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Station de villégiature, Le Pouldu (Clohars-Carnoët)

Dossier IA29000623 réalisé en 2001

Fiche

1867 :

Début du développement touristique basé sur le patrimoine naturel et demande d´un "établissement des bains de mer" au Pouldu qui serait d´un intérêt économique majeur.

"C´est bien le moment de former sur l´un des points du littoral (et il y en a tant de charmants), un établissement de bains de mer, lequel pourrait offrir des sujets de distraction pour le moins aussi agréables que ceux du Pouliguen ou du Croisic. Nous avons déjà notre Assemblée de Toulfoën, notre belle forêt de Carnoët, les sites enchanteurs de l´Ellé, de l´Isole, de la Laïta, de tous les environs de Quimperlé. Il faut compléter tout cela par l´établissement des bains de mer, et de nombreux étrangers viendront chez nous vider une partie de leurs bourses bien garnies. Pourquoi ne pas profiter des dons que nous fait la Providence ? Puisqu´elle nous fait demeurer dans le plus beau pays de notre belle Bretagne, cette médaille si précieuse et pourtant encore si peu connue, car les étrangers qui la visitent ne vont guère fureter, comme nous l´avons fait, là où ils feraient d´admirables découvertes." (A. M. Quimperlé. Extrait de l´article de G. L. Augustin publié le 16. 2. 1867).

Depuis 1862, la région de Quimperlé est desservie par le chemin de fer. Une ligne secondaire liant Quimperlé à Concarneau via Pont-Aven, établie à la fin du 19e siècle, passe au nord de Clohars-Carnoët, avec un arrêt à la "Halte de la Forêt".

En 1887, ouverture de "l´Hôtel de la Marine" donnant sur la plage des Grands Sables. Plusieurs grandes villas sont en vente ou en location. Les premiers peintres s´y installent lors de leurs villégiatures estivales.

1908 - 1914 :

Article de Louis Beaufrère sur le Pouldu vantant les paysages maritimes, les villas, les excursions sur la Laïta et les activités de plage. Malgré le passage des premiers voyageurs anglais, la clientèle touristique est majoritairement régionale, parisienne ou originaire de l´est de la France. Certains clients séjournant en juillet 1912 à "L´Hôtel Le Page" sont originaires de Saint-Pétersbourg, de Lodève, de Douais, de Chambéry ou de Mulhouse. Certains hôtels disposent de chambres noires mises à disposition des photographes amateurs. Les publications locales (Côte d´Armor, Echo des plages de Basse Bretagne) reprennent, en saison, des articles parus dans la presse nationale, notamment celui de l´humoriste Paul Chaumet paru en 1912 (Comment se lance une plage ?) et dont le contenu, appliqué par l´auteur à la station de Trouville chère à Alexandre Dumas, s´applique parfaitement au Pouldu : " Les débuts d´une plage à la mode peuvent se décomposer ainsi : un peintre, trois peintres, dix peintres, un homme de lettres, un spéculateur, la foule. Il y a du vrai au fond de cette boutade. Dans le lancement de toute station balnéaire, nous trouvons un homme de lettres ou un artiste."

Le quartier du Pouldu est desservi par autocar depuis 1909 et la station s´étoffe d´année en année. En 1912, on dénombre 1000 "baigneurs étrangers" durant les trois mois d´été. Une demande d´établir une voie ferrée entre la "Halte de la Forêt" et le Pouldu, sur une distance d´une dizaine de kilomètres, n´aboutit pas.

Plusieurs spéculateurs immobiliers, notamment H. de Courville, de Vitré, L. de Kerraoul, de Matignon (Côtes-du-Nord) ou encore le directeur régional du Crédit Nantais, L. de Malherbe, également propriétaire de terrains situés au nord du Pouldu, à Keranquernat, proposent à la municipalité la cession des terrains situés dans les dunes de Kervénénas afin d´y créer un lotissement. Le programme proposé qui concerne une dizaine d´hectares situés entre les Grands Sables et Bellangenet, est approuvé dès 1910 ; la réalisation d´une voie nouvelle reliant les chemins vicinaux et les voies transversales (futures allée Madame Nestour et rue du Philosophe Alain) permet la division des terrains pour lesquels l´adduction de l´eau potable et de l´électricité et l´installation d´égouts sont également prévus. Une servitude de "non aedificandi" est "imposée de chaque côté des deux voies principales desservant le lotissement, dans le but de ménager l´esthétique et de dégager les vues » et « aucune industrie, aucun commerce incommode, dangereux ou insalubre n´y sera toléré." (A. M. Clohars-Carnoët). A cette époque, un grand nombre de terrains lotis, d´une superficie de 600 m2, est mis en vente dans les anciennes dunes.

1920-1940 :

Plusieurs projets de réaliser à Saint-Julien, au Bas Pouldu, un pont liant les deux rives de la Laïta et les départements du Finistère et du Morbihan, afin de faciliter le transport des touristes, des automobiles et des marchandises, notamment le cidre destiné à Lorient, échouent. Autour des lotissements créés avant la guerre, un grand nombre de terrains est progressivement vendu et bâtis (rues des Grands Sables, Bellevue, Kersellec).

Un "plan d´aménagement du Pouldu", souhaité et évoqué par une commission interdépartementale entre le Morbihan et le Finistère et débattu lors d´une séance à la préfecture de Quimper (2 octobre 1936) démontre, malgré son échec, certaines préoccupations des autorités, conscientes des atouts et des fragilités de ces sites naturelles et patrimoniales qu´il convient de protéger. Le passage suivant extrait du procès-verbal montre la problématique créée par le développement du tourisme autour d´un site dont la qualité peut être menacée par une surfréquentation et une urbanisation non maîtrisées :

"La construction d´un chemin d´accès au pont de Saint-Julien permettra de mettre en valeur, de part et d´autre de la Laïta, un panorama remarquable, susceptible de constituer un nouvel attrait pour les touristes [...]. Il convient de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que la vue, que l´on aura sur la mer du chemin d´accès au pont par la rive du Finistère, soit cachée par des constructions édifiées en bordure du chemin d´accès et de demander que la commune de Clohars-Carnoët fasse appliquer une servitude de non aedificandi dans la zone comprise entre le chemin d´accès et la côte [...]. Il résulte de la législation en vigueur que des servitudes de cette nature ne peuvent être créées que par l´approbation d´un plan d´aménagement. Ce plan est obligatoire, au terme de la Loi du 14 mars 1919, pour la station balnéaire du Pouldu dont la population augmente de plus de 50% pendant l´été [...]. La nécessité de dégager les vues en bordure du chemin d´accès au pont, entre le point de franchissement de la rivière et le village de Kersellec, apparaît à tous comme étant une nécessité impérieuse [...]. Un exemple récent a permis de reconnaître la nécessité de créer sur certains points de la station balnéaire du Pouldu des servitudes esthétiques destinées à conserver pour le profit de tous les beautés naturelles du pays [...]. Ces servitudes ne peuvent être instituées que par un plan d´aménagement qui sera déclaré d´utilité publique ; ce plan est d´ailleurs devenu absolument nécessaire par le développement constant de la station balnéaire du Pouldu". (A. M. Clohars-Carnoët).

Dénominationsstation de villégiature
Aire d'étude et cantonQuimperlé - Quimperlé
AdresseCommune : Clohars-Carnoët
Lieu-dit : le Pouldu
Cadastre : 1981 AI ; AK ; AL

Le cadastre de 1823 montre un secteur littoral à dominante agricole ou largement composé de dunes. Le site balnéaire se développe, à partir des années 1850, entre le port du Bas Pouldu à l'est et les villages ruraux de Keranquernat au nord, Kersellec au sud, Kerrou et Kernévénas à l'ouest. La plage dite « des Grands Sables » attire les premiers estivants et marque le début de la villégiature dans cette partie du Finistère.Vers 1860, quelques familles fortunées des environs font construire les premières villas ou immeubles de rapport. Henry de Mauduit, industriel de Quimperlé, loue une partie de sa demeure (détruite) de « Castel Treaz » aux peintres du groupe de Pont-Aven qui séjournent au Pouldu entre 1880 et 1900. Paul Gauguin et Jacob Meyer de Haan décorent les salles de la « Buvette de la Plage » (disparues mais reconstituées). En 1883, le quartier du Bas Pouldu, qui compte plusieurs hôtels et pensions de famille, est répertorié comme « station balnéaire ». Cette première vague d´urbanisation (1880-1914), diffuse et sans conception d´ensemble, est marquée, dans la partie ouest du site, par la construction de plusieurs hôtels de voyageurs (Hôtel des Bains, Hôtel des Grands Sables, Hôtel des Dunes). Le Grand Hôtel des Dunes (détruit) est bâti en 1931 d'après les plans de l'architecte Louis-Marie Dutartre, de Lorient, également concepteur de villas. L'entrepreneur Nestour, de Quimperlé, réalise des chalets et des immeubles de location le long de l'axe principal (rue des Grands Sables) et au sein d'un lotissement établi en retrait par rapport au front de mer (rue du philosophe Alain, allée madame Nestour). Dans la période de l´entre-deux-guerres, les dunes sont nivelées et les terrains lotis pour recevoir des résidences d´été ; le programme d´implantations repose sur une approche plus globale du quartier et des voies de communication. L´entreprise en maçonnerie Goésin, de Clohars-Carnoët, réalise un certain nombre de chantiers. Après la loi sur les congés payés en 1936, l´attrait de la station s´accélère (dancing, garage de réparation d´automobiles). Le « Café de la Plage » avec ses frises et modénatures moulées au plâtre semble indiquer l´intervention des entreprises en maçonnerie et cimentiers Andreatta et Bertagnolio installées à Lorient. Une chapelle du 16e siècle, provenant de Pont-Aven, a été remontée dans le quartier en 1956. Entre 1960 et 2000, les plages de Bellangenet et de Kerrou donnent leurs noms à des zones pavillonnaires et les constructions continuent à densifier le bâti autour de Kersellec, du Bas Pouldu et de Saint-Julien.

Période(s)Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Secondaire : 16e siècle
Auteur(s)Auteur : Dutartre Louis Marie architecte signature
Auteur : Bertagnolio entrepreneur de maçonnerie (?), signature
Auteur : Goésin entrepreneur de maçonnerie signature
Auteur : Le Nestour Maurice entrepreneur de maçonnerie signature
Auteur : Andreatta Marc
Marc Andreatta

Architecte DPLG, 6 bis rue François Toullec, Lorient


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entrepreneur de maçonnerie (?), signature
Auteur : Andreatta Marc
Marc Andreatta

Architecte DPLG, 6 bis rue François Toullec, Lorient


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mosaïste (?), signature
Personnalité : Mauduit Henry de commanditaire attribution par travaux historiques
Personnalité : Le Nestour Maurice commanditaire attribution par travaux historiques
Personnalité : Gauguin Paul habitant célèbre attribution par travaux historiques
Personnalité : Filiger Charles habitant célèbre attribution par travaux historiques
Personnalité : Meyer de Haan habitant célèbre attribution par travaux historiques
Personnalité : Slewinski Wladyslaw habitant célèbre attribution par travaux historiques
Personnalité : Sérusier Paul habitant célèbre attribution par travaux historiques
Personnalité : Meyer de Haan habitant célèbre attribution par travaux historiques
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • 20022901169NUCA : Archives départementales du Finistère, 3 P 101.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Finistère (3 P 101), extrait du cadastre de 1823, section D3 dite de Saint Maudez, échelle 1/2500. De Foresta, préfet, Andouy, maire, Dessaux et Azémar, géomètres.

  • A.D. Finistère (JAL 102/1) : Côte d'Armor. Echo des plages de Basse-Bretagne, 1910-1914 .

  • A.D. Finistère (4 Mi 104/1-104/12), L'Echo de Bretagne, 1909-1940 .

  • A.E. Quimper. L'Union agricole et maritime, 1887-1888.

  • A.M. Clohars-Carnoët. Service vicinal, 1890-1938. Registres des délibérations du conseil municipal, 1907-1956 .

  • A. P. Goésin, Clohars-Carnoët.

  • A. P. Le Thoër, Clohars-Carnoët.

Bibliographie
  • AUGUSTIN, G. L.. Etudes sur la Bretagne. dans : Le Publicateur, 16 février 1867.

  • AUGUSTIN, G. L.. Guide du touriste autour de Quimperlé., Clairet, éditeur. Quimperlé 1868.

  • INVENTAIRE GENERAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Quimperlé et son canton. Images du Patrimoine , n° 217, Rennes, 2002.

    p. 32-35
  • POSTIC, Fanch. Histoire de la presse et de l´édition à Quimperlé. Société archéologique du Finistère, tome CXXXI, 2002, Quimper.

    p. 429-431
  • BEAL, Morgane. L'urbanisation balnéaire du quartier du Pouldu entre 1860 et 1940. Clohars-Carnoët, Finistère. Rapport de stage de licence. I.U.P. Mise en valeur des patrimoines : Quimper, Université de Bretagne occidentale : 2003 [inédit ; dactylographié].