Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Secteur urbain, dit ville basse

Dossier IA35022386 inclus dans Secteur urbain, dit ville close réalisé en 1997

Fiche

  • Vue aérienne
    Vue aérienne
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • prieuré
    • église
    • hôpital
    • collège
    • halle
    • chambre de commerce
    • lycée
    • rue
    • église paroissiale
    • place
    • faubourg
    • établissement administratif

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiées prieuré, église, hôpital, collège, halle, chambre de commerce, lycée, rue, église paroissiale, place, faubourg, établissement administratif
Dénominations secteur urbain
Aire d'étude et canton Rennes ville - Rennes ville
Adresse Commune : Rennes

La ville basse, dite Nouvelle Ville sur le plan Hévin de 1685, est formée par l´enceinte construite entre 1448 et 1476, pour protéger les faubourgs qui s´étendent au sud de la Vilaine. Ces faubourgs se sont développés le long des voies de communication vers Angers, Nantes et Vannes, aux abords du prieuré Saint-Thomas et de l´église Toussaints, attestés aux 11e et 12e siècles (Guillotin de Corson). A l'ouest, un faubourg artisan établi sur les bras de la rivière et des ruisseaux de Brécé et de Joculé, regroupe les bouchers et les parcheminiers, dont on trouve mention aux 12e et 13e siècles (Banéat). Au sud-ouest du prieuré Saint-Thomas, transformé en hôpital au 15e siècle, est construit le couvent de Carmes (1448), bordé par la rue au Duc, ouverte en 1449 depuis la rue Saint-Thomas, pour donner un accès au rempart au sud. Deux ponts relient la ville basse à la ville haute, les ponts de Saint-Germain et de la Poissonnerie, attestés au 13e et au début du 15e siècle. Selon les travaux de Jean-Pierre Leguay, le recensement de 1449 dénombre 453 maisons avec jardins, oseraies et coutils, des petits ateliers de draperie, de teinturerie, des moulins à draps. Jean-Pierre Leguay indique également que la population est composée en majorité de locataires (59%) alors que les propriétaires (41%) vivent plus volontiers rue Vasselot et rue Saint-Germain (actuelle rue Capitaine-Alfred-Dreyfus). En s´appuyant sur différents documents, l´auteur avance l´hypothèse d´une augmentation sensible de la population entre la fin du 14e siècle et le milieu du 15e siècle, passant d´une estimation de 800 à 1000 habitants à 1500 à 2500 habitants. Cet accroissement est dû à l´exode rural encouragé par des avantages fiscaux et par l´insécurité des campagnes, mais également à l´immigration des drapiers normands, nombreux à se fixer dans cette partie de la ville à l´initiative du duc. De nombreuses maisons seront détruites, au moment de la construction de l'enceinte qui débute en 1448, pour permettre le creusement des douves, principalement entre Toussaints et Saint-Thomas, puis pour l´aménagement de boulevards réalisés en 1464 (porte Toussaints et porte Villeblanche) et en 1476 (Champ-Dolent). Le plan d´Argentré (1616) montre qu´un troisième pont est construit sur la Vilaine. La densité de l´habitat est beaucoup plus faible que dans la ville haute. La Nouvelle Ville est divisée en deux zones, l´une artisanale et insalubre, à l´ouest, l´autre résidentielle, dans laquelle se fixeront également les Ursulines, au 17e siècle. Le plan de 1726 figure également le couvent des Filles de la Charité, au nord de l´ancienne église Toussaints, au nord de laquelle apparaît une petite place formée par le carrefour entre les voies principales du quartier. Un seul hôtel est indiqué sur ce plan, l´hôtel Grimaudet, construit sur la place du Pré-Botté. Après l´incendie qui ravage la ville en 1720, l´ingénieur du roi Robelin propose un plan de reconstruction de la ville sur lequel figure également un projet d´aménagement de la ville basse, épargnée. Le projet, ratifié en 1735 mais différé dans son exécution, devait permettre d´assainir cette partie de la ville s´appuie sur la rectification de la Vilaine et l´extension de la trame définie dans la ville haute. Comme le montrent les travaux de Claude Nières, l´ingénieur propose également la construction du présidial précédé d'une place rectangulaire, dans les jardins du couvent de Carmes, relié au parlement par une rue nouvelle. L´emplacement d´une halle aux blés figure également sur ce plan, à l´est du Pré-Botté. Le plan levé en 1783 permet d´observer la disparition de l´église paroissiale et celle de la porte Toussaints, la construction d´un pont et la rectification de la rue Chalais, dans l´axe de la rue de Bretagne. Après la destruction de la chapelle du couvent de Carmes, un plan du lotissement du couvent, dressé en 1798, figure l´ouverture de la rue des Carmes et de la rue du Champ-de-Mars qui prolongent la rue Saint-Germain et la rue Chalais jusqu´aux murs. Un plan de 1819 figure un projet d´aménagement dessiné par l´architecte Gohier, qui reprend la trame du plan Robelin. La rivière canalisée y est enjambée par un nouveau pont, dans l´axe de la rue de Rohan, deux nouveaux axes nord-sud prolongeant ceux de la Ville Haute jusqu´aux remparts. Deux places rectangulaires y sont visibles, l´une à l´emplacement de l´ancienne église Toussaints, sur laquelle doit être construite une halle aux blés, l´autre redessine la place du Pré-Botté qui doit accueillir une halle aux poissons, à l´ouest, et une halle aux toiles, à l´est, à l´emplacement prévu par Robelin pour la halle aux blés. Malgré la définition d'un nouveau plan d'aménagement urbain encouragée par le préfet, dès 1800, le plan de 1829 s'appuie toujours sur le projet de Robelin (canalisation de la Vilaine et maillage) pour assainir le quartier artisanal. Le quartier sera remembré et reconstruit, après la canalisation de la Vilaine et le comblement des ruisseaux de Brécé et de Joculé, suivant un projet voté en 1848. Il se distingue du projet de Robelin, prévoyant l'ouverture de deux rues parallèles au quai et de deux rues perpendiculaires, à l'ouest, ainsi que la création d'une place, au débouché de la rue d'Argentré. A partir de 1860, la destruction des remparts, le comblement des douves, la construction de l'avenue de la Gare, du boulevard de la Liberté et de la place de Bretagne permettent le désenclavement de la ville basse. La disparition du tissu médiéval se poursuit avec la destruction partielle du faubourg du Champ-Dolent, au début du 20e siècle, de l'îlot subsistant à l'est de la rue Saint-Germain, entre les deux-guerres, puis s´achève en 1958, avec la rénovation urbaine de la rue Jules-Simon.

Période(s) Principale : 2e quart 15e siècle
Principale : 3e quart 15e siècle
Principale : 2e quart 18e siècle
Principale : 4e quart 18e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Dates 1448, daté par source
1726, daté par source
1798, daté par source
1819, daté par source
1848, daté par source
Auteur(s) Auteur : Robelin, ingénieur, attribution par source
Auteur : Gohier, architecte, attribution par source

Secteur urbain délimité au nord par la rivière canalisée de la Vilaine, à l'est par l'avenue Jean-Janvier, au sud par le boulevard de la Liberté, enfin à l'ouest par la place de Bretagne. Il est structuré par un réseau de voies orthogonales se coupant à angle droit. Une voie au tracé irrégulier subsiste, également marquée par un fort dénivelé au carrefour de la rue La-Chalotais et des rues du Champ-Dolent et de la Parcheminerie. Une place est aménagée à l'est du palais du commerce, occupée par des abris de bus.

Données complémentaire architecture Rennes

PHYPO éléments structurants : faubourgs ; canal ; plan d'urbanisme
SCLE1 15e siècle ; 1860 vers
IAUT sans objet
ICHR sans objet
IESP sans objet
ICONTX structurant
ITOPO site de centralité
POS sans objet
SEL étudié
NATURE mixte
RESEAU réseau principal traversant
MORPHO trame en rues orthogonales
IMPBA en rangée rectiligne continue
Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • Courrier du préfet du département d´Ille-et-Vilaine adressé au maire de Rennes. 2 frimaire an XI (A. C. Rennes ; 1 O 317).

    « [...] Je me suis convaincu que le plan de l´ingénieur Robelin fait à une époque très reculée ne pourrait plus être rigoureusement suivi dans toutes ses parties.

    La Révolution a même permis d´adopter de grands changements pour embellir la ville, en donnant la disposition des vastes bâtiments et jardins des anciennes communautés religieuses.

    Il ne faut pas cependant que les citoyens restent dans une incertitude qui pourrait inquiéter et empêcher les entreprises utiles des constructeurs de bâtiments.

    Je vous invite à charger l´ingénieur de la ville de revoir le plan de Robelin et de donner le tracé des changements dont il est susceptible. Ces deux ouvrages combinés vous seront présentés et vous mettront à même de me proposer d´arrêter le plan définitif des places et rues de la ville de Rennes, sauf les quais qui pourront encore dépendre des travaux et de la navigation intérieure.

    En attendant, vous soumettrez à mon approbation toutes les permissions de construire que vous donnerez dans des alignements qui ne seraient pas encore arrêtés. ».

  • Extrait du registre des arrêtés du préfet du département d´Ille-et-Vilaine. 29 brumaire an XI (A. C. Rennes ; 1 O 317).

    « Vu la pétition du sieur Jean-Baptiste Baugrand, Me cloutier à Rennes, par laquelle il demande l´autorisation de bâtir sur le terrain qu´il a acquis au midi de la rue Vasselot, en profitant de la permission que lui a accordée le maire, le 4 floréal dernier, suivant les plans et alignements tracés par l´ingénieur de la ville et sans avoir égard à la délibération du conseil municipal du 6 fructidor qui rapportait cette permission en se fondant sur ce que la maison projetée serait dans la prolongation d´une rue tracée sur le plan de Robelin adopté par arrêt du conseil d´Etat.

    Considérant que ce plan de l´ingénieur Robelin adopté en 1735 avait été fait à une époque où l´incendie de 1720 avait rempli la ville de décombres ;

    Que les remparts élevés n´avaient d´issue que par la petite rue du Duc, que l´abaissement de ces remparts au niveau des rues, la démolition de l´église de Toussaints, la rue qui traverse l´ancienne église des Carmes et celle qui passe par leur ancien jardin pour communiquer en droite ligne de la place du palais au champ de Mars, laissent un assez grand nombre d´issues qui n´étaient pas prévues par l´ingénieur Robelin ;

    Que pour continuer au midi l´alignement de la rue d´Orléans ou Simonneau, il faudrait abattre dans la suite une quantité de maisons évaluées à plus de 150 000 francs ;

    Qu´il est au moins inutile à la commune de Rennes d´entreprendre une dépense aussi considérable ;

    Arrête que l´autorisation donnée par le maire, le 4 floréal dernier aura son plein et entier effet et qu´en conséquence il est permis au sieur Baugrand de bâtir sur son terrain en se conformant aux règlements de police et aux alignements que lui donnera l´ingénieur de la ville. ».

  • Ordonnance déclarative de l´utilité publique du projet d´ouverture de rues sur la rive gauche de la Vilaine. 18 janvier 1848 (A. C. Rennes ; 1 O 317).

    Vu le plan général d´alignement de la ville de Rennes (Ille-et-Vilaine) approuvé par ordonnance royale du 22 avril 1827 ;

    La demande de cette ville tendant à compléter et modifier le plan susmentionné, par le percement d´une nouvelle rue parallèle au quai sur la Vilaine et de quatre rues allant de la rue nouvelle au quai, par la formation d´une place au débouché des rues du Champ-Dolent, de la Parcheminerie et de Lille rectifiée, par l´élargissement et le nivellement de la rue du Carthage, par la rectification du débouché de la place Saint-Pierre, des deux rues situées aux côtés du nord et au sud de la cathédrale, par l´élargissement de la place Saint-Germain, par la rectification de la rue de Paris, sur la place au bas de la Motte et des alignements de cette même place, tant au droit des propriétés n° 506, 512, 514, 515, qu´au devant de la caserne Saint-Georges, par l´élargissement de la rue de Rohan, sur le côté ouest.

    [...] Les procès-verbaux d´enquête, les observations des ingénieurs des Ponts-et-Chaussées et les réclamations portées par deux propriétaires en ce qui touche la rue parallèle au quai, celle des riverains de la rue du Carthage, contre l´élargissement et le nivellement de cette rue publique ;

    [...] notre conseil d´Etat entendu, nous avons ordonné ce qui suit :

    art. I

    Le plan général de la ville de Rennes [...] est complété et modifié ainsi qu´il suit :

    Par l´ouverture d´une nouvelle rue parallèle au quai sur la Vilaine et le percement de quatre autres rues allant de la rue parallèle au quai, l´une de ces rues prolongée jusqu´à la rencontre avec celle du Champ-Dolent, par la formation d´une place publique au débouché de cette dernière rue et des rues de la Parcheminerie et de Lille rectifiée [...]. ».

Références documentaires

Documents figurés
  • [1798]. Plan général de l'enclos ci-devant des Grands Carmes ayant depuis plusieurs années servi d'hôpital militaire, divisé en six lots pour être vendu au profit de la République, dessin, par Gabriel François Leroux, 6 brumaire an VI (A. C. Rennes ; 3 Fi 20).

  • [1819]. Plan de la place du Pré-Botté avec l'emplacement de la halle aux toiles, dessin, par Gohier, 1819 (A. C. Rennes ; 3 Fi 34).

  • [1616]. Rennes, ville capitale de Bretagne et siège du Parlement 1616, fac-similé du plan de l'Histoire de Bretagne de Bertrand d'Argentré, 3 éd., 1618 (A. C. Rennes ; 1 FI 42).

  • [1806 ca]. Plan de la ville de Rennes, dédié à M. Caze baron de la Bove, observé par M. Cassini de Thury en 1782, les changements et embellissements ont été exécutés sous la préfecture du citoyen Mounier et sous la mairie du citoyen Lorin (A. C. Rennes ; 1 Fi 50).

  • [1829]. Plan de la ville de Rennes, d'après le plan officiel approuvé par ordonnance royale du 22 avril 1827 sous l'administration de M. de Lorgeril. Dessiné et gravé par Ad. Périaux, architecte à Paris, en 1829 (A. C. Rennes ; 1 Fi 58).

  • [1861]. Plan de la ville de Rennes, avec indication des travaux exécutés depuis 1855, sous l'administration de M. A. de Léon, en voie d'exécution au 1er mai 1861 ou votés par le conseil municipal, lithographie, Oberthür éditeur (A. C. Rennes ; 1 Fi 76).

  • [1855]. Plan de la ville de Rennes, rues proposées au sud des murs, 1855 (A. C. Rennes ; 1 Fi 75).

  • [1685 ca.]. Plan de la vieille ville ou cité, ville neuve et nouvelle ville de Rennes, capitale de la Bretagne, dit Plan de Hévin, gravure sur bois, vers 1685 (A. D. Ille-et-Vilaine ; 1 Fi Rennes 6).

  • [1726]. Plan de Rennes, levé par Forestier, gravé par Robinet, 1726 (B. M. Rennes).

  • [1644]. Rennes ville épiscopale siège du parlement et capitale du duché de Bretagne, 1644, gravure (Musée de Bretagne).

  • [1782]. Plan de la ville de Rennes, dédié à M. Caze baron de la Bove, observé par M. Cassini de Thury en 1782, levé par M. Forestier l'aîné, gravé et réduit par Ollivaux (A. C. Rennes ; 1 Fi 48).

  • [1849]. Projet pour l'ouverture de trois rues nouvelles dans la partie sud de la ville, dessin, 1849 (A. C. Rennes).

  • [1850]. Plan parcellaire conforme au plan d'alignement approuvé le 18 janvier 1848, dessin, 1850 (A. C. Rennes).

  • [1766]. Plan du quartier de la rue de Toussaints et de la place du Pré-Botté, dessin, par Chocat de Grandmaison, 1766 (A. C. Rennes ; 3 Fi 85).

Bibliographie
  • LEGUAY, Jean-Pierre. La ville de Rennes au 15e siècle à travers les comptes des Miseurs. Paris : Klincksieck, 1968.

  • BANEAT, Paul. Le Vieux Rennes. Rennes : Plihon et Hommay, [1911].

    p. 47-48
  • NIERES, Claude. La reconstruction d'une ville au XVIIIe siècle. Rennes 1720-1760. Paris : C. Klincksieck, 1972.

  • VEILLARD, Jean-Yves. Rennes au 19e siècle, architectes, urbanisme et architecture. Rennes : éditions du Thabor, 1978.

    p.