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Présentation de la commune de Roscanvel

Dossier IA29004771 réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

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L´enquête de recensement et d´inventaire a été réalisée aux mois de juin et juillet 2011 sur la commune de Roscanvel.

309 éléments ont été recensés, sans distinction de genre (maison, ferme, église paroissiale, croix de chemin, pont) mais ne retient que peu de critères pour les identifier. Ces éléments sont géolocalisés, photographiés et caractérisés par les critères suivants : la localisation, la désignation, la datation, l´état de conservation et une évaluation patrimoniale et environnementale.

Les données du recensement sont accessibles auprès de la communauté de communes.

Parmi ces éléments recensés, plusieurs ont fait l´objet d´une étude plus approfondie. Ces études, consultables sur ce site, renvoient soit à des dossiers individuels qui correspondent aux oeuvres les plus rares ou aux oeuvres les plus représentatives en termes de construction et de spécificités locales ou régionales, soit à des dossiers thématiques.

Les dossiers d´études regroupent des informations textuelles, des illustrations et, le cas échéant, des relevés métriques (plans, coupes, élévations).

Le présent travail complète des thématiques précédemment étudiées. Des liens sont donc mis en place pour accéder à ces travaux : le « patrimoine maritime culturel » réalisé en 2008 par l´Observatoire du patrimoine maritime culturel de Bretagne du laboratoire Géomer (Université de Bretagne Occidentale) ; le « patrimoine militaire » étudié par le Service de l´Inventaire du Patrimoine de la Région Bretagne (études réalisées par Guillaume Lécuillier).

Aires d'études Parc Naturel Régional d'Armorique
Adresse Commune : Roscanvel

Située au nord de la presqu´île de Crozon, Roscanvel, presqu´île de la presqu´île, a tenu un rôle géo-stratégique durant plusieurs siècles ; rôle qui a façonné son territoire et marqué son histoire. La presqu´île de Quélern faisait autrefois partie de la paroisse de Crozon. Au 5e siècle, Roscanvel, propriété du chef breton Catmaël, est cédé à l'abbaye de Landévennec. Roscanvel, par la suite, dépend des seigneurs de Crozon, puis des comtes de Léon. En 1173, ces derniers lèguent le domaine à l'abbaye de Daoulas qui y installe un prieuré. La paroisse de Roscanvel dépend alors de l´évêché de Cornouaille. S´ouvrant à l´est vers la rade de Brest, à l´ouest sur l´anse de Camaret et la mer d´iroise et au nord donnant accès au Goulet, Roscanvel est fermé au sud par les lignes de Quélern. Pièce maîtresse de la défense de Brest, ville arsenal depuis le 17e siècle, Jean-Baptiste Ogée indique en 1780 que l´on « peut considérer la commune comme un vaste camp retranché ; la partie par laquelle elle tient au continent étant close par une longue ligne de fortifications nommées les lignes de Quelern, lignes si sévèrement gardées, que les habitants ne peuvent les franchir qu´ à l'ouverture et à la fermeture des portes.» Il ajoute, « la côte de Roscanvel est hérissée de forts qui battent le large et la rade ; ce sont entre autres le fort et la Pointe-Espagnole, les forts Cornouaille, le fort de Kervinou, ceux des Capucins, de la Fraternité, et six ou sept autres batteries isolées. »

L´histoire de Roscanvel est en effet marquée par son rôle défensif, essentiellement depuis la bataille de 1594 entre Espagnols et Français durant les guerres de religion. Deux siècles plus tard, se souvenant que l´arrivée des Espagnols à Roscanvel se fît par voie terrestre, Vauban décide de fermer l´extrémité sud de la presqu´île de Quélern : « coup[ant] la gorge de la presqu´île de Roscanvel, pièce très dangereuse pour Brest, afin d´empêcher l´ennemi de s´en saisir» (Les oisivetés de monsieur de Vauban.) Il fait édifié ou projette la création d´ensemble de batteries hautes et basses, basées de part et d´autre du goulet, dont certaines ne sont réalisées qu´au 19e siècle. Des remaniements très importants eurent encore lieu après 1870 et jusqu´à la Première guerre mondiale. L´occupation allemande laisse également des traces encore bien visibles. Ainsi, trois siècles d´élaboration d´un système défensif ont créé en presqu´île de Quélern une superposition d´ouvrages variés et complémentaires (forts, corps de garde, batteries, fortifications) qui constituent un véritable condensé d´histoire et d´art militaire de défense côtière.

C´est l´activité militaire de la commune qui apporte activité économique et population mais pas uniquement. Jean-Baptiste Ogée indique que « ce territoire ne fournit pas à la subsistance des habitants, parce que le sol est plein de rochers ou couvert par les sables de la mer. Ils sont tous marins ou pêcheurs.» Une industrie chaufournière (four de la Fraternité, Postermen et de Quélern) et des briqueteries (Quelern et bourg) se développent au cours du 19e siècle en lien avec les demandes du Génie. En raison de l´importance de la presqu´île de Quélern dans la défense de la rade de Brest, un projet de chemin de fer avait été envisagé vers 1879 : la quasi inexistence des infrastructures portuaires de Roscanvel rendant difficile les déchargements de matériels et de soldats affectés aux forts. C'est l'option de la liaison maritime qui s'est développée durant le 19e siècle jusqu'à son arrêt définitif en 1963 : la desserte maritime s'effectuant à l'avantage du Fret. En dépit de la destruction des portes dites de Camaret et de Crozon, qui barraient l´accès à la commune jusqu´à la Seconde guerre mondiale, de la création de la digue-route sur l´étang de Kervian (1914) et de la route menant au bourg (1926), Roscanvel demeure dans un certain isolement.

Au cours du 20e siècle, une activité touristique se met en place. Beaucoup de logements et dépendances sont proposés en location estivale et on retrouve encore sur la commune des préfabriqués datant des années soixante aménagés et entretenus en guise de logement secondaire. L´activité touristique demeure encore importante : près de 50% des logements sont des résidences secondaires.

En ce début de 21e siècle, du fait de l´effacement de la Marine, Roscanvel est devenue une commune dortoir pour les personnes travaillant dans les communes voisines puisqu´une grande partie des actifs part travailler quotidiennement à Camaret, Crozon, Lanvéoc ou Brest. Plus aucun agriculteur ne travaille sur la commune. Cette commune de 958 habitants en 2008 est habitée par un nombre important de retraités. Des familles s´y installent attirées par une pression immobilière moindre par rapport au reste de la presqu´île.

Longtemps considérée comme un "quartier de Brest", en raison des liaisons maritimes et des rapports économiques avec la ville-arsenal, la commune de Roscanvel est aujourd´hui une commune au patrimoine naturel, militaire et historique exceptionnels : "Ce pays lapidaire de la préhistoire qu'un doigt de Vauban inscrivit dans l'Histoire" (Saint-Pol-Roux).

Annexes

  • Voir aussi enquête thématique régionale sur le patrimoine maritime culturel - Présentation de la commune de Roscanvel : .

  • 20102910612NUCB : Cadastre de 1831 - Archives départementales du Finistère, Quimper - 3P297.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Finistère. Série 3 P 240. Tableau d´assemblage et cadastre parcellaire, 1830-1831.

Bibliographie
  • BONNEAU, Marie-France Le chemin des Lavandières , éditions Keltia Graphic, Spézet, 2003.

  • BROUSMICHE, Jean-François. Voyage dans le Finistère en 1829, 1830 et 1831. Éditeur Morvran, 1977.

    vol. 2, p. 347
  • CASTEL, Yves-Pascal. Atlas des croix et calvaires du Finistère . Société archéologique du Finistère, 1980, Quimper.

  • CALVEZ, Louis. La presqu'île de Crozon : Histoire, Art, Nature Nouvelle Libraire de France, Paris, 1975.

  • COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

    p. 369. Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • GARGADENNEC, Isabelle. Les vitraux de l'église Saint-Eloi de Roscanvel dans le Finistère par Auguste Labouret in Regards sur le vitrail, Actes sud, 2002.

    p. 111-116
  • LECUILLIER, Guillaume Les fortifications de la rade de Brest. Défense d'une ville-arsenal. PUR, 2011.

  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. 1ère édition 1778-1780. Nouvelle édition, revue et augmentée par MM. A. Marteville, et P. Varin, avec la collaboration principale de MM. De Blois, Ducrest de Villeneuve, Guépin de Nantes et Lehuérou. Rennes, 1843.

  • TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses du Finistère. Douarnenez : Ar-Men - Le Chasse-Marée, 1990.

  • VIVEZ, Gaëlle. La presqu'île de Crozon : pays d'art et d'histoire ? . Mémoire de maîtrise en Histoire de l'Art, sous la dir. de J-Y. Andrieux. Rennes II, UHB, 2001.

  • Ports maritimes de la France, France. Ministère des travaux publics, Imprimerie nationale, 1879.

    p. 196
  • Le Patrimoine des Communes, le Finistère. , Charenton-le-Pont : Flohic Editions, 1998 (Collection Le Patrimoine des Communes de France), vol. 1.

    p. 350-353.
Périodiques
  • BUREL, Marcel Roscanvel : le manoir de Lodoën aux 17e et 18e siècle, les cahiers de l'Iroise, avril-juin 1980.

  • CHAURIS Louis, CADIOU Didier, KERDREUX Jean-Jacques. Argiles et briqueterie aux abords de la rade de Brestdans Avel gornog, n°9, 2001.

    p.