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Quartier de la Californie

Dossier IA35027858 inclus dans Ville réalisé en 1998

Fiche

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  • Parties constituantes

    • lotissement
    • lotissement concerté
    • lotissement

Œuvres contenues

Peu après le développement d'un quartier résidentiel proche du Thabor (faubourg de Paris), le quartier de la Californie constitue un accroissement d'une autre nature, attestant du développement de l'activité industrielle dans la ville avec l'arrivée de la voie ferrée. Prolongé par un lotissement ouvrier, vers 1890, il s'étendra progressivement sur les différents îlots formés par les bras de la Vilaine, jusqu'au niveau de l'ancienne école de Médecine (actuelle Direction de l'Architecture, du Foncier et de l'Urbanisme) pour s'achever en 1908 avec la construction du pont assurant la jonction avec le boulevard Laënnec. A cette date, l'ensemble du réseau est classé dans la voirie urbaine, témoignant ainsi de l'intégration du quartier dans l'espace de la ville.

Les incertitudes et les changements de cap qui marquent les étapes d'extension du quartier sont liés aux différents projets d'occupation de l'espace. Pensé tout d'abord comme un site à vocation industrielle, le développement urbain orientera finalement la spéculation vers le lotissement résidentiel des terrains malgré plusieurs projets ambitieux, en particulier ceux de M. Ferron et de M. Hergault-Losinière. M. Ferron projette, en effet, d'implanter sur son terrain la halle aux poissons qui doit remplacer celle du Pré-Botté ; elle aurait assuré l'essor de la construction des terrains, encore à l'état de terrain vague qui ne sont alors couverts "que de quelques baraques".

M. Hergault-Losinière fait le rêve ambitieux de créer "une grande industrie pour la construction des wagons, pour la vente et le louage aux compagnies de chemins de fer", accompagnée de logements ouvriers, d'un lavoir et d'un établissement de bain (cf. annexe).

Ce quartier, qui a su garder l'ambiance singulière liée à ses origines artisanales et industrielles, est exemplaire du mode d'extension du tissu urbain dans la deuxième moitié du 19e siècle, dont les phases successives sont liées au développement initial de l'industrie dans la ville. L'opposition au développement durable d'un site industriel si proche de la ville est à mettre en relation avec l'échec du projet urbain du maire Ange de Léon dans les années 1850. L'abandon de la voie joignant la gare au faubourg de Paris aura eu pour conséquence la formation d'un espace fermé sur lui-même. L'architecture elle-même contribue à accentuer la dimension centripète de l'espace, qu'il s'agisse des nombreuses maisons d'entrepreneurs et d'artisans construites par l'ingénieur Guidet à l'ouest de la Vilaine, ou des petits immeubles mitoyens de la rue Hypolite-Lucas et de la rue Dupont-des-Loges. On peut ainsi regretter la disparition de l'entreprise Odorico, qui au-delà de l'histoire du quartier, était tout un symbole pour l'histoire de la ville.

Parties constituantes non étudiées lotissement, lotissement concerté, lotissement
Dénominations quartier
Aire d'étude et canton Rennes ville - Rennes ville
Adresse Commune : Rennes

La prairie de la Poissonnerie, située au sud de la rivière nouvellement canalisée (prolongement exécuté en 1848), face au port de Viarmes à proximité duquel un premier pôle industriel se développe également, était bordée à l'ouest par le canal des Murs, au sud par le canal qui longeait la maison d'arrêt, à l'est par le coursier du moulin Saint-Hélier. L'arrivée du chemin de fer, projetée dès 1846 et l'emplacement pressenti du Mail-Donges tout proche pour y construire la gare (1849), incitent les entrepreneurs à investir les terrains mis en location mais cependant enclavés. L'accès se faisait, en effet, depuis le faubourg Saint-Hélier par le chemin menant au moulin. En 1850, un pont de bois enjambant le canal des Murs, dans l'axe de la rue Toullier, est construit à l'initiative des propriétaires sous la direction de l'architecte de la ville. Il relie les terrains à la promenade des Murs. Le prolongement du quai et le projet de construction d'une cale, face au port de Viarmes, incitent les propriétaires des terrains à se réserver ceux qui bordent la Vilaine. Un premier réseau de voies est immédiatement mis en place pour rentabiliser cet espace à vocation industrielle : un chemin de 8 m de large, parallèle au quai, aboutissant au coursier du moulin, dans l'axe de la rue Toullier (rue Dupont-des-Loges), une voie perpendiculaire joignant la rivière au moulin Saint-Hélier (rue Joseph-Sauveur). Entre 1854 et 1861, le choix de l'emplacement de la gare sur les terrains de Lorette, la création de l'avenue de la Gare puis le comblement du canal des Murs achèvent le processus de connexion avec la ville. Cette suture, réglementée par plusieurs traités, aura pour conséquence l'abandon progressif du site par les industriels. En 1861, un premier traité est passé avec la ville, engageant les propriétaires des terrains à construire deux rues perpendiculaires d'une largeur de 12 m, conformément aux alignements et aux nivellements définis par la ville, l'une parallèle au quai consistant à élargir le chemin aménagé en 1850, l'autre perpendiculaire dans l'axe de la rue de Viarmes joignant le moulin. Leur entretien, supporté par l'administration municipale, prévoit leur classement dans la voirie urbaine. Les prescriptions édilitaires ne portent alors que sur les franges en contact avec la ville, l'avenue de la Gare et le quai Richemont, imposant 2 étages carrés au minimum et l'emploi de pierre de taille pour les chaînages des baies et des angles. Le plan de construction d'un amphithéâtre dessiné en 1869 par l'architecte de la ville montre les constructions, peu nombreuses, édifiées en bordure du quai de Richemont et de la rue Dupont-des-Loges. En 1877, un second traité nous apprend que les voies ne sont pas réalisées. Un délai de 15 a.s est alors imposé aux propriétaires des terrains. Des modifications interviennent dans les prescriptions édilitaires, imposant le pan coupé à la jonction des voies, dans le plan : le déplacement de la voie nord-sud à son emplacement actuel (rue Joseph-Sauveur), et la création de la rue Jean-Marie Duhamel (entre le moulin et l'avenue Janvier, entre le moulin et le faubourg Saint-Hélier), enfin la création d'un abreuvoir public avec servitude d'accès à la rivière, au niveau de l'ancienne tannerie. Le prolongement de la rue Dupont-des-Loges au-delà du coursier est envisagé dès 1856 ; il est visible sur le plan de 1869 mais il faut cependant attendre les projets d'extension réalisés par Jean-Baptiste Martenot, en 1881, pour que s'amorce le développement des terrains à l'est. Ces projets sont liés au développement du réseau depuis la gare. Il s'articule à partir d'un axe reliant la gare à la rue de Paris, dont la jonction serait assurée, à l'est vers le boulevard Laënnec, à l'ouest vers l'avenue de la Gare, par deux voies parallèles de 14 m de large, l'une prolongeant la rue Dupont-des-Loges jusqu'à l'écluse, l'autre au sud prolongeant la rue Jean-Marie-Duhamel (rue des Lavoirs, actuellement rue de Léon). En 1883, M. Hergault-Losinière, promoteur d'un vaste projet immobilier, appuie la proposition de Martenot, suivi en 1886 par M. Brossault, propriétaire d'une partie des terrains de la Californie. L'axe central du projet (future avenue Louis-Barthou) est abandonné ; l'aménagement se limitera à prolonger la rue Dupont-des-Loges jusqu'au boulevard Laënnec, entraînant la destruction de l'écluse (1897) et la construction d'un pont achevé en 1907.

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Auteur(s) Personnalité : Ramé Alfred, promoteur, attribution par source
Personnalité : Saint-Marc, promoteur, attribution par source
Personnalité : Ville de Rennes, commanditaire, attribution par source

Données complémentaire architecture Rennes

IAUT typicum
ICHR typicum
IESP typicum aire d'étude
POS 2
SEL étudié
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Bibliographie
  • RAULT, Isabelle. Le moulin Saint-Hélier. Les terrains de la Californie. Mémoire de l'Ecole d'Architecture, 1998.