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Présentation de la commune de Saint-André-des-Eaux

Dossier IA22017270 réalisé en 2010

Fiche

La conduite de l'inventaire

La commune de Saint-André-des-Eaux a fait l´objet en 2010 d´un inventaire de son patrimoine bâti. Cette enquête menée par le service de l´Inventaire du patrimoine culturel de la Région Bretagne a pour but d´identifier, de localiser et d´évaluer le potentiel patrimonial de la commune au sein du territoire de projet, le parc régional Rance Côte d´Emeraude.

Ce recensement exhaustif du bâti ancien de la commune s´est accompagné d´une étude des éléments remarquables ou représentatifs du patrimoine, choisis à partir de critères raisonnés portant sur l´authenticité, l´intérêt architectural et la bonne conservation des abords immédiats.

Sur les 98 oeuvres recensées, 6 ont fait l´objet d´une attention particulière. 5 ouvrages et ensembles étudiés viennent alimenter des thématiques d'études transversales qui sont listées dans le dossier de présentation du projet de parc Rance Côte d'Emeraude. Le thème des faluns a été retenu comme un axe prioritaire d'étude. Ce phénomène géologique majeur à l'échelle de la Bretagne mérite d'être redécouvert. 1 dossier (le moulin du Besso) est rattaché à une étude antérieure sur le patrimoine industriel des Côtes d´Armor.

Le territoire communal

Les frontières de la commune Saint-André-des-Eaux ont été définies par une ordonnance du 7 septembre 1840, date à laquelle la commune cède à celle d´Evran une enclave comprenant les villages de Saint René, la Garenne, les Rompaix en échange du village de Penhouët et des prés de Bétineuc, au sud de la Rance et du Guinefort. En 1865 la mairie école est construite au village des Basses Mares devenant ainsi le centre bourg de la commune.

Le contexte historique et patrimonial

L´origine de la paroisse

Saint-André-des-Eaux se situe sur le parcours de la voie romaine qui relie Corseul à Rennes. Comme le rappelle Mathias Dupuis, dans son étude archéologique sur l´église paroissiale, l´origine de la paroisse de Saint-André-des-Eaux demeure énigmatique : il peut s´agir d´une simple trêve relevant de la paroisse primitive de Plouasne, ou d´un territoire indépendant dès l´origine, comme pourrait le suggérer son statut d´enclave du diocèse de Dol dans l´évêché de Saint-Malo. La paroisse remonte probablement à une époque très ancienne comme l´attestent les vestiges de son ancienne église paroissiale qui se situent entre le 11e siècle et le 12e siècle. Des fouilles récentes ont mis en évidence la présence d´un édifice primitif plus modeste antérieur à l´an 1000. L´insalubrité des lieux, fréquemment inondés lors des crues de la Rance, et l´état de vétusté de l´édifice ont conduit à son abandon à la fin du 19e siècle, au profit d´un nouveau lieu de culte situé à proximité de la mairie école. La démolition partielle de l´édifice a permis toutefois de découvrir sous les couches de badigeons modernes, des peintures murales romanes d´une très grande qualité recopiées par Charles Chauvet et indexées à Paris au musée des Monuments Français.

Le Besso

Le château

Le château du Besso directement implanté sur la rive droite de la Rance est réduit aujourd´hui à l´état de vestiges. Le cadastre ancien montre l´importance que présentait encore l´ensemble avec ses différentes cours, ses douves alimentées par la Rance et son moulin au début du 19e siècle. De l´ancien logis seigneurial dont les murs plongeaient directement dans les eaux de la Rance, il ne subsiste actuellement que la grande tour d´escalier du logis seigneurial et quelques pans de murs. La seigneurie du Besso est passée en 1390 dans la maison de Beaumanoir par le mariage de Tiennette du Besso et Robert de Beaumanoir, chambellan du duc de Bretagne. La tour d´escalier présente à sa base en direction de l´entrée de la cour une canonnière pourvue d´un large ébrasement extérieur, dite à la française caractéristique de la fin du 15e siècle. On peut attribuer cette construction à Briand de Beaumanoir, vicomte du Besso, chambellan du roi Louis XI, capitaine de Melun, mentionné en 1480 dans les réformations de noblesse comme titulaire de 800 livres de revenu et faisant partie de la maison du roi.

Le moulin

A une vingtaine de mètres de l´ancien manoir, en bordure de la route, l´ancien moulin du Besso fortement transformé conserve une pierre armoriée du 15e siècle sculptée des armes de Beaumanoir présentée par un ange.

la chapelle de Fontlebon

A une centaine de mètres au sud de l´ancien château se dressait l´ancienne chapelle dédiée à Notre Dame de Fontlebon ou Fontdebon rebâtie au début du 16e siècle par Charles de Beaumanoir du Besso. Elle fut démembrée au début du 20e siècle. Son portail a été remonté à Dinan, rue Pavie, près du théâtre des Jacobins et des fragments d´une mise au tombeau, en pierre calcaire, du 16e siècle (statues de Marie-Madeleine et de saint Jean) ont été déposés dans la nouvelle église paroissiale de Saint-André-des-Eaux.

Les maisons rurales

L´essentiel de l´habitat de la commune est regroupé dans des hameaux dont les plus importants sont ceux de Penhouêt, au nord-ouest du bourg, des Millières et Hambout, à l´ouest. La quasi- totalité du bâti présente une mixité de matériaux qui associe sur une même façade plusieurs types de pierre avec de la terre. La diversité des matériaux employés, calcaire des faluns, granite et aussi poudingue, reflète la géologie du sous-sol. Leur mise en œuvre en moellons à peine équarris correspond à un ramassage de blocs erratiques de surface. Plus du quart des habitations présente des parties anciennes qui remontent aux 17e et 18e siècles. Quelques dates et inscriptions portées sur les linteaux des portes et fenêtres nous éclairent sur l´origine ou les transformations du bâti, les noms des occupants et commanditaires : au Placis, c´est la maison elle-même qui parle : Je suis de 1737, aux Basses Mares, l´inscription portée sur le logis précise qu´il est construit pour la famille Adam et P. Esirard en 1780. « F (ait). P (ar). M (oi) : G : ADAM ET P.ESIRARD ET ENFANT 1780 », aux Millières plusieurs noms et dates évoquent la permanence en ce lieu d´une famille de notables ruraux tout au long du 18e siècle « F (ait) P (ar) IAN. NICOLAS. E (t) ANE BRINIONT SA FA (mme).1709 ; F (ait) P (ar) C. NICOLAS : ET I. PIEL SAF (emme) : 1789. D´autres symboles sculptés font figure d´enseigne de métier, comme les ciseaux d´un tailleur sur une dépendance de la ferme de la Hamelinais, ou le pichet et le verre brandis de part et d´autre d´une porte en plein-cintre témoignage vivant de la présence d´une ancienne taverne du 16e siècle au village de Penhouet.

Aires d'études Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Saint-André-des-Eaux

Annexes

  • Recensement, liste des chronogrammes

    Desvrie (la), ferme : 1698

    Millières (les), ferme dans un alignement : 1709

    Lindais (la), ferme : 1728

    Millières (les), ferme dans un alignement : 1734

    Placis (le), maison : 1737

    Penhouët (le), ferme dans un alignement : 1744

    Béchardais (la), ferme : 1771

    Bourg (le), ferme dans un alignement : 1780

    Penhouêt, ferme dans un alignement : 1781

    Millières (les), ferme dans un alignement : 1789, 1790

    Hambout, maison dans un alignement : 1801

    Penhouêt (le), auberge : 1802

    Placis (le), ferme : 1823

    Haute Millière (la), ferme : 1833

    Bourg (le), ferme : 1834

    Bourg (le), ferme dans un alignement : 1835

    Lindais (la), ferme : 1859

    Lindais (la), ferme : 1860

    Millières (les), ferme : 1864

    Epine (l'), ferme : 1866

    Champ Richet (le), ferme : 1869

    Placis (le), croix de chemin : 1886,1964

    Penhouët (le), ferme : 1896

    Bourg (le), église paroissiale : 1897

    Penhouët (le), maison, 1900

    Champ Barbe (le), ferme : 1904

    Placis (le), croix de chemin : 1886,1964.

  • Recensement, datation principale

    12e siècle : 01

    15e siècle : 01

    16e siècle : 01

    17e siècle : 11

    18e siècle : 15

    19e siècle : 55

    20e siècle : 10.

  • Recensement, état sanitaire du bâti

    Bon : 72

    Moyen : 11

    Mauvais : 13.

  • Recensement, authenticité du bâti

    Bon : 29

    Moyen : 32

    Faible : 35.

  • Recensement, les abords du bâti

    Bon : 38

    Moyen : 52

    Mauvais : 07.

  • A.D. Côtes d'Armor : 2 O 274/1 : Projet pour la construction d'une maison d'école.

    Académie de Rennes.

    Inspection primaire

    Rennes, le 28 juin 1865.

    Monsieur l'inspecteur,

    La commune de Saint-André-des-Eaux est fréquemment dans le cours d'une année privée de ses moyens ordinaires de communication avec les communes voisines par suite des débordements de la Rance. D'un autre le chef-lieu est si peu important qu'il ne renferme aucune habitation susceptible d'être transformée en maison d'école. Une construction spéciale est donc nécessaire. (...).

    1° L'on a choisi pour emplacement un terrain communal entouré de chemins et par suite d'un accès toutà fait facile. L'église, le presbytère, l'habitation du maire et le plus grand centre de population n'en sont pas éloignés à plus de 300 mètres. Il n'a dans son voisinage aucun cabaret, et la Rance coule à près de 800 mètres. Enfin, il peut fournir une cour et un petit jardin. Il laisse donc peu à désirer, si l'on a réelement soin de le mettre à l'abri des invasions de la Rance par des murs de ceinture établis convenablement.

    2° L'institutrice jouira d'une cuisine, de deux chambres et d'un cabinet ; mais cela ne suffit pas vu la position des lieux : un cellier est indispensable pour le cidre et le bois. Il est donc à désirer que l'on n'autorise point le maire à prendre pour mairie la salle du rez-de-chaussée désignée au plan sous le nom de salon à manger ; cette pièce peut servir de cellier, et il n'y en a pas d'autre, car jamais la commune ne fera construire les deux ailes qui figurent au plan si l'autorité supérieure permet à la mairie de s'établir dans les appartements destinés au personnel enseignant. Les travaux différés sont des travaux supprimés radicalement ; il faut en être bien convaincu. (...).

    3° La population de St André s'élève à 492 habitants. Elle compte un nombre maximum de 55 enfants de 6 à 13 ans. (...).

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Côtes d'Armor : 2 O 274/1.