Service Historique de la Marine. Brest. Rapport Pinczon du Sel. Livre IV. Le Mur de l´Atlantique la côte de la Manche et de l´Atlantique du Mont Saint-Michel à Laïta. 1947-1948.
"Réduit et fort de Quélern. Ce réduit a servi aux Allemands de dépôt de munitions et de matériels (groupes électrogènes en particulier). Il était défendu par une batterie de 75 [mm.] C.A. [Contre Avions] en remplacement de celle que les Français possédaient avant la Guerre et avaient sabotée en 1940. Cette batterie était également utilisée par Les Allemands pour l´entraînement C.A. [Contre Avions]. L´ensemble a été fortement bombardé par l´aviation. la batterie de 75 [mm.] a été détruite".
OUVRAGES DE QUELERN par Philippe Truttmann, septembre 1972.
(Y compris lignes, réduits, caserne Sourdis et bâtiments divers)
Situation : à la base de la presqu´île de Roscanvel et barrant l´isthme à 2 500 mètres au sud-sud-ouest de l´agglomération de Roscanvel.
HISTORIQUE SOMMAIRE
La presqu´île de Roscanvel (ou également dite de Roscanvel) constitue la branche Nord de la croix dessinée par la presqu´île de Crozon. La côte nord-ouest constitue la rive sud du goulet de Brest, et son extrémité nord-est, la pointe des Espagnols, domine de 60 mètres d´altitude l´entrée du Port, à 5 kilomètres de distance.
Ainsi, au fur et à mesure de l´accession de Brest au rang de port militaire de premier rang, il apparaît comme indispensable de tenir l´ensemble de cette presqu´île, sous peine de voir l´ennemi s´y installer à demeure et bloquer irrémédiablement le goulet et la rade.
L´occupation par les espagnols, en 1594, de la pointe nord-est (appelée depuis et pour cette raison, pointe des Espagnols) peut être considérée comme la première opération militaire tentée contre Brest selon cette idée de manoeuvre.
La mission des différents ouvrages étudiés ci-après était de barrer la presqu´île à la naissance de l´isthme, face à l´intérieur des terres, de façon à en interdire l´accès à un ennemi venant de Crozon et risquant d´attaquer à revers les différentes batteries de côte, de s´assurer de la rive sud du goulet et de transformer à loisir la presqu´île en base de blocus contre Brest.
Ces ouvrages orientés face à l´intérieur des terres relèvent donc non de la défense des côtes mais de la défense terrestre de la rade de Brest. Conservés après 1870, ils seront couverts plus en avant par une nouvelle ligne de défense jalonnée par le réduit de Landaoudec et le fort de Crozon, ligne réactivée entre 1942 et 1944 par l´occupant (casemates d´artillerie de Landaoudec et de Trémaïdic)".
Premières lignes de Vauban : 1689-1694
Les archives de la Marine possèdent un plan manuscrit daté de mars 1689 et signé de Vauban (Venu à Brest en 1685 puis le 18 février 1689) approuvant la construction d´un retranchement rectiligne tendu en travers de la presqu´île, à peu près à l´emplacement des lignes actuelles, et joignant trois redoutes à plan en losange qui en constituaient des points d´appui.
Ce projet reçut un commencement d´exécution mais avec une telle lenteur qu´en 1693 bien peu en était réalisé (une partie de la redoute est qui est devenue le demi-bastion 4 incorporé ensuite dans les nouvelles lignes.).
En 1694, Louis XIV, informé par son service de renseignements des projets anglo-hollandais d´attaque contre Brest, charge Vauban de prendre sur place toutes dispositions utiles pour la mise en état de défense. Lieutenant-général depuis 1688, Vauban reçoit alors pour la circonstance les pleins pouvoirs sur les troupes de terre et de mer ainsi que les milices [gardes-côtes]. Il arrive à Brest le 23 mai 1694.
Lignes remaniées : 1694-1777
Constatant que les ouvrages prescrits antérieurement n´ont pratiquement pas avancé (L´état d´armement du 23 avril 194 n´indique rien concernant ces ouvrages. Il est vrai qu´il ne concerne que l´armement de défense des côtes.), Vauban remanie le projet des lignes de Quélern et prescrit la construction d´un retranchement linéaire à tracé concave dessinant un angle obtus, et coupé en son centre, à la brisure, par un fort carré à quatre bastions (Le fort proprement dit ne sera construit intégralement qu´en 1852-1855, ce sera le réduit de Quélern étudié à part.), destiné à recevoir une garnison de 500 hommes.
Les travaux sont alors poussés fébrilement pendant les 25 jours qui précédent l´attaque anglaise repoussée le 18 juin 1694 sur la plage de Camaret, au pied même de l´extrémité droite des lignes.
Il s´agit d´ouvrages de fortification de campagne avec fossé et escarpement à terre coulante soigneusement fraisés et palissadés. Du fort central, seul le front sud (deux bastions) est fait, sans la demi-lune. La part droite des lignes (ouest) entre le fort et les falaises, étant implantée sur le sommet du plateau avait l´avantage d´un tracé plus court et d´un terrain plan permettant des feux rasants, mais avait aussi l´inconvénient majeur, étant très en retrait de la crête militaire, de laisser en angle mort une bonne partie du ravin de Pen ar Poul, zone de terrain bas et humide perpendiculairement à l´isthme s´étendant de la baie de Camaret à celle de Roscanvel et dominée d´environ 30 mètres par le plateau constituant la presqu´île de Quélern. De ce fait un ennemi ayant débarqué en baie de Camaret pouvait utiliser le couvert de ces angles morts pour bloquer la presqu´île et préparer l´attaque des lignes.
Après l´échec de la tentative anglaise sur Camaret le 18 juin 1694, on trouve plusieurs projets de l´ingénieur Traverse concernant les travaux à exécuter sur les lignes de Quélern (27 janvier 1696, 14 janvier 169..., [10 janvier 1699]) mais il semble bien que, l´alerte étant passée, ce secteur des frontières maritimes fut mis en veilleuse malgré les avis [répétés] de Vauban, compte tenu du manque de crédits et surtout du fait des travaux à exécuter d´urgence sur les frontières à l´est (Toul et Neufbrisach) à la suite du traité de Ryuswick, au moment où s´ouvre la guerre de succession d´Espagne. Comme la plupart des ouvrages projetés ou entrepris en 1694-1695 autour de Brest, les lignes de Quélern (désignés alors sous le nom de "retranchements de Roscanvel" puis "retranchements de Quélern") traînèrent en longueur mais furent peu à peu achevées à l´exception du fort, dont [seul] le front sud réalisé reçut une demi-lune et fut revêtu. Cette situation se prolonge jusqu´en 1776 où, sur ordre de la Cour, le problème général de l´organisation défensive de Brest est repris sur des bases nouvelles, dans le contexte des guerres maritimes avec l´Angleterre.
Nouvelles lignes : 1777-1785
Parmi les travaux considérables exécutés de 1777 à la révolution figure la réorganisation complète des ligne de Quélern ayant abouti à l´ouvrage tel qu´il existe aujourd´hui. Les travaux consistent en :
- Un remaniement de la partie gauche (est) des anciennes lignes de Vauban en en conservant le tracé général.
- Pour la partie droite (ouest), la construction d´un ensemble de fronts sur un tracé nouveau implanté 300 mètres en avant (plus au sud) des anciennes lignes, à la crête militaire, de façon à voir la Thalweg de Pen ar Poul.
Les nouvelles lignes terminées, il ne semble y avoir été exécuté aucun travail important sous la Révolution, l´Empire et la Restauration (à l´exception de la caserne Sourdis et de l´achèvement de la partie gauche de la porte de Crozon).
Construction du réduit de Quélern : 1852-1854
C´est probablement à la suite des travaux de la commission de défense des côtes de 1849 qu´il fut décidé de construire le réduit de Quélern. Cet ouvrage n´est en fait que l´exécution, à terme du projet de fort rectangulaire de Vauban (1694-1699) resté jusque là inachevé à l´exception du front sud, qui avait en son temps été intégré aux lignes primitives. Le réduit a été construit de 1852 à 1854 et a reçu après la guerre de 1870, comme seules modifications, un magasin à poudre enterré type 1874.
Derniers travaux : 1870-1945
Les lignes proprement dites sont restées telles quelles jusqu´à nos jours, à l´exception de :
- La construction vers 1880 dans le bastion n° 1 d´une batterie dite "batterie de l´extrémité droite des lignes de Quélern", à 2 pièces de 24 cm tirant vers le nord-ouest.
- La construction vers 1890 derrière la courtine 1-2 d´une batterie de 4 pièces de 95 mm tirant vers l´ouest ; vers la même époque entre les deux batteries ci-dessus, d´un magasin à munitions à l´épreuve.
Ces trois ouvrages étant essentiellement de défense des côtes et n´intéressant pas à proprement parlé les lignes de Quélern.
- Enfin, sous l´Occupation, construction par les Allemands dans le parapet de la batterie basse du redan 9 de deux casemates en béton armé pour pièce de petit calibre battant le fond de la baie de Camaret (l´une croisant son tir avec les casemates de la pointe du Petit Gouin). C´est à cette même époque qu´ont été détruites les deux portes d´accès aux lignes qui constituaient une gène pour le transport du matériel lourd.
DESCRIPTION
L´ensemble des organisations comprend :
- Les lignes primitives ou lignes de Vauban (à l´état de vestiges)
- Les lignes actuelles
- Les batteries "de la droite des ligne" :
-- Batterie de 24 cm,
-- Batterie de 95 mm,
-- Magasins à munitions.
- Le réduit de Quélern
- La caserne Sourdis.
- La magasin à poudre de la gauche des lignes.
- Les bâtiments disparus.
LE REDUIT DE QUELERN
Rappel historique, généralités, mission : L´ouvrage occupe l´emplacement d´un fort carré projeté par Vauban (Projet de Traverse de 1696 et 1699, approuvé par Vauban) en 1694 au moment de la mise en état de défense de Brest et [de ses] environs, fort dont seul [le] front sud fut exécuté, d´abord en fortification de campagne, puis en fortification permanente et intégré tel quel dans les premières lignes de Quélern.
Après l´achèvement des nouvelles lignes de Quélern, ce front et ce qui subsistait des lignes primitives fut laissé à l´abandon.
Toutefois, dès 1779, divers projets furent élaborés pour rétablir un fort à usage de réduit, dans les nouvelles lignes, puis, en 1811, on projeta de doubler les lignes de Quélern en arrière par un mur défensif s´appuyant sur trois tours-réduits [tours-modèles 1811, n° 1] (analogue aux réduits [tours-modèles] réalisés à Cornouaille et à la pointe des Espagnols).
Aucun de ces projets ne vit le jour et les choses en restèrent là jusqu´en 1852, date à laquelle on décida de construire le réduit actuel (le terrain a été acheté en 1849) pour soutenir les lignes proprement dites et continuer à tenir le terrain en cas de forcement des lignes, tout en empêchant l´ennemi de les utiliser.
L´ouvrage occupe le sommet topographique du plateau [ ], au rebord sud duquel sont tracées les nouvelles lignes.
Exécuté de 1852 à 1856, l´ouvrage n´a pas été modifié par la suite à l´exception d´un magasin à poudre[s] enterré, type 1874, ajouté vers 1880 pour doubler le magasin à poudre de 1853 devenu incapable de résister aux projectiles de l´artillerie rayée.
Au moment des combats de siège de Brest en 1944, l´ouvrage a été violemment bombardé et a subi des dommages considérables. Actuellement [septembre 1972] il est utilisé comme dépôt et garage par le centre de Commandos voisins. Les fossés et les remparts sont couverts de ronces impénétrables.
Organisation générale : L'ouvrage est constitué par un rectangle bastionné de 230 mètres par 170 mètres entre les saillants de bastions dont le grand axe est orienté nord / nord-ouest - sud / sud-est.
L'escarpe revêtue est semi-détachée sur les trois fronts ouest, nord et est, attachée à demi-revêtement sur le front sud.
- Contrescarpe à terre coulante, sauf autour de la demi-lune du front sud.
- Fossé général tout autour de l'ouvrage (largeur 7 mètres environ au fond).
- Un chemin couvert entoure l'ensemble de l'ouvrage, comportant devant les courtines ouest, nord et est de grandes places d'armes rentrantes (tenant lieu de demi-lunes) avec traverses et sorties. Le front sud comporte une demi-lune et un chemin couvert de type plus ancien avec places d'armes et traverses de chemin couvert.
- A l'intérieur, la grande cour centrale est entourée d'une grosse levée de terre périphérique, formant rempart et portant la banquette de tir. Ce rempart est tracé à pans coupés à la gorge des bastions et le pied de son talus extérieur arrive légèrement en arrière du parapet couronnant l'escarpe, ménageant ainsi un chemin de ronde.
Le grand côté ouest de ce rempart abrite une caserne à l'épreuve à deux niveaux. L'entrée du réduit est ménagée au milieu du front est. Le rempart nord et les pans coupés sud-ouest sont percés de poternes permettant d'accéder aux terre-pleins extérieurs des bastions.
- Sous le massif du rempart, à la gorge du bastion 101 se trouvait le magasin à poudre type 1874 (détruit).
- Dans l'angle sud-est de la cour intérieure se trouve le magasin à poudre d'origine (1853).
Détails :
Escarpe, front sud : maçonnerie grossière en moellon de schiste exécutée au 18e siècle.
Autres fronts : parements en maçonnerie, en pierre de taille de granite clair, appareillé, avec chaînes d'angles harpées (disposition commune à tous les bâtiments de l'ouvrage). Le parapet est surmonté d'une tablette bordée d'un tore faisant saillie en avant du parement.
L'escarpe sensiblement verticale, repose à la base sur un soubassement maçonné en glacis à deux pentes, disposition très rare correspondant en fait à un habilage du massif rocheux sur lequel est fondée l'escarpe.
Caserne casematée (appelée T dans les Grands Atlas du Génie) : grand bâtiment rectangulaire établi sous le grand côté ouest du rempart, dans lequel il s'appuie aux deux extrémité (équilibre des voûtes). Ce bâtiment comporte deux niveaux d'habitation :
- Un rez-de-chaussée, du même niveau que la cour centrale.
- Un sous-sol prenant jour de chaque côté sur une cour longeant le bâtiment.
- Un niveau partiel de citernes (quatre citernes avec bassin de décantation et filtre, citernes alimentées par les eaux de ruissellement).
A l'origine, le bâtiment comportait, à chaque niveau, 15 travées identiques (Une travée centrale / vestibule et cage d'escalier et 7 travées de chaque côté) voûtées et séparées par des refends. A chaque extrémité, il est traversé par des passages permettant, à l'étage supérieur, d'aller de la cour centrale au parapet et, à l'étage inférieure ; d'aller de la cour intérieur à la cour extérieure.
Les bombardements aériens ont détruit les 7 travées du centre et endommagé 4 autres (2 de chaque côté) coupant littéralement le bâtiment en deux. D'autre part, les voûtes de l'étage supérieur (Voûtes surbaissées en maçonnerie appareillée de 0,6 mètre d'épaisseur recouverte d'un remplissage en maçonnerie de mortier avec chape de forme couverte d'une étanchéité, épaisseur totale à la clef : de 0,8 à 1,1 plus 3 mètres de terre au rempart.) portaient les terres du parapet et la banquette de tir ; ces terres semblent avoir été déblayées dès avant la guerre, probablement à la suite d'infiltration d'eau dans les casemates (incident fréquent dans les bâtiments de cette époque).
Fenêtres (deux par travée, dans chaque façade) rectangulaires à linteau monolithique surmonté d'un arceau de décharge à claveaux rayonnants, montants en gros appareil dressé et harpé.
Portes des couloirs : plein cintre, montants et claveaux harpés. L'accès aux couloirs et à la travée centrale du rez-de-chaussée se fait par des ponceaux en maçonnerie franchissant la cour. Le ponceau central a disparu sous les bombardements.
Circulation longitudinale réalisée par des portes percées dans les refends transversaux et disposées en alignement droit.
D'après un état de la fin du 19e siècle, ce bâtiment avait, à l'origine, une contenance [capacité] de 533 hommes (avec ameublement pour 621), elle contenait une boulangerie avec four, une cuisine, un magasin aux grains.
Réserve d'eau : 1 200 mètres cubes environ, débit des deux pompes : 41 littres par minute chaque.
Magasin à poudre (repère B du plan Marine, U des plans du Génie) : construit en 1853 et implanté dans l'angle sud-est de la cour intérieure du réduit, c'est un bâtiment en élévation conforme aux dispostions adoptées pour ce genre d'édifice depuis le 17e siècle et avant la mise en service de l'artillerie rayée. Capacité : 44 900 kilogrammes de poudre.
Plan rectangulaire : toiture en maçonnerie pleine à deux pentes sur voûte intérieure ; accès par entrée ménagée dans le pignon nord (deux portes successives par raison de sécurité) donnant de plain-pied dans la chambre des poudres. Dimensions intérieures 16,8 mètres par 8,2 mètres), voûtée en plain cintre (hauteur sous clef : 5 mètres).
La chambres des poudres est établie sur vide sanitaire en sous-sol (accès par deux trappes) et comporte un plancher dont les logements des poutres sont visibles dans les parois.
Les murs latéraux des longs pans (épaisseur 2,5 mètres) sont traversés par des barbacanes d'assèchement tracées en baïonnette (4 de chaque côté).
Maçonnerie : pierre de taille de granite clair appareillée et dressée. Chaînes d'angle en gros appareil. Les longs pans sont surmontés d'une corniche de granite biseautée et soulignée d'un filet. Date, en pignon : 1853.
Bâtiment très soigné quoique de décoration très sobre, où les nécessités de la protection ont eu pour conséquence l'extrême homogénéité d'une construction qu'on serait tenté de qualifier de monolithique.
Magasin à poudre enterré : ...
Passage couvert Nord : ...
Porte d´entrée : s'ouvre au milieu de la courtine 102-103 (front est) ; dans son projet, Vauban avit prévu l'entrée par le front nord.
Portail en maçonnerie dont le sommet dépasse d'environ 2,5 mètres le couronnement de l'escarpe.
Ouverture en plein cintre extradossé en harpe s'ouvrant dans un ébrasement rectangulaire servant de logement au tablier du pont-levis relevé. Cet ébrasement est encadré de deux montants formant pilastres, surmonté d'un linteau. L'ensemble, réalisé en gros appareil de granite beige clair est surmonté d'une corniche à larmier couronnée d'une moulure débordante en quart de rond, et soulignée d'un filet.
Au-dessus, une table de granite taillée en pointe de diamant. Le bâtiment repose sur un soubassement en glacis, les deux montants reposant, par l'intermédiare d'un boudin, sur deux petits soubassement talutés se perdant dans le soubassement général. Au-dessus de la porte, dans le linteau, entre le filet et la corniche, est gravée la date "1854".
Dans les montants sont percés, en façade, les deux fentes de passage des chaînes du pont-levis et le logement des poulies métalliques encore en place).
Pont-levis du type à la Poncelet, dont les mécanismes (chaînes à contrepoids) sont logés dans des niches ménagées dans les joues latérales des montants, à droite et à gauche du passage ; à l'arrière feuillure des ventaux de la porte.
La porte donne accès à un petit vestibule à ciel ouvert, avec de part et d'autre les escaliers d'accès au chemin de ronde, ce vestibule précède un passage couvert menant à la cour centrale et constitué par une galerie voûtée en plein cintre.
Côté cour, le passage est encadré par deux locaux casematés à usage de corps de garde prenant jour dans une façade donnant sur la cour centrale. Les locaux casematés communiquent chacun par deux portes avec le passage couvert. Leur façade arrière, encastrée dans le talus intérieur du rempart se raccorde à celui-ci par deux murs en aîle, tracés en retour oblique et surmontés chacun d'un escalier d'accès à la banquette du rempart.
Le tout est assez sévère, très sobre mais de proportions heureuses.
Divers : A noter dans les flancs des bastions 103 et 104 des embrasures à canon pour le flanquement (une par flanc) :
- Embrasures rectangulaires, à joues légèrement divergentes, entaillant le parapet ; seuil monolithique, montants en gros appareil harpé.
- Egalement des créneaux de fusillade (six par flanc répartis à raison de trois à droite et trois à gauche de l'embrasure du canon), ces créneaux sont des fentes verticales du type "archère" à joues convergeant vers l'extérieur.
Conclusion sur le réduit de Quélern : Ouvrage intéressant du fait de sa réalisation en deux phases éloignées [1694-1699 et 1852-1856], et par ailleurs très conforme aux dispositions réglementaires en France à son époque, à la veille de la crise de l´artillerie rayée. Analogies à faire avec les forts de la première ceinture de Paris (1840). On y constate une fois de plus l´attachement obstiné du corps de génie français au système bastionné, malgré l´abandon à peu près général ce système à l´étranger.
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| Des. 1 |
| Plan cadastral, réduit de Quélern |
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| Des. 2 |
| Plan d'ensemble, réduit de Quélern |
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| Des. 3 |
| Réduit de Quélern, plan de la porte d'entrée |
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| Des. 4 |
| Réduit de Quélern, coupe P-P de la porte d'entrée |
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| Des. 5 |
| Réduit de Quélern, élévation de la porte d'entrée |
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| Des. 6 |
| Coupe A-A de la poterne Nord du réduit de Quélern (Autret) |
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| Des. 7 |
| Coupe B-B de la poterne Nord du réduit de Quélern (Autret) |
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| Doc. 1 |
| Plan des forts et retranchements de la gorge de la presqu'île de Roscanvel, fait à Brest par Traverse le 10 janvier 1699 |
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| Doc. 2 |
| Plan des forts et retranchements de la gorge de la presqu'île de Roscanvel, fait à Brest par Traverse le 10 janvier 1699 |
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| Fig. 1 |
| Projet d'un fort proposé sur la presqu'île des Espagnols fait à Brest en mai 1694 par Vauban |
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| Fig. 2 |
| Détail du plan de situation des lignes et du réduit de Quélern : réduit, Atlas des batteries de côte : côte de Brest, 1893, Vincennes |
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| Fig. 3 |
| Vue aérienne verticale des bombardements du réduit de Quélern, 3 septembre 1944 |
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| Fig. 4 |
| Vue aérienne du réduit de Quélern |
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| Fig. 5 |
| Vue aérienne générale des fortifications de Quélern : batteries, réduit, lignes de Quélern |
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| Fig. 6 |
| Vue aérienne du réduit de Quélern en 1971 |
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| Fig. 7 |
| Vue aérienne du réduit de Quélern en 1971 prise dans l'alignement des anciennes lignes de Vauban. En arrière-plan : la caserne Sourdis |
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| Fig. 8 |
| Vue aérienne (détail) du réduit de Quélern en 1971 prise dans l'alignement des anciennes lignes de Vauban. En arrière-plan : la caserne Sourdis |
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| Fig. 9 |
| Vue aérienne du réduit de Quélern en 1971 |
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| Fig. 10 |
| Vue aérienne du réduit de Quélern en 1971 |
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| Fig. 11 |
| Vue aérienne du réduit de Quélern en 1971 |
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| Fig. 12 |
| Vue du réduit de Quélern en 1969 : front sud-ouest. Au premier plan : le bastion 101. Arrière plan : le bastion 104 |
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| Fig. 13 |
| Vue du réduit de Quélern en 1969 : front nord-ouest. Au premier plan : le bastion 104. Arrière plan : le bastion 103 |
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| Fig. 14 |
| Vue du réduit de Quélern en 1969 : front nord-ouest depuis le bastion 103. En arrière plan : le bastion 104 |
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| Fig. 15 |
| Vue du réduit de Quélern en 1969 : porte d'entrée monumentale datée 1854 |
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| Fig. 16 |
| Vue du réduit de Quélern en 1969 : détail du soubassement du pilastre de la porte d'entrée monumentale datée 1854 |
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| Fig. 17 |
| Vue du réduit de Quélern en 1969 : caserne casematée depuis le nord |
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| Fig. 18 |
| Vue du réduit de Quélern en 1969 : accès de la caserne casematée |
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| Fig. 19 |
| Vue du réduit de Quélern en 1969 : détail de la façade de la caserne casematée. Baies encadrées de pierres de taille et arcs de décharge |
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| Fig. 20 |
| Vue du réduit de Quélern en 1969 : extrémité nord de la caserne casematée en partie détruite par les bombardements de 1944 |
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| Fig. 21 |
| Vue du réduit de Quélern en 1969 : extrémité sud de la caserne casematée en partie détruite par les bombardements de 1944. Au premier plan : deux casemates éventrées |
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| Fig. 22 |
| Vue du réduit de Quélern en 1969 : passage couvert du front nord depuis l'intérieur de la cour |
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| Fig. 23 |
| Vue du magasin à poudre du réduit de Quélern en 1972 |
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| Fig. 24 |
| Vue du magasin à poudre du réduit de Quélern en 1972 |
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| Fig. 25 |
| Vue du magasin à poudre du réduit de Quélern en 1972 |
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| Fig. 26 |
| Vue du magasin à poudre du réduit de Quélern en 1972 |
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| Fig. 27 |
| Vue du magasin à poudre du réduit de Quélern en 1972 |
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| Fig. 28 |
| Vue du magasin à poudre du réduit de Quélern en 1972 : entrée, datée de 1853 |