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Tombeau de Charles Le Goffic (Trégastel)

Dossier IA22007380 réalisé en 2007

Fiche

Dénominations tombeau
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Perros-Guirec
Adresse Commune : Trégastel

Charles Le Goffic, homme de lettres, écrivain célèbre et académicien (1863-1932), officier de la Légion d'honneur, a vécu une grande partie de sa vie dans le Trégor, en particulier à Trégastel, où Il possèdait une maison au lieu dit Run Ruz. Il fut enterré dans l'enceinte de l'église paroissiale de Trégastel, au bourg, auprès de sa fille Hervine (1901-1909) et de sa compagne Julie Fleury (1870-1944). DE nombreux dessins et photographies représentant Charles Le Goffic dans sa vie quotidienne sont aujourd'hui la propriété de sa famille.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Dates 1932, porte la date

Le tombeau familial de Charles Le Goffic est constitué d'une dalle de granite, posée verticalement, avec les noms de défunts gravés dans la pierre. Un médaillon en marbre, représentant l'effigie de Charles Le Goffic et signé de Bourdelles, est apposé sur cette pierre levée. Ce médaillon mériterait d'être restauré.

Murs granite
marbre
États conservations inégal suivant les parties
Techniques sculpture

Cette tombe mérite d'être signalé comme témoignage à un homme célèbre. Le médaillon devrait être restauré.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à étudier

Annexes

  • Petite biographie et bibliographie non exhaustive de Charles Le Goffic

    Charles Le Goffic est né à Lannion, le 14 juillet 1863. Il hérita tôt de son père, libraire imprimeur, le goût des lettres. Après avoir obtenu son agrégation, il entreprit d´abord une carrière dans l´enseignement, en poste successivement à Gap, à Évreux, à Nevers, puis au Havre.

    En 1886, il fonda avec Maurice Barrès une revue littéraire, "Les Chroniques", puis il fit publier plusieurs recueils de poésie et des romans, parmi lesquels on peut citer : "Amour breton", "Le Bois dormant", "Le Pardon de la reine Anne", "La Visite nocturne", "La Double Confession", "La Payse", "Morgane" (1898), "Passions celtes" (1909), "Ventôse", "Le Pirate de l´île Lern" (1913) et "le crucifié de Keralies", publié en 1892 (l'action se passe à Pleumeur-Bodou), "L´Abbesse de Guérande", "Les Contes de l´Armor et de l´Argoat", "Les Sept-Îles. Les calvaires bretons" (1904), "Quelques ombres", "Brocéliande". On lui doit enfin quelques pièces de théâtre : "Le Sortilège", "Dernière bataille", "Sans nouvelle", "Le Pays", "Marie-Reine", et quelques études critiques sur Racine, La versification et la littérature du 19ème siècle, et les poètes de la mer. Ses poésies complètes seront publiées à son décès.

    Amoureux de sa Bretagne natale, Charles Le Goffic la célébra à travers toute son oeuvre.

    Il fut élu à l´Académie française le 22 mai 1930, au fauteuil de François de Curel, fauteuil auquel il s´était présenté l´année précédente, lors d´une élection blanche. Après deux tentatives infructueuses en 1923 au fauteuil Capus, c´était la quatrième candidature de Charles Le Goffic. Il obtint cette fois-ci 20 voix, contre 8 à Francis de Croisset, et 8 au duc Maurice de Broglie. Henry Bordeaux, qui le reçut le 4 juin 1931, l´accueillit par ses mots : « Toute la Bretagne veut entrer ici avec vous ».

    Dans La Vieille Dame du quai Conti, le duc de Castries précise que Charles Le Goffic devait mourir de son succès : le vieil homme, fatigué par ses nouvelles obligations officielles, ne devait survivre en effet que quelques mois à sa réception officielle. Il est décédé le 12 février 1932 et enterré à Trégastel.

  • Texte de Charles Le Goffic, extrait « Les phares » (Revue des 2 Mondes, Tome 151, 1899)

    Entre Paimpol et Locquémau, dit un proverbe breton, là est le lit de la mort

    Durs parages pour la navigation ! Le balisage et l´éclairage, avec une louable persévérance, depuis soixante ans travaillent à en atténuer les périls. Dix phares principaux ont été construits aux endroits les plus exposés. Quand le crépuscule descend sur la mer, ils s´allument tous en même temps. Au point extrême de l´horizon, dans le nord-ouest, les Roches-Douvres dardent un long éclat blanc. Moins puissant, le phare de Lost-Pic, sur les Metz de Goëlo, dans ses occultations d´une seconde simule un œil qui clignote. Porz-Don, à l´entrée de Paimpol, le Paon, au nord de Bréhat, Janus riverains, ont deux secteurs, selon l´alignement où on les prend du large, rouge à tribord, blanc à babord. La corne est verte, du vert aigu des prunelles qui ont longtemps regardé la mer. Les Sept-Iles, la Croix, la Horaine, se renvoient leurs feux amis, laiteux effluves que traverse, par moments, la violente fusée pourpre des Triagoz. Et voici le foyer suprême, l´étoile merveilleuse entre toutes, le phare des Héaux, grand cierge de granit dressé à plus de quarante huit mètres sur l´abîme, au point le plus exposé de la côte, et qui semble le chef de choeur, l´éblouissante Alcyone de cette pléiade marine.

    Pour l´observateur placé sur le tertre du Rosédo, ces dix feux sont visibles à la fois : ils font autour de lui une couronne de lumières, pareille à ces couronnes d ‘étoiles dont les peintres religieux nimbent le visage de Marie. La nuit dissimule les tours qui les portent. On ne voit plus du phare que son émeraude, le merveilleux rubis, ou la goutte de clarté blanche suspendue à son front ; on ne se rendra compte que plus tard de l´énorme effort, du capital d´énergie et de patience qu´il a fallu mettre en oeuvre pour cristalliser cette perle, cette émeraude ou ce rubis. Dans l´aube grandissante, les feux s'appâtèrent : la tour surgira, pointera comme une dague au dernier plan de l´horizon. Plus rapprochée, on distinguera ses soubassements, son armature, sa ligne. Telle de ces tours est de métal clair : un bulbe de verre se renfle à l´extrémité de sa tige ; telle est autre est carrée, massive, aux créneaux gothiques, ne serait-elle pas ce château de la mer où l´on dit que Morgane accoude sa rêverie ? Et celle-ci, frêle monolithe qu´étaye un trépied à large évasement, n´a-t-elle point tenté quelque stylite des nouveaux âges ?

    Les phares sont habités en effet. C´est peu que l´effort humain ait planté sur l´abîme ces robustes chandeliers de granit ou de tôle : l´abîme a des retours imprévus, de soudaines et inquiétantes révoltes. Sur la flamme près de s´éteindre un esprit veille : plus que qu´un esprit, une conscience. Conscience toujours présente, encore que voilée à tous les yeux, et de qui le phare, seul visible sur l´horizon, a fini par emprunter dans l´imagination populaires une sorte de vie supérieure et, comme dit Esquiros, un caractère presque sacré ».

  • 20072205787NUCB : Collection particulière

    20072205790NUCB : Collection particulière

    20072205788NUCB : Collection particulière

    20072205789NUCB : Collection particulière

    20072205792NUCB : Collection particulière

    20072205786NUCB : Collection particulière

    20072205783NUCB : Collection particulière

    20072205782NUCB : Collection particulière

    20072205784NUCB : Collection particulière

    20072205785NUCB : Collection particulière

    20072205781NUCB : Collection particulière

    20072205791NUCB : Collection particulière

    20072205780NUCB : Collection particulière

    20072205793NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Bibliographie
  • LE GALL, Jean-André. La difficulté d'être breton. Rennes : Edition de la Plomée, 2001.