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Présentation de la commune de Rannée

Dossier IA35034104 réalisé en 2004

Fiche

Œuvres contenues

Canton de la Guerche-de-Bretagne

Arrondissement de Rennes

Superficie : 5195 ha

Population 1999 : 1111 hab.

Cours d´eau : l´Ardenne, ruisseaux de Monboury, de la Chauminette et du Pas du Bœuf

Distraite de la commune de la Guerche par la loi du 10 février 1900

Nombre total de dossiers architecture : 201

Nombre de dossiers méritant une étude souhaitable : 18

Les conditions de l´enquête

Cet inventaire préliminaire a été réalisé de septembre à novembre 2004. La rapidité de l´opération sur un territoire aussi étendu n´a pas permis le dépouillement minimal des sources. Des compléments bibliographiques, iconographiques et des recherches plus poussées en archives restent à faire. Ce recensement est néanmoins exhaustif car toutes les oeuvres, hors sol, antérieures à 1940 ont été vues. Certaines d´entre elles n´ont pas fait l´objet d´une notice, mais sont géoréférencées sur la carte générale de la commune. Ces édifices laisser pour contre ne sont pas forcément inintéressants, seulement leur mauvais état de conservation ou leur manque de lisibilité après de profonds remaniements n´ont pas justifié l´ouverture d´une fiche documentaire.

De même, il convient de signaler un complément d´étude à effectuer au service régional de l´archéologie. Les sites archéologiques ne sont pas ici étudiés mais seulement évoqués lors d´observations générales pour une meilleure compréhension du territoire.

Présentation géographique

Situé au sud-est du département, la commune de Rannée s´étend sur 5195 hectares, dont plus de la moitié sont couverts par la forêt de la Guerche. Cette dernière détermine en partie les limites communales, au sud et à l´est. Les zones d´habitat sont dès lors regroupées au nord et à l´ouest, et quelques hameaux isolés sont situés en bordure orientale de la forêt. Certains d´entre eux comme l´Essard sont partagés entre deux communes, voir deux départements, la Mayenne et l´Ille-et-Vilaine. Cette situation frontalière a été déterminante de tout temps et a eu une influence certaine sur l´architecture de ce pays de Marche.

Le relief est peu élevé, le point culminant se situe à 113 mètres à la Gare, située en plein coeur de la forêt. Le réseau hydrographique est principalement constitué de l´Ardenne qui prend sa source à l´Abbaye et sort de la commune au sud des Rimbaudières après avoir reçu les ruisseaux de Monboury, de la Chauminette et du Pas du Boeuf. Quelques étangs dissimulés dans le domaine privé de la forêt de la Guerche ne sont pas accessibles aux promeneurs, le plus ancien, celui de l´Etang de l´abbaye, remonte au Moyen Age. Cette retenue importante d´eau à fait fonctionner le moulin abbatial de la Fontaine Harrouys dont il ne subsiste aujourd´hui que quelques vestiges.

De très anciens peuplements

La thèse publiée en 1993 de Jean-Claude Meuret, sur le peuplement de la marche Anjou-Bretagne, rend compte d´implantations très anciennes dans la forêt de la Guerche remontant à la période gallo-romaine. Plusieurs enceintes quadrangulaires en terre ont été mises à jour. Ces établissements ruraux établis le plus souvent sur des plateaux sont proches d´un point d´eau et sont majoritairement orientés au sud. Un complexe gaulois dit de la ligne Anne a été découvert et forme un site archéologique notoire. L´ancien toponyme était semble t-il celui des Châtelliers, terme également présent pour désigner des enceintes anciennes en Mayenne et Loire-Atlantique. De forme trapézoïdale, l´ensemble comprend une zone d´habitat et, entre autre, un silo souterrain de stockage de céréales.

Des tronçons d´une voie « romaine » ont été également dégagés, au sud de la Bussonière, dans la partie occidentale de la commune et en limite de la forêt entre Rannée et Drouges, du Chemin Creux à la Petite Grange. A ce dernier endroit la voie pénètre dans la futaie. A la sortie de celle-ci, elle traverse Bourgogne et la Bauchée, pour pénétrer en Brains-sur-les-Marches. Cette route selon Jean-Claude Meuret réemploie des parties de piste antérieure à l´époque gallo-romaine.

Parmi les autres découvertes importantes, il convient de signaler l´existence de mottes castrales à la Bussonière, à la Grande Grange et au lieu-dit le Masse en limite de la forêt au sud-est. Ce dernier site est exceptionnel et constitue un trésor archéologique. Plus q´une motte castrale, il s´agit ici de la découverte d´un village médiéval entouré d´une enceinte quadrangulaire en terre. Des bronzes émaillés de reliquaire et de croix du 13e siècle y ont été trouvés et témoignent de l´existence d´une chapelle. Des coffres funéraires en plaques de schiste ont été également mis à jour et une fibule ansée du 6e ou du 7e siècle. Résidence d´un des vassaux du seigneur de la Guerche, Robertus de Forgiis, le village semble avoir été déserté après le 13e siècle. Cette implantation stratégique était vraisemblablement due au contrôle de la production du fer comme le rappelle le toponyme voisin du village de Forges-la Forêt.

La fondation de la paroisse et le fief épiscopal de Rannée

La date de fondation de la paroisse n´est pas connue, le chanoine Guillotin de Corson fait remonter sa création au 10e siècle. Elle renfermait sur son territoire le château et la ville de la Guerche. Cette suprématie paroissiale a subsistée jusqu´à la Révolution, époque à laquelle elle est un temps rattachée à celle de la Guerche pour être de nouveau érigée en paroisse par ordonnance royale du 11 février 1820. L´église dédiée à Saint Crépin et Saint Crépinien a été reconstruite, entre 1168 et 1178, suite à un incendie. Elle conserve de cette période de beaux éléments, la façade occidentale, la base de la tour du clocher et le choeur terminé par une abside. Le reste de l´édifice a été reconstruit aux 16e et 17e siècles. Les ducs de Brissac étaient seigneurs de la Guerche de 1562 à 1673 et la reconstruction de l´édifice est vraisemblablement due au largesse de cette puissante famille.

La présence d´un fief épiscopal sur la paroisse de Rannée est suggérée par l´appellation de la Vigne aux Vêque situé à proximité du bourg. Armand Baron dans son histoire de Rannée nous remémore l´historique du lieu ou de la « régaire » épiscopale de Rannée. Cette histoire fort ancienne remonte à 1075. A cette date, Sylvestre, haut et puissant baron de la Guerche et de Pouancé, se fait homme d´église et est nommé, dès 1076, évêque de Rennes. De sa vaste baronnie, il se réserve pour lui et ses successeurs, un manoir dans le bourg avec les terrains qui en dépendent, notamment une vigne bientôt appelée la Vigne aux Vêques. Ce manoir ou maison des champs, a été détruit et reconstruit à plusieurs reprises. Les sources indiquent une reconstruction pour Etienne de Fougères, évêque de Rennes de 1168 à 1178 puis en 1427 pour Monseigneur de Chantemerle. Ce logis nommé également le manoir des Salles a été de nouveau détruit pour faire place à une habitation élevée vers 1850 et qui a abritée jusqu´en 1951 les frères de l´école chrétienne.

L´architecture vernaculaire, diversité des matériaux : particularités et constantes

La variété des matériaux employés dans la construction, bois, terre, schiste, grès, quartz détermine le patrimoine rural de la commune. Les colorations différentes de ces matériaux et leur mise en oeuvre variée et alternée, surtout pour les chaînages des angles et les encadrements des baies rehaussent l´austérité relative de nombre de façades.

Les maisons du village de l´Essard témoignent de beaux exemples d´architecture rurale en pan de bois. L´ancienne annexe de la mairie, du 16e siècle, rend compte d´un certain savoir-faire et d´une famille typologique d´édifices dont peu d´exemples sont conservés en Ille-et-Vilaine. Le pan de bois dont la partie haute de la façade ouest est en léger retrait constitue une particularité, l´étage en saillie ou en encorbellement étant quasiment une constante dans les pans de bois bretons des 15e et 16e siècles. Les quelques logis en pan de bois, des 17e et 18e siècles, qui sont conservés dans la commune sont le plus souvent à fonctions combinées, c´est à dire regroupant des activités d´habitations et des activités agricoles sous un même toit. Celui de Cahors, récemment rénové, est un exemple caractéristique de ces anciennes structures dont l´assemblage régulier et simple était vraisemblablement recouvert d´un enduit. Les fermes de la Gaudinière et des Rimbaudières illustrent un autre type d´habitation ou se mêlent de façon hiérarchisée l´usage du pan de bois et de la construction en pierres. Les parties réservées à l´habitation sont en moellons de grès tandis que les parties arrières à usage de stockage, cellier ou laiterie sont en pan de bois et torchis. Cette adaptation des matériaux à la fonction des pièces se retrouve dans plusieurs autres logements qui possèdent un mur arrière, de cloisonnement avec le cellier, en pan de bois et torchis. Cette technique de construction s´est maintenue jusqu´au début du 20e siècle surtout pour les dépendances agricoles, remise et grange.

Toutefois, la plupart des édifices communaux sont construits en moellons a peine équarris. Ces matériaux identifiés comme du grès pour leur dureté et leur couleur relativement claire se mêlent à de la micro granulite issue du sous-sol. Le toponyme les Perrières, situé à proximité du bourg indique qu´un ancien gisement fut exploité sur place. Parmi les singularités de mise en oeuvre, il convient de signaler la présence surtout aux angles de dalles de schiste. Ces dernières d´un calibre inhabituel forme des entailles de couleur contrastées. Les dépendances de la ferme de Mauhy font partie des plus beaux exemples de cet appareillage qui associe l´utile, le renforcement des angles et l´agréable par l´effet décoratif produit. Le logis des Bois, situé à l´extrémité est de la commune, constitue un unicum par son élévation et l´emploi de schiste rouge et vert comme matériau principal. Des déchets de fonderie sont insérés dans le gros oeuvre et rappellent la présence proche de hauts fourneaux, attestés un peu plus tard, en 1787, aux Roches sur la commune voisine de Chelun.

La construction en terre est peu présente, elle est associée majoritairement à du pan de bois. Néanmoins quelques cas de murs en bauge ont été localisés au nord et quatre cas de mise en oeuvre selon la technique des adobes ont été répertoriés. Cette dernière technique, faite de modules calibrés de terre crue, est peu courante en Ille-et-Vilaine, ou la bauge est majoritaire présente.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Adresse Commune : Rannée

Annexes

  • Liste des chronogrammes

    1613, manoir (?), le Bois

    1658 ; 1807, église paroissiale

    1821, 1918, ferme, Cahors

    1830, ferme, le Bois Gérard

    1835, maison de maître, Mauhy

    1848, ferme, la Roulerie

    1851, ferme, Mauhy

    1856, ferme, les Grands Ormeaux

    1857, château de la forêt de la Guerche

    1857, ferme, les Champs Ronds

    1858, ferme, les Longuerais

    1859, ferme, le Grand Chemin

    1860, croix de chemin, la Bécannière

    1864, le lavoir

    1866, maison, 2 rue de Brétigné

    1873, croix de cimetière

    1874, croix de chemin, les Grands Ormeaux

    1877, croix de chemin, la Grande Croix

    1877, ferme, Petite Ville

    1880, ferme, les Grands Ormeaux

    1898 ; 1921, ferme, la Pratellière

    1898, ferme, le Miaule

    1905, école publique des garçons

    1909, ferme, les Bruyères

    1911, ferme le Bourgneuf

    1930, ferme, le Breil

    1930, croix de chemin, Saint Lazare

    1949, croix de chemin, Mauhy

    1950, croix de chemin, la Vieille Touche

    1951, croix de chemin, la Croix au Bigre

    1956, croix de chemin, Maubusson.

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan cadastral de la commune de Rannée, distraite de la commune de la Guerche par la loi du 10 février 1900, terminé sur le terrain le 1er mai 1827. (A.D. Ille-et-Vilaine : série P).

Bibliographie
  • MEURET, Jean-Claude. Peuplement, pouvoir et paysage sur la marche Anjou-Bretagne. Société d'Archéologie et d'Histoire de la Mayenne, Laval, 1993.

  • BANÉAT, Paul. Le Département d'Ille-et-Vilaine. Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929.

    p. 160-165
  • GUILLOTIN DE CORSON. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray Libraire-éditeur. Paris : René Hatton Libraire-éditeur, 1882-1886.

    t. 2, p. 744-749 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • BARON, Armand. Rannée. Evêché de Rennes - Baronnie de la Guerche - Sénéchaussée de Rennes. (Texte manuscrit relié, non daté). (A.C. Rannée).

  • BARON, Armand. L'histoire de Drouges. Texte dactylographié puis imprimé, 15 mars 2000. (A.C. Drouges).