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Présentation de la commune de Saint-Hélen

Dossier IA22005178 réalisé en 2018

Fiche

Œuvres contenues

CC Dinan Agglomération.

Population 2014 : 1390 habitants. Superficie (en km2) : 17, 02 km2

Hydrographie : La Rance, ruisseau du gué Parfond, ruisseau du Pont aux Chats, ruisseau de l’étang de la Chesnaye.

Monuments Historiques : 1 inscrit MH, le château de Coëtquen

LA CONDUITE DE L’INVENTAIRE

L'Inventaire du patrimoine de la commune de Saint-Hélen a été réalisé en 2018. Sur les 313 œuvres ou ensembles recensés (voir Kartenn patrimoine), 23 ont fait l'objet d'une étude documentaire plus détaillée dont la liste est liée à ce dossier. Deux sites industriels ont été recensés précédemment en 2002 et un site de château détruit à la Croix du Frêne en 2004.

SITUATION GÉOGRAPHIQUE ET PAYSAGE

Saint-Hélen est une commune rurale et forestière avec 1 km de trait de côte sur l’estuaire de la Rance, entre Chantoiseau et la Pointe du Chatelier. La forêt domaniale de Coëtquen, large bande verte transversale, occupe 398 hectares. La commune est traversée par trois voies rapides : - deux départementales D795 et D29 qui coupent les franges de son périmètre et - une route communale C3, longue ligne droite, qui relie les villages de la Coupaudais, la Ville Orié, la Viilles-boucs, la Besselière, au centre bourg de Saint-Hélen. L’habitat est à la fois dispersé et regroupé dans des hameaux, dont les plus étendus sont : Coëtquen, la Ganterie, la Croix du Frêne, la Bégassière, Trévallon, la Ménaudière.

CONTEXTE HISTORIQUE ET PATRIMOINE ARCHITECTURAL

Des sites préhistoriques menacés

Le site préhistorique du Bois du Rocher a été étudié en 1872 et 1873 par deux archéologues F. Fornier et V. Micault. Il comprenait, à côté de l’allée couverte, un atelier de fabrication de bifaces et de racloirs de différentes natures de roches, locales mais aussi du quartzite, du quartz, du silex, du jaspe qu’il fallait aller chercher plus loin. Le site de production qui s’étendait sur plusieurs hectares a été fragilisé depuis fort longtemps par des collectages sauvages. Toutefois, une allée couverte demeure, à une centaine de mètres de la carrière. Brisée, elle s’étend sur une douzaine de mètres de longueur. La plupart des tables sont déposées. Ce site a été habité au paléolithique et néolithique.

Deux autres sites paléolithiques ont été anciennement signalés, l’un proche de l’ancien "Moulin du Tertre", l’autre à côté du lieu-dit "Les Domaines".

Des fragments de la période antique

Les archéologues mentionnent des sites antiques de la période romaine au sud-ouest de la commune, autour de Trévallon. Jean Robin dans son histoire récente sur Saint-Helen signale d’autres découvertes de surface : briques et tuiles à crochets proche de la Rance, au lieu-dit la Falaise.

Une motte féodale, en lisière de forêt

La forêt a donné son nom à la famille de Coëtquen, en breton : "Coat Gwenn", bois blanc ou forêt blanche. Raoul de Coëtquen, mentionné en 1130, serait le premier du nom. Les seigneurs de cette famille tiennent un rang important dans l’histoire de la Bretagne depuis le 12e siècle. Ils sont à la fois proches des ducs et des rois de France. Leur premier château sur motte féodale était installé, plus au sud, en lisière de la forêt et en limite de commune avec Saint-Pierre de Plesguen.

Bourg ecclésial et bourg castral

La création du bourg est liée à la fondation d’une église au 12e siècle. La paroisse dédiée à saint Hélen, "parochia sancti Eleni" est attestée en 1267. Cure du diocèse de Dol, elle relevait du doyenné de ce nom. Les seigneurs de Coëtquen en étaient les principaux "décimateurs" ou releveur de la dime, impôt sur les récoltes. C’est proche de leur château fortifié, à partir de 1440, à l’est du bourg actuel, qu’une autre agglomération s’est constituée, avec le statut de ville. En novembre 1577, le roi Henri III, fait établir deux nouvelles foires "en la ville de Couesquin", l’une le premier mai, l’autre le 20 juillet. Elles s'ajoutent aux anciennes foires "depuis fort longtemps crées" qui se tiennent régulièrement le mardi et les jours de la saint Martin d’été et de la saint Martin d’hiver.

Coëtquen

Ancienne bannière et ramage de la maison de Dinan, la famille de Coëtquen éteinte dans la famille de Durfort-Duras, comtes de Combourg, est surtout connue grâce à Raoul V de Coëtquen (1370-1440), gouverneur de Dinan, amiral et maréchal de Bretagne. Grand diplomate associé à la délivrance du connétable de Richemont), ce personnage négocia, pour le compte du duc François II, plusieurs trêves avec les anglais sur les marches bretonnes (Pontorson, Fougères). Jean II de Coëtquen, chambellan du duc et grand maître de Bretagne, ambassadeur extraordinaire en France, gouverneur de Dol et de Dinan en 1491, conseiller des rois Charles VIII et Louis XII, fait aussi partie des illustres de cette famille.

De leur château fort en grande partie reconstruit au 15e siècle, partiellement démantelé lors des guerres de la Ligue, subsistent d’imposants vestiges dont la base d’un grand donjon qui rend compte de l’importance de cette place forte au Moyen Âge. Le logis seigneurial plusieurs fois détruit est reconstruit sur des assises médiévales, après les troubles révolutionnaires. En 1953, ce grand château, rebâti dans le style malouin du 18e siècle, est en péril et la décision de le démolir est prise par la comtesse de Guéhéneuc de Boishue.

Maisons nobles et de notables

Abandon et nouveaux sites de manoirs

En dehors des Coëtquen, lors de la Réformation de 1513 (contrôle des personne et des lieux nobles) sont mentionnées à Saint-Hélen parmi les 18 autres familles et maisons nobles : le Plessix, le Gué, la Folletière, la Houssaye, la Ganterie, au Gage, le Pont Ricoul (en St Pierre-de-Plesguen), la Bégacière, la Fallaize, les Vallées, la Thieullaye, le Gué et la Ville-Davy.

Les guerres de la ligue ont été particulièrement dévastatrices sur ce territoire. Jean V de Coëtquen (décédé en 1602) avait pris le parti du roi, contre le duc de Mercoeur et son propre gendre jean d’Avaugour, seigneur de Saint-Laurent. Cela pourrait expliquer la destruction massive des manoirs cités dans les Montres (revue d’armes) et Réformations du 16e siècle. Les maisons nobles qui subsistent, sont pour la plupart reconstruites au 17e siècle, à la Bégassière en 1643, ou au 18e siècle, à la Houssaye, à la Ganterie en 1758, mais aussi au 19e siècle au Plessis. Enfin, d’autres logis voient le jour sur de nouveaux sites, à la Villais, au 17e siècle pour une famille de procureur fiscal de la seigneurie de Coëtquen.

Des châteaux et architectes du 19e siècle liés au territoire

Le grand logis seigneurial de Coëtquen, détruit en 1953, avait été reconstruit au début du 19e siècle, pour la famille de Boishue, dans le style des ingénieurs du roi. Deux décennies, plus tard, vers 1840, celui de la Guerche terminé pour Marc Antoine de Guéhenneuc de Bois Hue affiche un autre style, plus urbain dans la mouvance de l’architecte rennais Louis Richelot. L’allure générale du nouveau château, composition et style, s’apparente, en plus petit, au grand château néo-classique de l’Argentaye à Saint-Lormel, édifié par Pierre Hamon (1779-1853). S’y retrouve, à la Guerche, sa manière de faire et tout un ensemble de détails qui permettent de lui en attribuer la paternité. Enfin, le petit château de la Croix du Frêne, de la fin du 19e siècle, édifié pour la famille Blanchard de la Buharaye, dans un style néo XVIIe siècle, est quant à lui attribuable à l’architecte dinannais A. Jousseaume. Ce dernier construit, à la même période, une maison d’école dans le bourg.

Les maisons rurales

Une maison de notable

Presque un tiers des maisons rurales sont antérieures au 19e siècle. Parmi les plus anciennes, celle de la Basse Besselière, datée 1635, appartenait à Pierre Bossart qui fait graver son patronyme à deux reprises. Ce notable rural, qualifié de « sieur de la Besselière », est enterré en 1657 dans l’église paroissiale. Sa maison se distingue par la présence de trois pièces au sol, dont deux sont chauffées et une chambre à l’étage avec vaisselier et cheminée. Ce logis est à mettre en relation avec les maisons de marchands de ce territoire implantées à la campagne dont plusieurs, sont de la même époque et disposent d’une organisation similaire.

Des logis regroupés en alignement

La plupart des maisons alignées les unes aux autres sont des petites fermes avec un lopin de terre, un jardin et une dépendance. L’alignement de cinq maisons au Bois Ramard est assez significatif de cette manière d’habiter. Si ce regroupement de logis est mentionné sur le plan de 1844, il est entièrement reconstruit à partir de 1850 par des propriétaires différents. La plupart des logis de fermes sont à une pièce, voire deux pièces au sol. La disposition des ouvertures en façade trahit l’organisation fonctionnelle intérieure, la distribution, la place du mobilier, les espaces de stockage.

Des fermes de paysans marins

Au tournant du 19e siècle et du 20e siècle (1891, 1906, 1907, 1912) quelques fermes sont reconstruites pour des marins, au bas du Bourg, à la Mezeray, à la Hautière, au Domaine Ramard et témoignent d’un phénomène plus général des communes des bords de Rance. Au début du 20e siècle, ce sont les femmes qui exploitaient les terres pendant que leurs maris étaient en mer, le plus souvent, à la morue sur les bancs de Terre-Neuve, comme Augustin Hamoniaux de la Hautière. Quelques témoignages recueillis dans la commune indiquent des campagnes de pêche tardives, jusqu’aux années 1970. A cette période, les marins partaient en transport collectif vers la côte normande.

Aires d'études Projet de Parc Vallée de la Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Saint-Hélen

Annexes

  • Synthèse communale :

Références documentaires

Bibliographie
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de Bretagne, nouvelle édition augmentée par Marteville et Varin. Rennes, 1843.

  • LEMASSON Auguste, abbé. Histoire du Pays de Dinan de 1789 à 1815. Le Pays de Dinan : Dinan, 1989

  • Le patrimoine des Communes des Côtes d'Armor. Paris : Flohic éditions, 1998.

  • ROBIN Jean. Saint-Hélen. Son histoire. Par un hélenais d’adoption [Monographie imprimée, sans date, sans édition]. P.83