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Rue de l'Abbaye (Lanvallay)

Dossier IA22132189 réalisé en 2013

Fiche

Une artère principale commerçante

La rue de l'Abbaye qui mène au pont puis au Jerzual est l'une des plus anciennes rues du quartier de la Madeleine. Elle est mentionnée comme telle dans les sources à partir de 1556. Son appellation avant cette date semble être “ le chemin qui conduit aux Croix de Coesquen”. Cette voie escarpée, pavée avec un caniveau central évoque les venelles médiévales. Les documents iconographiques, cartes postales et dessins dont celui de Yvonne Jean Haffen, indiquent qu'il existait au début du 20e siècle au moins deux maisons en pan de bois, avec pignon sur la rue pouvant remonter au 16e siècle. Aujourd'hui une seule des maisons, au 16 rue de l'Abbaye, a été conservée et restaurée. Quelques étals désignent également une activité commerçante traditionnelle jusqu’à la fin du 18e siècle.( voir numéros 7, 10, 16 rue de l'Abbaye).

Un “noble logis” : la cour de Bretagne

A l'angle de la rue de la Madeleine et de la rue de l'Abbaye se situe une grande maison appelée “ la cour de Bretagne”, entièrement bâtie en pierre avec une tour d'escalier arrière. Hormis une cheminée à l'étage datable des années 1500, elle semble avoir été construite à la fin du 16e siècle puis transformée et réaménagée aux siècles suivants. Elle appartient, en 1598, à Olivier Gigot et Zacharie Mouton, sieur et dame de la Lande tous deux inhumés en l’église Saint-Sauveur de Dinan. De cette période subsiste l'essentiel du gros œuvre, la tour d'escalier et les belles cheminées de la salle et de la chambre de l'étage.

Cet imposant logis dont l'apparence extérieure a été modifiée était en communication avec l'aile en retour d'équerre sur la rue de la Madeleine comme l'atteste un acte de 1733 qui mentionne l'usage commun de l'escalier et des latrines du 1er étage. L' inventaire avant partage de 1781 ne mentionne déjà plus cette distribution commune. Les pièces sont à cette période réparties sur cinq niveaux dont trois sont habitables, le premier étant réservé à la cave et le dernier au grenier. Le rez-de-chaussée était accessible par deux portes brisées. La salle contenait au pignon oriental une cheminée (qui existe toujours) qualifiée “en chef d’œuvre de taille”. Le premier étage était constitué d'une chambre éclairée par deux fenêtres ouest et sud et d'un cabinet . Ces pièces sont chauffés par des cheminées qualifiées aussi “en chef d’œuvre de taille”. Au second étage, deux chambres sont aménagées dont une petite avec des cheminées décrites “en pierre de taille”. Un grenier couvert d'ardoises est éclairé par une gerbière au pignon ouest. Cette description de la fin du 18e siècle correspond à une étape de l'histoire de la maison, d'autres actes plus anciens semblent indiquer que ce logis faisait partie d'un ensemble plus vaste démantelé nommé “la cour de Bretagne”.

Depuis ces origines jusqu’à la fin du 18e siècle cette demeure est habitée par une riche bourgeoisie. En 1733, le bien est partagé, il appartient aux deux sœurs Gigot, par héritage dont Marie qui est l'épouse de Pierre Blondeau sieur de la Villemenard, marchand de drap de soie. En 1781, la maison est la propriété de Jacques Giffard, chirurgien à Dinan, et de son épouse Guillemette Této.

Une pierre tombale aux armes des Marot

Au début de la rue de l'Abbaye une pierre tumulaire datée 1605 est adossée à la maison du 16 rue de l'abbaye. Cette pierre découverte récemment, a proximité du lieu, par Jean-Pierre Fournier qui l'a mise en valeur est vraisemblablement issue du démantèlement de l'église priorale de la Madeleine du Pont.

Les armes d'alliance sont celles des Marot, d'azur à la main dextre d'argent accompagnée d'une étoile d'or au premier canton, et celui d'une autre famille, peut-être les Rolland dont l'écu porterait une croix pommelée. Guillemette Rolland, fille de Rolland Rolland, sieur des Salles, de la Croix Verte (faubourg de la Madeleine) et de Vauboeuf a épousé Macé Marot (vers1570-1626).

L'inscription gravée sur la dalle se lit : Cy est la sepulture de honorables gens Mahe Marot et Guillemette Roland

sa feme la Dame du Chemin Neuf. Sans Hoirs 1605 . Cependant une énigme demeure puisque la date de 1605 ne correspond pas aux décès des époux.

Un bâti hétérogène

La rue est lotie principalement du côté pair car l'autre côté était anciennement occupé par les jardins et bâtiments du prieuré avant l'installation des dépendances de l'auberge de la Croix Verte ( rue de la Madeleine). Le parcellaire lanièré caractéristique des maisons médiévales se devine à peine, plusieurs maisons témoignent d'une période de reconstruction à partir de la fin du 18e siècle, comme l'ancienne boutique du 10 rue de l'Abbaye qui s'appuie sur un pan de mur médiéval.

Un autre logis, le 2 rue de l'Abbaye, de la fin du 18e siècle possède un escalier droit extérieur disposé parallèlement à la façade. Cette disposition se retrouve dans les habitations de tisserands du pays de Dinan de la fin du 18e siècle et du 19e siècle. Le soubassement accessible de la rue était éclairé par une fenêtre et servait d'atelier tandis que la salle était située au niveau supérieur.

Toutes les activités marchandes et artisanales ont périclité à partir de l'ouverture du viaduc en 1852.

Dénominations rue
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Lanvallay
Lieu-dit : Madeleine (la)
Période(s) Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

Références documentaires

Bibliographie
  • LE CORE Yvon. Le quartier de la Madeleine sous l'Ancien Régime. Le pays de Dinan, 1999, p.327

  • LECOQ Charles. Statistique illustrée de la ville et de l'arrondissement de Dinan. Dinan : J. Bazouge, Saint-Malo : Coni Baucaire, 1850, p.70

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