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Rue du Four (Lanvallay)

Dossier IA22132191 réalisé en 2013

Le four banal

La rue du Four tient son appellation du four banal du prieuré de la Madeleine du Pont. Il fait partie des rares vestiges en place du prieuré ( 1844 B 81) car la plupart des bâtiments ont été détruits à la fin du 18e siècle. La vue du faubourg prise du haut des remparts de Dinan a proximité du jardin anglais permet d'entrevoir le lieu initial d’implantation, sur le côté impair de la rue du Four.

Le prieuré

L'église prieurale fondée à la fin du 11e siècle par Geoffroy de Dinan au bénéfice de l'abbaye de Saint Florent de Saumur était dédiée à Marie Madeleine, Saint-Florent et Saint-Gilles. Le prieuré s'étendait sur trois journaux de terre soit environ 1,5ha. L'église mesurait 26 mètres de long sur 5,20 mètres de large. Le cimetière se situait au nord-ouest de l'église comme l'indiquent encore différents documents et tracés de la fin du 18e siècle. En 1762, le prieuré est en très mauvais état, le logis du prieur servait de caserne et l’ensemble des bâtiments nécessitait de fortes réparations. L'église n’apparaît déjà plus sur le cadastre de 1811. Cependant, une description de l'ensemble des bâtiments du prieuré est connue par des sources conservées aux archives départementales des Cotes d'Armor (voir AD.22 : H 421) et permettent d'attribuer avec les matrices cadastrales quelques éléments bâtis encore en place comme le four à ban et le logement du fournier. Le colombier dessiné sur les cadastres anciens dans le jardin d'en bas n'a pas été conservé.

Un centre d'activités marchandes, artisanales puis industrielles

Les maisons situées du côté pair de la rue du Four possèdent une cour ou un jardin donnant sur la rivière de Rance. La présence de l'eau et du port ont facilité des activités marchandes puis industrielles. Filatures et tanneries s'y sont développées à partir du 19e siècle.

A l'angle de la rue du Four et de la rue de la Madeleine une maison construite entre 1811 et 1844 (dates des cadastres anciens) remploie une partie de façade d'une ancienne maison commerciale en pan de bois probablement détruite lors de l'aménagement du chemin de hallage.

Cette habitation est mitoyenne d'une autre maison également construite dans la première moitié du 19e siècle comme les deux suivantes qui n'apparaissent pas sur le plan cadastral de 1811.

Quant au bâti qui suit au numéro 8 bis de la rue du Four, son histoire est plus complexe comme en rend compte les éléments conservés des 16e et 17e siècles et les registres d'imposition des matrices cadastrales qui signalent à

la fois en ce lieu une tannerie et une manufacture de toile. La tannerie appartient en 1781 à Monsieur Salmon de la Ville qui la vend en 1834 à Pierre Sabot, qualifié en 1844 de tanneur à la Madeleine. Un séchoir sera aménagé dans la partie haute en pan de bois. La cour nommée “la cour de la tannerie” est commune avec le numéro 10 de la rue du Four qui appartient également à l'entreprise familiale Sabot.

La maison située au 12 rue du Four présente une pièce à feu en rez-de-chaussée avec un escalier en vis situé dans l'angle pour accéder à l'étage. La chambre est éclairée par une grande fenêtre datée de 1741 qui correspond à période de modification. Une lucarne de comble éclaire des greniers qui communiquaient avec un édifice disparu. Le numéro 14 est également à l'état de vestiges aujourd'hui. Une aile arrière, visible sur une carte postale ancienne, formant un appentis sur la cour indique la présence d'ateliers cités comme étant une manufacture de toile appartenant en 1844 aux enfants de Pierre Duchemin.

La grande maison située au numéro 16 avec ses larges fenêtres et appuis saillants sur la rue est citée en 1793, elle appartient au marchand tanneur Pierre Salmon puis en 1823 à Guilaume le Turquis, également marchand tanneur. La cour arrière appelée aussi "la place aux cuves" a été investi depuis par le centre nautique, création des années 30-50.

Le portail du n°18 de la rue du Four accède à une grande cour fermée, propriété au 19e siècle de la famille Duchemin connue à Dinan pour son commerce de toiles. Une blanchisserie est signalée sur la matrice de 1844. Une meule de lin prise dans la cour à la fin du 19e siècle ou au début du 20 e siècle signale une activité textile à cette période. Les deux maisons mitoyennes orientées sud étaient autrefois enduites, leurs travées régulières et symétriques indiquent des constructions du 19e siècle.

Dénominations rue
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Lanvallay
Lieu-dit : Madeleine (la)
Période(s) Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

Annexes

  • Extraits des matrices cadastrales de 1844

    Sabot Pierre, tanneur à la Magdeleine

    B 60 manufacture de toile.

    Duchemin enfants pierre à Dinan

    B 61 manufacture de toile

    B 62 maison et manufacture

    B 68 bâtiment

    B 69 la blanchisserie.

    Le Turquis Henri

    B 64, tannerie

    B 65 la place aux cuves

    B 66 sur le chemin de hallage maison et tannerie.

    Sabot constant

    B 81 le prieuré, four banal

    B 82, maison , bâtiment et cour.

  • Eglise priorae Marie Magdeleine, saint Florent et saint Gilles

    Archives départementales du Maine et Loire : H 3360 VI.

    Jean évêque de Saint-Brieuc par la grâce de Dieu, à tous les dirigeants de l’Eglise et à leurs sujets dans le Christ. Salut. De l’abbaye de Saint-Florent qui jouit en Anjou, près de Saumur, de toute antiquité d’une position telle que tous ceux qui la verront reconnaissent en conscience qu’elle est digne d’une vrai renommée, il a plu à un certain baron nommé Geoffroy de Dinan de faire venir quelques religieux en Bretagne, en cette église à laquelle il a accordé des terres et des revenus. Les moines ont commencé la construction d’une église en l’honneur de la

    Bienheureuse Marie Magdelaine et de Saint-Florent et de Saint-Gilles,

    mais ils ne peuvent l’achever faute de ressources. A quiconque contribuera à cette œuvre, nous accordons des indulgences à valoir sur le tiers des peines dues aux péchés, par le pouvoir que Dieu nous a conféré. (Traduction de Claude Bognet).

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D : H421

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : H 421
  • A.D des Côtes d'Armor : 3P 123/5 (Matrices cadastrales de 1844)

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3P 123/5
Multimedia
  • FOURNIER Jean-Pierre. Lanvallay et son histoire. http://lanvallayhistoire.eklablog.com/