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Présentation de la commune de Romagné

Dossier IA35040720 réalisé en 1969

Située à cinq kilomètres à l'Ouest de Fougères, la commune de Romagné qui appartient au canton de Fougères Sud, couvre une superficie de 2683 hectares et comptait 2 220 habitants en 2011. Ses communes limitrophes sont Javené, Billé, La Chapelle-Saint-Aubert, Saint-Sauveur-des-Landes, Saint-Germain-en-Coglès et Lécousse.

Contexte de l'enquête d'inventaire

L’enquête d’inventaire du patrimoine de la commune de Romagné s’inscrit dans le cadre de la convention de partenariat signée en 2009 entre la Région Bretagne et le Département d’Ille-et-Vilaine. L’enquête vise au recensement exhaustif du patrimoine bâti antérieur à 1950 (identification, datation, géolocalisation...) et à son étude dont la synthèse est fournie dans ce document et dans les dossiers qui s’y trouvent associés.

430 éléments bâtis, dont la construction s’étale entre le Moyen Age et le milieu du 20e siècle, ont été recensés sur la commune lors de cette enquête menée entre mai et juin 2014.

Géographie

Traversée par quelques ruisseaux (de Vau Clairet, Touru, Bonne Fontaine, Vaugarny...), la commune de Romagné est située dans le bassin versant du Couesnon qui borde sa partie Sud. Elle présente un paysage vallonné, marqué au Nord par un plateau granitique (dont l'altitude oscille entre 120 et 171 mètres) et au Sud-Est par des affleurements schisteux qui s'inclinent vers le Couesnon (entre 55 et 70 mètres d'altitude). Le récent remembrement a élargi la trame bocagère et les espaces boisés y sont peu nombreux, les plus importants d'entre-eux étant situés entre les villages du Plessis Couard, de la Grouennerie et de la Loriais ainsi qu'à l'Ouest du bourg. La partie Nord du territoire est aujourd'hui nettement séparée de la partie Sud par la route (N12) qui relie l'autoroute A 84 à la rocade de Fougères.

Histoire

La découverte de haches en pierre polie sur les sites de la Barre et Sainte-Anne de la Bosserie atteste la très ancienne occupation du territoire de Romagné (période néolithique). Il semble qu'une agglomération gallo-romaine s'y soit développée, probablement favorisée par l'aménagement de deux voies romaines traversant son territoire : l'une reliant Jublains à Aleth (actuelle route de Tremblay à Fougères, dite « route militaire »), l'autre reliant Chartres à Carhaix et passant par les villages de Bonnefontaine et Carcain. A la Fromière ont également été révélées les substructions d'une villa gallo-romaine. Le nom Romagné pourrait avoir pour racine le terme Romanius.

L'histoire de Romagné au Moyen Age est peu connue. On sait que les seigneurs de Larchapt, dont les premières mentions apparaissent au 12e siècle, y sont détenteurs d'un droit de haute justice. Ces seigneurs qui possèdent 36 fiefs en Romagné conservent leur prééminence sous l'Ancien Régime. Pendant la Révolution française, la commune fortement marquée par la Chouannerie, est le théâtre de la Bataille de Romagné (11 janvier 1796). Au 19e siècle, le développement de la ligne de chemin de fer reliant Rennes à Fougères suscite l'aménagement d'une gare abandonnée en 1950 et dont ne subsiste aucune trace.

Patrimoine

La commune de Romagné possède un intéressant patrimoine bâti dont les éléments les plus anciens remontent au Moyen-Age. La croix de la Caillebotière datable du Haut Moyen-Age compte parmi les croix les plus anciennes du Pays de Fougères. Les vestiges de l'ancien prieuré de la Dauphinais (édifié vers 1300) et l'église paroissiale Sainte-Anne dont les parties les plus anciennes remontent au 15e siècle témoignent encore de la forte implantation de l'Eglise dans cette paroisse rurale. Cet édifice inscrit en 1926 à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques est l'élément le plus important du patrimoine de la commune.

Les 16e, 17e et 18e siècles sont particulièrement représentés à travers manoirs, maisons et fermes dont la qualité rappelle la présence d'une importante population de notables ruraux sous l'Ancien Régime (La Tanceraie, Le Val, La Riboisière, La Galandais, Bonne Fontaine...). Ces constructions ont dans l'ensemble été bien conservées malgré les remaniements dont elles ont fait l'objet jusqu'à nos jours. La chapelle Sainte-Anne de la Bosserie édifiée en 1602 et le manoir de Bonne Fontaine daté 1783 apparaissent comme les constructions les plus intéressantes de l'époque moderne.

Plus stéréotypée, l'architecture du 19e siècle et de la première moitié du 20e siècle est de loin la mieux représentée sur la commune. Elle illustre le fort développement que connaît l'agriculture dans le Pays de Fougères à cette époque comme l'accroissement démographique qui l'accompagne.

Matériaux de construction

Très présent, le granite est combiné au schiste, au grès et au micaschiste. La brique est par ailleurs souvent utilisée à l'encadrement des ouvertures entre les dernières décennies du 19e siècle et la première moitié du 20e siècle. Des bâtiments en pan-de-bois ont été conservés mais ceux-ci sont peu nombreux et très dégradés. Les constructions sont enfin couvertes d'ardoise.

(Frédéric Déan)

Aires d'études Pays de Fougères, Fougères sud
Adresse Commune : Romagné

Références documentaires

Bibliographie
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de Bretagne, nouvelle édition augmentée par Marteville et Varin. Rennes, 1843.

  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • PAUTREL, Emile. Notions d'histoire et d'archéologie pour la région de Fougères, 1927.

  • BANÉAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1927.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Collection Le Patrimoine des communes de France).