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Réduit, année 1885-1887 (Cr 23), Landaoudec (Crozon)

Dossier IA29001547 inclus dans Vestibule et rade de Brest : ensemble fortifié (19e siècle) réalisé en 2003
AppellationsRéduit de Landaoudec, Fort de Landaoudec
Destinationspromenade
Dénominationsceinture de forts, fort, caserne, batterie, corps de garde
Aire d'étude et cantonBretagne Nord
AdresseCommune : Crozon
Lieu-dit : Landaoudec

Pour éviter une prise de contrôle de la rade de Brest par des troupes débarquées en presqu'île de Crozon par le sud, un fort est construit près de Crozon de 1883 à 1886 et un réduit à Landaoudec de 1885 à 1887. Conforme aux dispositions-types de 1874, le réduit de Landaoudec est un ouvrage à enceinte rectangulaire implantée à 64 mètres au dessus du niveau de la mer. Pour le logement des troupes, le réduit est doté de 6 chambrées casematées en rez-de-chaussée. Il était prévu pour être armé de 4 canon-révolvers de 40 mm modèle 1879 en embrasures en flanquement des fossés. Les batteries annexes nord et sud étaient prévues pour être armées de 6 canons de 95 mm.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates1885, porte la date, daté par source, daté par travaux historiques
1886, daté par travaux historiques
1887, daté par travaux historiques
Auteur(s)Personnalité : Séré de Rivières, Raymond-Adolphe
Séré de Rivières, Raymond-Adolphe
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personnage célèbre attribution par travaux historiques
Mursgranite
schiste
maçonnerie
moellon
Toitpierre en couverture, terre en couverture
Plansplan rectangulaire régulier
Étagesrez-de-chaussée
Couvrementsvoûte en berceau
Couverturesterrasse
Typologiesfort du système polygonal type "Séré de Rivière"doté de deux ailerons au nord et d'une caponnière double au sud. Deux batteries annexes pour canons de 95 mm sont situées au nord et au sud
États conservationsdésaffecté, envahi par la végétation
Techniquesgravure rupestre
sculpture rupestre
Précision représentations

1885 REDUIT DE LANDAOUDEC 1887.

Mesuresl : 80.0 cm
la : 40.0 cm

Propriété de la Communauté de Communes de la presqu'île de Crozon. Site du "Festival du Bout du Monde". Site intégré à la Route des Fortifications de la presqu´île de Crozon créée en 2007.

Statut de la propriétépropriété publique
Intérêt de l'œuvrevestiges de guerre, à signaler

Annexes

  • REDUIT DE LANDAOUDEC par Philippe Truttmann.

    Situation : sur une hauteur à mi-chemin en ligne droite entre Lanvéoc et Crozon soit à 2 250 mètres au sud-ouest de l'agglomération de Lanvéoc. Altitide : 64 mètres.

    GENERALITES GEOLOGIQUES

    Constitution géologique du site ; plateau constitué par un banc de gothlandien à dominante schisteuse, encadré au lord de schiste et quartzite de Plougastel et, au sud, d'ordivicien supérieur (calacaires et tufs).

    HISTORIQUE SOMMAIRE

    Le réduit de Landaoudec a été construit de 1885 à 1887 (dates portées sur l'entrée) sur un site vierge. Il appartient au système "Séré de Rivière" et se trouvait tout juste achevé au moment où la crise de l'obus-torpille" a rendu périmés les critères de protection adoptés pour sa construction. Il n'a subi aucune transformation ni renforcement postérieurement à sa construction.

    Entre 1942 et 1944. Les allemands ont construit au sud sud-ouest, en arrière et à droite, quatre blocs type 669 (plan-type du 18 Avril 1943) pour canon de campagne.

    Mission : l'ouvrage a été construit sur un point dominant du terrain pour constituer un des points forts d'une ligne de résistance barrant la presqu'île de Crozon face à l'est et au sud-est entre Lanvéoc et l'anse de Morgat, de façon à éviter que l'ensemble des ouvrages et batteries de côte ne soient pris à revers par un ennemi ayant débarqué, par exemple dans la baie de Douarnenez.

    L'ouvrage se compose :

    - Du réduit proprement dit.

    - De 2 batteries annexes extérieures, disposées symétriquement à droite et à gauche du front de gorge, à toucher le glacis.

    Batteries pour pièces de 90 ou 95 sur affût de campagne ou de place.

    - De la batterie Allemande postérieure.

    DESCRIPTION

    - Le réduit

    Ouvrage construit suivant le système polygonal, à fossés flanqués, conforme en tous points aux prescriptions de Mai 1874. Plan rectangulaire. C'est un ouvrage d'infanterie, ne comportant aucune position de pièce autre que les pièces de défense des fossés (l'artillerie se trouvait dans les batteries-annexes), servant de logement et de refuge aux servants des batteries et à l'infanterie de soutien ; il répond tout à fait à son appellation de réduit :

    - Capitale orientée nord-ouest sud-est.

    - Les façades des locaux donnent dans une cour centrale étroite et profonde complétement défilée par le rempart du front de gorge à des coups dangereux pouvant venir du nord-ouest : cette organisation rappelle celle des forts d'arrêt et s'explique par le fait que la construction a pris en considération le risque du tir à longue portée et à revers, de navires ennemis ayant pénétré dans la rade de Brest ou simplement tirant du vestibule du goulet par-dessus la presqu'île de Roscanvel.

    En résumé : ouvrage de fortification terrestre, beaucoup plus semblable aux forts des places de l'est que de ceux de la défense côtière.

    La disposition des éléments permet de l'assimiler aux ouvrages du type "à crête unique".

    Obstacle : fossé périphérique à escarpe et contrescarpes maçonnées.

    Escarpe du type attachée ; le fossé a 10 mètres de largeur et 5 mètres de profondeur.

    Flanquement : par 3 caponnières.

    - Une double au saillant Sud - repère B du plan.

    - Une simple "_" nord-est - repère D du plan.

    - Une simple "_" nord (caponnière de gorge) repère C du plan.

    Ces caponnières sont du type réduit et ne comportaient qu'un canon-revolver modèle 1879 par direction à battre (au lieu des 2 pièces habituellement installées) - disposition s'expliquant par les faibles longueurs d'obstacle à défendre (110 mètres maximun au front de tête).

    Accès : la route d'accès à l'ouvrage franchit le ravelin de gorge par un tracé courbe en tranchée, puis le fossé sur un pont dormant précédant le pont-levis donnant accès à la porte de l'ouvrage elle-même disposée, pour une raison de continuité de pente du talus du rempart de gorge, au fond d'un petit rentrant de l'escarpe (à pans coupés) entaillé dans ce rempart.

    - Locaux

    Il s'agit essentiellement de locaux souterrains casematés en maçonnerie, couverts de 3 mètres de terre environ et comportant ou non une façade à air libre.

    On distingue : à l'extérieur - le corps de garde du ravelin de gorge - casemate voûtée en voûte surbaisséeà génératrices brisées en plan. La façade avant, percées de meutrières et précédée d'un petit fossé diamant, prend d'enfilade le tronçon extérieur de la route d'accès à l'ouvrage. L'essentiel des locaux est groupé au centre de l'ouvrage, autour de la cour centrale et se répartit ainsi :

    Casernement : ensemble de sept casemates-logements identiques de 8 mètres par 6 mètres environ dont la façade arrière est seule dégagée pour six d'entre elles (la quatrième, au centre, ouvrant sous la passage couvert central) et donne sur le cour centrale (Repère A du plan) dont elle constitue le grand côté sud-est. Ces casemates, à un seul niveau, sont logées sous le massif du front de tête et terrassées sur trois côtés avec interposition d'un couloir périphérique destiné surtout à l'assainissement et à l'aération. Chaque casemate est voûtée en voûte surbaissée à génératrices perpendiculaires à la façade ; la façade est percée d'une porte encadrée de deux fenêtres.

    Ces casemates étaient destinées au logement de la troupe, elles sont séparées par des piédroits épais de 1,20 mètres.

    Magasin à poudre (Repère H du plan). Local entièrement souterrain et aveugle logé sous le massif du flanc gauche, accès par galerie partant du petit côté nord-est de la cour centrale (accès particulier distinct des autres circulations, par raison de sécurité). Chambre des poudres voûtée de 8 mètres par 4 mètres environ avec locaux annexes réglementaires : vestibule, galerie enveloppe, chambre des lanternes, cheminées d'aération etc....

    Locaux annexes. Les deux petits côtés de la cour centrale constituent, chacun, la façade d'une petite casemate, à usage probable de chambre d'officiers.

    Latrines. Petite casemate donnant dans la cour centrale (partie Sud) et logée dans le mur en aile du passage voûté central.

    Communications - se décomposent ainsi : gaine centrale tracée selon la capitale de l'ouvrage, elle part de l'entrée et aboutit à la quatrième casemate-logement, avec passage couvert sous traverse, débouchant latéralement, à droite et à gauche, dans les deux parties de la cour centrale. Cette gaine, voûtée en plein cintre et large de 3 mètres, comporte, à son origine, à partie de la porte de l'ouvrage, deux élargissements constituant deux vestibules successifs :

    - Le premier fermé à l'extérieur, à l'origine, par une porte-grille à deux vantaux (disparue) constitue le logement de la partie arrière du pont-levis à bascule en-dessous. On y remarque, de part et d'autre du passage, les fossés de logement des contrepoids du pont-levis.

    - Le deuxième est fermé par la porte principale de l'ouvrage et correspond au débattement des deux vantaux.

    Le premier vestibule constitue une sorte de sas d'entrée, les manoeuvres de la porte-grille, de la porte pleine et du pont-levis étant indépendantes, le défenseur a ainsi tout le loisir de fractionner et "d'écluser" les arrivants et de s'assurer ainsi de leur identité ; il s'agit d'un dispositif de tradition très ancienne destiné à garantir contre les surprises ou les trahisons.

    Du deuxième vestibule (donc couvert par la porte et la grille), part, dans le mur de droite un petit escalier conduisant, par un retour, à un petit local voûté situé sous le premier vestibule et servant de chambre de manoeuvre du pont-levis ; cet escalier se prolonge par un tronçon de corridor menant à une poterne à piétons débouchant à l'extérieur, au fond du fossé, et destinée à la sortie discrète de patrouille, de groupes de travailleurs etc.…

    Descentes de caponnières

    - Deux galeries voûtées en plein-cintre, et larges de 1,5 mètre, en plan incliné partent des extrémités du couloir de fond de la caserne

    et mènent aux deux caponnières du front de tête.

    - Une galerie identique part de l'angle nord de la cour centrale et aboutit à la caponnière de gorge.

    Sol de ces galeries : terre battue.

    Couloir périphérique de la caserne

    Cette galerie comporte deux branches latérales, voûtées en plein cintre et un couloir de fond, voûté en demi-berceau. Elle enveloppe les casemates-logements qu'elle isole des murs terrassés, et sert à la circulation ains qu'à l'assainissement et à la ventilation des locaux. Du couloir de fond partent, aux deux extrémités, deux descentes de caponnière.

    Au milieu, une cage d'escalier (l'escalier a disparu) conduit aux débouchés sur la superstructure permettant à l'infanterie de gagner les parapets à couvert. De plus, quatre conduits de cheminée verticaux, à embase en plan incliné, assurent l'aération et un éclairage réduit ; ces cheminées débouchent dans les plongées de parapet de la crête d'infanterie couronnant l'ouvrage.

    Caponnières - doubles ou simples, elles sont uniformément constituées par :

    Une chambre de tir par direction à battre, voûtée en voûte surbaissée à génératrices parallèles à l'escarpe.

    Chaque chambre de tir à son mur de façade percé d'une meutrière de fusillade et d'observation du côté de l'escarpe, et d'une embrasure pour canon-revolver de 40 mm modèle 1879 (armement principal).

    La galerie dite "descente de caponnière" aboutit dans cette chambre (cas des caponnières simples) ou dans le vestibule reliant les deux chambres (caponnières doubles).

    Une galerie de fusillade périphérique, destinée à battre l'angle mort extérieur, et constituée par une alternance d'alvéoles voûtées (2 par caponnière simple - 3 pour la caponnière double) à génératrices perpendiculaires à l'escarpe (pour équilibrer la poussée de la voûte de la chambre de tir principal) et de passages à travers le ou les refends. Chaque alvéole comporte : des meutrières verticales, horizontales, des créneaux de pieds et des évents d'aération. Les créneaux sont destinés à agir sur la zone en angle mort résultant du principe même de flanquement monodirectionnel par caponnière.

    Un fossé diamant périphérique.

    Les façades des chambres de tir sont protégées contre les coups d'écharpe par des orillons.

    Superstructures ; entièrement noyées sous des broussailles très denses elles sont constituées par les massifs de terre des masses courantes, talus et parapets.

    L'élément essentiel en est la crête d'infanterie supérieure de l'ouvrage parallèle et concentrique au tracé de l'escarpe. Cette crête comporte, à chaque angle, un petit pan coupé permettant de donner des feux suivant les bisse trices des angles du polygone ; elle est interrompue au milieu du front de gorge et du front de tête par le massif de la traverse de capitale.

    Son accès se faisait : par deux émergences issues d'une pièce située au-dessus de la casemate-logement centrale et constituant le palier supérieur du grand escalier central venant du couloir de fond ; par des rampes obliques du talus bordant, côté gorge, la cour centrale.

    Nota : il ne subsiste dans l'ouvrage ni mobilier, ni armement la plupart des huisseries ont disparu.

    Matériaux constitutifs : maçonnerie courante : escarpes et contrescarpes ; schiste brun en opus incertum. Eléments de décoration : granite gris ou beige clair - parements des casernes et abris : grès appareillé.

    - Batteries-annexes : consistent en deux batteries identiques construites à l'extérieur et à proximité immédiate du réduit, dans le prolongement du fron de gorge, à droite et à gauche. Chacune comporte :

    - Un épaulement rectiligne effectuant un léger retour oblique du côté opposé au réduit.

    - Cinq plate-formes de pièces pour artillerie de petit ou moyen calibre sur affût de campagne (trois sur l'alignement droit - 2 sur le retour) séparées par des traverses en terre et une traverse creuse avec abri en maçonnerie pour le personnel et les munitions de consommation journalière. Les deux batteries disparaissent sous une végétation à peu près impénétrable.

    - Batterie Allemande : constituée par 4 casemates en béton armé, du type 669 pour canon de campagne, toutes semblables, (plan-type approuvé le 18 avril 1943) non terrassées et vides de tout élément. On sait que ce type de bloc était destiné à recevoir indifféremment, 26 types de canons de calibre allant du 75 au 155 - avec un champ de tir de 60° et une protection type "B".

    CONCLUSION

    Ouvrage intéressant, représentatif de son époque, mais qui, du fait de son organisation en ouvrage terrestre, peut apparaître comme une anomalie en cette région. Malheureusement, l'extrême densité de la végétation qui le recouvre et l'entoure empêche d'en apprécier les volumes.

  • 19692900371Z : , Bande n° 227.

    19692900370Z : , Bande n° 227.

    19712900554P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712900555P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume