Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Présentation de la commune de Saint-Carné

Dossier IA22132224 réalisé en 2012

Saint-Carné

Population 2012 : 958 hab.

Superficie : 836 hectares

Bâti 1945 : 175 immeubles

Hydrographie :

Canal d’Ille-et-Rance, ruisseau du Pont Roux, ruisseau de Saint-Carné, ruisseaude la Fosse, ruisseau de la Landerie.

La conduite de l’Inventaire

La commune de Saint-Carné a fait l’objet en 2012 d’un inventaire de son patrimoine bâti antérieur à 1950. Cette enquête menée par le service de l´Inventaire du patrimoine culturel de la Région Bretagne a pour but d´identifier, de localiser et d´évaluer le potentiel patrimonial de la commune au sein du territoire de projet, le parc régional Rance Côte d´Emeraude.

Le recensement exhaustif du bâti ancien de la commune (167 œuvres recensées), s´est accompagné d´une étude (10 dossiers), des éléments remarquables ou représentatifs du patrimoine, choisis à partir de critères raisonnés portant sur l´authenticité, l´intérêt de l´œuvre et la bonne conservation des abords immédiats.

Le territoire et le patrimoine de la commune

Le territoire communal se dessine comme un polygone, d’où le nombre important de communes frontalières : Calorguen, Tressaint, Léhon, Trélivan, Bobital et Trévron. La Rance canalisée borde le nord-est de la commune (écluse de Pont Perrin), tandis que plusieurs ruisseaux irriguent le territoire, dont celui du Pont-Roux appelé aussi le ruisseau du Pont du Gué. Les Loges et Heunan, situés en lisière de bois, font partie des hameaux les plus importants. L’appellation de la ferme du Faguet, situé entre ces deux écarts, provient vraisemblablement de faguette, petit fagot de bois, et rappelle les anciens usages liés à la collecte du bois mort.

L’origine du nom de la commune demeure encore un mystère Saint Carné, ignoré de tous les hagiographes serait un patronyme lié à une déformation très ancienne, cachant le nom primitif d’un saint patron, peut-être saint Hern, anachorète qui vécut dans la forêt de Duault en Côtes-d’Armor. La paroisse mentionnée dès la fin du 13e siècle, Saint Karnay en 1291, S. Karnetus vers 1330, est un démembrement de l’ancienne paroisse primitive de Plumaudan.

Le village, dont l’église a été majoritairement reconstruite au 19e siècle, présente toujours plusieurs alignements de logis du 17e siècle, reconnaissables à leurs portes cintrées et leurs pignons pentus. Ces ensembles de logis mitoyens avec cours et droits de passage témoignent d’une organisation antérieure de « ruelles rurales », comme celle partant de l’église vers la Cour des Aistres. La rue Josse est indiquée dans un aveu de 1697 où il est fait mention de "la prestimonie" de la rue Josse. Au nord- est de l’église, un ancien logis avec des remplois du 16e siècle, reconnaissable par ses niveaux de toiture décalés, abritait jusqu’en 1835 la perception de Saint Carné, Lanvallay, Quévert, Aucaleuc, Trélivan et Léhon, qui fut transférée ensuite à Dinan. Plusieurs belles maisons sont construites à la fin du 19e siècle au nord du bourg menant à la nouvelle école, qui se distingue de la construction environnante par sa composition à pavillons et ses toitures débordantes.

La présence de mottes castrales est attestée au Pont-Roux par le dépouillement des registres des états de sections de 1809 : « Les Murailles » (A 332,33), le « jardin sur la motte » (A 338), « les douves » (A 607), « les mottes » ( A 622, B766, 667). De ces premières fortifications, il n’en reste actuellement que le souvenir toponymique. Dans la liste des teneurs de fiefs des évêchés de Dol et Saint-Malo, il est fait mention de deux nobles à Saint-Carné en 1480, Guilaume Du Val et Jehan Ferron du Chesne. Un rapport de 1513 fait apparaître quelques manoirs, "la Pruneraye", propriété de Bertrand de Quédillac, seigneur de Taden; "le Chesne" et "la Mensilaye" appartenant à Simon Ferron; et enfin " le Pin", dépendant du seigneur de Montmoron. Le Chêne Ferron, implanté sur une hauteur dominant la Rance, a été réhabilité et en partie reconstruit avec faste à la fin du 19e siècle, probablement par l’architecte Henri Mellet, auteur en 1897 de l’ hôtel Ferron à Rennes. Les autres manoirs progressivement transformés en métairies sont à l’état de vestiges, sauf le logis de la Mensilaye ou Mancelais qui se distingue par sa tourelle d’escalier du 16e siècle.

L’existence d’une sieurie, dépourvue de justice et de rentes seigneuriales, est mentionnée à la fin du 16e siècle à Couacave. D’autres logis de notables ruraux du 16e ou du 17e siècle, avec chambre à l’étage, sont mentionnés au Haut Pont Roux, "le chambro", et dans le bourg "la chambre". En règle générale, l’ancienneté de l’architecture rurale se manifeste sur l’ensemble des hameaux de la commune par la conservation des fondations et des murs pignons dans lesquels sortent les boutisses des consoles de cheminées, les façades ayant été mises au goût du jour à la fin du 18e siècle ou au 19e siècle Cest le cas à la Gautrais, ou encore au Villots, ou le logis remonte pour ses parties les plus anciennes au 15e siècle (cheminée de la salle).

Aires d'études Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Saint-Carné

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. des Côtes d'Armor : 3P280 (cadastres de 1809 et de 1843).

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3P280
Bibliographie
  • LEMASSON Auguste, abbé. Histoire du Pays de Dinan de 1789 à 1815. Le Pays de Dinan : Dinan, 1989

  • GOURBIL Jean. Vieilles croix du Pays de Dinan. Pornichet : Editions Jean-Marie Pierre, juin 1991.

  • MONIER M.E. Châteaux, manoirs et paysages ou quinze promenades autour de Dinan. Mayenne : Joseph Floch, 1975 (nouvelle édition revue et augmentée).

  • Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor. Collection : Le patrimoine des communes de France. Paris : Flohic éditions 1998, 2 tomes.