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Présentation de la commune de Saint-Congard

Dossier IA56006455 réalisé en 1979

Fiche

Œuvres contenues

Une enquête d’inventaire

Le territoire

L'approche topographique, en considérant avant tout l'œuvre dans son territoire, fait de l'Inventaire un interlocuteur privilégié des organismes et des responsables locaux chargés de la gestion du patrimoine et de l'aménagement de ce territoire. Partout, la richesse et les particularismes du patrimoine constituent des leviers de développement. Les travaux de l'Inventaire permettent d'accompagner une démarche de reconnaissance culturelle tant dans des secteurs ruraux qu'urbains, et aussi de fournir un outil d'aide à la décision en livrant des arguments essentiels à la compréhension historique et esthétique du territoire.

La restitution des données

La restitution des données découle de la méthode d'analyse. À chaque élément étudié correspond une notice. Chacun de ces éléments fait généralement partie, sur un territoire donné, d'une famille d'édifices (maisons et fermes, manoirs et châteaux, églises et chapelles...) ou d'édicules (croix, fontaines et lavoirs, ponts…) ; leurs paramètres descriptifs sont rassemblés dans un dossier collectif, au niveau communal. Au niveau cantonal, un second dossier cantonal restitue les caractères communs de la famille sous forme d’observations générales.

Certains de ces éléments particulièrement bien conservés, représentatifs d'une famille ou au contraire uniques, sont sélectionnés et font l'objet d'une notice plus approfondie.

Les dossiers sont classés du général ou du collectif au particulier, par lieu-dit ; les objets mobiliers sont reliés à leur édifice contenant par une notice intermédiaire intitulée « Le patrimoine mobilier de l'église... » ou « Le patrimoine mobilier de la chapelle... ».

L'enquête sur le patrimoine de la commune de Saint-Congard

Elle s’est déroulée en deux campagnes distinctes :

1) La première enquête s’est échelonnée sur le terrain entre 1979 et 1980 dans un cadre d’études d’inventaire topographique.

Elle a porté sur l'ensemble des éléments bâtis jusqu'en 1950 et sur les objets contenus dans l’église. Elle a abouti, en 1980, à des dossiers « papier ». Les œuvres remarquables ou représentatives du patrimoine, localisées aussi précisément que possible, ont fait alors l’objet d’une notice documentée, accompagnée de photographies et éventuellement de relevés architecturaux.

2) La seconde enquête s’est déroulée en 2010 dans le cadre d’études des communes riveraines du canal de Nantes à Brest.

Après avoir inventorié le réseau du canal (écluses, sites d’écluses, ponts…), il a été décidé d’élargir le champ d’investigation sur une bande de 5 km de largeur totale, de chaque côté du canal, pour mettre en valeur le patrimoine culturel en Bretagne intérieure. Tous les dossiers concernant les communes riveraines ont alors été rassemblés : import des notices électroniques, géoréférencement des œuvres, intégration des illustrations, des notes de lecture et de terrain, mise aux normes d’une bibliographie courante, création des liens entre les notices. Une sélection des œuvres intéressantes du point de vue touristique a été réalisée ainsi que des retours sur le terrain, ne concernant que ces œuvres.

La publication des dossiers permet donc de rassembler des enquêtes issues de cadres d’études différents. Elle est aussi l’occasion de les enrichir : des photographies prises entre 2010 et 2015 les ont rejoints ainsi que quelques œuvres qui n’avaient pas été retenues.

Présentation de la commune de Saint-Congard

La longue façade est de la commune de Saint-Congard s´étire tout en hauteur en suivant le cours de la rivière d´Oust qui, après avoir quitté Malestroit, la sépare successivement de Missiriac, Saint-Laurent-sur-Oust et Saint-Martin ; trois autres communes sont limitrophes : au sud, Saint-Gravé et Pluherlin ; à l´ouest, Pleucadeuc dont la Claie assure une partie de la frontière ; c'est sur cette belle rivière qu'est édifié le moulin de Bégasson qui dépendait du manoir du même nom à Pleucadeuc. Reconstruit au 19e siècle, il a été détruit à deux reprises par un incendie.

Le relief du territoire est constitué de petites falaises entamées par des carrières et qui ont donné sa direction à l´Oust ; celle du nord qui porte la Forêt de la Censie est séparée de celle du sud par la rivière de la Claie qui vient se jeter là dans l´Oust, sur la rive droite.

Le canal est ponctué par trois écluses : Foveno au nord, Beaumont au centre et Rieux au sud, chacune avec sa maison éclusière. C´est à Saint-Congard que le 7 décembre 1977 la péniche le « Mistral » déchargea la dernière cargaison de sable.

Les ressources du sous-sol se retrouvent dans les constructions où cohabitent granite et schiste. Une grande partie de la surface de la commune (2187 ha) était occupée par des landes.

On a achevé de démolir, en 1905, une allée couverte, près du hameau de Bignac ; longue de 14 mètres, large de 2 mètres et haute d´1 mètre 50, elle était recouverte de cinq tables dont une était renversée. Seule trace restée de l´époque préhistorique, le menhir du Begué se dresse près du Bois de la Touche, au sud-ouest de la commune.

Sous l'ancien Régime, Saint-Congard relève de la seigneurie de Rieux et de la sénéchaussée de Ploërmel ; seules deux familles apparaissent à l´occasion des réformations de la noblesse. En 1427 et 1536, on mentionne le village de Bignac, où Pierre de Catlan (Castellan) possède un manoir, hébergement et métairie ; et le village de Belleix (Bellée), détenu par Guillaume Le Macquignon et sa mère, puis par les Couyer et les Le Goaesbe ; il y avait en ce lieu une chapelle privée dédiée à saint Yves. Actuellement, seul le nom de ces écarts les rappelle.

Au nord de la commune, existait aussi le manoir de Fohenno, aujourd´hui Foveno, siège d´une seigneurie que possédait la famille Guérin, en 1640. Un édifice du 16e ou du 17e siècle, plusieurs fois remanié s'y élève encore : un corps de logis avec des boulins sous la ligne du toit en façade antérieure et une tour d´escalier postérieure, des dépendances et la chapelle Saint-Jacques qui en dépendait. La moitié est du logis, qui avait été remontée au 19e siècle, fait l'objet depuis quelques années d'une importante restauration.

En 1790, Saint-Congard est érigé en commune ; il fait partie du canton de Pleucadeuc sous le nom de Congard entre 1793 et 1801, puis passe dans celui de Rochefort-en-Terre.

Saint Comgall qui fonda en 558 le monastère de Bangor en Irlande est à l´origine du nom de la commune. Saint-Congard, dans le territoire ecclésiastique de Rieux, fit partie de la paroisse primitive de Pleucadeuc jusque vers le 12e siècle. Peu avant 850, durant la période de conflit avec l´empire carolingien, c´est sans doute dans le village de Coët Leu que Nominoë réunit un synode afin de déposer les évêques francs que lui imposait Charles le Chauve, pour les remplacer par des évêques bretons à Vannes, Quimper et Alet.

Roga est cité en 834 dans le Cartulaire de Redon : l´abbaye y avait acquis une terre et établi un prieuré avec une chapelle dédiée au Saint-Sauveur. Ce prieuré, devenu propriété des Rieux, fut offert en 1672 par Henri de Guénégaud, marquis de Plancy et comte de Rieux, aux Camaldules dont les religieux s´établirent en mai 1674. Cet Ordre, fondé par saint Romuald au commencement du 11e siècle, avait reçu son nom de la vallée de Camaldoli, dans l´Apennin, où le fondateur établit son premier monastère. La règle y était rigoureuse. Les maisons de Camaldules étaient fort peu nombreuses en France ; celle de Roga ne comptait plus qu´un seul moine en 1773 et elle fut annexée par l´hôpital de Malestroit en 1786. La chapelle, vendue comme bien national, a été démolie. En 1847, Cayot-Délandre s´attarde sur l´histoire du couvent dont il put voir encore « neuf cellules à peu près intactes, moins les portes et les couvertures [...]. Le site de Roga est l´un des plus pittoresque de ceux qui dominent la vallée de l´Oust. Le monastère était situé sur le penchant d´une haute colline dont la déclivité venait mourir au bord de la rivière, avant que les travaux de la canalisation, et surtout ceux de l´établissement de la nouvelle route, ne fussent venus trancher le pied de la colline et détruire en partie l´aspect sauvage de cette solitude. »

Les textes mentionnent, en 1677, "une tenue appelée le temple de Saint-Congar et quelques autres maisons [...], relevant du lieu du Pont-d'Aoust". Il ne s'y trouvait ni chapelle ni manoir. L'hôpital du Pont-d'Oust était au 16e siècle l'un des cinq groupes composant la commanderie du Temple de Carentoir, qui était, en Bretagne, l'une des fondations les plus importantes des Templiers, puis de leurs héritiers, les Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Au bourg, l´église, de style néogothique, a été reconstruite en 1881. Près de son portail occidental, subsiste une stèle gauloise.

Deux châtaigniers sont recensés dans la base des Arbres remarquables de Bretagne (http://www.mce-info.org/arbres-remarquables/liste_arbres.php). L´un, rue de Lorette : hauteur 9 mètres, circonférence : 6, 10 mètres ; l´autre, à la sortie du bourg, dans la direction de Malestroit : hauteur 15 mètres, circonférence : 7, 70 mètres.

(M. -D. Menant)

Aires d'études Communes riveraines du canal de Nantes à Brest
Adresse Commune : Saint-Congard

Références documentaires

Documents figurés
  • Saint-Congard. Cadastre napoléonien, section B2 de Coët-Leu. Levée par M. Loaisel, géomètre du cadastre, 1841, échelle : 1/2000e.

    Archives départementales du Morbihan : 3 P 253/8
  • Saint-Congard. Cadastre napoléonien, section C1 du Bourg. Levée par M. Loaisel, géomètre du cadastre, 1841, échelle : 1/1000e.

    Archives départementales du Morbihan : 3 P 253/11
  • Saint-Congard. Cadastre napoléonien, section C3 du Bourg. Levée par M. Loaisel, géomètre du cadastre, 1841, échelle : 1/1000e.

    Archives départementales du Morbihan : 3 P 253/13
  • Saint-Congard. Cadastre napoléonien, section D2 de Bellée. Levée par M. Loaisel, géomètre du cadastre, 1841, échelle : 1/2000e.

    Archives départementales du Morbihan : 3 P 253/18
  • Saint-Congard. Cadastre napoléonien, section G4 de Fendrement. Levée par M. Loaisel, géomètre du cadastre, 1841, échelle : 1/2000e.

    Archives départementales du Morbihan : 3 P 253/28
  • SAINT-CONGARD. (Morbihan). - Restes du dolmen de Bignac, un des plus beaux du Morbihan ; on l'a démoli en 1905 pour y chercher un trésor, on y a trouvé quelques statuettes romaines (Vénus). Carte postale, collection David, Vannes, [limite 19e-20e siècle].

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 6 Fi Saint-Congard
Bibliographie
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. 1ère édition 1778-1780. Nouvelle édition, revue et augmentée par MM. A. Marteville, et P. Varin, avec la collaboration principale de MM. de Blois, Ducrest de Villeneuve, Guépin de Nantes et Lehuérou. Rennes : Molliex, libraire-éditeur, 1843-1853.

    t. 2, p. 740 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • CAYOT-DELANDRE, François-Marie. Le Morbihan, son Histoire & ses Monuments. Vannes : A. Caudéran, édit. 1847, réimp. Auray : éd. du Bastion, 1990.

    p. 285-286 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • ROSENZWEIG, Louis. Répertoire archéologique du Département du Morbihan. Paris : Imprimerie impériale, 1863.

    col. 215 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • ROSENZWEIG, Louis. Dictionnaire topographique du Département du Morbihan comprenant les noms de lieu anciens et modernes. Paris : Imprimerie impériale, 1870.

    p. XIII, XXVI, 245 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • LE MENÉ, Jean-Marie. Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes. Vannes, 1891-1894. Reéd. Coop Breizh, 1994.

    t. 2, p. 365-368 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne. Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902, cité dans http://www.templiers.net/commanderies.

  • FLOQUET, Charles. Dictionnaire des châteaux et manoirs du Morbihan. Mayenne : Yves Floch, éd., 1991.

    p. 223-224 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • LAIGUE, René, comte de. La noblesse bretonne aux XVe et XVIe siècles. Réformations et montres. Evêché de Vannes. Vannes, 1902, rééd. Versailles : Mémoires & Documents, 2001.

    t. 2, p. 694-695 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)

Liens web