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Présentation de la commune de Trémeheuc

Dossier IA35014763 réalisé en 2001

Fiche

Œuvres contenues

Eléments d'histoire

C'est en 1053 que le chevalier Ebroïn, fils d'Ebrault, fait don à l'abbaye Saint-Florent de Saumur d'monasteriolum quod vocatur Tremahuc quod est in pago Alethensi, in parochia quae vocatur Comburn, première occurrence de Tréméheuc dans les sources. Ebroïn revêtit la même année le froc monastique à Saint-Florent, et compléta alors ce don primitif en abandonnant à la grande abbaye angevine l'église paroissiale de Tremahou placée sous le vocable de Saint-Martin, avec son cimetière et une "masure" toute proche, lensemble ressortant au diocèse de Dol. La réunion des deux bénéfices en un unique prieuré par les moines de Saint-Florent occasionna l'abandon de l'ancienne chapelle du conventicule, laquelle si l'on en croit une tradition rapportée par Guillotin de Corson, s'élevait près de l'actuel presbytère, au lieu dit le Champ Saint-Martin. Le miles Ebroïn appartenait à la famille seigneuriale de Tréméheuc, laquelle avait probablement obtenu depuis peu l'élévation au rang d'église paroissiale de la modeste chapelle fondée sur son fief, démembrée sans doute de la paroisse doloise de Cuguen dont le territoire l'enserre à l'est. Le toponyme commun aux deux établissements formé du préfixe tré qui désigne un simple hameau, est ici associé à un anthroponyme - Maoc ou Méoc - que la tradition regarde comme le successeur de Saint-Samson sur le siège de Dol. Ces noms sont d'origine bretonne, et une charte de Saint-Florent précise à ce propos ecclesiola Sancti Martini quae ligua brittannica dicitur Tramahou.

Une motte dominait le chef-lieu paroissial, associée à un vieux logis manorial également disparu. Ce manoir seigneurial dit du Chastaignier, situé à l'ouest de l'église, était la seule maison noble de la paroisse. Ces derniers possesseurs furent les familles Du Bois-le-Houx, puis Fontlebon, seigneurs de Lanrigan, qui n'y ont sans doute jamais résidé. Cette modeste seigneurie relevait féodalement du sire de Combourg, dont les fourches patibulaires à quatre pots se dressaient sur la lande de Rochefort, près du lieu dit le Loup Pendu, et une tradition locale désigne le bois des martyrs comme le lieu de sépulture des suppliciés.

Bien qu'une petite industrie granitière soit attestée à la fin du XIXe siècle, la principale activité de Tréméheuc était l'agriculture. La terre semble peu fertile sur ce plateau granitique qui culmine à 127 m. sur la Lande de Rochefort : le géographe Marteville précise qu'en 1854, les labours dépassaient à peine la moitié des 604 hectares du territoire communal. Le bocage traditionnel, peu entamé par le remembrement, donne une image verdoyante de campagnes autrefois vouées à une polyculture vivrière où l'élevage semble avoir été important. La proximité de Combourg, petite ville et principal marché des environs, explique le faible développement du bourg et l'absence d'assemblées commerciales attestées anciennement.

Le patrimoine architectural de la commune

L'église Saint-Martin conserverait des vestiges d'appareillage roman du sanctuaire médiéval et serait à ce titre le plus ancien monument de la commune. Aucun manoir n'est mentionné par Paul Banéat hormis celui du Châtaigner disparu au début du XXe siècle. Pourtant, on relève à la Gautrais particulièrement, des corps de ferme qui ne manquent pas d'allure, comme cet ancien logis portant la date 1579, le plus ancien de la commune. Plus loin, la maison natale présumée du recteur Jean Richeux élevée en 1629 se compose d'une cour fermée à laquelle on accède par un portail coiffé d'une chambre haute en pans de bois et torchis. Au milieu du hameau, un autre logis de ferme bâti en 1780 présente une remarquable façade en grand appareil de granite, ornée d'un cadran solaire. Encore à la Gautrais, la ferme Dubourg bâtie en 1887, est un bel exemple de la pénétration de l'architecture normalisée en milieu rural. Le Bas de Launay recèle une maison datée 1723 et l'un des rares logis en terre de la commune. La structure de l'habitat est nettement plus éclatée qu'en Porhoët, dans le sud du département, mais on peut citer néanmoins les alignement de la Gallerie ainsi que celui des Ormeaux, tous deux du XVIIe siècle. Parmis les édifices plus récents, il convient de mentionner l'établissement de commerce du Roquet (1909) le café Gauthier-Mothay (1926) sur le carrefour du Chat Troussé.

Un phénomène commun à l'ensemble du Combournais est le grand nombre de croix recensées de chemin. La croix de recteur Jean Richeux dressée en 1674 est le chef-d'oeuvre du corpus. La croix Harang (1860) près des Douères est assez représentative d'une série de calvaires érigés en ex-voto par la dévotion populaire dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Adresse Commune : Trémeheuc

Annexes

  • 20013517288NUC : - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien. Tableau d'assemblage du Plan cadastralp parcellaire de la commune de TREMEHEUC canton de Combourg, Arrondissement de Saint-Malo, Departement D'ille et vilaine terminé sur le terrein le 15 Aout 1826 sous L'administration de Mr. de Vendeuvre Préfet Mr. Meignan Maire et sous la direction de Mr. D'astis directeur des Contri.ons Mr. Naylies Géomètre en chef par Cheval Geomètre.

Bibliographie
  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. nlle éd[1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

    p.
  • GUILLOTIN DE CORSON. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray Libraire-éditeur. Paris : René Hatton Libraire-éditeur, 1882-1886, 6 vol.

    t.2 p. 519-520 ; t.6 p.410-412
  • BANÉAT, Paul. Le Département d'Ille-et-Vilaine Histoire Archéologie Monuments. Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929, 4 vol.

    t.4 p. 263-264