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Présentation de la commune des Champs-Géraux

Dossier IA22017282 réalisé en 2010

Fiche

Œuvres contenues

La conduite de l'inventaire

La commune des Champs Géraux a fait l´objet en 2010 d´un inventaire de son patrimoine bâti. Cette enquête menée par le service de l´Inventaire du patrimoine culturel de la Région Bretagne a pour but d´identifier, de localiser et d´évaluer le potentiel patrimonial de la commune au sein du territoire de projet, le parc régional Rance Côte d´Emeraude.

Ce recensement exhaustif du bâti ancien de la commune s´est accompagné d´une étude des éléments remarquables ou représentatifs du patrimoine, choisis à partir de critères raisonnés portant sur l´authenticité, l´intérêt architectural et la bonne conservation des abords immédiats.

Sur les 278oeuvres recensées, 8 ont fait l´objet d´un dossier documentaire plus complet illustré par des images couleur et noir et blanc dont certaines proviennent d´une enquête antérieure réalisée en 1984 par Jean-Pierre Ducouret.

Le contexte historique

Le territoire des Champs Géraux est occupé à la période romaine puis rattaché à la paroisse primitive de Plesder avant d´être intégré au début du 12e siècle à la paroisse d´Evran. Une chapelle dédiée à Saint Nicolas y est mentionnée en 1181. Selon la plupart des auteurs l´ancien chef-lieu de la seigneurie des Champs-Géraux, siège d´une haute justice, se trouvait avant le 17e siècle à l´emplacement du bourg actuel. Ceci expliquerait que l´ancienne chapelle seigneuriale associée à un manoir aujourd´hui disparu ait été rebâtie au début du 18e siècle au même endroit. Il semble que le transfert de la maison seigneuriale du site ancien sur celui de la Gravelle remonte à la fin du 16e ou au début du 17e siècle : peut-être faut-il y voir une conséquence des guerres de Religion.

La seigneurie était tenue au 15e et 16e siècle par une famille Rouaut ou Rouault. Raoullet Rouaut seigneur de Champ Géraud et de Launay-Pinel est mentionné dans la liste des feudataires de l´évêché de Saint-Malo en 1480. La terre fut transmise par mariage au cours de la première moitié du 16e siècle à la famille de la Lande, ancien lignage originaire de Saint-Potan : Catherine de La Lande dame des Champs-Géraux est mentionnée au cours de la première moitié du 16e siècle.

Après être passé aux Martin seigneurs du Plessix en Saint-Helen, la terre arrive par mariage au début du 17e dans les mains d´une famille Nicolas ou Nicollas, issue de la bourgeoisie de Dinan et récemment anoblie. De 1790 à 1934, le territoire est rattaché à Evran avant de devenir une commune indépendante par la loi du 06 avril 1934.

Les manoirs

11 manoirs ont été recensés sur la commune, 4 d´entre eux possèdent encore des vestiges du 16e siècle : Launay-Gicquel (fig 16), le Haut Frolou, Beauchêne, les Noes et la Moinerie (fig 15), 4 également sont construits au 17e siècle : Béranger (fig 17), la Gravelle (fig 12), les Haies (fig 9-11) et la Ville-Gromil. Le manoir de la Gravelle reconstruit sur un site plus ancien devient la maison seigneuriale principale de la paroisse et consacre l´ascension sociale de Jean Nicollas, écuyer, seigneur des Champs Géraux et conseiller au Parlement de Bretagne. Les deux manoirs du 18e siècle ont été étudiés : la Mettrie (fig 13) et Pont-Cadeuc (fig.14). Le lieu, appelé métairie Brunette » sur les états de sections du cadastre de 1845, garde sans doute le souvenir d´une famille Brunet, d´ancienne noblesse, mentionnée dans le pays de Dinan depuis la fin du 14e siècle et qui a détenu entre autres les anciens fiefs de la Béréchère en La Baussaine et de la Pironnais en Saint-Thual. Un acte de 1400, passé à Dinan entre Guillaume Gruel, chevalier et Perrot Brunet, écuyer, seigneur de la Béréchère, fait état d´une vente à Evran qui pourrait avoir donné son nom à la Mettrie Brunet. Le logis de Pont-Cadeuc est lui aussi reconstruit sur un site plus ancien détenu au 17e siècle par une famille Gaultier ou Gautier, officier de la juridiction de Dinan, puis à la famille Couppé des Croix, issue de la bourgeoisie marchande de Dinan. Il passe par mariage au 18e siècle à Etienne Jolly, anobli par charge de conseiller secrétaire du roi dont le fils Joseph sera officier de la Compagnie des Indes. L´ensemble est alors entouré d´une cour quadrangulaire, avec petit colombier carré et de vastes jardins en terrasses. En 1806, le logis est remanié et agrandi par l´armateur malouin François Ruellan.

Les maisons rurales

Les plus anciennes maisons rurales de la commune remontent au 17e siècle, elles sont majoritairement construites à cette période en schiste et granite (fig.1), certaines d´entre elles possèdent une alternance de ces deux matériaux ce qui les rend moins austères. D´autres plus tardives ont leur partie supérieure en terre recouverte anciennement d´un enduit à la chaux. Plusieurs logis tel celui de la Boulaie (fig.2) sont bâtis principalement en terre selon la technique de la bauge sur un solin de schiste. Quant au logis de la ferme de Couahimac (fig5), daté de 1872, il est caractéristique pour cette période de la mise en oeuvre de la pierre des Faluns. La façade est entièrement bâtie en moellons de calcaire coquillier avec des bandes de moellons assissés, lignes irrégulières qui font le charme de ces maisons. Les encadrements des ouvertures en pierre de taille de granite sont d´usage courant. La couverture de ces maisons est essentiellement en ardoise, quelques anciennes toitures en lauze ont été observées mais restent minoritaires comme celles des dépendances de la ferme de Saint-Geoffroy (fig.6-8).

Quant à la typologie de ces logis, elle ne se différencie pas de celle du secteur d´Evran. Jusqu´au milieu du 19e siècle, les logis regroupent sous une même toiture des parties d´exploitation et d´habitation. L´importance du stockage se signale de l´extérieur par la présence de portes hautes qui donnent accès à de vastes greniers qui peuvent être également superposés. La présence de plusieurs alignements de logis dans les différents hameaux de la commune demeure une constante d´organisation de l´habitat rural de ce territoire.

Aires d'études Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Champs-Géraux (Les)

Annexes

  • Recensement, liste des chronogrammes  :

    Lieu - denomination - date :

    Rouvrais (la) - ferme - 1590

    Gravelle (la) - manoir - 1637

    Fautrel - ferme - 1641 (?)

    Noe (la) - manoir - 1645

    Fautrel - ferme - 1655

    Déluge (le) - ferme - 1672

    Ville Morin (la) - ferme - 1680

    Bourg (le) - église paroissiale - 1704

    Fautrel - ferme - 1710

    Grammont - ? - 1721

    Pesnais (la) - fermes en alignement - 1741

    Launay - Pinel - ferme - 1748

    Les Haies - manoir - 1774

    Saint Geoffroy - ferme - 1775

    La Gravelle - ferme - 1800

    Pont Cadeuc - Manoir - 1806

    Couamihac - ferme - 1815

    Bourg - Eglise paroissiale - 1818

    Notre - Dame de Bon - Secours - Chapelle - 1821

    Boutron - ferme - 1830

    Grammont - ferme - 1831

    Bruyères (les) - ferme - 1832

    Saint Geoffroy - ferme dans un alignement - 1850

    Ville Morin (la) - ferme dans un alignement - 1850

    Saint Geoffroy - Ferme - 1857

    Hérissonnais (la) - ferme - 1858

    Bourg (le) - ferme - 1870

    Couamihac - ferme - 1872

    Cotinais (la) - Ferme - 1888

    Bourg (le) - maison et boulangerie - 1895

    Bourg (le) - maison à boutique - 1897

    Ville Gromil (la) - Ferme - 1905

    Coudre (la) - Ferme - 1908

    Fautrel - ferme - 1910

    Fautrel - maison - 1921

    Saint Geoffroy - ferme - 1922

    Couaqueux - ferme - 1930

    Ville Gromil (la) - maison - 1930

    Bourg - Maison et boulangerie - 1938

    Bourg - Fournil - 1938

    Ville Morin (la) - ferme - 1948.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Côtes d'Armor : V 1219 (chapelle, devis et correspondance).

  • A.D. Cotes d'Armor : 2035/1.

Bibliographie
  • JEANNE, Nicole. Erection d'une commune, les Champs-Géraux, 6 avril 1934 . Mémoire de maîtrise d'Histoire. UHB, Rennes II.