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Inventaire général du patrimoine culturel
enquête thématique régionale (fortifications littorales)
Auteur de la notice : Lécuillier Guillaume
Année de rédaction : 2005
Bretagne
Finistère
Camaret-sur-Mer
Anse de Camaret
le Sillon
Tour et batterie basse semi-circulaire dit "Tour Vauban" (Cr 2)
Vignette
Vue générale de la Tour Vauban

Désignation

Dénomination : batterie ; fort
Appellation et titre : Tour Dorée ; Tour de Camaret ; Tour Vauban
Destinations successives et actuelle : musée ; promenade
Partie(s) contituante(s) : réduit ; pont ; fossé ; four

Précisions sur la localisation

Numéro INSEE de la commune : 29022
Aire d'étude : Bretagne Nord
Milieu d'implantation : en écart
Cours d'eau : anse de Camaret
Latitude : 48.2797164
Longitude : -4.5921866

Eléments de description

Matériau(x) du gros-oeuvre et mise en oeuvre : moellon ; granite ; schiste
Matériau(x) de couverture : ardoise
Vaisseau et étage : sous-sol ; rez-de-chaussée ; 2 étages carrés
Type et nature du couvrement : charpente en bois apparente
Type de la couverture : toit polygonal
Typologie : Fort à la mer à batterie basse et tour de gorge. Prototype assez remarquable de fortification côtière.
Etat de conservation : bon état ; restauré ; inégal suivant les parties

Eléments d'historique

Datation(s) principale(s) : 4e quart 17e siècle
Datation(s) secondaire(s) : 4e quart 18e siècle
Datation(s) en années : 1689 ; 1690 ; 1691 ; 1692 ; 1693 ; 1694 ; 1695 ; 1696
Justification de la (des) datation(s) : daté par source
Auteur(s) de l'oeuvre : Vauban (ingénieur militaire) ; Traverse (ingénieur militaire)
Justification de la (des) attribution(s) : attribué par source
Commentaire historique : Fonction : défense du mouillage de Camaret, défense contre une éventuelle prise à revers de la pointe des Espagnols.

Statut juridique

Statut de la propriété : propriété de la commune

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre : vestiges de guerre ; à signaler
Nature de la protection MH : classé MH
Date de la protection MH : 1907/09/18 : classé MH
Précision de la protection MH : Tour Vauban : classement par arrêté du 18 septembre 1907. Classement au patrimoine mondial de l'Unesco le lundi 7 juillet 2008.
Observations : La tour Vauban a fait l'objet en 2007 de travaux d'enduit (342 m2) et de rejointoiement (643 m). La corniche a été restaurée à l'identique.
Site intégré à la Route des Fortifications de la presqu´île de Crozon créée en 2007.

Synthèse

LA TOUR VAUBAN A CAMARET.

LA DEFENSE DE LA COTE SUD DU VESTIBULE

in La route des fortifications en Bretagne et Normandie de Guillaume Lécuillier, coll. les étoiles de Vauban, Paris, éditions du Huitième jour, nov. 2006, 168 p.

"On travaille à la tour et à la batterie de Camaret, qui sera, Dieu aidant, achevée cette année, bonne, forte, capable de donner le couvert à 100 hommes au besoin et de contenir tous les vivres et munitions nécessaires", Vauban, 1695.

Emblématique de Camaret, la tour de couleur ocre (du fait de son enduit étanche à base de brique pilée) porte le nom de Vauban. C'est l'édifice le plus visible (dix-huit mètres de hauteur !) et le plus connu du célèbre ingénieur en rade de Brest. La tour dite "Tour Vauban" et sa batterie basse ont été construites à l'extrémité du sillon : un simple banc de galets et de sable sur lequel avait été édifié au début du 16e siècle la chapelle de Notre-Dame de Rocamadour. Projetée dès 1683, la tour est tracée en 1689 par Vauban qui a toute suite vu l'intérêt de Camaret : "Il y a un petit port marchand à un recoin de celle de Camaret où il se retire des bâtiments que des corsaires viennent impunément enlever, ce qui leur arrive fort souvent en temps de guerre : c´est pourquoi il serait nécessaire d´y faire une batterie de quatre ou cinq pièces de canon soutenue d´une tour et d´une petite clôture de maçonnerie pour les écarter de là et tenir cette rade nette". La tour est élevée entre 1693 et 1696. Vauban parachève ainsi la défense du port-arsenal de Brest en lui donnant une belle "tour-réduit". L'ingénieur Traverse, lui, est chargé de donner vie au projet. Les canons de sa batterie basse à onze embrasures défendent le mouillage de l´anse de Camaret contre tout assaut ennemi. Au niveau stratégique, l´ouvrage est capital pour la sécurité de la rade de Brest. En effet, l´anse de Camaret est un mouillage d´attente pour les navires de guerre ou de commerce (ils devaient y attendre des vents porteurs) désireux d´entrer en rade de Brest.

Percé dans la courtine de gorge flanquée d'une galerie de fusillade, le pont-levis à flèches permet de franchir le fossé (en eau à marée haute) et d'accéder à la batterie circulaire et au corps de garde défensif. Un deuxième corps de garde similaire au premier, se trouvait à la place de l´actuel four à boulets (construit lors de la période révolutionnaire). Une passerelle en bois permet de pénétrer dans la tour. Les quatre niveaux de cette dernière sont desservis par un escalier à vis : on y trouve le corps de garde et des logements. Le sous-sol de la tour voûté à l´épreuve de la bombe n´est accessible que par une trappe, il servait de magasins aux vivres et à poudre et pouvait participer, en cas d´attaque, à la défense des abords de l´ouvrage. Des créneaux de mousqueterie de type archère percés tout autour de la tour hexagonale (et même à l'intérieur des cheminées pour éviter les angles morts !) concourent à la défense rapprochée de l´ouvrage. Les angles d´attaque de la tour sont aigus afin de dévier boulets et mitrailles. Lors de la bataille de Camaret en juin 1694, la batterie - en cours d´achèvement tout comme les deux corps de garde, n´était armée que de 9 canons de 24 livres de balle (boulets de 12 kg) et 3 mortiers de fer de 12 pouces. Le rayon de la plate-forme d´artillerie achevée - parapet compris, est de 16 mètres. Sur le dallage, on décèle les traces arcs de cercle permettant le guidage et la rotation des affûts sur roulettes provenant des 3 canons de 30 livres de balles et 3 obusiers de 22 cm du 19e siècle.

La tour Vauban et le château de Brest sont toujours aujourd'hui les deux seuls édifices d'architecture militaire de la rade de Brest classés au titre des Monuments Historiques.

L'EPREUVE DU FEU : LA BATAILLE DE CAMARET, 18 JUIN 1694.

"Je m'en remets à vous de placer les troupes où vous jugerez à propos, soit pour empêcher la descente, soit que les ennemis fassent le siège de la place de Brest. L'emploi que je vous donne est un des plus considérables par rapport au bien de mon service et de mon royaume". Louis XIV à Vauban, 1er mai 1694.

Louis XIV écrivait encore à Vauban le 22 mai 1694 : "Vous pourrez avertir nos amis que les galiotes à bombes et les 12 régiments qui sont campés à Portsmouth, avec les deux régiments de marine qu´ils ont campés par Talmack [général anglais], sont destinés pour s´embarquer et aller tenter de brûler le port de Brest et détruire tous les vaisseaux qui y sont. Je hasarde beaucoup en vous donnant cet avis ; c´est pourquoi je vous demande un très grand secret, comptez qu´il n´y a rien de si sûr que ce que je vous mande, et prenez vos mesures là-dessus". Le lendemain 23 mai, le grand ingénieur, harassé par une longue chevauchée, était à Brest pour mettre la place en état de défense.

Le 18 juin 1694, alors que la tour Vauban est toujours en travaux, une flotte anglo-hollandaise tente une descente sur Camaret pour s'emparer des batteries de canons de la côte sud du goulet et bombarder l'arsenal. Vauban, lui, est de l'autre côté du goulet à guetter l'ennemi... Laissons Vauban nous raconter l'attaque : "Les ennemis, Monseigneur [cette lettre est adressée au roi], ont aujourd'hui voulu tenter la descente de Camaret avec huit gros vaisseaux de guerre et plus de soixante-dix autres petits bâtiments de toutes autres espèces. Après deux heures de grosse canonnade [en témoignent les traces de boulets visibles sur la tour] de la part des vaisseaux, fort bien répondue par la tour de Camaret, ils ont mis à terre à demi-portée de mousquet des retranchements [sur la plage de Trez-Rouz] auxquels ils se sont présentés très fièrement ; ils ont été reçus de même, et malgré les altercations, ils y ont eu 700 à 800 hommes tués, pris ou noyés ; le surplus s'est sauvé ou n'a pas mis à terre. Beaucoup de vaisseaux ont été endommagés, car l'affaire a duré longtemps. De notre part, il n'y a eu que 35 à 40 hommes de blessés, parmi lesquels se trouvent deux officiers dont l'un pourra mourir [l'ingénieur Traverse perdit un bras dans l'attaque]".

A Barbezieux, Vauban compta le 21 juin une anecdote truculente : "Nos milices qui étaient très mal armées se sont fort accommodées de leurs armes et de leurs habits. On ne voit plus que bonnets de grenadiers parmi nos troupes, fort beaux, et où les noms des colonels et leur armes sont en broderie. Il y a tel paysan, qui était à demi nu, qui a présentement des plumes sur la tête avec des habits rouges galonnés. C'est la plus plaisante figure du monde à voir...".

Dix jours après la bataille, Vauban écrivait de nouveau au Roi : "Je visitais hier les endroits de la descente de Camaret où les ennemis mirent pied à terre qui ne pouvaient être mieux choisis [...]. Plusieurs coups de canon des canonniers ennemis donnèrent dans la tour et batteries de Camaret, même tout autour, et dans les embrasures, sans y avoir blessé que deux hommes. Tout ce dommage est réparable pour moins de 10 écus. Ils n'ont rien fait ou fort peu aux retranchements". Aujourd'hui, le lieu-dit : "Mort-Anglaise" désigne la pointe de rocher où débarqua à l´abri le lieutenant général de la flotte anglaise Talmack avant d'être touché mortellement.

Grâce au savoir-faire de Vauban à la fois poliorcète : "preneur de villes" et défenseur, c´est une déroute anglo-hollandaise. Durant l´été, la flotte ennemie remonte la Manche bombardant au passage les ports de Dieppe (22 juillet), le Havre (26-31 juillet), Dunkerque (20 septembre) et Calais (27 septembre)... Quittant Brest fin octobre, Vauban, longeant les côtes, achève son inspection des places maritimes de Normandie, Picardie et Flandre jusqu'à Dunkerque où il arrive, épuisé, à la fin de l´année - il a alors 61 ans ! Un brin agacé par ces voyages, Vauban écrit à Pontchartrain : "J'aurais tout le temps de souffler à mes doigts et de faire provision de rhume pour la moitié de l'année à mon ordinaire [...]". L'année suivante, il était de nouveau chargé par le roi de la défense de Brest.

LE RESEAU DES SITES MAJEURS DE VAUBAN

En 2007, la célébration du tricentenaire de la mort du maréchal de Vauban (1633-1707) portée par l´Association Vauban est un évènement national. À cette occasion, une quinzaine de municipalités se sont réunies à Besançon afin de jeter les bases d'une nouvelle association regroupant les plus belles fortifications érigées par Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban (1633-1707), commissaire des fortifications du roi Louis XIV et maréchal de France.

Leur but : s'unir afin que leurs sites obtiennent, globalement, une inscription au patrimoine mondial de l'Unesco : « Vauban l'universel, réseau des sites majeurs de Vauban » regroupe les villes d'Arras ; Bazoches ; Besançon ; Blaye / Cussac-Fort-Médoc ; Briançon ; Longwy ; Mont-Dauphin ; Mont-Louis ; Neuf-Brisach ; Saint-Martin-de-Ré ; Villefranche-de-Conflent.

En Bretagne et Normandie, quatre « fortifications Vauban » sont concernées : Camaret-sur-Mer avec sa tour et sa batterie basse, Le Palais avec la citadelle de Belle-Ile-en-Mer (Morbihan) et Saint-Vaast-la-Hougue (Manche) avec ses deux tours de défense côtière à La Hougue et sur l'île de Tatihou.

La tour Vauban a été classée au patrimoine mondial de l'Unesco le lundi 7 juillet 2008.

Documentation

Bibliographie
BUREL (M.), Camaret-sur-Mer. Promenade dans le passé, Bannalec, Imprimerie régionale, 1984, 135 p.
CADIOU (D.), "Chemin de ronde en presqu´île de Crozon. Evolution de la fortification", Avel Gornog, n° 2, juin 1994, p. 48-54.
CALVEZ (L.) (sous la dir. de), La Presqu´île de Crozon, histoire, art, nature, Paris, Nouvelle librairie de France, 1976, 477 p.
DION (M.), Batteries, réduits, tours, forts, casemates... de Camaret et de Roscanvel, Brest, Association du Mémorial Montbarey, 1996, 67 p.
PESQUEUR (L.), Schéma d´interprétation du patrimoine. Phase 1 : Valorisation du patrimoine militaire. Projet Tour Vauban. Parc Naturel régional d´Armorique, Pays Touristique du Ménez-Hom Atlantique, mai 1999.
PETER (J), préface de Jean Meyer, Vauban et Brest. Dossier. Une stratégie modèle de défense portuaire, 1683-1704, Paris, Economica et Institut de Stratégie Comparée, 1998, 320 p.
TRUTTMANN (P.) (Colonel), "Architecture militaire", in La Presqu´île de Crozon, histoire, art, nature, (sous la dir de L. Calvez), Paris, Nouvelle librairie de France, 1976, p. 345-362.
TRUTTMANN (P.) (Colonel), Les derniers châteaux forts, les prolongements de la fortification médiévale en France 1634-1914, Thionville, Klopp, 1993, 253 p. ISBN 2-906535-75-3.
Pierres de mer, "Le patrimoine immobilier de la Marine nationale". Collectif sous la dir. de la Commission du patrimoine de la Marine et du Service des Travaux immobiliers maritimes avec le concours du Service historique de la Marine, Paris, Association pour le Développement et la Diffusion de l´Information Militaire, 1996, collection : les Armes et les Hommes.

Annexes

Le Prestre (alias Prestre, Le Prêtre) d'après BLANCHARD (A.), Dictionnaire des ingénieurs militaires 1691-1791, Montpellier, 1981, 2 tomes.

"Famille bourguignonne originaire du Morvan. Filiation et preuves incertaines au départ : pour certains depuis 1388, pour d'autres seulement à partir de 1535. A cette date, notaires seigneuriaux. Maintenue de noblesse en 1667. Seigneurs de Champignolle et de Vauban. Alliances nombreuses avec des familles de gentilshommes qui donnèrent plusieurs ingénieurs.

1653, Sébastien Le Prestre, écuyer, seigneur puis marquis de Vauban.

Né à Saint-Jean-Léger-de-Fourcherets le 15 mai 1633.

Père : Urbain (alias Albin) (1602 - Saint-Léger, 3 avril 1652), écuyer, fils de Jacques, écuyer, seigneur de Champignolle et de Vauban, et de sa seconde épouse, Françoise de la Perrière.

Mère : Edmée Cormignolle, fille de Jean, et de Françoise Prévost.

Oncle : Edmé Cormignolle, dit 'la Montagne", gendarme, puis maréchal des logis de Monsieur le Prince, époux d'Edmée Rousseau.

Cousin issu de germain : Paul le Prestre, ingénieur, puis major de la citadelle de Lille, fils de Paul, seigneur de Vauban, bailli de Lormes, et d'Urbaine de Romier.

Neveux à la mode de Bretagne (fils de Paul, ingénieur qui précède, et d'Anne de Guesdin) :

- Paul, capitaine au régiment de Champagne, ingénieur tué à Aire en 1676.

- Edmé, capitaine au régiment de Navarre, ingénieur tué à Cambrai en 1677.

- Antoine, ingénieur qui suit.

Marié à Epiry le 25 mars 1660 avec Jeanne d'Osnay, morte à Bazoches le 19 juin 1705, fille de Claude, baron d'Epiry, et de défunte Urbaine de Romier.

Deux filles :

- Charlotte, épouse (15 novembre 1679) de Jacques-Louis de Mesgrigny, comte de Villebertin et d'Aunay, fils de Nicolas, chevalier, seigneur de Villebertin, d'Aunay et autres lieux, et d'Edmée-Georgette de Régnier ; neveu de Jean de Mesgrigny, ingénieur.

- Jeanne-Françoise (1678 - 1713), épouse (Paris, le 8 janvier 1691) de Louis Bernin de Valentinay, chevalier, marquis d'Ussé, fils de Louis, chevalier, seigneur d'Ussé, conseiller du roi en ses Conseils, contrôleur général de la maison du roi, et de Catherine du Coudreau.

Mort à Paris le 30 mars 1707, âgé de 74 ans.

Cadet au régiment de Condé en 1651 ; campagnes de la Fronde.

Prisonnier des Royaux en 1653 ; lieutenant au régiment de Bourgogne ; ingénieur ordinaire.

Campagnes de la guerre de Trente Ans.

En 1660, capitaine au régiment de la Ferté infanterie à Nancy. Lieutenant-colonel au même régiment en 1662.

Capitaine au régiment de Picardie le 24 octobre 1663 ; à Marsal.

En 1664, à Brisach.

Campagnes de la guerre de Dévolution en 1667-1668.

Lieutenant au régiment des Gardes et gouverneur de la citadelle de Lille le 3 juin 1668 ; se démit alors de sa lieutenance aux Gardes et en avril 1669 de sa compagnie "en Picardie".

Voyage au Piémont pour lever des plans pour le compte du duc de Savoie.

Campagnes de la guerre de Hollande ; y conduisit tous les sièges importants.

Brigadier d'infanterie le 30 août 1674 ; maréchal de camp le 3 août 1676.

Commissaire général des fortifications le 4 janvier 1678.

Gouverneur de Douai du 24 décembre 1680 à février 1683.

Campagne de Luxembourg en 1684.

Lieutenant général le 24 août 1688 ; campagnes de la guerre de la Ligue d'Augsbourg en Palatinat (1688), Pays-Bas (1690).

Grand-croix de l'ordre de Saint-Louis le 8 mai 1693.

Campagnes de Bretagne en 1694-1695 ; des Pays-Bas en 1697.

Maréchal de France le 14 janvier 1703 ; commanda l'armée d'Allemagne.

Chevalier des ordres du roi le 2 février 1705.

Campagne sur les côtes de Dunkerque en 1706.

Mort en congé.

Sièges :

1652, Sainte-Ménehould.

1653, Sainte-Ménehould.

1654, Stenay, Clermont.

1655, Landrecies, Condé, Saint-Guillain.

Désormais en chef :

1656, Valenciennes (blessé).

1657, Montmédy (blessé), Mardik.

1658, Gravelines, Oudenarde, Ypres.

1667, Tournai, Douai (blessé d'un coup de mousquet à la joue), Lille.

1672, Orsoy, Doesbourg.

1673, Maestricht.

1674, Besançon ville et citadelle, Oudenarde.

1676, Valenciennes, Cambrai ville et citadelle, Saint-Guillain.

1678, Gand ville et citadelle, Ypres ville et citadelle.

1683, Courtray ville et citadelle.

1684, Luxembourg.

1688, Philipsbourg, Mannheim ville et citadelle, Franckendal.

1691, Mons.

1692, Namur ville et citadelle.

1693, Charleroi.

[1694, 18 juin ; bataille de Camaret].

1697, Ath.

1703, Brisach.

Construisit 33 nouvelles places de guerre, améliora la plupart des anciennes.

Donna les plans de plusieurs ports.

Membre honoraire de l'Académie des Sciences en 1699.

A laissé de très nombreux manuscrits dont certains furent publiés après sa mort et fit imprimer un :

"Projet d'une dixme royale. Avec les réflexions sur le même sujet", ss. Lieu, 1707, in-4° et in-12.

Le plus célèbre des ingénieurs du roi".

Traverse d'après BLANCHARD (A.), Dictionnaire des ingénieurs militaires 1691-1791, Montpellier, 1981, 2 tomes.

"1676, Jean-Pierre Traverse.

Aucun détail biographique.

Mort vers 1720.

Ingénieur ordinaire, département de Colbert, en 1676.

A Ambleuteuse en 1681.

A Saint-Valéry-en-Caux en 1684.

A Fécamp en 1686.

Ne figure pas sur les états de 1691.

Campagnes de Bretagne de 1689 à 1695. Ingénieur en chef à Brest avant 1694.

En 1698, chargé du château de Brest, des batteries de côte de Cornouailles, de Camaret et de Concarneau.

En 1703 à la chefferie de Toul.

Quelques temps à Huningue.

Retiré avant 1714 avec 1 200 livres de pension.

Assimilation militaire inonnue.

Siège :

1694, défense de Camaret (un bras emporté)".

Le 28 juin 1694, soit 10 jours après la bataille, Vauban écrivait au Roi : "Je visitais hier les endroits de la descente de Camaret où les ennemis mirent pied à terre qui ne pouvaient être mieux choisis. Plusieurs coups de canon des canonniers ennemis donnèrent dans la tour et les batterie de Camaret, même tout autour, et dans les embrasures, en n´ayant blessé que deux hommes. Tout ce dommage est réparable pour moins de 10 écus. Ils n´ont rien fait ou fort peu aux retranchements... ".

Le 22 octobre 1694, Vauban écrivait à Barbezieux : "L´attaque de Camaret a été repoussée mais il est nécessaire de laisser à Brest le régiment d´orléanais ou un autre pour garder les portes de la ville, et l´un des bataillons situés à Lesneven, et Saint-Pol-de-Léon pour garder l´île de Cézon, qui est présentement une petite forteresse dans l´embouchure de l´Aber Wrac´h ; autrement on serait obligé de remettre les portes de la ville à la garde des bourgeois, et l´île de Cézon à la garde des paysans, ce qui n´est point sûr ; la raison est que toutes les troupes sont mobilisées (16 compagnies) sur les points stratégiques. Vous voyez par là monseigneur que l´île de Cézon demeurera sans garde, si on ne laisse pas du monde à Lesneven" (Bibliothèque du Comité technique du Génie, folio 31, tome 8, P. 281).

La tour Vauban par Philippe Truttmann

Plus connue du grand public, la « tour de Camaret », placée à l´extrémité d´un long cordon littoral fermant, en partie, le petit port breton de Camaret, constituait un point de débarquement dangereux, car donnant accès au plateau de la presqu´île de Crozon et permettant ainsi de commander la rade, d´y bloquer l´escadre et de menacer Brest. Une première descente anglaise avait donné l´alerte en juillet 1691. Contemporaines des précédentes, la tour de Camaret n´était pas entièrement terminée en juin 1694 lors de la grande descente anglo-hollandaise, dont heureusement, le secret avait été éventé, ce qui permis à Louis XIV de nommer Vauban au commandement de la région et de lui confier l´organisation de la défense [...].

La batterie demi-circulaire, à onze embrasures rayonnantes, a la gorge brisée en dedans, avec la tour implantée au rentrant et l´entrée principale à droite, exactement comme au Chapus et au fort Saint-Louis.

La tour - ou donjon - a le même plan - carré à deux pans coupés flanquant la gorge - que celle du fort Lupin, en plus petit mais plus haut (18 mètres sans la toiture). Elle comporte quatre niveaux, dont les deux premiers voûtés. De bas en haut, on trouve :

- 1er niveau : deux travées voûtées en berceau, séparées par un refend médian, abritent les magasins, dont ceux à poudre. L´accès se fait par une trappe dans la voûte, solution à la fois mal commode et dangereuse.

- 2e niveau : également voûté, il constitue, en quelque sorte, le poste d´équipage, avec cheminée. C´est à ce niveau que se trouvent l´entrée, à partir du terre-plein de la batterie, et le départ de l´escalier à vis, desservant les parties hautes et logé dans le saillant arrière, comme au Chapus et à Saint-Louis.

- 3e niveau : logement ou magasin, couvert par le plancher supérieur ; il dispose également d´une cheminée.

- 4e niveau : planchéié et ceinturé d´un parapet percé de créneaux de mousqueterie, il est couvert d´une toiture à six pans. Il ne peut pas, évidemment, porter d´artillerie, comme à Lupin, et contrairement au Chapus et à Saint-Louis.

Tous les niveaux sont largement pourvus de créneaux de mousqueterie, du type "archère". On notera que les deux branches du front de gorge sont creuses et munies d´une galerie de fusillade, et celle de droite porte en crête une embrasure à canon, tirant à revers.

Un des points les plus originaux de la tour de Camaret est l´enduit qui la recouvre, à base de brique pilée, lui donnant une coloration rouge clair qui lui est propre (d´ou son surnom de "tour Dorée").

On y trouve en outre un four à rougir les boulets, l´un des quatre ou cinq exemplaires encore sur pied de ce dispositif qui, à la mode à la fin du 18e siècle, fut installé dans un grand nombre de batterie de côte sous la Révolution et l´Empire, avant d´être supprimé par la commission de 1841, en raison des difficultés de service qu´il entraînait pour une efficacité discutable.

Illustrations

Voir

Voir aussi

Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne / Service Régional de l'Inventaire). (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne, APIB. Renseignements : Centre de documentation de l'inventaire du patrimoine culturel (02 22 93 98 40 / 24)
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