Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Présentation de la commune de Tréméreuc

Dossier IA22005193 réalisé en 2016

Les conditions de l'enquête

Cette enquête d´inventaire a été réalisée de juin à août 2016. Elle fait suite à un précédent recensement de 1973 effectué par M. Richard. Les photos en noir et blanc prises lors de ce premier repérage ont été intégrées aux dossiers. Cet inventaire cherche à évaluer le potentiel patrimonial de ce territoire. Par conséquent, il est avant tout réalisé à partir de l´observation in situ avant d'être complété par des recherches documentaires d'archives ou d'iconographies. Parmi les œuvres recensées, 117 n'ont pas été étudiées. Elles font néanmoins l´objet d´un repérage cartographique précis. Il s´agit principalement de maisons ou d'anciennes fermes dont l´analyse est devenue difficile en raison des remaniements et rénovations.

Localisation et toponymie

Bordée par le Frémur, située à neuf kilomètres au sud de Dinard, Tréméreuc est une petite commune des Côtes d'Armor de 415 hectares. La commune est limitrophe de Pleurtuit, Langrolay-sur-Rance et Pleslin-Trivagou. On comptait une population de 699 habitants en 2013.

L'origine et l’étymologie de Tréméreuc viendraient du vieux-breton « Treb » signifiant « village », fraction de paroisse et de l'ancien prénom breton Méreuc. Il s'agit d'une ancienne succursale dépendant de la paroisse primitive de Pleurtuit.

Située sur le tracé de la voie romaine qui relie Corseul à Alet et bordée par le Frémur sur son flanc nord-est, Tréméreuc a toujours bénéficié d'une situation géographique stratégique. Le bourg s'est constitué autour d'une motte castrale, arasée afin de créer une place publique en 1961. Cette motte indique la présence d'un château en bois datable du Haut Moyen Âge. La paroisse s'est certainement implantée peu de temps après. Ainsi, l'église Notre-Dame de Tréméreuc est citée parmi les possessions de l'abbaye de Saint-Jacut dès le XIIe siècle dans une bulle fulminée par le pape Alexandre III. Dès 1163, c'était un prieuré-cure, qui demeura ainsi jusqu'à la Révolution.

L'Histoire de Tréméreuc

L'histoire de la commune de Tréméreuc est intimement liée à celle de la seigneurie dont elle tire son nom. La famille seigneuriale était une famille de haute et ancienne noblesse. Divers actes nous notifient la présence de la famille de Tréméreuc sur la commune à la fin du 12e siècle, rendent compte de l'importance de son rang et de son ancienneté. Ainsi, on retrouve Guillaume de Tremaruc, témoin de la concession de l'abbaye Saint-Albin à la paroisse du Plessis-Ballesson en 1187. En 1337, Rolland arbitra un duel entre le sire de Quintin et l'abbé de Boquen. Sous la direction de Jeanne, duchesse de Bretagne, Geoffroi de Tréméreuc, sire de Plumoyson, ratifie les propositions pour la délivrance de Charles de Blois en 1351. En 1381, Rolland et Jean de Tréméreuc ratifient le deuxième traité de Guérande affirmant la neutralité de la Bretagne. La famille de Tréméreuc siégea au Parlement de Bretagne de 1554 à 1790, Louis de Tréméreuc est conseiller au Parleent en 1679.

La branche aînée de la famille s'est fondue au 15e siècle avec la famille de Beaumanoir puisque Geoffroy de Tréméreuc épousa Isabeau de Goyon, belle-soeur de Jean de Beaumanoir en 1435. La seigneurie passe successivement de Coëtquen, Bellouan, Avaugour, Montbourcher, Cahideux et la Haye de Plouer. Aujourd'hui, la famille est éteinte.

Son blason est un échiqueté d'argent et de gueules (sceau 1379). Il a été reprit par la commune par délibération du 6 décembre 1989.

Urbanisation et bâti

Les premiers cadastres napoléoniens indiquent la présence d'un bourg construit autour de l’église paroissiale Saint-Laurent et de son cimetière dont la présence est attestée dès le 12e siècle. Bien que difficile à classer en raison de ses nombreuses transformations, l'église paroissiale est un élément patrimonial important au sein de la commune. Au fil des siècles, de nombreuses maisons des 18e et 19e siècles se sont construites autour de l'église paroissiale. Le bourg, par son bâti ancien, a conservé son caractère authentique. Néanmoins, d'un point de vue général, le bâti de la commune n'est pas remarquable puisque le territoire n'abritait qu'une église succursale, c'est-à-dire une église annexe à une église principale.

A partir du 19e siècle, le bourg s'est étendu et agrandit de manière significative avec la création de la route nationale 166 reliant Vannes à Plöermel en 1824. A partir de cette date, de nombreuses constructions s'alignent de part et d'autre du principal axe routier de la commune. A la fin du 19e siècle, l'arrivée du réseau ferroviaire par la création d'une halte accélère le processus. Par conséquent, on observe une forte proportion de l'architecture du 19e siècle. Le long de l'axe Dinan-Dinard, les maisons s'inspirent du style des villas de la Côte d’Émeraude et après la guerre, du style régionaliste désormais en vigueur.

On dénombre un ensemble d'écarts et de hameaux importants, parmi lesquels : la Rogerais, le Villou, la Quintinais, la Ville-Beslay, la Ville Papouart, la Brousse, la Marchandais, la Ville-Aubé et la Bosserais. Depuis la deuxième moitié du 20e siècle, de nouvelles zones d'habitat ont vu le jour avec l'urbanisation du territoire et la construction de lotissements. Ainsi, un grand nombre de ces écarts ont fusionné avec le bourg en raison de la construction de nombreux lotissements, qui abritent une population ayant fait le choix d'habiter en milieu rural tout en travaillant en ville. C'est le cas de La Croix et de Tréhaut en raison de la construction de deux lotissements : le Champ Pinel et le Clos du Pré.

Sur le cadastre napoléonien, on recense deux moulins à l'est de la commune : le moulin de la Crochais et le moulin de Tréméreuc. Ces deux édifices étaient situés sur la rive du Frémur. Aujourd'hui, il ne subsiste rien de ces deux bâtiments. Le moulin de Tréméreuc fut détruit lors des inondations de 1929 après que plusieurs barrages en amont du Frémur eussent cédé.

Le cadastre napoléonien nous indique que le bâti ancien a relativement peu évolué. Malheureusement, un certain nombre de bâtiments ont été remaniés par l'installation d'ouvertures et de menuiseries contemporaines, inadaptées au bâti ancien.

Le matériau de construction le plus rencontré sur les bâtiments de la commune de Tréméreuc est le granite, principalement mis en œuvre sous la forme de moellon, c'est-à-dire de pierre non taillée. Cette utilisation correspond à la géologie locale puisqu'une carrière de calcaire était utilisée dans le Champs Pinel au 19e siècle. Les bâtiments plus récents, de la fin du 19e siècle ou bien du début du 20e siècle, utilisent toujours le granit en plus de matériaux spécifiques tels que la brique, ou le grès. La majorité des constructions de la commune est couverte d'ardoise.

L'économie locale

Entre le 19e et le 20e siècles, la commune a maintenu une population constante dont les activités ont évolué. Au XIXe siècle, les habitants de Tréméreuc se consacraient surtout à l'agriculture et à la pêche maritime. En 1921, la superficie des terres labourables était de 320 hectares pour une superficie totale de commune estimée à 406 hectares. Pa conséquent, l'agriculture dominait le paysage. Cette agriculture était dominée par la culture céréale, notamment par le blé et l'orge. En effet, 200 hectares de blé et 112 hectares d'orges furent cultivés en 1921. Aujourd'hui, l'activité des habitants de la commune est majoritairement tertiaire.

Au 19e siècle, la commune fabriquait du cidre et des cimeraux, c'est-à-dire de gros craquelins bretons. La présence de ce biscuit est attestée depuis le Moyen Age en Haute-Bretagne. Composé de farine, d'oeufs et d'eau, sa particularité réside dans la cuisson puisqu'il est plongé dans de l'eau chaude avant d'être enfourné au four. Chaque année, la fête des Cimeraux avait lieu lors du jour de la Saint-Laurent.

Depuis 2009, la production de cidre perdure par le biais de l'Association Les Mordus de la Pomme et de son verger conservatoire. Une quarantaine de variétés de pommes ont été sélectionnées par M. Ernest Menier en raison de leur présence sur le territoire.

Conclusion

La commune de Tréméreuc a connu de nombreuses destructions et transformations de son bâti dans la deuxième moitié du 20e siècle. Néanmoins, elle possède un patrimoine rural authentique, caractéristique des communes du territoire Rance Cote d'Emeraude.

L’aménagement des routes et la modernisation de l’habitat ont eu des conséquences importantes sur le tissu urbain dont le maillage ancien a été altéré. Cependant,la commune possède de nombreux atouts : son église paroissiale ; son bourg ancien ; ses maisons anciennes, d'influence ingérieur ou régionaliste, quelques fermes, ses trois croix de chemin et ses blockhaus. En prenant connaissance de son patrimoine, la commune pourra développer de nouvelles formes de valorisation : chemin de randonnée, mise en lumière, concerts à l'intérieur de l'église, chantiers de restauration, circuits patrimoine, expositions, etc.

Aires d'études Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Tréméreuc
Adresse

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : 6 M : Population. Affaires économiques. Statistiques. 6M 908 : Statistique agricole, canton de Ploubalay.
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : 2 O 368/1.
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : 1Q 179 : Tréméreuc
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : 5S 52. Ligne de Dinard à Dinan. Tréméreuc. Halte de Tréméreuc et passage à niveau n°12, de Tréméreuc.
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : V 3582 : Tréméreuc
Bibliographie
  • Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor. Collection : Le patrimoine des communes de France. Paris : Flohic éditions 1998, 2 tomes.

  • COUFFON, René. Répertoire des Eglises et Chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc, Les Presses Bretonnes, 1939-1947, 779 p.

  • LEMASSON Auguste, abbé. Histoire du Pays de Dinan de 1789 à 1815. Le Pays de Dinan : Dinan, 1989

  • BUFFET Henri-François, En Haute-Bretagne, coutumes et traditions d'Ille-et-Vilaine, des Côtes-du-Nord Gallèses et du Morbihan Gallo au XIXe siècle, Paris, Laffitte Reprints, 1954, 379 P.

  • DU PAZ Augustin, Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, Paris, Nicolas Buon, 1619, p718-731.

  • GESLIN DE BOURGOGNE, Jules-Henri ET BARTHELEMY Anatole de, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments, Saint-Brieuc : Guyon Frères, 1856, T3, p. 156-317.

  • LE SAULNIER DE SAINT-JOUAN, Régis, Dictionnaire des communes du département des Côtes-d'Armor : éléments d'histoire et d'archéologie. Saint-Brieuc : Conseil Général des Côtes-d´Armor, 1990. 840 p.

  • ROBIDOU Bertrand, Histoire et panorama d'un beau pays ou Saint-Malo, Saint-Servan, Dinan, Dol et ses environs, T2, Troisième éditions, Rennes, Editions « Rues des Scribes », p573-574.

  • TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor : origine et signification. Douarnenez : Ar Men-Le Chasse Marée, 1992. p. 341-342.

  • Brisebabre M, Recherche sur la famille de Tréméreuc, Nantes, Lemesle frères et Prégent, 1865, 8 p.