Logo du Conseil régional de Bretagne Logo du service de l'Inventaire général
Inventaire général du patrimoine culturel
enquête thématique régionale (fortifications littorales)
Auteur de la notice : Lécuillier Guillaume
Année de rédaction : 2002
Bretagne
Finistère
Camaret-sur-Mer
Pointe du Toulinguet
Tour-modèle n° 3, année "1812" et mur défensif, année "1884"
Vignette
Vue de la tour-modèle n°3 de 1812 du Toulinguet

Désignation

Dénomination : batterie ; fort ; corps de garde
Appellation et titre : Le Toulinguet
Partie(s) contituante(s) : réduit ; pont ; fossé

Précisions sur la localisation

Numéro INSEE de la commune : 29022
Aire d'étude : Bretagne Nord
Milieu d'implantation : isolé
Latitude : 48.2792857
Longitude : -4.6225486

Eléments de description

Matériau(x) du gros-oeuvre et mise en oeuvre : moellon ; granite ; schiste
Matériau(x) de couverture : pierre en couverture ; béton en couverture
Parti de plan : plan rectangulaire régulier
Vaisseau et étage : sous-sol ; rez-de-chaussée
Type et nature du couvrement : voûte en berceau
Type de la couverture : terrasse
Technique du décor des immeubles par nature : sculpture rupestre
Représentation : chronogramme
Précision sur la représentation : 1812.
Etat de conservation : désaffecté ; envahi par la végétation

Eléments d'historique

Datation(s) principale(s) : 1er quart 19e siècle ; 3e quart 20e siècle
Datation(s) secondaire(s) : 2e quart 20e siècle
Datation(s) en années : 1812 ; 1813 ; 1884
Justification de la (des) datation(s) : porte la date ; daté par source
Commentaire historique : Fonction : défense du mouillage de Camaret puis défense lointaine du vestibule du goulet de Brest. Dès 1694, la pointe du Toulinguet est occupée militairement, on y installe une batterie de côte et un signal.
D'après l'Atlas des places fortes de France de 1784 (tome 69a : ouvrages extérieurs de Brest par De Caux) ; une batterie de côte désignée "batterie du Toulinguet" est mentionnée sur l'actuelle "pointe du Toulinguet". Elle s'intercalait entre les batteries du "Grand Gouin" et de la "pointe aux Pois".
La batterie du Toulinguet est mentionnée dans l'Atlas des côtes de France 1818-1848 (tome 192 : direction de Brest). D'après l'état de 1820 et le plan de détail du lieutenant du Génie Boüevec daté de 1818, on compte au Toulinguet sept batteries de côte :
- 8 mortiers de 12 pouces et 4 canons de 24 livres de balle,
- 8 canons de 24 livres de balle,
- 12 canons de 24 livres de balle,
- 5 canons de 24 livres de balle,
- 2 mortiers de 12 pouces,
- 1 canon de 24 livres de balle,
- 1 mortier de 12 pouces.
- Une "tour-modèle n° 3" construite en 1812,
- Un "corps de garde",
- Un "magasin à poudre" et une "guérite".
Une batterie de côte comprenant un "corps de garde" est mentionnée au lieu-dit "Penhat" ainsi qu'à la "pointe aux Pois" où il est fait mention de deux batteries de 2 pièces, d'un "corps de garde" et "magasin à poudre".
Le cadastre de 1831 relève au moins sept éléments défensifs pointe du Toulinguet (apparaîssant en rosé et en bleuté) dont six batteries (cinq orientées vers le nord-ouest : le vestibule du goulet et une vers le sud-ouest : anse de Pan Hat) et le toponyme "Toullinguet".
En 1841, la commission des côtes recommande l'armement de la batterie du Petit Grouin (14 "canons de 30 et obusiers de 22 en fer" ; "2 mortier de 32 en fer"). L'avis du comité des fortifications du 7 novembre 1844 confirme la décision de la commission.
La batterie du Toulinguet est mentionnée dans l'Atlas de 1858 de mise en état de défense des côtes de l'Empire Français (n° 230). Classée en 2e degré d'importance, elle est armée de 7 "canons de 30", 7 "obusiers de 22" et 2 "mortiers de 32".
Stockage des poudres :
- Un magasin à poudre terrassé de type 1879 construit vers 1883-1884.
- Un magasin à poudre sous roc construit vers 1890-1893.
Selon l'Atlas des batteries de côte de 1893, les batteries du Toulinguet sont armées de :
- 2 canons de 16 cm ;
- 4 canons Guerre de 19 cm modèle 1875-1876 sur affût G.P.C. (cote : 52,40 mètres) ;
- 4 canons de 24 cm modèle 1876 sur affût G.P.C. (cote : 52,40 mètres).
Selon l'Atlas des batteries de côte de 1904, les batteries du Toulinguet sont armées de :
- 4 canons Guerre de 95 mm sur affût Guerre de côte (cote : 54 mètres).
- 4 canons Guerre de 19 cm modèle 1875-1876 sur affût G.P.C. (cote : 52,40 mètres) ;
- 4 canons de 24 cm modèle 1876 sur affût G.P.C. (cote : 52,40 mètres).
Selon l'Atlas des batteries de côte de 1913, les batteries du Toulinguet sont armées de :
- 4 canons Guerre de 95 mm sur affût Guerre de côte (cote : 54 mètres).
- 4 canons Guerre de 19 cm modèle 1875-1876 sur affût G.P.C. (cote : 52,40 mètres) ;
- 4 canons de 24 cm modèle 1876 sur affût G.P.C. (cote : 52,40 mètres).
Selon l'Atlas des batteries de côte de 1922, la batterie du Toulinguet est armée de :
- 3 canons Guerre de 95 mm sur affût Guerre de côte (cote : 54 mètres) ("à supprimer")
("à remplacer par la batterie de 120 de Kerviniou")
- 4 canons de 24 cm modèle 1876 sur affût G.P.C. (cote : 52,40 mètres) ("à supprimer")
("remplacement de la batterie de 24 par une batterie de 4 canons de 19 cm modèle 1902 sur affût de casemates transformés pour les tirs à 40 degrès"). Il est aussi question d'installer des "postes azimutaux" en "première urgence".
Lors de la Seconde Guerre Mondiale, deux nouvelles batteries longue portée sont créées de toute pièce sur la pointe du Grand Grouin à l'est et sur la pointe de Kerbonn à l'ouest (dans le périmètre de la batterie de mortiers française).

Statut juridique

Statut de la propriété : propriété de l'Etat

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre : vestiges de guerre ; à signaler
Nature de la protection MH : inscrit MH
Date de la protection MH : 2008/06/25 : inscrit MH
Site, secteur ou zone de protection : site classé ; zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique
Observations : TERRAIN MILITAIRE. ACCES REGLEMENTES.
Avis du Service de l'Inventaire du Patrimoine Culturel (SINPA) à la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites, Fortifications littorales, juin 2008 : "Le Service de l'Inventaire du Patrimoine Culturel appuie fortement la proposition de protection au titre des Monuments Historiques mais souhaite pour des raisons de cohérence que cette dernière soit étendue à l'ensemble de la pointe du Toulinguet, c'est à dire à l'ensemble des batterie de cotes du 17e-19e siècles même s'il s'agit d'un terrain interdit au public (la question du sémaphore de la Marine Nationale demeure en suspens)".
Edifice visible de l'extérieur.
Site intégré à la Route des Fortifications de la presqu´île de Crozon créée en 2007.

Documentation

Bibliographie
CHAURIS (L.), "La trilogie du Toulinguet : fortifications, phare, sémaphore" in Avel Gornog, Crozon, 2003, n° 11, p. 40-45.

Annexe

BATTERIE DU TOULINGUET par Philippe Truttmann.

Situation : occupe la presqu'île et la pointe du Toulinguet, à 2 500 mètres à l'ouest-nord-ouest de l'agglomération de Camaret.

HISTORIQUE SOMMAIRE

Ouvrage le plus occidental des ouvrages de [la] partie sud de la défense de Brest. Son importance militaire s'explique par la saillie considérable de la presqu'île du Toulinguet, sa position à la fois saillante et dominante sur l'entrée du goulet.

Site déjà occupé par des positions en 1694 (carte de l'ensemble de l'époque de Vauban publiée in G. G. Toudouze. Défense des côtes ; on remarque un retranchement d'infanterie bordant la "descente du Toulinguet"), dans le cadre de l'organisation défensive de la rade de Brest par Vauban. Des travaux de cette époque, assez sommaire, il ne subsiste que quelques levées de terre près du phare.

Les ouvrages sont améliorés au 18e siècle : construction d'un bâtiment à usage de caserne et de corps de garde en 1774, puis sous le Premier Empire : en 1812, construction au sommet topographgique de la presqu'île d'une tour - réduit type n° 3 avec fossé.

Le grand Atlas (époque Louis XVIII) de la batterie indique 30 positions de pièces de 24 livres de balle et 11 positions pour mortiers de 12 pouces, réparties en 7 batteries ou épaulements.

Ultérieurement [vers 1884], l'ensemble est retranché à la gorge par un mur défensif avec fossé maçonné, le tout constituant un front rectiligne passant par la tour réduit, et s'appuyant de part et d'autre sur les escarpements nord et sud de la presqu'île.

Vers 1849-1850 (?), construction d'un phare au-dessus de la pointe proprement dite.

Vers 1880-1885, réorganisation complète de la position : tous les travaux antérieurs sont rasés, seuls en subsistent la tour-réduit, le phare et le front de gorge. On édifie :

- Une levée de terre périphérique autour de la position, à usage de rempart.

- Une batterie de 4 pièces de 24 cm.

- Une batterie de 4 pièces de 19 cm (leurs abris-traverses et postes d'observation).

- Une batterie pour [2 pièces] de 16 cm.

- Un magasin à poudre enterré.

- Des abris, citernes, etc...

Après 1885, ce système est complété par la construction, entre les batteries de 24 cm et de 19 cm, d'une batterie pour 4 pièce de 95 mm modèle 1888 sur affût Guerre de côte.

Vers 1890-1892, la crise de l'obus-torpille ayant considérablement diminué la valeur de protection des abris, on construit des magasins à munitions, en béton spécial, pour les batteries de 19 cm et de 24 cm et un magasin central à poudre, sous roc, avec émergences bétonnées donnant dans le fossé de la tour-réduit. Le magasin enterré est dès lors réservé au stockage [en] temps de paix. Un réseau de voies ferrées étroites relie les différents magasins et les positions de batterie. Vers 1905, le matériel de 16 cm étant abandonné, la batterie correspondante est désarmée. Aucune modification notable n'est intervenue depuis.

DESCRIPTION

- Tour-réduit (repère A du plan général)

Conforme en tous points au plan type n° 3 défini par les prescriptions de 1811 auxquelles on se réfèrera. La seule modification apportée ultérieurement consitse en le percement d'une porte au niveau du fond du fossé pour donner un accès de plein pied à l'étage inférieur, en lieu et place de l'accès initial par passerelle et pont-levis au deuxième niveaun suprimé lors des remaniements de la position sous la 3e République.

Construction à trois niveaux, en tronc de pyramide à base carrée.

Premier niveau : à usage de magasin. Quatre pièces identiques voûtées, en voûtes surbaissées, parallèles au nord sud, une des pièces est en partie occupée par l'emprise de l'escalier de communication intérieur. Ouvertures : deux soupiraux à ébrasement intérieur par côté, ces soupiraux peuvent servir de créneaux de tir. Les locaux sont séparés par des refends percés de portes de communication, disposés suivant les médianes du carré et se croisant sur un pilier central.

Deuxième niveau : pièce unique à voûte d'arête s'appuyant à l'extérieur sur les murs, et à l'intérieur sur un pilier central.

Cette pièce, à usage de logement :

- L'accès normal, avec porte et pont-levis à poulies et contrepoids, percé dans la face ouest.

- L'escalier de communication intérieure dans l'angle sud-ouest.

- 28 créneaux de fusillade à axes divergents et ébrasement intérieur, disposés à raison de 6 par face, plus un dans chaque angle débouchant dans un pan coupé. 8 de ces créneaux ont un ébrasement intérieur commun deux à deux, chaque fois que les dispositions intérieures (portes, cheminée) réduisent l'espace disponible.

- 2 cheminées encastrées dans la paroi extérieure.

Troisième niveau : plate-forme à ciel ouvert, dallée à 4 pentes formant pointe de diamant et bordée d'un parapet crénelé. Ce parapet est en surplomb sur les parois de la tour et repose sur des corbeaux en quart de rond. Au milieu de chaque face, une bretèche en saillie, portée par 3 corbeaux à 2 quarts de rond superposés, assure le flanquement vertical au pied de l'édifice.

48 créneaux de fusillade sont ainsi répartis :

- 6 créneaux à axe divergents dans chaque face (3 de chaque côté de la bretèche).

- Un créneau dans chaque pan coupé d'angle.

- 5 créneaux par bretèche, à raison de 3 dans le mur de face et un dans chaque paroi latérale.

Couronnement de parapet en pierre de taille appareillée et à pente unique légèrement incliné de l'intérieur vers l'extérieur.

L'escarpe du front de gorge est tracée dans l'alignement de la face ouest de la tour, mais effectue un rentrant au niveau de celle ci, de façon à laisser la tour en saillie (mission de flanquement du fossé) et lui conserver intégralement son fossé périphérique.

Le tracé orthogonal du rentrant correspond exactement au tracé initial de la contrescarpe du fossé de la tour.

Les alignements droits de l'escarpe se prolongent par un mur batardeau limitant la communication entre le fossé général du front de gorge et le fossé ouest de la tour où débouchent par ailleurs les entrées du magasin à poudre caverne. Le mur batardeau s'élève jusqu'à la base des meurtrières du deuxième niveau de la tour.

Détails d'architecture, matériaux :

L'édifice est construit en moellons de granite gris.

Sont traités en assisses appareillées et dressées :

- Le soubassement du parquet (bandeau),

- Le chaperon,

- Les pans coupés extérieurs,

- Les encadrements de porte,

- Les arêtes de voûtes intérieures,

- Le dallage de la plate-forme,

- La bretèche ouest,

- Les encadrements des créneaux de la face ouest (deuxième niveau).

Au deuxième niveau, la porte ouest (accès normal à l'origine) s'ouvre entre deux pilastres verticaux en saillie sur le mur, surmontés de chapiteaux moulurés sur lesquels repose la corniche portant la bretèche. L'ébrasement intérieur de la porte se prolonge par une pénétration à angle aigû dans l'intrados de la voûte de la pièce centrale.

Le pont-levis était équilibré par deux contrepoids à translation verticale (disparus) reliés au tablier par chaînes de manoeuvre passant sur des poulies à gorge encore logées dans deux passages percés dans le linteau de la porte. En se relevant, il venait s'encastrer entre les deux pilastres et constituait ainsi une protection extérieure de la porte proprement dite. Date "1812" gravée sur le linteau, entre les deux passages des chaînes de manoeuvre.

- Batterie de 24 cm

Mission : batterie de bombardement destinée à lutter contre les navires ennemis mouillant dans le vestibule du goulet. Capitale de tir orientée sud nord. Secteur de tir : 135 degrés.

Armement : 4 pièces de 24 cm [modèle 1876] sur affût à pivot central. Les pièces ont été enlevées à une époque non connue, il ne reste que les circulaires métalliques de la plate-forme. Les pièces sont disposées à raison de deux par plate-forme sur deux plate-formes identiques, derrière un mur de genouillère en maçonnerie de moellons soutenant le parapet en terre.

La batterie est protégée : à gauche, par une traverse enracinée, avec abri en maçonnerie prolongeant le massif du magasin à poudre terrassé ; à droite, par une traverse-abri du type ordinaire, en maçonnerie.

Les deux positions de pièces sont séparées par une traverse en terre, recouvrant un magasin à munitions de batterie en béton spécial non armé (cylindre terminé aux deux extrémités par deux quarts de sphère). Protection : 2,5 mètres.

- Cuves à ciel ouvert pour les télémètres à proximité des positions.

- Batterie de 19 cm (répère d du plan général)

Mission, orientation, organisation, en tous points identiques à celle de la batterie de 24 cm à ces différences près :

- Positions de pièces et circulaires plus petites,

- Magasin bétonné de batterie à droite,

- Traverses de gauche et centrale organisées en traverses-abris non renforcées.

- Batterie de 95 mm

Implantée entre les batterie de 24 cm et de 19 cm, sa construction en est légèrement postérieure.

Mission : lutter en tir direct contre les navires légers et les chaloupes de débarquement à la fois au nord et au sud de la pointe du Toulinguet. Un champ de tir principal de 126 degrés, à peu près identique à celui des deux batteries lourdes, avec capitale orientée au nord. Un second champ de tir d'environ 60 degrés, avec capital orientée au sud-ouest et battant le passage du Toulinguet.

Armement : la batterie était armée de 4 pièces Guerre de 95 mm modèle 1888 sur affût Guerre de côte, il n'en subsiste que les goujons de fixation de sellette. Les pièces sont disposées deux par deux dans des cuves rectangulaires à parois maçonnées, ménagées dans un terre plein horizontal. L'accès aux cuves, ainsi que la liaison entre elles et aux postes d'observation et de télémétrie se fait par des tranchées à parois maçonnées, à tracé bisé pour éviter les éclats d'enfilade.

- Magasin à poudre terrassé

Organisation générale en tous points conforme aux dispositions réglementaires de 1874 à 1885.

Chambre des poudres de 20,80 mètres par 5,50 mètres.

Galerie enveloppe et vide sanitaire (assainissement).

Chambre des lanternes extérieure - accès par vestibule - aération par cheminée en extrémité.

Protection : 1 mètre de maçonnerie et 3 mètres de terre.

L'ouvrage n'a pas été renforcé après 1885 et après cette date a été réservé au stockage en temps de paix. On lui a substitué pour le service de temps de guerre, le magasin caverne creusé près de la tour-réduit. La particularité essentielle de ce bâtiment est qu'il se relie par une galerie voûtée de 2 mètres de large au passage couvert ouest et à la traverse enracinée d'extrémité gauche de la batterie de 24 cm. Toutes les constructions faites entre 1875 et 1885 dans le groupe de batteries sont en maçonnerie de moellons de granite. Corniches et encadrements de portes en pierres de taille appareillées et dressées, entrées de passage voûtées à voussoir appareillés. Les locaux intérieurs sont enduits au mortier.

- Magasin caverne (repère B du plan général)

Creusé vers 1890-1892 sous 8 mètres de roc environ, à l'extrémité est du groupe, les accès débouchant dans le fossé du front de gorge tournant ainsi complètement le dos aux vues et aux coups des navires.

Cet ouvrage est conforme en tous points aux prescriptions réglementaires à partir de 1889 et 1890.

Il est constitué par :

- Une chambre des poudres de 5 mètres par 8 mètres à voûte surbaissées doublée d'une tôle parapluie.

- D'un petit atelier de chargement relié au vestibule ouest de la chambre des poudres par galerie brute de roctage. Pour des raisons d'étanchéité, l'atelier est construit à double parois.

- Deux vestibules (un à chaque extrémité de la chambre).

- Deux accès : un en galerie ascendante avec monorail et treuil à main. [L'autre en puits avec monte-charge]. Les accès partent chacun d'un vestibule de la chambre à poudre et débouchent, sous blocs bétonnés à forte protection, dans les deux angles rentrants du fossé ouest de la tour-réduit ; de là, le réseau de voie étroite reprenait les munitions délivrées par le monorail ou la benne et les acheminait, par wagonnets, aux autres magasins secondaires ou aux batteries ; un égout visitable, en galerie, évacuant les eaux de condensation et de ruisselement.

Maçonnerie enduite au mortier dans tous les locaux souterrains (sauf l'égout et la galerie desservant l'alvéole de l'atelier de chargement, restés bruts de roctage). Encadrements de portes, logements de lanternes et marches d'escalier en granite appareillé. Il subsiste encore des vestiges très oxydés du treuil du monte-charge et de la poutre treillis du monorail.

- Front de gorge et entrée

- Profil constitué par une escarpe en maçonnerie non terrassée, percée de créneaux de fusillade et couronnée d'un chaperon en bâtière.

- Une contrescarpe en maçonnerie.

- Un fossé.

Ce dispositif a essentiellement pour rôle de protéger le groupe de batteries contre l'attaque à revers de troupes à pied, et ne vise nullement à résister au canon. Bien au contraire, tout indique que le défenseur s'est réservé la possibilité d'enfoncer facilement l'escarpe (avec du canon établi sur les hauteurs de Pen Hat) en cas de prise par l'ennemi pour l'empêcher de s'y établir solidement, en application du principe d'irréversibilité de la fortification. Il n'y a de ce fait aucune recherche de défilement de l'escarpe, mais au contraire celle-ci à un commandement certain sur le glacis arrière de façon à pouvoir le battre de ses feux de mousqueterie.

En plan, le front est rectiligne, l'escarpe tracée dans l'alignement de la face ouest de la tour-réduit, tout en observant un rentrant au droit de celle-ci (cf. supra "Tour-réduit") ; les deux extrémités se terminent sur des escarpements de falaise, après un léger retour en plan.

La route d'accès au groupe franchit le fossé sur un pont menant à une porte très simple constituée par deux montants en pierre de taille appareillée, surmontés d'un linteau avec bandeau droit et corniche. Le tout porte comme décoration, à l'aplomb des montants, deux boulets de fonte posés sur des socles de pierre à doucine. Le soubassement de la porte fait saillie en avant de celle-ci pour recevoir les coussinets des axes d'un pont-levis à bascule en-dessous, aujourd'hui remplacé par un pont dormant.

- Batterie de 16 cm (pour mémoire)

La position de batterie encadrée par deux traverses-abris, semble avoir été complétement nivelée.

- Passage couvert ouest

Ménagé dans le massif de terre de l'enveloppe pour permettre l'accès au phare. Tunnel voûté en plein cintre dont les deux extrémités se prolongent latéralement par des murs en ailes soutenant les terres. La sortie ouest est défilée par une avancée du talus formant masque contre les coups du large. Le tunnel reçoit la galerie de service venant du magasin à poudre terrassé et abrite la façade de la traverse gauche de la batterie de 24 cm.

- Divers

A signaler trois citernes constituant les ressources en eau de la position ; le puisage se faisant par des margelles cylindriques en maçonneries couronnée de pierre de taille et portant une chèvre en ferronnerie à trois montants courbes, à laquelle est pendu la poulie.

Dans la cour centrale : vestiges de petits bâtiments du temps de paix.

Nombreux cratères de bombes d'avion éparpillés sur l'ensemble du groupe.

CONCLUSION

Groupe d'ouvrages en bon état, dont l'élément le plus intéressant est, sans contredit, la tour-réduit. L'intérêt technique résultant du caractère évolutif du site est réduit du fait de la disparition à peu près complète des éléments antérieurs au 19e siècle.

La tour-réduit est par contre le seul spécimen de ce type en Bretagne et probablement en France [A vérifier], elle se trouve en excellent état de conservation : c'est un ouvrage du plus haut intérêt. L'ensemble couronne et complète sans altérer un site naturel d'une très grande beauté.

Illustrations

Voir

Voir aussi

Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne / Service Régional de l'Inventaire). (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne, APIB. Renseignements : Centre de documentation de l'inventaire du patrimoine culturel (02 22 93 98 40 / 24)
Page principale
Avertissement : Toute demande motivée de retrait d'illustration sera examinée par le service.
Conception de l'application : Pierrick Brihaye, Malo Pichot, Alain Jenouvrier, Guillaume Lécuillier