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Présentation de la commune de Tréduder

Dossier IA22002857 réalisé en 2004

Fiche

Œuvres contenues

1- Esquisse géographique :

Tréduder en 1854, pop. 528 habitants.

Tréduder en 1877, pop. 563 habitants.

Tréduder en 1921, pop. 378 habitants.

Tréduder en 1911, pop. 436 habitants.

Tréduder en 1936, pop. 275 habitants.

Tréduder en 1946, pop. 249 habitants.

Tréduder en 1982, pop. 156 habitants.

Tréduder en 1990, pop. 157 habitants.

Tréduder en 1999, pop. 163 habitants.

Commune littorale des Côtes-d´Armor au passé économique principalement rythmé par les activités agricoles, Tréduder est située dans le Trégor occidental, à environ 15 kilomètres au sud-ouest de Lannion.

D´une superficie totale de 480 hectares, dont un peu plus de 300 hectares font l´objet d´une mesure de protection, le territoire, compris entre les ruisseaux du Yar et du Roscoat, s´apparente à une étroite bande de terre limitée par la Manche au nord, par les communes de Saint-Michel-en-Grève et de Plouzélambre à l´est, de Lanvellec au sud, de Plufur au sud-ouest et de Plestin-les-Grèves à l´ouest. L'habitat est dispersé, et le sous-sol constitué essentiellement de schiste micacé et de granite.

La commune de Tréduder est une commune davantage rurale agricole que littorale. Cependant, cette ruralité a beaucoup évolué. L'espace agricole est seulement exploité par quatre cultivateurs de la commune sur 50 % de la surface totale du territoire communal (480 ha). Les autres terres agricoles disponibles sont exploitées par les cultivateurs des communes voisines (Plouzélambre, Lanvellec, Plestin). Autrefois, la culture du lin prédominait et les moulins de teillage utilisaient l'eau du Yar et du Roscoat. La commune a conservé plusieurs édifices agricoles traditionnels, souvent restaurés avec soin et des granges rustiques (loch de Penguily).

Le paysage rural diversifié de la commune associe plateau cultivé, espace bocager, vallées littorales et coteaux boisés qui représentent un patrimoine remarquable, témoin des usages agricoles, respectueux de l'environnement. Les constructions nouvelles ont su préserver l'intégrité des sites et éviter le mitage.

La façade maritime de Tréduder inclut le coteau du Yar et du Roscoat, la partie de la vallée en aval de Milin ar Veuzit (pont sur la route de Tréduder à Saint-Sébastien en Plestin-Les-Grèves). Cette frange littorale est protégée par la Loi Littoral de 1986 ; elle subit cependant une urbanisation diffuse à Pont ar Yar (RD 786). Les deux vallées du Yar et du Roscoat constituent des coupures d'urbanisation et sont protégées au POS par un zonage NDI.

Le parc résidentiel comprend 42 % de résidences secondaires, mais la population permanente tréduderoise rajeunit, avec des tranches d'âge équilibrées et l'apport de jeunes retraités : 163 habitants au recensement de 1999, avec une population jeune stable, 78 % actifs (40 % de taux d'activité pour les hommes).

2- Histoire :

Les traces de fortification triangulaire de Coz-Castel, datant de l´époque gallo-romaine, attestent l´ancienneté de l´occupation humaine sur cette partie du littoral costarmoricain.

Démembrement de la paroisse bretonne primitive de Plouzélambre, la paroisse de Tréduder existait dès 1330 comme l´atteste la présence, à cette date, de son recteur au procès de canonisation de saint Yves. Elle est alors mentionnée sous la forme Tredudel, puis sous sa forme actuelle dès la fin du 14ème siècle. Selon Bernard Tanguy, il n´est pas impossible que le bourg ait porté son nom actuel dès le début du 14ème siècle. Remontant au haut Moyen Age, le toponyme est formé avec le vieux-breton treb, signifiant « village », et le nom d´un saint breton obscur, saint Tuder, figurant sous la forme Tuterius dans la liste des évêques du Yaudet. Si dès le début du 17ème siècle on lui avait substitué par analogie saint Théodore, martyr romain, comme patron de l´église paroissiale, il demeura le titulaire de la fontaine voisine encore dénommée fontaine San-Tuder en 1848.

La paroisse élut sa première municipalité au début de l´année 1790. La succursale de Tréduder fut d´abord réunie à Saint-Michel-en-Grève le 16 janvier 1804 puis à Plouzélambre le 30 septembre 1807, avant d´être érigée de nouveau en succursale par ordonnance du 2 août 1843.

3- Le patrimoine architectural :

La présente enquête a permis de repérer un total de 49 oeuvres, dont 34 relèvent de l'architecture domestique et agricole, 5 de l'architecture religieuse, funéraire et commémorative, 5 de l´architecture du génie civil (ancienne voie ferrée et chemins), 2 de l´architecture commerciale, 2 de l´architecture artisanale et industrielle (moulins) et 1 de l´architecture des équipements publics (groupe scolaire).

La chronologie des oeuvres s´étend de la fin du 15ème siècle au 1er quart du 20ème siècle. Si la période contemporaine (19ème-20ème siècle) reste comme dans la plupart des cas majoritairement représentée, on notera que la production architecturale de l´époque moderne (16ème-18ème siècle) offre plusieurs témoignages localisés essentiellement dans les écarts.

Au sein du corpus, 1 oeuvre, l´église paroissiale Saint-Théodore [fig. 5], a reçu la mention « à signaler » du fait de son statut juridique (protection au titre de la législation sur les Monuments historiques). La croix du cimetière mériterait également une protection [fig. 6]. 11 oeuvres ont reçu la mention « à étudier » en fonction de critères d´ancienneté, de conservation et d´unicité, voire, à l´inverse, de représentativité. Ces oeuvres sont les suivantes :

- l´ancien presbytère [fig. 7] ;

- le manoir de Roscoat [fig. 8] ;

- les maisons situées au Veuzit [fig. 9], au Rest [fig. 10], Kerguyomard [fig. 11], Toul-an-Hay [fig. 12] et Kerdudal [fig. 13] ;

- une remise agricole située à Penguily [fig. 14] ;

- la fontaine Saint-Tuder [fig. 15] ;

- le moulin Promadec [fig. 16] ;

- le chemin de Kerlouarnio [fig. 17].

On signalera enfin la présence d'un ensemble de statues en kersantite datant du 2e quart du 16ème siècle [fig. 18].

4- Présentation du patrimoine naturel et paysager de Tréduder :

Tréduder est une petite commune au relief très marqué. Les grandes lignes structurantes sur le territoire sont les vallées qui le limitent à l'est et à l'ouest, et la voie de circulation routière qui la traverse sur sa bordure littorale. Le plateau de Tréduder se présente comme une alternance de crêtes et de vallonnements : points hauts au-dessus de Pont ar Yar (91 m), Kerdudal (106 m), Ty Scol (106 m), secteurs plus bas de Guernalien et du bourg. Le plateau est enserré entre deux vallées profondément encaissées : à l'ouest, le Yar et son affluent le Dour Elego, à l'est le Roscoat. Ces deux petits fleuves prennent naissance aux environs des hauteurs de Plounérin.

La commune est très boisée dans les secteurs des vallées et sur la crête de Pont ar Yar. Par contre, le plateau agricole ne comporte que peu de bosquets jouant un rôle important dans la perception visuelle de la commune. Le maillage bocager est encore assez présent dans cette partie sud. Au total, le paysage est très fermé, du fait du relief, dans les deux vallées qui encadrent la commune, mais beaucoup plus ouvert sur le plateau central et vers le bourg. Il peut globalement se diviser en cinq grands types d'unités paysagères.

- Les vallées du Yar et du Roscoat

Les vallées du Yar et du Roscoat se situent à cheval sur les communes de Tréduder et les communes voisines de Saint-Michel et de Plestin, le fond de vallée marquant la limite administrative communale. Ce sont des vallées étroites et encaissées dans leur partie aval, aux versants abrupts, qui remontent sur environ 4 km à l'intérieur des terres.

Elles présentent un intérêt paysager majeur mais aussi écologique du fait de la présence d'une flore et d'une faune particulièrement riches. Leurs pentes comportent de nombreux boisements qui confèrent à ces espaces un caractère très fermé et très naturel.

Une urbanisation traditionnelle est implantée à la périphérie immédiate de ces vallées. Mais ces implantations de fermes et d'anciens moulins s'intègrent bien dans le paysage. Les dispositions législatives et réglementaires interdisent désormais toute construction dans ces espaces. Au débouché de la vallée du Yar, il faut noter la présence de bâtiments d'habitation et l'aménagement d'un ancien camping ayant maintenant cessé toute activité.

- Le plateau agricole

Le plateau agricole occupe la plus grande partie du territoire communal qui a conservé un caractère agricole très marqué. Cependant, il ne reste plus que quatre exploitations agricoles professionnelles en élevage laitier et en production biologique, et une pépinière ("Les Trois sources") . Dans tous ces secteurs, les talus bocagers sont encore présents mais insuffisamment pour structurer fortement l'espace. La partie nord du plateau offre des perspectives lointaines sur la Lieue de Grève ; toute construction sur cet espace aurait réciproquement un impact fort, vu du littoral.

Le bâti est peu présent dans ces deux secteurs, et essentiellement constitué de bâtiments d'exploitation, en activités ou non, souvent de bonne qualité.

- Les zones urbanisées

Dans le bourg, les constructions anciennes, regroupées autour de l'église, présentent un bâti très homogène et de grande qualité. Le bourg a un caractère très agricole avec la présence de deux exploitations en activité à proximité immédiate de l'église. Les extensions récentes de la route de Lanvellec sont pour leur part de type pavillonnaire.

Le hameau de Kerdudal présente au contraire un aspect hétérogène où cohabitent bâti ancien et constructions nouvelles. Quant aux extensions récentes, elles se sont développées en prenant appui sur l'ancienne voie romaine, par des constructions individuelles là aussi de type pavillonnaire.

- Le coteau maritime

Cet espace est constitué d'une crête surplombant la Lieue de Grève et encadré par le débouché des deux vallées du Yar et du Roscoat. Le sommet de la crête est intégralement couvert par des boisements et le versant littoral par la lande et des friches. Quelques habitations se sont construites à flan du coteau.

- L'estran

La façade maritime de Tréduder est constituée par une portion de l'anse orientale de la vaste Lieue de Grève. C'est un espace sablo-vaseux fréquenté par de nombreux oiseaux en hivernage. La route littorale (RD 786) est protégée sur toute sa longueur par un enrochement en blocs de granite rose. Au débouché du Yar et du Roscoat, un secteur connaît un démaigrissement du sable qui laisse affleurer les rochers, et en fait une zone d'accumulation des algues vertes qui ne peuvent y être ramassées facilement. Ce phénomène qui s'accentue d'année en année (avec un léger fléchissement cette année 2004) a un impact visuel très fort, et constitue également une nuisance olfactive forte. La collectivité consciente de cet important problème participe activement dans le cadre du Comité de Bassin Versant (avec le CEVA et les cultivateurs comme partenaires) aux solutions préventives et curatives pour solutionner ce problème.

5- Le patrimoine naturel de Tréduder :

La commune de Tréduder bénéficie d'un patrimoine naturel de qualité et d'un paysage encore peu mité. Il n'existe pas sur la commune de sites naturels classés ou inscrits. Les grands espaces naturels que constituent les vallées du Yar et du Roscoat, les coteaux du pont ar Yar et l'estran bénéficient de protection au titre de la Loi Littoral du 3 janvier 1986.

L'article L 146.6 du code de l'urbanisme suppose en effet que les plans d'occupation des sols "préservent les espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral et les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques". La surface totale des sites littoraux remarquables sur la commune est de 197 ha 45.

Sur le territoire de Tréduder, les espaces concernés sont les suivants :

- la basse vallée du Roscoat

L'ensemble de la limite est de la commune de Tréduder se situe sur le cours du Roscoat, sur plus de 4 km. Cette vallée présente de beaux boisements bien au-delà en amont, sur Lanvellec et Plouzélambre notamment. Seule la partie aval de la vallée, la plus profonde (dénivellation atteignant 100 m au sud de Kerallio) et la plus impénétrable, présente des caractéristiques littorales. Outre son paysage remarquable et ses pentes "montagnardes", cette vallée possède un patrimoine faunistique et floristique très important et largement méconnu : nombreuses espèces végétales peu communes ou rares dans le département (Daphné lauréole, Consoude tubéreuse, Ail des ours, Campanule gantemlée, Jonquille sauvage, Mercuriale pérenne, Ancolie, Clématite, etc.). Elle est fréquentée par de nombreux mammifères dont le chevreuil et la loutre (espèce protégée). Le Roscoat est une rivière à salmonidés. La délimitation retenue inclut un vallon annexe qui se prolonge jusqu'aux abords du bourg, jusqu'à la fontaine de Saint-Tuder. Surface totale du site : 31 ha 63.

Proposition de gestion : zone de préemption foncière, ouverture modérée au public, maintien de l'espace boisé (mal exploitée actuellement) et maintien de l'intérêt piscicole.

- la basse vallée du Yar

La vallée du Yar possède un bassin versant plus étendu que celle de Roscoat. Le problème de délimitation de la partie littorale de la vallée se pose de manière identique. A été retenue comme espace littoral la partie de la vallée en aval de Milin ar Veuzit (pont sur la route de Tréduder à Saint-Sébastien en Plestin-Les-Grèves) ; secteur à partir duquel la vallée s'encaisse de manière importante dans le plateau et présente des pentes boisées de hêtres tout à fait remarquables. Globalement cette basse vallée, très intéressante au plan paysager, est moins sauvage et moins riche que celle du Roscoat. La partie aval du fond de vallée qui comporte un ancien camping et quelques habitations a été exclue de la délimitation (habitat diffus). Surface totale du site : 51 ha 20.

Proposition de gestion : gestion écologique du site.

- le coteau maritime

Ce coteau, situé entre les vallées du Yar et du Roscoat, constitue la seule façade maritime de la commune. En pente régulière, il culmine à 91 mètres et fait partie de l'unité géologique ordovicienne qui va du Grand Rocher à Lann Vrudec en Ploumilliau. Comme sur l'ensemble de ce secteur, les placages sablo-calcaires jouent un rôle très important dans l'originalité floristique. Ces placages sont décelables parfois très loin de la mer (jusqu'au bourg de Tréduder, présence de l'Origan, espèce calcicole). Quelques habitations, issues d'un mitage ancien, sont traitées en exclus. La déprise agricole marque ce paysage boisé. Surface totale du site : 40 ha 33.

Proposition de gestion : maintien des pelouses calcicoles et maintien des pratiques agricoles tradtionnelles.

- l'estran de la Lieue de Grève

Cette vaste baie de 5 km² tapissée de sable fin, émerge presque totalement à marée basse. C'est un lieu traditionnel de pose de filets de barrage, pour les poissons - pratique traditionnelle des pêcheurs de Trédrez - et de collecte du goémon d'échouage (en novembre) et du gouano par les populations riveraines, pour amender leurs terres du plateau (bizhin mor, "pied de fouet"). C'est une véritable frayère et zone de nourrisserie entre le balancement des marées (concentration d'espèces naturelles). La Lieue de Grève participe à l'équilibre général de la baie de Lannion.

La grève est séparée en deux anses par la pointe du Grand Rocher sur Plestin-Les-Grèves. L'anse orientale est la plus exposée aux houles des vents dominants de secteur nord-ouest. Elle reçoit en outre des apports d'eau douce assez importants, notamment par le Yar et le Roscoat, et possède des peuplements benthiques moins riches que l'anse occidentale.

L'estran assure la couverture énergétique hivernale d'une importante population d'oiseaux : colverts, macreuses, harles et foulques, Laridés, grands limicoles, hérons, bernaches. La préservation de l'intégralité de cet espace est tout à fait essentielle, sur le plan écologique, zoologique et halieutique. Surface totale du site : 74 ha 28, tout en DPM.

Proposition de gestion : maîtrise de la qualité des eaux des bassins versants.

Au débouché du Roscoat se trouve une zone d'accumulation de débris organiques d'algues vertes, ramassées régulièrement par les services techniques des communes de la baie, pour être ensuite recyclées comme amendements pour les terres agricoles. La "marée verte" qui sévit ici depuis plus de dix ans est particulièrement abondante dans l'anse orientale de la grève, notamment face à Tréduder. Cette "marée verte", conséquence de certains usages agricoles intensifs (élevage), interpelle les nouvelles représentations du littoral. Les contraintes de la proximité de la mer et des eaux douces problématisent une littoralité d'usages en mutation.

De la mer provenaient certaines ressources pour nourrir, engraisser la terre, apporter quelques compléments de nourriture (poissons, coquillages), les jours de grande marée ; mais aujourd'hui la mer apporte une forme de souillure vécue comme "étrangère", en défigurant une partie littorale, maritime, qui restait marginale pour la population locale (étude anthropologique sur le phénomène de prolifération des algues vertes en Bretagne et les conséquences symboliques, UBO, 2000, Sergio Della Bernadina, Prigent, Guy).

Aires d'études Communes littorales des Côtes-d'Armor
Adresse Commune : Tréduder

Annexes

  • Témoignage de Félix Péron de Tréduder : transcription du breton parlé par René Richard

    Félix Péron est né à Ploumilliau le 3 octobre 1928 de famille paysanne. Il a tiré le lin avec des voisins de ses parents dans sa jeunesse « avec la fourche à bras pour retourner le lin », qui était la culture principale du pays. Plus tard, il a pris un fermage sur la commune de Tréduder, à 2 km de la mer, avec 12 vaches laitières (des Normandes) et 15 journées de terre. Il a aussi élevé quelques cochons, cultivé du blé, des artichaux et des choux-fleurs (sous l´influence finistérienne) et des pommes de terre. Puis il s´est davantage consacré à l´élevage laitier après la crise du choux-fleur.

    Expressions figurées en breton et leur traduction :

    "An douar zo kozh met n'eo ket sod" : "La terre est vieille mais elle n'est pas bête"

    "Deus ma roes deñ ro dit" : "Elle te donne en fonction de ce que tu lui apporte"

    "An douar n' eus trawalc'h gant an aer gozh" : "La terre a assez avec le vieil air.

    Le lin :

    "Me 'me eus sikouret Delisle deus Ploubezr d'ober lin. Ma zud-kaer nivoant feurmet douar deñ da hadañ lin" : "J'ai aidé Delisle de Ploubezre à faire le lin. Mes beaux parents lui avaient loué de la terre pour semer du lin".

    "'Bet on da dennañ lin da Plouzelambr. Ma zud na raent ket, ar menajou wardro a rae Ha goude vije kaset al lin da. ur mekanik-lin vije graet deus se ha oa un ba Plouzelambr" :

    "J'ai été arraché le lin à PLouzélambre. Mes parents ne faisaient pas de lin mais les gens alentour oui".

    "Eur mekanik-lin oa ba Plouzelambr, unan oa ba Lann gwazh ruz. Ba Ploumilio oa kalz, ba milin ar C´hastell, milin Pontôl. Unan oa ba Plouzelambr, Paolig Stephan, ha 'h aen da zikour neñ pad ar goañvha vije kaset al lin da. hennezh nivoa eur c'hreñch Ha goude pad ar goañv hennezh implie dek pe unnek da labourat al lin goude, da rañvellat" :

    "Il y avait une machine à lin à Plouzélambre, une à L. A Ploumiliau il y en avait beaucoup, près du moulin du Château et de Pontôl. Il y avait quelqu'un à Plouzélambre, Paulick Stephan que j'allais aider pendant l'hiver il avait une grange et employait dix ou onze personnes pour travailler le lin pour le teiller".

    "Eur stank-lin, prad ar stank lin" : "Un étang à lin, "Le pré de l'étang à lin".

    "Benn vije kaset al lin, oa achu deañ, oa rouz, pa vije aî du, ar vazh da dreiñ al lin : eur forc'h kamm" : "Pour quand on envoyait le lin, il était prêt, il était roux, quand il était arrivé noir, on utilisait le bâton à tourner le lin : une fourche tordue".

    La pêche à pied et la relation avec la mer :

    "Ici, on ne faisait pas ça, c'était surtout ceux de Lokemo".

    Félix Péron allait quelquefois à la pêche à pied sur la grève de Saint-Michel, mais ce n´était pas un usage courant des gens du plateau.

    "Meskl vije kavet, gwhechall pa retornes d'ar ger gant eun dousenn ormel, oa interesant, bremañ n'eus ket ken. An aod n'eo ket aï ken interesant vel oa gwechall. Distrujet veint" :

    "On trouvait des moules, autrefois quand tu revenais avec une douzaine d'ormeaux, c'était intéressant ; maintenant ce n'est plus comme autrefois ; on les détruit".

    Le goëmon d´échouage était cependant ramassé aux grandes marées, après les tempêtes d´hiver et de printemps, mais le goémon « bizhin mor » n´était pas coupé :

    "Abred deus ar beure oa ret dit sevel, ma 'poa c'hoant da ga'ed bizin . Ha kenkent 'vel 'h ae ar mor waer a-drenv, 'h ae unan war blas, hag hennezh a bose brankoù : "me m'eus mired al lodenn-se" hag hennezh neuhe a lake 'nê en bernioù. Ha goude 'n em gave ar charreter neuhe gant daou pe dri a gezeg gant ar c'harr. Ha goude oa prest d'ober e garg ha da vont d'ar ger.

    Met ahe 'vije bec'h ; 'ba Lomik´' Traez, Lomikel ha Zant Efflamm vije eur vandenn bizin.

    Ze 'vije 'ba- e mizdu ha miz kerdu ha ze depante deus ar mareioù : memes ba miz genver pe miz meurz, pe vije bizin ; Un a lare "benn-ac'hoazh vo bizin ba Pont ar Yar, pe Pont Losket" :

    "Il te fallait te lever tôt le matin si tu voulais trouver du goémon. Et aussitôt que la mer reculait, il y en avait un qui allait sur place et qui posait des branches" : j'ai réservé ce lot-là "et celui-là alors faisait les tas. Et ensuite arrivait le charretier avec deux ou trois chevaux et la charrette. Il était prêt à faire sa charretée et à retourner à la maison".

    "Mais il y avait de la bagarre là-bas. A Saint Michel en Grève et à Saint Efflam il y avait une bande de goëmon.

    Cela se passait en novembre, décembre et même en janvier ou en mars, quand il y avait du goémon, quelqu'un disait : demain il y aura du goémon à Pont ar Yar.

    "Treid foed" : des pieds de fouet, des laminaires, pour donner un coup de fouet à la terre

    "Bizin bouloù bihan oa mat d'an douar" : « Le goëmon avec des petites boules était bon pour la terre ». Le goémon était mélangé avec des feuilles mortes pour faire un compost, bon pour les choux-fleurs, les betteraves et les pommes de terre. On utilisait aussi le guano. Cependant, la terre de Tréduder qui disposait d'un fond argileux n´avait pas besoin d´engrais marin, comparativement aux terres des communes situées plus à l´intérieur des terres.

    L´usage récent d´enfouissement des algues vertes d´échouage dans la terre n´est pas non plus très apprécié par cet ancien cultivateur : « Les algues vertes, ça rapporte des coquelicots avec le sable ».

    Le chanvre :

    "C'était à Plestin. C'était pour faire des cordes, du temps de nos parents".

    "Gwechall kanab vije mesket gant pri ha pell da derc'hen neñ ha plouz munut" : "Autrefois, le chanvre était mélangé avec de l'argile, de la balle pour le tenir et de la paille hachée menu, pour faire des enduits".

    La grange :

    "Pep hini rae deus e stumm da goach ar gwellañ ma galle e veterabez da baseal ar Goañv Met bet oa ur bloavezh oa bet ur goañv start, ha se, 'gav din, oa en 61 62... Ha me moa lakaet ma re 'vel a leret en gwasked, med ar rev oa bet hag ar rev oa chomet toud e-barzh hag ar beterabez oa breinet toud. Hag unan ha oa 'chom ba komanant ti-skol, jean Aouregan hag a oa e vern ba-e -kreiz ar porz hag a oa dizolo, hag hini ebet deus e veterabez oa bet gant ar skorn, ha gant se pelec'h 'hi da glask ar "resultat ? " :

    "Chacun faisait de son mieux pour abriter ses betteraves pour passer l'hiver. Mais il y avait eu une année où l'hiver avait été rude, c'était en 61 ou 62 et moi j'avais installé les miennes comme tu disais, là, à l'abri mais la gelée etait arrivée et était restée à l'intérieur, et les betteraves étaient toutes pourries. Et un qui habitait à Komanant ti (le fermage de l'école) jean Auregan, avait laissé son tas au milieu de la cour, découvert, et aucune de ses betteraves n'avait gelé, et avec ça, où iras-tu chercher un résultat ? ".

    "An loch" : un abri pour les betteraves ou pour une charrette

    "ar ranch" : une grange pour le matériel et le foin au-dessus

    "ar c´hrignel, ar silier" : le grenier au-dessus de l´écurie

    "Traou ty" : le bas de la maison

    "Leur" : l´aire, l´espace commun

    "Pors" : la cour de ferme, lieu fermé.

  • La Charlezenn : Marc'haït Charlès

    Selon la tradition orale, la « Charlezen » habitait la commune de Tréduder, ou dans une « cache » entre le site du Grand Rocher et la Lieue de Grève, dans les bois de « Coat an Drezenn », sur les bords du Roscoat, côté Tréduder. Elle y avait amassé, disait-elle, en deux cahes profondes, six pieds d'argent blanc et six pieds d'or brillant. Quand, du haut des falaises, elle sifflait à tue-tête dans un sifflet d'argent doré, l'épouvante frappait toute la baie.

    Au 16ème siècle régnait dans le Trégor une grande inégalité sociale avec ses disettes, famines et épidémies qui sévissaient dans les campagnes et parmi le petit peuple, au contraste du luxe des Grands Seigneurs et des catégories privilégiées. Il y avait donc tout naturellement comme partout ailleurs, dans les bois aux alentours du Grand-Rocher, en bordure de la lieue de grève, un repaire de détrousseurs prêts à faire n'importe quel crime. La Lieue-de-Grève, sur la route de Lannion à Morlaix, était un endroit redouté des voyageurs. De tout temps, les fourrés qui avoisinent ce dangereux passage, servirent de repaire à des bandes de voleurs. Malheur au voyageur qui s'aventurait dans ses parages, surtout la nuit ou à la tombée de la nuit aux endroits les plus dangereux, au pied de l'église de Saint-Michel, à la croix de Mi-Lieue, au bas de la rampe de Toul Efflam ; ne dit-on pas que cette plage de la lieue de grève si unie recouvre le plus discret des cimetières ?

    L'histoire et la tradition populaire ont gardé le souvenir d'une femme, Marc'haït ou Marguerite Charlès, laquelle rançonnait et assassinait à la tête d'une de ces bandes les voyageurs qui se rendaient de Lannion à Morlaix ou réciproquement. On la disait belle fille, capable de sensiblerie malgré ses cruautés, coquette, fière de son visage et de ses atours. Elle avait pour principaux lieutenants les frères Rannou (ou Rannoued) de Locquirec, deux coquins magistralement charpentés, qui, dédaignant toutes autres armes, assommaient les gens à coups de « penn-baz ». On disait aux environs de Plestin : « Fort comme Rannou ». A ceux qui voulaient s´enrôler dans sa troupe, elle faisait boire d´abord, comme épreuve préliminaire, une pinte de sang humain.

    Ces bandits formaient une bande organisée sous le commandement de Marguerite Charlès, mais plus connue sous le nom de la Charlezen. Elle était, au milieu de ses brigands, un capitaine qui ne manquait pas d'autorité et très souvent le soir elle allait retrouver sa « troupe » près du Grand-Rocher. Devant ses « associés » elle développait alors ses idées qui étaient généralement toujours adoptées avec enthousiasme, car on ne la contredisait pas. C´était décidé, ils passeraient la nuit même à l´action. Ils se plaçaient alors soit près du Grand-Rocher, de la rampe de Toul Efflam ou du cimetière de Saint-Michel-en-Grève et ils accostaient les noctambules qui s´en retournaient chez eux en traversant la baie.

    Les voyageurs par crainte d´être tués ou égorgés, remettaient sans crier leur bourse et leurs bagages. A la moindre résistance, les victimes étaient jetées à terre, gratifiées de coups de bâtons ou carrément tuées avant d´être détroussées. La bande n´hésitait pas à prendre, outre l´argent et les ballots des colporteurs, les montres, les pipes, les tabatières, parfois même les habits de leurs victimes. Tout était bon à prendre. On notait d´ailleurs souvent peu de résistance, bien au contraire, les victimes paraissaient être soulagées de s´en tirer à si bon compte, devant des agresseurs armés, aux visages plus ou moins masqués. Plusieurs bourses furent ainsi recueillies et le butin partagé au petit matin. Si une personne de la bande tentée de s´approprier la bourse pour elle toute seule, il ne lui était fait aucun cadeau, ce geste était une désobéissance qui méritait la mort.

    L´expédition terminée, le groupe se retrouvait pour faire la fête car tous ces brigands avaient un point commun, ils aimaient faire bonne chère et mener joyeuse vie. On se procurait alors provisions et boissons dont il était fait ample consommation jusqu´à rouler sous les tables. Puis on chantait et l´on dansait. La Charlezen affectionnait cette ambiance. Elle même commandait toujours la manoeuvre, comme un premier maître de timonerie, à l'aide d'un sifflet, « un sifflet d'argent doré » qui pouvait mettre cinq cents hommes en fuite, dit la tradition. La Charlezen avait un sifflement particulier pour appeler à l'attaque les exécuteurs de ses ordres. Ce sifflement faisait bondir hors de leurs cachettes, des hommes armés aux visages plus ou moins cyniques. Une voix s´écriait, généralement celle de la Charlezen : « La bourse ou la vie ! ». Ce sifflement et cette voix se répandaient dans la baie et faisaient frémir ceux qui l'entendaient (certains affirmaient que les voyageurs sentaient alors la moëlle se figer d´effroi dans leurs os), parce qu'il était souvent l'indice d'un nouveau meurtre. Qui dans le pays de St Michel et de Plestin n'a pas entendu ce dicton populaire :

    Ma é honnont ar Charlezen,

    A c'huitelle war bouez he fenn ;

    Ha na è ket ur zelbant vad

    Klewet 'r Charlezenn c'huitellad.

    « C'est celle-là, la Charlès,

    Qui siffle à tue-tête ;

    Et ce n'est pas un bon signe

    Que d'entendre siffler la Charlès ».

    Les pardons, les foires et marchés étaient aussi pour eux souvent des occasions de gagner de l´argent bien plus facilement qu´en labourant la terre. Non seulement de gagner de l´argent, mais aussi d´en prendre à ceux qui en avaient trop ou en faisaient mauvais usages à leurs yeux.

    Ils s´installaient par groupes de trois ou quatre, en divers lieux voisins des itinéraires suivis par les colporteurs, marchands de bestiaux, artisans ou pèlerins et attendaient leurs victimes. Ceux-ci avaient souvent bu plus que de raison, et sans doute en considération de leur état et de leurs idées peu claires, aucune plainte n´était déposée auprès de la maréchaussée. La Charlezen avait également, dit-on, mis en place un racket, en percevant souvent une redevance auprès de certains commerçants, artisans ou notables voulant circuler sans être inquiétés. Tout le monde s´y retrouvait et chacun était content : ceux qui payaient, parce qu´ils se sentaient en sécurité ; et la troupe de la Charlezen, pour le profit qu´elle en retirait.

    Tout cela se faisait sans que la maréchaussée intervienne. Faisait-elle la sourde oreille par peur de se frotter à ces gens armés dont on ignorait le nombre, et pour qui la forêt qui s´étendait de Saint-Michel-en-Grève à Plestin-les-Grèves n´avait aucun secret ? Les hommes de justice installés dans la région, ne pouvaient ignorer les agissements de cette bande de brigands. Même si les victimes préféraient par prudence se taire, la rumeur s´étendait dans toutes les paroisses de la région. On parlait un peu partout, de la présence de ces personnes peu recommandables dirigée par la Charlezen, qui détroussait les gens, puis rançonnait les habitants.

    La Charlezen transportait, dit-on, quelquefois son butin pendant la nuit sur une charrette dont elle graissait mal les roues et lorsqu´elle traversait le bourg de Saint-Efflam ou de St Michel, avec ses amis, chacun se tenait dans sa maison bien tranquille et bien coi ; car lorsqu´on entendait le grincement sinistre, on craignait de se rencontrer face à face avec l´Ankou (c´est-à-dire un squelette drapé d´un linceul dont le regard donnait la mort). Et la Charlezen a fréquemment tiré parti de cette croyance.

    Durant très longtemps, certains parents qui étaient débordés et agacés par les espiègleries de leurs enfants, ne manquaient pas de s´écrier : « Si vous n'êtes pas sages, la Charlezen et ses brigands vont venir vous chercher pour vous punir ».

    La tradition rapporte que le Grand-Rocher, qui s'appelait primitivement « Ar-Roc'h-Glaz », le Rocher-Vert, fut désigné dans la suite par Roc'h-a-laz, la Roche-qui-tue, à cause des nombreux crimes perpétrés en cet endroit et dans les bois voisins.

    L'écrivain Luzel prétend que les victimes de Marguerite étaient enfouies dans le sable de la Lieue-de-Grève, sable mouvant où il n'était pas commode de les retrouver. Dans l'un des gwerziou qui lui sont consacrés, on parle « d'un petit bois rempli de ronces » où il y avait « autant de cadavres qu'il y en a dans l'ossuaire de Morlaix ». Ce petit bois était vraisemblablement le bois de Coatandrézenn (ou Koat-an-Drezen), le Bois-de-la-Plage, c'est-à-dire situé près de la plage, en la commune de Tréduder, où la bande avait son « fort » (c'est-à-dire son domicile d'élection).

    La tradition rapporte que la Charlezen avait amassé d'immenses richesses, enterrés auprès de ses divers refuges et enfouies dans deux arbres creux de même bois ! l´un contient « six pieds d´argent blanc », l´autre « six pieds d´or jaune ». A-t-on découvert depuis le trésor de la Charlezen ? Il semble que non !

    Une troupe de soldats espagnols, en 1598, se chargea de « sarcler le fort ». Y réussit-elle ? Toujours est-il que la tradition veut que ce soit par surprise que la Charlezen elle-même finit par tomber dans un guet-apens où elle avait été attirée et qui lui fut dressé par un seigneur de Ploumilliau : M. de Keranglas, habitant à douze kilomètres environ du Grand-Rocher. L´histoire prétend qu´elle rencontre un matin le seigneur de Keranglas dans le taillis de Koat-an-Drezenn (le bois des Ronces) en Tréduder, où se trouve un de ses repaires, et s´apprête à faire main basse sur lui, lorsque celui-ci lui demande de l´accompagner pour servir de marraine à son dernier-né. Flattée de l´invitation, la Charlezen s´humanise aussitôt ; elle accepte avec joie, veut retenir M. de Keranglas à dîner, lui offre un prêt de 500 écus pour les frais du baptême, et, rayonnante sous ses tresses d´or roux et ses coiffes de fine batiste, saute légèrement en croupe derrière le gentilhomme, afin d´être conduite au manoir. Mais là, l´accueil est si glacial, les figures sont si hostiles, qu´elle flaire à l´instant le piège où son imprudente confiance l´a fait choir. D´un élan, elle escalade les degrés de la plus haute tour, et veut siffler de toutes ses forces pour avertir les 500 hommes qui lui obéissent. Trop tard ! M. de Keranglas l´a rejointe ; il la saisit, lui arrache son sifflet du corsage, son poignard du cotillon, et la livre ainsi désarmée aux archers de la prévôté. Furieuse, elle apostrophe alors le traître qui l´a perdue : « Si j´avais su, Keranglas, quand j´étais là-bas sur le grand chemin, vous n´auriez pas fait un pas devant moi ! ».

    Livrée à la justice, elle fut condamnée à la pendaison. La Charlezen se confessera publiquement selon l´usage, avec une épouvantable sincérité ; elle a tué ou fait tuer son père et sa mère ; elle a jeté un de ses enfants dans le feu ; elle a égorgé nombre de gens. Elle fut pendue, pour le grand soulagement des habitants de la région Lannion-Saint-Michel-Plestin. N'avait-elle pas mérité la pendaison, cette femme sans entrailles qui, après avoir laissé ses bandits à solde assassiner son père et sa mère, n'en exprimait comme regret qu'un certain ennui moral de constater qu'on n'ait pas épargné son père ? Quant à sa mère, sa mort la laissait bien indifférente.

    La Légende fait aussi mention d'une Marie Charlès, fille de Marguerite Charlès, qui lui succéda peut être à la tête de la bande. M. Le Braz, qui l'a prise pour héroïne d'une de ces « Vieilles histoires de pays breton », veut qu'elle ai été rousse, ce qui la rapprocherait donc de Marion du Faouet, et « belle fille comme cette dernière et pas plus bégueule qu'elle" ». Quoiqu'il en soit et quand la Charlès eut été « branchée » (pendue), la paix ne régna pas pour cela sur la Lieue-de-Grève ; les fourrés et les landes continuèrent de servir de repaire aux voleurs de grand chemin.

    Dans ses « Impressions et notes de voyage » (Revue de Bretagne et de Vendée, 1865) François-Marie Luzel évoque longuement la Lieue de Grève et donne une traduction de la célèbre ballade qui, dit-il, « se chante encore dans nos campagnes ». On trouvera la version bretonne de cette chanson dans les « Gwerziou Breiz-Izel », II, p. 75.

  • l'histoire du "penn-baz"

    L'histoire suivante a été racontée à Anatole Le Braz par une vieille femme de Ploumillau. Un marchand de Tréduder avait reçu en cadeau, à la foire de Lannion, un "penn-baz", le bâton ferré des paysans bretons. Ce maudit gourdin faillit le jour m^me lui coûter la vaie, car il se prit dans ses jambes et le renversa sur le pavé. Et les ennuis contonuèrent, au point qu'il le suspendit dans sa cheminée.

    Le temps avait pasé quand il reçut la viste d'un collègue de l'Armorique. Il faisait froid, aussi s'installèrent-t-ils au foyer. Mais ne voilà-t-il pas qu'au moment précis où il s'asseyèrent, le "penn-baz" tomba à leurs pieds. Le visiteur avait bondi : Ce bâton était celui que son père portait le jour où il eut la tête fracassée dans la Lieue de Grève. Or le "penn-baz" avait disparu : c'était l'arme du crime, l'arme souillée qui depuis appelait inlassablement à la vengeance ! Il fut facile de remonter jusqu'au criminel : c'était un voisin de Toull an Héry. Confondu, il mourra aux galères. Texte d'après le récit de Désiré Lucas.

  • 20042204825NUCB : Tableau d'assemblage des plans cadastraux parcellaires, 1816 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/18, Numplan 1.

    20042204826NUCB : Tableau d'assemblage des plans cadastraux parcellaires, 1848 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/48, Numplan 1.

    20042204861NUCB : Carte postale, 1er quart 20ème siècle - Collection particulière

    20042204862NUCB : Carte postale, 1er quart 20ème siècle - Collection particulière

    20042204953NUCB : Photographie, 2004 - Collection Catherine et Peter Higgins

    20042205029NUCB : Carte postale - Collection particulière

    20042205062NUCB : Carte postale - Collection particulière

    20042205055NUCB : Carte postale - Collection particulière

    20042205048NUCB : Carte postale - Collection particulière

    20042205052NUCB : Carte postale - Collection particulière

    20042205051NUCB : Carte postale - Collection particulière

    20042205050NUCB : Carte postale - Collection particulière

    20042205049NUCB : Carte postale - Collection particulière

    20042205030NUCB : Carte postale - Collection particulière

    20042205032NUCB : - Dans : "Carte IPLI : usage du sol, Côtes du Nord, Lannion, 1977"/ Paris : IGN, 1982 - Collection particulière

    20042205031NUCB : - Dans : "Carte IPLI : usage du sol, Côtes du Nord, Lannion, 1977"/ Paris : IGN, 1982 - Collection particulière

    20042205023NUCB : - Dans : "Carte IPLI : usage du sol, Côtes du Nord, Lannion, 1977"/ Paris : IGN, 1982 - Collection particulière

    20042205024NUCB : - Dans : "Carte IPLI : usage du sol, Côtes du Nord, Lannion, 1977"/ Paris : IGN, 1982 - Collection particulière

    20042205022NUCB : - Dans : "Carte IPLI : usage du sol, Côtes du Nord, Lannion, 1977"/ Paris : IGN, 1982 - Collection particulière

    20042205021NUCB : - Dans : "Carte IPLI : usage du sol, Côtes du Nord, Lannion, 1977" / Paris : IGN, 1982 - Collection particulière

    20042205018NUCB : - Dans "Les espaces littoraux remarquables des Côtes d'Armor"/ Rennes : DIREN Bretagne, 1998, p. 202 - Collection particulière

    20042205019NUCB : - Dans "Les espaces littoraux remarquables des Côtes d'Armor"/ Rennes : DIREN Bretagne, 1998, p. 203 - Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/18, plans cadastraux parcellaires de 1816.

    Numplan 1, tableau d'assemblage
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/48, plans cadastraux parcellaires de 1848.

    Numplan 1, tableau d'assemblage
  • AD Côtes-d'Armor : 2 O 350/1.

    bâtiments communaux (mairie, groupe scolaire, presbytère)
Documents figurés
  • IGN. Carte IPLI : usage du sol, Côtes du Nord, Lannion, 1977. Paris : IGN, 1982.

Bibliographie
  • COUFFON, René. Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1939.

    p. 539-541
  • DIREN BRETAGNE, OUEST-AMENAGEMENT. Les espaces littoraux remarquables des Côtes d'Armor. Rennes : DIREN Bretagne, 1998.

    p. 202-203
  • JOLLIVET, Benjamin. Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes du département. Guingamp : B. Jollivet, 1854, 4.

    p. 143
  • LE SAULNIER DE SAINT-JOUAN, Régis. Dictionnaire des communes du département des Côtes-d'Armor : éléments d'histoire et d'archéologie. Saint-Brieuc : Conseil Général des Côtes-d´Armor, 1990.

    p. 747-748
  • LUCAS, Désiré. Histoires et légendes de la Lieue de Grève. Plestin-les-Grèves : Centre culturel de Plestin, 1986.

  • LUCAS, Désiré.La Lieue de grève en Trégor, un espace de légende. In Ar Men n° 27Douarnenez : Editions Le Chasse-Marée/Armen, 1990.

    p. 23-25
  • LUZEL, François-Marie. Chants et chansons populaires de la Basse-Bretagne, Gwerzioù. 1868 et 1874 Maisonneuve et Larose : Paris : 1971.

  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Rennes : Deniel, 1853, 2.

    p. 914
  • TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor : origine et signification. Douarnenez : Ar Men-Le Chasse Marée, 1992.

    p. 327-328
Documents audio
  • PRIGENT, Guy. Témoignage oral de Félix Péron Tréduder, 2 mai 2004.

    Témoignage audio de Félix Péron
  • VARIOT, Frédéric, PRIGENT, GUY. L'or vert de la Bretagne. Rennes : FR3, 2000.

    Document audio-visuel