Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Présentation de la commune de Saint-Eloy

Dossier IA29005504 réalisé en 2012

Fiche

L'enquête de recensement :

Le recensement du patrimoine culturel de la commune de Saint-Eloy a été réalisé en décembre 2012. Les quelques photographies réalisées en 1970 par le Service de l'Inventaire ont été intégrées au présent travail. L´opération s´inscrit dans le cadre du recensement du patrimoine architectural du Parc Naturel Régional d´Armorique, structure à laquelle adhère la commune. Cet inventaire a pour finalité d´identifier, de localiser et de documenter les éléments appartenant au patrimoine culturel et de présenter un état des lieux exhaustif et raisonné du patrimoine bâti antérieur à 1950. Par ailleurs, l´inventaire ne rend compte du patrimoine ethnologique ou du patrimoine naturel que dans la mesure où il informe le bâti. Les dossiers qui suivent sont classés du général ou thématique (dossiers collectifs), au particulier. Les édifices uniques ou au contraire représentatifs, à valeur patrimoniale intrinsèque et revêtant un intérêt à l'échelon communal, sont traités dans un dossier individuel. La restitution des données découle de la méthode d'analyse. A chaque élément sélectionné correspond une notice. Cependant, pour appréhender les familles d'édifices représentés en grand nombre (les maisons par exemple), il a été procédé à une sélection raisonnée d'unités à étudier, les caractères communs à chaque famille étant restitués dans un dossier collectif.

98 éléments recensés (toutes catégories confondues), 8 dossiers collectifs ou individuels créés. Chaque dossier comprenant des illustrations et un géo-référencement de l’élément étudié.

L'analyse des données issues du recensement, selon les critères retenus par le Service de l'Inventaire (authenticité, état sanitaire, intérêt, abords) se présente ainsi :

29% antérieur au 19e siècle ; 41 % pour le 19e siècle ; 23% pour le 20e siècle (jusqu'au milieu du siècle).

Critère "authenticité", c'est-à-dire un patrimoine ni modifié ni dénaturé ni remanié : 55% (bon) ; 32% (moyen) ; 21% (faible).

Critère "état sanitaire" : 98% (bon) ; 10% (moyen, le plus souvent abandonné sans entretien depuis quelques décennies) ; 1% (mauvais, c'est-à-dire en ruine)

Critère "abords", c'est-à-dire l'environnement immédiat participant à sa mise en valeur ou non (croix au bord d'une route, lavoir visible, végétalisation harmonieuse et contrôlée, stabulations) : 56%(bon) ; 42%(moyen) ; 1% (mauvais)

Critère "intérêt" ; il s'agit de l'intérêt patrimonial. Les pourcentages sont équilibrés entre bon, moyen et mauvais : en fait il y a peu de patrimoine culturel qui se dégagent du recensement.

La richesse de la commune de Saint-Eloy tient essentiellement au patrimoine naturel.

Aires d'études Parc Naturel Régional d'Armorique
Adresse Commune : Saint-Eloy

Commune située à l'est du canton de Daoulas, au sud de la Communauté de communes du Pays de Landerneau, limitrophe à l'ouest de la commune de Sizun, Saint Eloy fait partie du périmètre du Parc Naturel Régional d'Armorique.

La présence d'habitat est ancienne sur le territoire de Saint-Eloy.

"Y. Lecerf et M. Le Goffîc sont intervenus sur une tombe de l'Âge du Bronze, [à Kerivoal-Saint-Eloy] éventrée par des travaux agricoles. Elle se présentait comme un caveau rectangulaire de 3,10 m de long sur 1,15 m de large à la base, 0,90 m au sommet et profond de 1 m.Les parois longitudinales sont formées de plaquettes de schiste appareillées à sec et les parois transversales d'une dalle de schiste surmontée d'un ou deux rangs de plaquettes. Le caveau, construit dans une fosse, contenait probablement un cercueil de bois posé sur le fond. Quatre dalles de schiste de tailles variées constituaient la couverture. Le mobilier funéraire, qui n'était plus en place lors de la fouille, comprenait un vase biconique à fond plat muni d'une anse et le fond d'un autre vase » Le Roux Charles Tanguy. Bretagne. In: Gallia préhistoire. Tome 28 fascicule 2, 1985. pp. 211-233.

Une voie romaine passait au nord de la commune actuelle allant de Landerneau à Braspart. Des tuiles de la période romaine ont été trouvées au bourg.

L'ancien nom de la commune est Le Fresq. Il en fait mention dans des documents concernant l'abbaye de Daoulas. La terre du Fresque (terra fresque en 1173, terra an frescle en 1186), s'étendant de Forsquilly à Roc'h Bleizy (Rupes Luporum en 1186), fut donnée à l'abbaye de Daoulas par le Vicomte de Léon en 1173. Le mot fresk, qui apparaît également dans le nom du village de Fresbuzic, à l'ouest du bourg, est à rapprocher de l'ancien français fresche "terre en jachère, herbage, pâtis". Porte de le nom de Saint Eloy du Fresque en 1486, Saint Esloy en 1567, Sand Alar en breton (Bernard Tanguy).

Saint-Eloy est une ancienne trève de la paroisse d'Irvillac, et Forsquilly et ses terres étaient au 12e siècle une prévôté dépendant de la seigneurie de Irvillac.

Située au bourg, une chapelle dédiée à Saint-Eloy, existait dès le 15e siècle. Indiquée ruinée sur le cadastre de 1825, on retrouve quelques pierres sculptées utilisées en remploi dans la maçonnerie de maisons au bourg. L'église paroissiale (consacrée en 1531 par Jean du Largez, évêque d'Avesnes), implantée à l'est de l'ancienne chapelle, a été érigée par les moines de l'abbaye de Daoulas qui, fuyant la peste, se sont installés à Saint-Eloy en 1521.

Au 15e siècle, le 4 mai 1485, François II, duc de Bretagne, autorise la tenue d'une foire. Saint Eloi, saint patron des maréchal-ferrands, est représenté dans l'église sur un vitrail réalisé par l'atelier Saluden en 1929. On trouve encore de nombreux chevaux sur la commune.

Production et transformation du lin :

Traversée par de nombreux cours d'eau, l'activité de transformation du lin était présente sur la commune sous l'ancien régime. Les états de sections de l'ancien cadastre répertorient plusieurs parcelles portant mention de "Kanndi": goarem ar candi ; foennec ar candi ; parc ar candi. L'étude des inventaires après décès du 18e siècle confirme une économie fondée sur la culture du lin et sa transformation textile. La maison jumelée à avancées située au bourg appartiendrait à ce patrimoine.

Carrières de schiste :

Le schiste est omniprésent dans le paysage de Saint-Eloy. La carrière de Roc'h vraz a été exploitée jusqu'aux années 1950. De façon générale, l'exploitation était artisanale et le nombre important d'amas rocheux permettait une exploitation "à portée de main". Sur le relevé du cadastre ancien beaucoup de roches sont représentées et la toponymie des parcelles confirme l'omniprésence des roches : parc ar roch, goarem ar roch.

Le schiste a connu des utilisations très diversifiées : cloisonnements intérieurs des étables et des écuries, passages traversant les ruisseaux (moulin de Saint-Eloy ; pont de Roudoualec), éléments constitutifs des édifices destinés au traitement du lin (Letiez). Les croix de chemin de la commune présentent des fûts en schiste, de multiples blocs de schiste sont mis en évidence dans les jardins des maisons de Saint-Eloy. L'ensemble du bâti ancien de la commune est composé de moellon et de dalles de schiste.

Les moulins :

Au sud de la commune, le réseau hydrologique a permis l'implantation de moulin. Le moulin de Saint-Eloy, anciennement propriété de l'abbaye de Daoulas, est modifié et rénové (jugé ruiné en 1970 lors de l'enquête de pré-inventaire réalisée par le Service d'Inventaire), il a cependant gardé quelques trous d'attache, un encadrement de porte en arc brisé. Le nouveau tracé de la route du Faou a modifié son environnement proche ainsi que la retenue d'eau. Quant à l'ancien moulin, nommé milin coz, il ne reste rien.

Description du Moulin saint-Eloy, lors de l'expertise des biens de l'abbaye de Daoulas, le 30 juin 1791 :

Moulin roux. Etang formé d'une chaussée assez forte longue de 12 coudées ; bouclier et canaux en mauvais état ; chambre d'eau et roue dans l'eau ; plate-forme, pierres tournantes et chomantes également bonnes ; maison où est le moulin, couverte d'ardoises est bâtie en bonnes pierres, longue de 27 pieds, large de 15 et haute de 10 ; cheminée bout nord et 3 portes au midi, couchant et nord.

Sites de proctection parc naturel régional

Références documentaires

Documents figurés
  • Tableau d'assemblage et cadastre parcellaire, 1825. 3 P 304.

    3P304 Archives départementales du Finistère
Bibliographie
  • TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses du Finistère. Douarnenez : Ar-Men - Le Chasse-Marée, 1990.

    p. 196
  • LE GALL-SANQUER, Andrée, RICHARD, Jean-Luc Richard, RICHARD, Marie-Louise. L'or bleu (An aour glaz) : le lin au pays de Landerneau-Daoulas. Association Dourdon, Cloître Imprimeurs, 2005.

    p. 71
Périodiques
  • Le Roux Charles Tanguy. Bretagne. In: Gallia préhistoire. Tome 28 fascicule 2, 1985.

    pp. 211-233
  • OLIER, Ernest, OLIER, Yvonne. La maison de tisserand à porche extérieur surélevé dans le haut-Léon au XVIIe siècle. in Société archéologique du Finistère, T. CIX, 1981.

    pp.298-309