Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Réservoir à poissons : pêcheries des Piettes (Saint-Jacut-de-la-Mer)

Dossier IA22010596 réalisé en 2008

Fiche

Appellations pêcherie des Piettes
Dénominations réservoir
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Ploubalay
Adresse Commune : Saint-Jacut-de-la-Mer
Lieu-dit : les Piettes
Cadastre : Domaine Public Maritime

La double pêcherie des Piettes ("La Petite Piette" et "La Grande Piette") et la 3ème (sans nom) ont été repérées et étudiées au nord de la presqu'île de St-Jacut, devant la pointe du Chevet, entre Grande Roche, Fouérouse et les Juméliaux. Elles étaient appelées par Le Masson du Parc, écluses de l'Abbaye, dont elles dépendaient depuis le 14ème siècle. L'aveu de Louis Saint-Méloir, abbé de St-Jagu de l'Isle en 1574, mentionne le droit des moines sur les poissons royaux pêchés en mer. L'ouvrage"Histoire du Royal Monastère", publié en 1649 par Dom Noël Mars, cite ceux qui ont des pescheries en la rivière de l'Arguenon et de Landscieu les tiennent de l'Abbaye de Saint Jagu (comme estans entre ses fiefs) comme aussi ceux qui mettent des trésures sur la grève pour prendre poissons ou d'autres filets. 'L'Arrest du Conseil du Roy concernant les Parcs et Pêcheries qui sont sur les grèves du ressort de l'Amirauté de Saint-Malo' (AD 35, C 1960, 19 p.) cite ces pêcheries en 1732. L'arrêt de réformation du 16 mars 1743, statue sur les droits du monastère et précise Droit d'avoir deux parcs de pierre nommés grande et petites piattes, entre les roches des Ebihens et de la Colombière. Les écluses : la pêcherie des Piettes (ou "piattes"), ultime pêcherie jaguine : Les pêcheries en pierre ont des formes plus évasées que les pêcheries en bois (bouchots), en demi-cercle ou encore en rectangle, avec une hauteur variable. Elles sont encore visibles au sud des Ebihens (les Piettes) et dans la baie de Lancieux. Ces pêcheries, dont la plus ancienne serait celle des Piattes ou Piettes, construite entre 1390 et 1404, sous l'abbé Olivier Péan de la maison de Pontfily en Pleurtuit, ont pu avoir des antécédents au temps des gaulois ('les parcs gaulois'). En 1726, Le Masson du Parc détaille le nom des 30 propriétaires de pêcherie à Saint-Jacut, dont 27 en bois et 3 en pierre. Il dénombre 10 bateaux de pêche à Saint-Jacut (qui ont doublé en 20 ans) et fait état des 76 pêcheurs jaguens "de mer et de pied" (appelés encore "pêcheurs-laboureurs", constate l'épuisement des deux baies de Beaussais et des Quatre Vaux. En 1732, toutes devaient être détruites sur ordre du Roi sauf celle en pierre des Piettes, détenue par les moines de l'Abbaye de Saint-Jacut. Vers 1743, la pêcherie des Piattes subsiste encore, réglementée par les commissaires royaux, qui en édictent le mode de construction en rangées de pierre en forme de demi-cercle et élevées de 4 pieds au plus, sans chaux ni ciment, ni maçonnerie, qu'ils auront dans le fond du côté de la mer une ouverture de deux pieds de large, laquelle ouverture ne sera fermée que d'une grille en bois ayant des trous en forme de mailles d'un pouce au moins, le tout sous peine d'une amende de 100 livres. Doutons que les Piattes aient été initialement bâties selon ces normes. En 1789, elles existent toujours, l'abbaye les loue à un Jaguen, Julien Morvan, avec un bail de 9 ans. Elles disparaissent ensuite des rapports de 1854 et suivants. Elles auraient été abandonnées après la Révolution. En 1832, Habasque recensait cinq pêcheries en bois, constituées de fascines en saule et en bouleau, entre les Ebihens et Lancieux, Quelques pieux de bois subsistent au milieu des empierrements et semblent correspondre à une vue (carte postale) du début du 20ème siècle, qui tendrait à prouver qu'un bouchot a pu remplacer la vieille pêcherie en pierre. Cependant, le décret napoléonien du 4 juillet 1853 met fin officiellement aux pêcheries jaguines, qui n'avaient jamais suivi la réglementation et étaient toujours restées en infraction.

Période(s) Principale : 4e quart 14e siècle
Principale : 1er quart 15e siècle
Principale : 2e quart 18e siècle
Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 20e siècle

Les trois pêcheries des Piettes forment un double parc entre la perche de balisage "La Loge" au nord (perche sud) et la perche la "Roche aux Grands" au sud (perche ouest), avec un empierrement annexe pour rabattre les eaux de marée descendante. Les alignements en pierre de ces pêcheries forment un "V", dont la pointe est dirigée vers le large et le jusant. Les bras (encore appelés "pannes" ou "ailes" de ces parcs mesurent environ entre 100 et 150 mètres pour la Petite et la Grande Piette. La hauteur visible aujourd'hui de ces pêcheries est certainement moindre qu'à l'origine (environ 0, 50 m aujourd'hui pour 1, 20 à 1, 80 m à leur construction). La 1ère pêcherie à l'Ouest a un plan en V et celle à l'opposé un plan trapézoïdal. Une visite au sol effectuée par Loïc Langouet en 1988 (UMR 6566, "Civilisations atlantiques et Archéosciences", UHB Rnnes 1), a permit de constater que les bras ou pannes de la 2ème pêcherie étaient, à l'origine, faits de pieux en bois et de pierres. Les pierres utilisées pour la mise en oeuvre du parc sont des pierres de la grève non maçonnées, mais disposées et échafaudées les unes contre ou dessus les autres. Les implantations post-médiévales de ces pêcheries, selon Loïc Langouët, se situent majoritairement à 5 +- 2 m au-desssus du zéro des cartes marines. Mais quel était le niveau de la grève lorsque ces bouchots étaient opérationnels ? La datation de ces pêcheries, à la vue du niveau actuel de la grève, est certaienemnt antérieure à 1544, soit pratiquement au cous du Haut Moyen-Age.

Murs pierre
États conservations désaffecté

La pêcherie des Piettes mérite d'être étudiée comme vestiges archéologiques d'une activité halieutique ancienne qui a perduré jusqu'au début du 20ème siècle.

Statut de la propriété propriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvre à étudier

Annexes

  • 20082206731NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Bibliographie
  • CARRE, Jean-François. Vestiges de pêcheries, Les Amis du Vieux Saint-Jacut, décembre 1987, n° 11.

    p. 68-72
  • LANGOUËT Loic. Les pêcheries de l'archipel des Ebihens, Saint-Jacut-de-la-Mer. In Association Manche Atlantique pour la Recherche Archéologique dans les Iles, n°11, 1998.

    p. 68-72
  • LANGOUET, Loïc. Les parcs et les pêcheries dans la région de Saint-Malo (de Cherrueix à Saint-Cast. Les dossiers du C.e.R.A.A., 1991, n°19.

    p. 20-21
  • PRIGENT, Guy. Histoire et ethnologie des pêcheries entre Trieux et Arguenon, In pêcheries de Bretagne, archéologie et histoire des pêcheries d'estran, sous la direction de Marie-Yvane Daire et de Loic Langouët, Saint-Malo : Centre Régional d'Archéologie d'Alet, 1998.

    p. 45
  • Les pêcheries de Bretagne, archéologie et histoire des pêcheries d'estran. Sous la direction de Marie-Yvane Daire et de Loic Langouët, Saint-Malo : Centre Régional d'Archéologie d'Alet, 1998.

    p. 45
  • SINSOILLIEZ, Robert. La bataille des pêcheries. Saint-Malo : Edition L'Ancre de marine, 1994.

    p. 20-21