanc sud, bien défilé.
Enfin, vers cette même époque, la batterie basse de Vauban, à demi abandonnée depuis 1870, est transformée en batterie de petit calibre et reçoit 4 pièces de 47 mm, implantées sur plateformes à air libre, à l'est de la batterie de rupture. Quant à la batterie haute (ancienne batterie de mortiers) elle est réorganisée et transformée pour recevoir 4 pièces de 100 mm Marine à tir rapide. La position est en outre dotée de deux projecteurs électriques, avec usine d'alimentation.
- En 1915-1916 comme sur la plupart des ouvrages de la rade de Brest, et compte tenu de la maîtrise des mers détenue par les alliés (sauf dans la guerre sous-marine) on enlève une forte partie des matériels d'artillerie qui part ; sur le front du nord-est pour constituer l'A.L.V.F. et l'A.L.G.P. dont les armées en campagne ont le plus pressent besoin.
Enfin pendant la Deuxième Guerre mondiale, les Allemands occupent la pointe des Espagnols et en font le "Groupe de point d'appui de Crozon - Route des Espagnols ("Stützpunktengruppe Crozon" relevant du 17e Pestrings Pionier Stab.) en englobant dans le périmètre défensif, la batterie de rupture de Pourjoint (Voir dossier particulier à cette batterie). Ils réutilisent les ouvrages et abris français sans transformation (sauf modification des embrasures de la batterie de rupture en blockhaus pour canons ! de 5 cm K.W.K). Par contre pour couvrir la pointe face au sud, ils construirent de toutes pièces une position de résistance tracée en arc de cercle entre le ravin du Stiff et la côte est, par le hameau de Penaros, position comportant : 28 abris ou casemates en béton armé (dont 21 utilisables) et 4 en construction ; une série d'obstacles (fossés, champ de mines) appuyés à la côté aux deux extrémités.
DESCRIPTION
On rencontre, de haut en bas, en décomposant les différents éléments constitutifs :
Ouvrages du "sommet"
- La Tour Réduit.
- L'ouvrage à cornes et ses branches tombantes.
- Le magasin à poudre sous roc.
- La batterie haute de 24 cm Nord.
- La batterie haute de 32 cm Nord.
- La batterie haute de 32 cm Est.
- La batterie haute de 24 cm Est.
- La batterie haute de 19 cm Est.
- Le magasin à poudre enterré Nord.
- Le magasin à poudre enterré Est.
- La batterie de 100 mm à tir rapide (ancienne batterie de mortier).
Ouvrages "bas"
- La batterie basse (dite "batterie de Vauban").
- Les bâtiments de la batterie basse.
- La batterie de rupture.
LA TOUR REDUIT
Implantée au sommet topographique du promontoire, sur la bissectrice de l'angle formé par les deux faces de la pointe ; elle est tout à fait conforme au plan-type du modèle n° 1 du décret du 3 Mai 1811 (tour pour 60 hommes) et semblable à celle du même modèle construite à la batterie de Cornouaille[s]. L'ouvrage est privé du parapet de la plateforme supérieure et de ses bretèches (Rasées sous l'occupation semble-t-il.) Il est construit en maçonnerie de moellons de schiste brun foncé avec : encadrement des ouvertures, modillons et tablette de soubassement du parapet, chaînes d'angles, linteau et seuil des créneaux de fusillade en pierre de taille appareillée et dressée, de granite clair. L'encadrement de la porte et les chaînes d'angle sont harpés, pas de date au-dessus de la porte. La tour, entourée d'un fossé, d'un chemin couvert et d'un glacis périphérique, est reliée à l'ouvrage à cornespar une double caponnière tracée suivant la capitale de cet ouvrage.
L'OUVRAGES A CORNES ET SES BRANCHES TOMBANTES
Cet ensemble, orienté face à l'intérieur des terres, constitue l'enceinte de sûreté couvrant la batterie basse et la batterie haute contre une attaque à revers. La réalisation d'un tel dispositif, projetée dès les origines, vers 1694, a été longtemps différée (La date exacte de construction n'est pas connue, faute de documents, mais on sait que l'ouvrage n'existait pas en 1811 et existait en 1880 au moment où furent établies les batteries hautes. On remarque une analogie très nette avec l'enceinte arrière de la batterie du Toulinguet.), la position étant déjà couverte, à l'arrière et à plus grande distance, par les lignes de Quélern.
La capitale de l'ouvrage à cornes est orientée nord-est sud-ouest et correspond à la bissectrice intérieure de l'angle formé par la pointe.
Longueur du front (entre saillants de bastions) : 80 m.
La route d'accès, prolongeant la double caponnière de la tour-réduit et coupant la route stratégique, pénètre dans l'ouvrage en milieu de courtine par un portail aujourd'hui détruit après avoir franchi le fossé général sur un pont.
Escarpe, en maçonnerie de schiste brun, à chaînes d'angle harpées et tablettes de couronnement en granite, soutenant un parapet en terre avec banquette.
Les branches tombantes, de même construction que l'escarpe ci-dessus, prolongent les flancs de l'ouvrage à cornes, avec retour en angle légèrement obtus.
La branche nord, simple mur dépourvu de parapet, se raccorde en ligne droite, selon la ligne de plus grande pente, à l'extrémité ouest de la
batterie basse. La branche sud, plus longue, part d'abord obliquement puis se brise et descend directement au rivage.
MAGASIN A POUDRE SOUS ROC
Etabli sous le terre-plein de l'ouvrage à cornes et parallèlement à la courtine, cet ouvrage a été construit vers 1890 pour remplacer les deux magasins enterrés de 1880-1885 auxquels les explosifs brisants mis en service en 1885-1886 avaient ôté toute valeur de protection.
Il s'agit d'un magasin jouant le rôle de magasin de secteur et destiné à ravitailler les cinq batteries hautes de gros calibre.
L'entrée est ménagée dans le flanc sud de l'ouvrage à cornes dont le fossé a été raccordé par deux routes en tranchée à la route stratégique. Cette entrée donne accès à une galerie descendante avec escalier aboutissant à un premier vestibule. De ce vestibule une seconde galerie, décrochée en baïonnette par rapport à la première, mène, après avoir traversé un deuxième vestibule, à la chambre des poudres vaste local de 35 mètres par 5 mètres environ voûté en berceau et creusé sous 8 mètres environ de roc.
La chambre des poudres est suivie d'un troisième vestibule ; de ce troisième vestibule et du deuxième, partent deux tronçons de galerie, perpendiculaires à l'axe de la chambre des poudres aboutissant au pied de puits verticaux ayant été équipé de monte-charges, et débouchant dans l'escarpe de la courtine à ras des flancs des demi bastions. Les puits protégés par des massifs bétonnés assuraient le livraison des obus aux batteries, l'approvisionnement se faisait par la galerie d'accès.
Le tout était équipé à l'intérieur de monorails de transport aérien et à l'extérieur, d'un réseau de voie de 0,40 mètre aujourd'hui enlevé. Eclairage par lanternes à pétrole de sécurité sous niches protégées du type réglementaire.
Entrée en plein cintre à claveaux rayonnants harpés en granite de l'Aber Ildut noyés dans le béton du massif protecteur.
Locaux et circulations intérieurs : maçonnerie enduite au mortier.
Dispositions architecturales et d'équipement en tous points semblable aux magasins du même type de la Batterie Robert, des Capucins et de Tremet.
BATTERIES HAUTES
Implantation et armement décrits dans le chapitre "HISTORIQUE". Ces batteries sont d'organisation identique (Seule, la batterie de 32 cm est implantée à l'intérieur de l'enceinte de l'ouvrage à cornes. Les autres sont établies à l'extérieur, le long de la route stratégique, sans protection contre une attaque d'infanterie sur leurs arrières. Ce qui prouve que l'enceinte arrière (ouvrage.à cornes et branches tombantes) est antérieure à la construction des batteries hautes) : ce sont des batteries barbette à ciel ouvert traversées de pièce en pièce (sauf la batterie double 24 cm et 19 cm de la face est traversée de deux en deux parce que fichant dans une direction non dangereuse et risquant peu le tir d'enfilade).
Dans les deux batteries de la face nord une traverse sur deux est creuse (traverse abri).
Dans les batteries de la face est, la batterie de 32 cm a deux traverses sur trois creuses ; la batterie de 24 cm et 19 cm a toutes ses traverses creuses (dont une double).
Les traverses-abris de toutes les batteries sont identiques et, simples ou doubles, conformes aux disposition réglementaires de 1877 à 1885. Façades en maçonnerie de schiste, encadrements des baies harpes et tablette en granite clair appareillé ; voûtes en maçonnerie (berceau) enduites au mortier. Cloisonnement transversal divisant le bâtiment en abri à personnel (côté façade) et soute à munition de pièce au fond. Le tout, sauf la façade arrière dégagée, est recouvert par un massif de terre de protection.
En fait, les batteries ne diffèrent que par les plate-formes adaptées au matériel d'artillerie. L'état d'embrousaillement ne permet pas de détermine le type exact des affûts.
MAGASIN A POUDRE ENTERRES
Etablis en retrait, pour des raisons de défilement aux coups du large, et de distance de sécurité par rapport aux batteries, en cas d'explosion. Ils sont orientés nord-est-sud-ouest avec entrée au sud-ouest, face à l'intérieur des terres. Ce sont de vastes locaux en maçonnerie, voûtés en plein cintre et recouverts, sauf la façade d'entrée, d'un important massif protecteur, de terre.
La façade d'entrée, seule dégagée donne sur une cour fermée par un mur de clôture, cour encastrée dans le massif d'enveloppe.
Le magasin nord desservait les deux batteries de 24 et 32 cm de la face nord.
Le magasin est desservait les 3 batteries de 32 cm, 24 cm et 19 cm de la face est.
La desserte se faisant par des embranchements routiers particuliers.
Les deux magasins sont en partie ruinés et ensevelis sous les ronces.
BATTERIE DE 100 mm A TIR RAPIDE (repère N du plan Marine)
Constituait, à l'origine, la seule batterie haute de la pointe ; elle était en avril 1694 armée de 4 canons de 24 livres de balle et 3 mortiers et avait un plan en fer à cheval très allongé. Une fois terminée la batterie basse, cette batterie est dotée exclusivement de mortiers pour lesquels 6 plate-formes sont aménagées en 1773.
Vers 1900, elle est remaniée et reconstruite en béton, mais sur un plan identique (imposé d'ailleurs par la forme du terrain) et armée de 6 pièces de 100 mm à tir rapide disposées en ligne sur un axe nord nord-est sud sud-ouest, avec un champ au tir de près de 270 degrés.
La cuvette centrale a été comblée de terre lors du récent "aménagement touristique" (?) du site et est seul visible le parapet en fer à cheval allongé.
BATTERIE BASSE
Construite par Vauban elle dessine un V très ouvert, à branches asymétriques fermées aux deux extrémités par des retours, enveloppant le pied des falaises de la pointe, à quelques mètres à peine au-dessus du niveau de la pleine mer.
Accès par sentier en zig-zag descendant de la batterie haute.
Le terre-plein soigneusement nivelé a été obtenu par déroctage à la mine du soubassement rocheux, aplani pour asseoir la maçonnerie, et, de la falaise, pour obtenir l'espace suffisant au service des pièces.
Elle est bordée à l'avant d'un parapet en maçonnerie de schistes bruns assez grossière, surmontant une escarpe peu élevée fondée sur le soubassement de roc naturel.
A l'origine ce parapet était entaillé de 32 embrasures (32 sur le plan approuvé par Vauban le 24 Janvier 1676 - 33 sur d'autres documents) pour pièces de gros calibre ainsi réparties :
- Retour (ou flanc) ouest : 2.
- Face nord (le long du goulet) : 18.
- Face nord-est : 8.
- Retour (ou flanc) sud : 4.
A la fin du 18e siècle ou début 19e siècle ce parapet a été transformé à barbette et les embrasures supprimées. Le mur de genouillère a été entaillé de niches pour les têtes de châssis des affûts de nouveaux matériels à pivot avant. (comme à la batterie de Cornouailles) et l'armement ramené, à 29 pièces.
A la fin du 19e siècle, la batterie disparaît en tant que batterie de gros calibre et se trouve transformée en batterie d'artillerie légère armée de 4 pièces de 47 cm sur affût crinoline, tandis qu'en sous oeuvre, est aménagée une batterie de rupture tirant au ras de l'eau.
L'emplacement des 4 pièces de 47 mm est encore visible à l'extrémité ouest de la face nord, ainsi que la ferraille des affûts crinoline ; une bouche à feu de 47 mm gisait encore dans les ronces en 1969. L'état d'embrousaillement de l'ouvrage ne permet pas de reconnaissance plus détaillée.
BATIMENTS DE LA BATTERIE BASSE
Soute à munitions creusée en abri-caverne dans le pied de la falaise, à mi-longueur de la face nord et de plain-pied avec le terre-plein ; constituée par une petite chambre à poudres en maçonnerie légère isolée des parois rocheuses par un vide sanitaire (pour protéger les munitions des eaux de suintement). Accès par un petit corridor à tracé brisé.
Bâtiments en élévation situés sur la plate-forme de la face nord-est. Il s'agit de bâtiments sinistrés remontant en partie au 19e siècle ; en maçonnerie de schiste enduite au mortier lissé.
- Au sud : deux bâtiments d'habitation, à deux niveaux (rez-de-chaussée et étage) à toiture en bâtière ; le plus au nord a les portes et fenêtres encadrées de granite en gros appareil, feuillure extérieure pour les volets.
- Au nord : ancien magasin à poudre (ou citerne ?) petit bâtiment voûté en berceau. Ce bâtiment semble correspondre à un magasin à poudre figurant sur le Grand Atlas de 1823.
Le tout sans aucune décoration.
BATTERIE DE RUPTURE
Construite en 1888 sous le terre-plein de la face nord et tirant perpendiculairement au goulet, elle est rigoureusement conforme au plan-type et semblable aux autres batteries de rupture de la rive sud.
Entrée à l'est par tranchée et galerie munie d'un escalier à volée droite desservant le magasin à munitions à gauche en entrant, puis les deux casemates de pièces, à droite.
Les embrasures des deux pièces débouchent sous l'escarpe de la face nord, dans le même alignement et sont séparés par un orillon revêtu de maçonnerie destiné à protéger l'embrasure la plus à l'est des coups d'écharpe. Les deux embrasures ont eu leurs murs de masque démolis par les allemands et remplacés par des bockhaus en béton armé, à embrasures à larges trémies pour canons de 5 cm K.W.K. (Canon de 5 cm de char retiré de l'armement des blindés et remployé comme artille-légère du mur de l'Atlantique.) sur affût de casemate de circonstance strictement identiques à ceux construits à la batterie de rupture de Pourjoint, voisine.
A noter le renforcement (massif d'éclatement) de la plate-forme de la batterie basse au-dessus de la batterie de rupture, pour compenser l'insuffisance de l'épaisseur de roc au-dessus du ciel des casemates.
CONCLUSION
Ensemble composé d'éléments d'époque et de mission très différentes qui se juxtaposent voire même se superposent suivant un ordre difficilement perceptible de prime abord et dont la logique n'apparaît qu'après analyse.
A part la tour-réduit (Elle a désormais pour fonction d'abriter des expositions. Le dégagement du fossé, du chemin couvert et du glacis rendrait compréhensible sa destination originelle.), aucun de ces éléments constitutifs ne présente, pris isolément, un intérêt majeur, l'intérêt résultant surtout de la juxtaposition de ces divers éléments concentrés sur un site naturel de grande beauté et de leur adaptation fonctionnelle à ce site.
On notera :
- L'échelonnement sur deux niveaux des batteries.
- Le long cheminement du probléme, posé dès l'origine, mais résolu au moins un siècle et demi après seulement et à trop petite échelle, de la défense arrière de l'ensemble, repris enfin par les Allemands sur un tracé.
- Les points de vue remarquables obtenus du sommet sur l'arrière du goulet, Brest et la rade intérieure.
La batterie basse, dite de Vauban, est un des rares gros ouvrages établi en dur (et autrement qu'en fortification du moment) au 17e, mais par rapport à Cornouaille[s], au Mingant ou à la tour de Camaret, il s'agit d'un ouvrage plus récent construit sous l'emprise d'une nécessité plus pressente et d'architecture beaucoup moins soignée (Comouaille[s] et le Mingant ont été entrepris vers 1680, la tour de Camaret vers 1690 : il s'agit d'ouvrages permanents prévus à loisir et bâtis "noblement". La batterie basse des Espagnols semble résulter d'addition de 1689 sinon de l'alerte de 1694. De plus, les remaniements ultérieurs l'ont altérée et les ronces en cachent l'essentiel. Le dégagement du terre-plein et du parapet de la batterie basse et un aménagement du chemin d'accès permettraient une meilleure mise en valeur de l'extrême pointe des Espagnols.).
Sous prétexte de "mise en valeur touristique du site", il a été procédé, il y a quelques années, à des aménagements menés sans le moindre souci de mise en valeur et même de simple respect des ouvrages auxquels les promoteurs ne comprennent manifestement rien. Le tout s'est traduit par un certain nombre de dégâts : comblement de la batterie de 100 mm à tir rapide, éventration de la courtine de l'ouvrage à cornes et comblement partiel du fossé, terrassements de parking ; il serait souhaitable qu'il fut mis fin à ce gâchis et qu'une protection soit imposée.
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| Des. 1 |
| Plan d'ensemble du fort et batteries de la pointe des Espagnols |
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| Des. 2 |
| Plan cadastral du terrain du lieu-dit Terre Rouge pour l'armement des batteries de la pointe des Espagnols |
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| Des. 3 |
| Plan de la batterie Ouest |
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| Des. 4 |
| Plan de la batterie à l'extrême Est, abri traverse double |
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| Des. 5 |
| Coupe A-A de la batterie à l'extrême Est, abri traverse double |
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| Des. 6 |
| Plan et coupe V-V du magasin à munitions sous roc |
| Communication non autorisée |
| Doc. 1 |
| Plan des batteries haute et basse de la pointe des Espagnols, fait à Brest le 15 juillet 1695 et signé par Vauban. Bibliothèque du Génie, Manuscrit in f°33g tome 2 atlas |
| Communication non autorisée |
| Doc. 2 |
| Plan du fort de la pointe des Espagnols : batteries faites et à faire, fin du 17e siècle, par Du Mee, aide d´artillerie |
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| Doc. 3 |
| Plan de la batterie de Vauban (projet) fait à Brest par Traverse le 12 décembre 1700 |
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| Fig. 1 |
| Plan de la batterie de Vauban (projet) fait à Brest par Traverse le 12 décembre 1700 |
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| Fig. 2 |
| Plan de situation de l'ensemble fortifié de la pointe des Espagnols, extrait du cadastre ancien dit Napoléonien, vers 1840, Archives Départementales du Finistère |
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| Fig. 3 |
| Plan de situation des batteries de Pourjoint et de la pointe des Espagnols, Atlas des batteries de côte : côte de Brest, 1913, Vincennes |
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| Fig. 4 |
| Détail du plan de situation des batteries de Pourjoint et de la pointe des Espagnols, Atlas des batteries de côte : côte de Brest, 1913, Vincennes |
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| Fig. 6 |
| Détail du plan de situation des batteries de Pourjoint et de la pointe des Espagnols : batterie de 24 cm, Atlas des batteries de côte : côte de Brest, 1913, Vincennes |
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| Fig. 7 |
| Détail du plan de situation des batteries de Pourjoint et de la pointe des Espagnols : batterie casematée de 32 cm de Pourjoint, Atlas des batteries de côte : côte de Brest, 1913, Vincennes |
| Communication non autorisée |
| Fig. 8 |
| arte allemande des ensembles fortifiés du groupe défensif côtier de Crozon codé Cr (Cr 42 - 50 : Stützpunkt Nordspitze Crozon) et de la Festung Brest (B 90 - 112 : Stützpunkt Portzic ; B 113 - 119 : Stützpunkt U-Boot Haffen ; etc.) |
| Communication non autorisée |
| Fig. 9 |
| Plan schématique allemand des défenses du Goulet de Brest (Gouletverteidigung - Brest) |
| Communication non autorisée |
| Fig. 10 |
| Plan schématique du Stützpunkt Nordspitze Crozon (C 42 - 50) |
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| Fig. 11 |
| Vue de la festung Brest pendant la bataille de Brest, U.S. Army Signal Corps, septembre 1944 : vue aérienne oblique des fortifications de la pointe des Espagnols |
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| Fig. 12 |
| Vue de la festung Brest pendant la bataille de Brest, U.S. Army Signal Corps, septembre 1944 : vue aérienne oblique des fortifications de la pointe des Espagnols |
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| Fig. 13 |
| Vue aérienne de l'ensemble fortifié de la pointe des Espagnols, n° 131, rapport Pinczon du Sel. Livre IV, vers 1947, Service Historique de la Marine, Brest |
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| Fig. 14 |
| Vue aérienne verticale de l'ensemble fortifié de la pointe des Espagnols, n° 132, rapport Pinczon du Sel. Livre IV, vers 1947, Service Historique de la Marine, Brest |
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| Fig. 15 |
| Vue aérienne verticale (détail) de l'ensemble fortifié de la pointe des Espagnols, n° 132, rapport Pinczon du Sel. Livre IV, vers 1947, Service Historique de la Marine, Brest |
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| Fig. 16 |
| Vue aérienne (détail) de l'ensemble fortifié de la pointe des Espagnols, n° 131, rapport Pinczon du Sel. Livre IV, vers 1947, Service Historique de la Marine, Brest |
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| Fig. 17 |
| Vue aérienne (détail) de l'ensemble fortifié de la pointe des Espagnols, n° 131, rapport Pinczon du Sel. Livre IV, vers 1947, Service Historique de la Marine, Brest |
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| Fig. 18 |
| Vue aérienne (détail) de l'ensemble fortifié de la pointe des Espagnols, n° 132, rapport Pinczon du Sel. Livre IV, vers 1947, Service Historique de la Marine, Brest |
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| Fig. 19 |
| Vue de la batterie de la pointe des Espagnols en 1967 : extrémité nord du fort percé de créneaux de fusillade depuis le bas de la falaise |
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| Fig. 20 |
| Vue de la batterie de la pointe des Espagnols en 1969 : bâtiment ruiné de la batterie basse |
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| Fig. 21 |
| Vue de la batterie de la pointe des Espagnols en 1969 : bâtiment ruiné de la batterie basse |
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| Fig. 22 |
| Vue de la batterie de la pointe des Espagnols en 1969 : bâtiment ruiné de la batterie basse à l'épreuve |
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| Fig. 23 |
| Vue générale des batteries hautes de la pointe des Espagnols en 1969 depuis la terrasse de la tour-modèle n° 1 |
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| Fig. 24 |
| Vue générale des batteries hautes de la pointe des Espagnols en 1969 depuis la terrasse de la tour-modèle n° 1 |
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| Fig. 25 |
| Vue générale des batteries hautes de la pointe des Espagnols en 1969 depuis la terrasse de la tour-modèle n° 1 |
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| Fig. 26 |
| Vue générale de la batterie de rupture de la pointe des Espagnols en 1969 : embrasures |
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| Fig. 27 |
| Vue de la batterie de la pointe des Espagnols en 1969 : abri-traverse de la batterie haute |
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| Fig. 28 |
| Vue de la batterie de la pointe des Espagnols en 1969 : intérieur d'un abri-traverse de la batterie haute |
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| Fig. 29 |
| Vue de la batterie de la pointe des Espagnols en 1969 : abri-traverse double de la batterie haute |
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| Fig. 30 |
| Vue de la batterie de la pointe des Espagnols en 1969 : abri-traverse de la batterie haute |
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| Fig. 31 |
| Vue de la batterie de la pointe des Espagnols en 1969 : abri-traverse daté 1883 de la batterie haute |
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| Fig. 32 |
| Vue aérienne de la pointe des Espagnols en 1971 |
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| Fig. 33 |
| Vue aérienne de la pointe des Espagnols en 1971. En arrière plan : la ville de Brest et la base de sous-marins |
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| Fig. 34 |
| Vue aérienne de la pointe des Espagnols en 1971 |
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| Fig. 35 |
| Vue aérienne de la pointe des Espagnols en 1971 |
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| Fig. 36 |
| Vue aérienne de la pointe des Espagnols en 1971 |
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| Fig. 37 |
| Vue aérienne de la pointe des Espagnols en 1971 |
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| Fig. 38 |
| Vue aérienne de la pointe des Espagnols en 1971 |
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| Fig. 39 |
| Vue aérienne de la pointe des Espagnols en 1971 |
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| Fig. 40 |
| Vue générale de la pointe des Espagnols depuis la mer |
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| Fig. 41 |
| Vue de la pointe des Espagnols (hélicoptère léger polyvalent français de type Alouette III de la Marine Nationale en exercice, base de Lanvéoc-Poulmic) |
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| Fig. 42 |
| Vue de la pointe des Espagnols (hélicoptère léger polyvalent français de type Alouette III de la Marine Nationale en exercice, base de Lanvéoc-Poulmic) |
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| Fig. 43 |
| Vue de la pointe des Espagnols : poste de de télémétrie dominant le goulet de Brest |
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| Fig. 44 |
| Vue de la pointe des Espagnols : partie sud de l'enceinte du fort (ouvrage à corne). Entrée du magasin à poudre sous roc |
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| Fig. 45 |
| Vue de la pointe des Espagnols : escalier du magasin à poudre sous roc |
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| Fig. 46 |
| Vue de la pointe des Espagnols : escalier du magasin à poudre sous roc |
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| Fig. 47 |
| Vue de la pointe des Espagnols : puits du monte-charge du magasin à poudre sous roc |
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| Fig. 48 |
| Vue de la pointe des Espagnols : la batterie basse et ses casernements ruinés |
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| Fig. 49 |
| Vue de la pointe des Espagnols : la batterie basse et ses casernements ruinés (19e siècle) |
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| Fig. 50 |
| Vue de la pointe des Espagnols : la batterie basse et ses casernements ruinés (19e siècle) |
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| Fig. 51 |
| Vue de la pointe des Espagnols : la batterie basse et ses casernements ruinés (19e siècle) |
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| Fig. 52 |
| Vue de la pointe des Espagnols : la batterie basse et ses casernements ruinés (19e siècle) |
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| Fig. 53 |
| Vue de la pointe des Espagnols : la batterie basse et ses casernements ruinés (19e siècle) |
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| Fig. 54 |
| Vue de la pointe des Espagnols : la batterie basse et ses casernements ruinés (19e siècle) |
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| Fig. 55 |
| Vue de la pointe des Espagnols : la batterie basse et ses casernements ruinés (19e siècle) |
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| Fig. 56 |
| Vue de la pointe des Espagnols : la batterie basse et ses casernements ruinés (19e siècle) |
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| Fig. 57 |
| Vue de la pointe des Espagnols : la batterie basse et ses casernements ruinés (19e siècle) |
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| Fig. 58 |
| Vue de la pointe des Espagnols : la batterie basse et ses casernements ruinés (18e siècle) |
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| Fig. 59 |
| Vue de la pointe des Espagnols : la batterie basse et ses casernements ruinés (18e siècle) |
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| Fig. 60 |
| Vue de la pointe des Espagnols : la batterie basse et ses casernements ruinés (18e siècle) |
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| Fig. 61 |
| Vue de la pointe des Espagnols : la batterie basse et ses casernements ruinés (18e siècle) |
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| Fig. 62 |
| Vue de la pointe des Espagnols : escarpe de la batterie basse au niveau de la mer |
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| Fig. 63 |
| Vue de la pointe des Espagnols : escarpe de la batterie basse au niveau de la mer |
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| Fig. 64 |
| Vue de la pointe des Espagnols : plate-forme cimentée de la batterie basse |
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| Fig. 65 |
| Vue de la pointe des Espagnols : vestiges métalliques sur la plate-forme de la batterie basse |
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| Fig. 66 |
| Vue de la pointe des Espagnols : falaises situées en arrière de la batterie basse |
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| Fig. 67 |
| Vue de la pointe des Espagnols : petit bâtiment ruiniforme en moellons |
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| Fig. 68 |
| Vue de la pointe des Espagnols : bitte d'amarrage ou bollard (tube d'une pièce d'artillerie à l'origine) |
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| Fig. 69 |
| Vue de la pointe des Espagnols : vestiges d'un affût Marine modèle 1885 à crinoline pour canon à tir rapide de 47 mm modèle 1885 |
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| Fig. 70 |
| Vue de la pointe des Espagnols : vestiges d'un affût Marine modèle 1885 à crinoline pour canon à tir rapide de 47 mm modèle 1885 |
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| Fig. 71 |
| Vue de la batterie de rupture de la pointe des Espagnols : tube de canon de 47 mm à tir rapide |
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| Fig. 72 |
| Vue de la pointe des Espagnols : niche à munitions (19e siècle) aménagée dans le parapet de la batterie basse |
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| Fig. 73 |
| Vue de la pointe des Espagnols : partie constituante d'un affût (non identifié) |
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| Fig. 74 |
| Vue de la pointe des Espagnols : partie constituante d'un affût (non identifié) |
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| Fig. 75 |
| Vue de la pointe des Espagnols : partie constituante d'un affût (non identifié) |
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| Fig. 76 |
| Vue de la pointe des Espagnols : soute à munitions creusée en abri-caverne dans le pied de la falaise |
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| Fig. 77 |
| Vue de la pointe des Espagnols : enceinte du fort (milieu 18e siècle) envahie par la végétation (ouvrage à corne). Nombreux créneaux de fusillade |
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| Fig. 78 |
| Vue de la pointe des Espagnols : enceinte du fort (milieu 18e siècle) envahie par la végétation (ouvrage à corne). Chaîne harpée en granite |
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| Fig. 79 |
| Vue de la pointe des Espagnols : enceinte du fort (milieu 18e siècle) envahie par la végétation (ouvrage à corne). Chaîne harpée en granite |
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| Fig. 80 |
| Le système défensif à l'échelle géographique du territoire : la Pointe des Espagnols |