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Traverser, circuler : ponts, viaducs, barrages (Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude)

Dossier IA22018112 réalisé en 2013

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Souvent aujourd'hui perçues comme des frontières, les rivières ont longtemps été au contraire, des voies de circulation et d'échanges privilégiées. De part et d'autres de la Rance fluviale ou de l'estuaire de l'Arguenon, les toponymes évoquent ces liens : Boutron à la fois sur Calorguen et Les Champs-Géraux, le Lyvet à Saint Samson-sur-Rance et La Vicomté-Sur-Rance, le Guildo à Saint-Jacut-de-la-mer et Saint-Cast... Il en est de même des possessions de l'ancien prieuré de la Magdeleine fondé vers 1070 (rive droite, paroisse de Lanvallay) qui se trouvaient réparties de part et d'autre du pont de Dinan. Plusieurs gués surélevés et empierrés qui franchissaient dès l’époque romaine, les passages d'eau aux endroits les plus étroits ont perduré au Moyen Age. Souvent peu praticables du fait des crues ou des marées, ils étaient complétés de passages en bateau, assurés le plus souvent par des moines. Les aumônes de la traversée participaient à l'économie des hospices et hôtelleries installés à proximité, comme l'établissement de Dinard attestée dès 1126 et confié aux Trinitaires en 1324 l'hébergement hospitalier de Port Saint-Jean à La Ville-ès-Nonais, cité en 1190, les deux hôpitaux du Guildo fondés par Charles de Dinan vers 1370, et tenus par les Carmes et le port d'aumône de Jouvente, à Pleurtuit, mentionné en 1497. La plupart des bacs sont progressivement concédés par les ducs ou les rois, à des seigneurs sauf sur l'Arguenon où le passage du Guildo est assuré par les religieux jusqu’à la Révolution. Une circulaire de 1799 reconnaît le statut de « routes publiques » à ces franchissements par voie d'eau qui perdurent, pour certains, jusqu'au milieu du 20e siècle.

Avant le 19e siècle, aucun autre franchissement routier que les deux ponts médiévaux de Léhon et Dinan ne pouvait être envisagé. Les viaducs de Dinan-Lanvallay (1852) et de Lessard (entre Saint-Samson et La Vicomté-sur-Rance 1879) rendent compte des progrès techniques de la seconde moitié du siècle. Le premier qui s'élève à plus de quarante-neuf mètres est mis en œuvre avec du granite issu des carrières de Dinan, Bobital et Lanhélin, réputées pour la qualité de leur pierre. Suite aux dommages de guerre, le tablier métallique du second a été remplacé en 1950 par une grande arche en béton armé mais les premières arcades et culées originelles ont été conservées. Le pont Saint-Hubert, premier pont suspendu sur la Rance est ouvert à la circulation en 1928 et relie La Ville-ès-Nonais et Plouër-sur-Rance. Bombardé en juin 1944, il est reconstruit en béton armé en 1957 et doublé en 1990 par le pont Châteaubriand. C’est par erreur qu’Yvonne Jean-Haffen intitule son tableau Pont Saint-Hubert détruit par les bombardements allemands, puisque cette destruction a été menée par les alliés pour retarder les renforts allemands vers le front de Normandie. Elle le représente à nouveau, quelques années plus tard, en pleine reconstruction, ses piles enveloppées d’une résille d’échafaudage. En 1966, l’usine marémotrice de la Rance et son pont routier sont inaugurés avec faste par le général de Gaulle, mettant fin à plus d’un siècle de polémique sur l’emplacement d’un franchissement à l’embouchure de la Rance.

Aires d'études Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude

Annexes

  • Tableau récapitulatif des dossiers de l'Inventaire, Septembre 2013 (en cours)

    Lien Ce tableau récapitulatif présente les dossiers de l'inventaire sur cette thématique (ponts, viaducs, barrages).

Références documentaires

Bibliographie
  • DONET M., Entre Isle et Rance. Un canal, des hommes, des femmes, Dinard, Dancieu, 1993.

  • Le Pays de Dinan, Viaduc de Dinan, Bannalec, Tome XVI, 1996, p.205-239.

  • GUILLON M.-E., L'Usine marémotrice de la Rance. Questions de Mémoire, Editions CMD, 22, 1999.

Périodiques
  • ALLARY R., L'Usine marémotrice de la Rance, Electricité de France, La technique des Travaux, Janvier-Février, 1966.