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Réfectoire de l'abbaye (Léhon fusionnée en Dinan en 2018)

Dossier IA22009908 inclus dans Abbaye Saint-Magloire (Léhon fusionnée en Dinan en 2018) réalisé en 2006

Le réfectoire de l'abbaye Saint-Magloire est le seul exemple conservé d'une telle salle en Bretagne avec celui de l'ancienne abbaye de Beauport à Paimpol. Peut-être édifié sur une construction plus ancienne comme le laisserait supposer le mur méridional, sa construction d'origine doit remonter au premier ou second quart du 13e siècle.

Les dispositions du réfectoire de Léhon : voûte lambrissée, grandes baies à remplage trilobé et colonnettes à chapiteaux sculptés côté nord, mur plein percé dans sa partie haute côté sud, rappellent celles des réfectoires normands de cette période comme on en trouve encore à l'abbaye de la Lucerne dans la Manche. A Beauport la chaire du lecteur est aménagée au Sud, elle est d'ailleurs moins développée que celle de Léhon.

Les soupiraux visibles des jardins ainsi que le couloir et la porte mis au jour sous terre, indiquent que les celliers du monastère se trouvaient comme à l'ordinaire sous le réfectoire. A l'Ouest sont conservées des traces des anciennes cuisines médiévales.

L'ensemble du réfectoire devait être peint, les traces d'appareillage ocre restaurées remontent au 13e ou 14e siècle. Sur le mur de fond d'origine, à l'Est se voient encore des fragments martelés de peintures figuratives, avec les traces de mains et vêtements.

Genrede bénédictins
VocablesSaint-Magloire
Dénominationsabbaye
Aire d'étude et cantonProjet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
HydrographiesLa Rance
AdresseCommune : Dinan
Lieu-dit : Léhon
Précisionscommune fusionnée après inventaire Commune inventoriée sous le nom de Léhon

Le réfectoire borde le côté nord du cloître. Il date du second quart du 13e siècle et demeure aujourd´hui, après une restauration menée par le service des Monuments Historiques entre 1987 et 1991, la pièce la mieux conservée de tout l´ensemble architectural de Léhon ; il est également et surtout un témoin important de l´évolution des choix architecturaux et ornementaux de cette période du 13e siècle. Le mur latéral sud, donnant sur le cloître est probablement antérieur au 13e siècle. Ses fondations pourraient remonter à la période romane. A l'extrémité occidentale du mur, dans le cloître, se voit le linteau supérieur d'une porte enterrée qui devait être l'accès primitif du réfectoire ou qui, peut-être, permettait de descendre dans les celliers aujourd'hui comblés de terre. Côté Nord, le réfectoire est ouvert par de grandes baies donnant sur les jardins bordant la Rance. La chaire du lecteur à l'Est du mur est peut-être postérieure aux baies, sa voûte d'ogives et ses chapiteaux incitent à la dater du 14e siècle mais aucun élément probant ne permet de préciser cette datation. L'ensemble du réfectoire médiéval a été fortement modifié au cours du 17e siècle par les Mauristes. Le niveau du sol fut réhaussé à cause des fréquentes inondations dues aux crues de la Rance. La base des grandes baies gothiques côté Nord fut masquée et les chapiteaux de l'ancien cloître de l'abbaye, remis au jour lors des restaurations, remployés dans le pavage. A l'extrémité orientale de la salle fut créé un escalier menant aux étages de dortoirs du bâtiment conventuel. Le réfectoire fut alors amputé dans sa longueur d'origine par la construction d'un mur de refend, les baies orientales éclairant désormais la cage d'escalier dont le mur de soutien (mur de fond d'origine du réfectoire) conserve la trace de peintures murales, martelées et très abîmées, datant probablement du 13e siècle. A l'autre extrémité de la salle, à l'Ouest, le niveau du sol fut surélevé de quelques marches et un coin cuisine avec cheminée monumentale et potager fut aménagé. C'est à ce moment que la porte d'entrée d'origine fut condamnée. Enfin, les Mauristes construisirent également un plancher sous la voûte du réfectoire pour aménager des dortoirs supplémentaires pour les nombreux novices qu'ils accueillaient. Entre 1987 et 1991 le service des Monuments Historiques a entrepris d'importantes restaurations. Le niveau du sol a été légèrement abaissé, remettant au jour les bases des colonnes des baies Nord ; les peintures murales ont été restaurées et la voûte, également restaurée, a été blanchie à la chaux. Le mur de refend datant du 17e siècle a été conservé. Enfin, lors de travaux effectuées par l'équipe du musée, des vestiges importants de la période romane ont été découverts et dégagés sous le réfectoire. A l'extrémité orientale (sous l'escalier) se trouve un couloir assez large, dont la voûte est couverte d'un ciment de chaux et sable. Il conduit à son extrémité, sur la droite, à une porte en plein cintre à double rouleau qui ouvrait sur le grand cellier situé sous le réfectoire. A gauche, il ouvre sur une autre arcade dont le seuil est orné d'un motif floral sculpté. Derrière cette arcade, sur la gauche du mur, a été dégagé un corbelet sculpté d'un masque dont le dessus de la tête est aplani. Il ne fait aucun doute que ces vestiges appartiennent à la période romane.

Période(s)Principale : 2e quart 13e siècle
Secondaire : 13e siècle
Secondaire : 14e siècle
Secondaire : 15e siècle
Secondaire : 17e siècle

Le réfectoire est entièrement ouvert sur son côté nord, donnant une vue imprenable sur les jardins bordant la Rance. A l´inverse, le côté sud du bâtiment, le long du cloître, est percé d´une série de fenêtres hautes, de petites dimensions. Le percement des différentes baies fournit un éclairage dont les jeux multiples modèlent les volumes intérieurs de la salle. Le réfectoire est orné de chapiteaux du 13e siècle et de peintures murales représentant un appareillage de pierres aux tons ocres ainsi que des fleurs dans les embrasures des baies. Le réfectoire est une vaste salle de plan rectangulaire mesurant dans son état originel vingt-quatre mètres de long sur huit mètres de large. Ces dimensions correspondent à la taille initiale du réfectoire du 13e siècle. La pièce est couverte d´une voûte lambrissée soutenue par des poutres massives. Ce choix est bien connu en Bretagne et est ici attesté par la disposition : le mur nord est épaulé, à l´extérieur, de contreforts amortis en glacis placés sous les entraits qui retenaient les sablières recevant les fermes de la charpente. Le niveau actuel du sol correspond à une surélévation effectuée au 17e siècle par les Mauristes. La porte d´entrée d´origine se trouve donc enterrée à peu près aux deux tiers de sa hauteur, le linteau supérieur étant visible dans le cloître, à l'extrémité ouest du mur sud. Aujourd'hui l'accès se fait à l´est et à l´ouest de la pièce par des portes communiquant avec les autres salles des bâtiments conventuels. De la première phase de construction, du second quart du 13e siècle, sont conservées les façades nord et sud qui témoignent des choix architecturaux et ornementaux de cette période. La façade nord est entièrement ajourée, elle s´ouvre sur les jardins par cinq grandes arcades brisées formées de baies jumelées à remplage trilobé. Le seul élément qui interrompe cette suite rythmée des arcades est la chaire du lecteur, constituée d´une claire-voie en avancée sur la façade extérieure, probablement percée au cours du 14e siècle. Elle est également entièrement ajourée et formée d´un escalier donnant accès à une petite tribune de plan carré, couverte d´ogives dont les nervures retombent sur de fines colonnettes à chapiteaux. Répondant à cette façade ajourée, se trouve la façade sud côté cloître. Formée d´un mur plein elle est percée dans sa partie haute de huit petites baies. Disposées deux par deux entre les poutres, elles créent des travées, donnant un rythme à l'animation murale. Côté jardin, au Nord, le mur est scandé par de petits contreforts amortis en glacis. Ils délimitent des travées qui correspondent à la division de l´espace intérieur, où elles sont matérialisées par deux grandes arcades.

Mursgranite
Étages1 vaisseau
Couvrementslambris de couvrement
voûte d'ogives
États conservationsremanié, restauré
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé MH, 1931/09/30
Précisions sur la protection

Classé monument historique par liste de 1875 et par arrêté du 30 septembre 1931.