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Présentation de la commune de Quemperven

Dossier IA22017205 réalisé en 2011

Fiche

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  • Présentation du territoire de l'ex communauté de communes du Centre-Trégor
Le recensement des éléments bâtis du territoire de la commune de Quemperven, d'une superficie de 7,69 km², a été réalisé en juin-juillet 2011 par le service de l'inventaire du patrimoine culturel de la Région Bretagne. Nombre d'éléments bâtis recensés : 160.

Nombre de dossiers d'études : 9 soit 5,6 % du corpus.

Administration

Quemperven est une commune française, située dans le département des Côtes-d'Armor et la région Bretagne. Elle dépend de la circonscription de la Roche-Derrien (arrondissement de Lannion). Appartenant au Pays du Trégor-Goëlo, elle fait partie de la Communauté de communes du Centre Trégor créée en 1993.

Étymologie

"Kamperven" est mentionné dès 1426. 1516 : Quimperven ; 1630 : Quempue ; 1731 : Quimperven ; 1779 : Quimperven (source : KerOfis).

Kemperven en breton ; les habitants : Kempervenad (Kemperveniz), Kempervenadez (-ed).

Quemperven pourrait venir du latin "campus Hervei" qui signifie littéralement, "le fief de Saint Hervé". Saint Hervé est un moine breton du 6e siècle. Selon Hervé ABALAIN (Les noms de lieux bretons), il s´agit de "kemper" qui signifie "confluent" (ici, de deux ruisseaux) et "gwenn" ou "Guen", un anthroponyme. Pour d´autres linguistes, l'étymologie bretonne par "gwenn" (blanc) ou "kemper" (confluent) est à exclure.

Géographie

Située dans le Trégor, Quemperven a pour communes limitrophes : Lanmérin au nord-ouest, Langoat au nord-est et à l'est, Cavan au sud, Caouënnec-Lanvézéac au sud-ouest et Rospez à l'ouest.

Plusieurs cours d´eau délimitent naturellement la commune de Quemperven : la rivière du Guindy à l´ouest (Rospez) et au nord-ouest (Lanmérin), le Rau du Stéren à l'est (Langoat).

D´une superficie de 769 hectares (soit 7,69 km²), 3,3 km du nord au sud, 3,3 km d´est en ouest.

Le bourg se situe à 90 m d´altitude moyenne. L´altitude minimale est de 28 m, maximale de 93 m au sud.

Cours d´eau : la rivière du Guindy ; le Rau du Stéren.

Bassin versant : Jaudy-Guindy-Bizien

Géologie et pédopaysages (analyse des sols)

"Des terres labourables, des praires, des landes, des arbres à fruits, des bois, des buissons ; voilà ce que présente à la vue ce territoire" (source : OGEE, Jean - MARTEVILLE. 1853).

"Territoire accidenté, coupé par de nombreux vallons et très tourmenté à l´ouest, sur les bords du Jaudy. Il est peu boisé. Les terres, fort bonnes, sont bien cultivées ; on y voit peu de prairies" (source : GAULTIER DU MOTTAY, Joachim. 1862).

Un habitat historiquement dispersé : les hameaux de Quemperven

Selon Benjamin-Philibert JOLLIVET, Quemperven compte 19 hameaux ou lieux-dits dont voici la liste : "Brozoul, Pink-Craon, Rivolanau, le Gozquer, Poulglau, Pen ar Puns, Troguindy, Kernibouelet [Kerdiboëllet], Kerbrido, Gelat-an-Gardien [Convenant Gélard], Lagadec, Kerlostra [Kerlastr], Kerverzot, Coz Puns, Gouézan, Goazilliec [Goaziliec], Drinvess [Drinvès], Toulelouèse [Toul ar Ouiz], Poulglaou [Poull-Glaou], etc".

Données démographiques

1793 : 797 habitants.

1800 : 738 habitants.

1806 : 752 habitants.

1821 : 751 habitants.

1831 : 875 habitants.

1836 : 889 habitants.

1841 : 909 habitants.

1846 : 944 habitants.

1851 : 950 habitants.

1856 : 966 habitants.

1861 : 968 habitants.

1866 : 941 habitants.

1872 : 901 habitants.

1876 : 885 habitants.

1881 : 817 habitants.

1886 : 803 habitants.

1891 : 765 habitants.

1896 : 733 habitants.

1901 : 687 habitants.

1906 : 715 habitants.

1911 : 665 habitants.

1921 : 556 habitants.

1926 : 560 habitants.

1931 : 530 habitants.

1936 : 533 habitants.

1946 : 471 habitants.

1954 : 434 habitants.

1962 : 394 habitants.

1968 : 407 habitants.

1975 : 324 habitants.

1982 : 340 habitants.

1990 : 350 habitants.

1999 : 357 habitants.

2006 : 366 habitants.

2009 : 385 habitants.

Densités de population :

1876 : 125,9 habitants au km² (maximum).

1975 : 42,1 habitants au km² (minimum).

La paroisse de Quemperven

Quemperven dépendait de l'évêché de Tréguier. La paroisse avait pour subdélégation Lannion et ressortissait du siège royal de Lannion.

La commune au milieu du 19e siècle

"Sa population est de 950 habitants et sa superficie de 769 hectares 45 ares dont :

- 622 hectares sous terres labourables,

- 49 sous prés et pâtures,

- 4 sous bois,

- 2 sous vergers et jardins,

- 43 sous landes et terres incultes,

[- 8 de propriétés bâties,

- 41 de constructions non imposables (source : OGEE, Jean - MARTEVILLE. 1853).]

Elle renferme 216 maisons [constructions diverses], 3 moulins à eau [de Govellec et de Guivano], dont un à papier et 13 routoirs. Son revenu cadastral est de 27 136 francs 20 centimes et son revenu vrai de 54 272 francs soit 1/2 pour proportion entre ces deux nombres" (source : JOLLIVET, Benjamin-Philibert. 1859).

"Ecole de garçons, 60 élèves" (source : GAULTIER DU MOTTAY, Joachim. 1862).

"Deux écoles communales existent en cette commune : une pour chaque sexe" (source : RIGAUD, Jean-Marie. 1890).

Maisons et fermes datées :

Traou Guindy : ferme (1825).

Troguindy : ferme (1828).

Penn ker (13) : ferme (1835).

Kerlastre : ferme (1836).

Penn ker (11) : ferme (1847).

Kerlastre Uhellan : ferme (1848).

Convenant Manchec : ferme (1856).

Convenant Manchec : ferme (1861).

Rue de la Mairie (7) : maison (1869).

Le bourg, 5 rue de l'église : maison (1870).

Le bourg, rue de l'église : ferme (1871).

Poull Glaou : ferme (1877).

Penn ar Puns : ferme (1883).

Le bourg, 3 et 5 rue de la Mairie : ancien édifice public (1897).

Le bourg, rue de la Mairie : mairie (1901).

Le bourg : ancien presbytère (1775 ; 1902).

Kernevez : ferme (Inscription : Rannou Rou_ Francois 1906).

Poull Glaou : ferme (4e quart 19e siècle ; 1907).

Rue de Pen Ker (8) : ferme (Inscription : F : F : P : LECAER M : ALLAN ET).

Aires d'études Schéma de cohérence territoriale du Trégor
Adresse Commune : Quemperven

Annexes

  • Avant propos

    "Ce petit travail est tiré presqu´en entier du cahier de paroisse rédigé par Mr Le Bourdonnec. Ce bon saint prêtre, dont la mémoire est toujours chère aux paroissiens de Quemperven, a fouillé avec une impatience et une gaieté remarquables, presque tous les anciens papiers qui concernaient l´histoire de la paroisse, et en a fait même un résumé. Il nous a conservé ce qu´il y avait de plus intéressant dans ces documents perdus en très grande partie depuis, sans doute par l´incurie ou l´ignorance des héritiers des recteurs de la paroisse. Je rappelle, ici, pour mémoire, la liste des documents tels qu´il les a classés lui-même.

    N° 27 : un registre couvert en parchemin, datant de 1638 (?) contenant l´inventaire des titres, des rentes de la fabrique, la date de différentes fondations, les charges primitives, les noms des fondateurs.

    Autre inventaire du 8 octobre 1777 de différentes rentes, réuni à la précédente, et de vieux cahiers contenant la ferme de plusieurs pièces de terre, appartenant à la fabrique (perdus actuellement en partie note l´auteur de cette brochure).

    N° 28 : trois paquets de vieux titres sur parchemin et sur papier qu´il est difficile de déchiffrer et qui pourraient être des titres primordiaux de nos rentes. Il y avait aussi quelques pièces qui regardant des affaires d´une date postérieure comme la reconstruction de l´église et du presbytère ; des marchés et des traites conclus entre la paroisse et des recteurs (perdus actuellement).

    N°29 : cinq cahiers de délibérations, dont le premier commence en 1712 et le dernier en 1792, très bien tenus et portant une forme légale, font connaître les principaux évènements qui ont lieu dans cet intervalle ; ainsi que la manière dont la paroisse a été gouvernée (perdus note l´auteur).

    Autres documents : registres de baptêmes, mariages, décès. Les registres de baptêmes, mariages, décès antérieurs à 1793 sont contenus dans seize cahiers parfaitement bien tenus et bien conservés. Les registres soit civils soit ecclésiastiques ne le peuvent être mieux. De ceux que j´ai trouvé un en l´an 1650 est signé par messire Mathieu Le Flem, recteur de la paroisse dès 1635. Je n´en ai pas trouvé du temps de Messire Bertrand Geffroi (1559) (perdus aujourd´hui note l´auteur).

    Je dois encore une mention spéciale à Mr Helliet, recteur de Tréméven lequel pendant qu´il était vicaire à Langoat a copié patiemment bon nombre de documents précieux concernant la paroisse et en a ainsi préservé, sauvé plusieurs d´une destruction complète ; il a en particulier, copié en entier le cahier de procès verbaux des guérisons opérées par le saint homme Dom Maudez René Le Cozannet, cahier dont une feuille entière a disparu depuis.

    Enfin j´ai trouvé à Kerlastre de vieux papiers de familles, qui m´ont aidé à éclaircir quelques points obscurs".

  • Première partie : histoire de la paroisse.

    L'Origine.

    "Quemperven paraît avoir été une des plus anciennes paroisses du Trégor. Les faits et les traditions locales permettent de le conjecturer avec de solides fondements.

    D´après les documents compulsés par Mlle Bourdonnec, l´église paroissiale, dès le 16e siècle, était très vielle et menaçait ruine.

    En 1829, Messire Le Bourdonnec fit abattre au cimetière un énorme if qui commençait déjà à dépérir de vieillesse, ces arbres qu´on plantait toujours dans les cimetières et aux environs des églises remontaient vraisemblablement à huit ou neuf cents ans. Il y avait aussi près de la chapelle primitive de Notre-Dame-du-Bois, quelques vieux ifs comme ceux du cimetière qu´on a eu de la peine à exploiter tant ils avaient d´étendue et tant ils étaient durcis par les siècles. Ces arbres qui pouvaient avoir huit ou neuf cents ans témoignent à leur manière de l´antiquité de l´église paroissiale, bâtie à l´endroit actuel, de l´antiquité aussi de la chapelle dNotre-Dame-du-Bois

    Cependant une tradition populaire qui ne paraît pas sans solide fondement rapporte que l´église paroissiale ne fut pas toujours à l´endroit actuel. Elle était autrefois dit-on dans un vaste champ appelé Mezo Kerbrido.

    Il semblerait plutôt qu´elle était non précédemment en ce Mezo mais dans la petite pièce de terre adjacente à ce Mezo, à droite de la route quand on va de Quemperven à Rospez, cette petite pièce de terre pourrait avoir été l´emplacement et de l´église et du cimetière. Elle s´appelle encore Hogel Kleut an Abat. En face se trouve de l´autre côté de la route une autre pièce de terre qui porte le nom significatif de Park ar Bourg. Enfin il m´a été affirmé par des personnes dignes de foi que des laboureurs creusant en ces parages y ont rencontré des ossements de morts. Ceci se serait passé vers 1875.

    Dans les mêmes parages ou dans les environs, on a également trouvé vers la même époque des briques et d´autres débris de bâtiments anciens à deux cents mètres environ à gauche de la même route, en allant vers Rospez, il existait encore du temps de M. Le Bourdonnec (1850) un monument militaire qui indiquerait vraisemblablement qu´il y avait un village quelconque à protéger dans les environs.

    Voici la description que fait de ce monument M. Le Bourdonnec lui-même : "Dans la direction Ouest et à mille mètres du bourg, il existe un monument situé sur le bord sud du chemin vicinal qui mène de Quemperven à Rospez. C´est une élévation en terre de forme circulaire et paraissant avoir été faite dans un b... militaire. L´endroit est évidemment disposé à contrebas et a protégé un corps de troupes, aussi a-t-il retenu le nom de château noir ou forteresse noire "Ar C´hasteldu". Il présente un diamètre de 40 mètres environ, les fossés et les douves compris. Le plateau au milieu qui a 17 mètres est garanti à l´intérieur par un rempart de 6 à 7 pieds d´élévation, mais à l´extérieur ce rempart ou fossé présente une hauteur, prise au pied de la douve de 15 à 20 pieds et la douve peut avoir une largeur de 2 à 3 mètres et autant de profondeur relativement au terrain qui l´environne.

    Je pense, ajoute M. Le Bourdonnec, que ce retranchement est du 14e siècle et qu´il fut construit à l´époque ou le comte de Monfort soutenu par Edouard III roi d´Angleterre, Charles de Blois soutenu par Philippe de Valois roi de France se disputaient le comté de Bretagne ? J´ai examiné des fortifications pareilles à Saint Fiacre-le-Bois que je désservais en 1822, 23, 24 et 25, en partie à Langoat et à Cavan.

    Ce monument que l´on désignait quelquefois du temps de M. Le Bourdonnec sous le nom de Kastel Du comme son similaire de Langoat, soit sans doute habituellement nommé le vieux château "Ar C´hoz Kastel".

    Du moins aujourd´hui l´endroit n´est connu que sous ce nom et les champs eux-mêmes qui avoisinent l´emplacement de ce monument aujourd´hui détruit s´appellent toujours "Park ar C´hoz Kastel". Peut-être aussi antérieurement à ce monument, y avait-il en ce même endroit une demeure seigneuriale dont l´église voisine avec le village aurait été une dépendance. Mais de ce dernier château s´il a existé on ne possède aucune donnée positive.

    Pour en revenir à l´ancienneté de la paroisse de Quemperven, il paraît vraisemblable que l´église paroissiale a été transférée à l´endroit actuel vers le douzième ou treizième siècle. Si l´on pouvait lire exactement les anciens écrits, dit M. Le Bourdonnec, comme legs pieux, fermes des terres de la fabrique, on verrait que cet endroit est pourvu de recteur depuis les 14e et 18e siècles, peut-être même antérieurement à cette époque. Le premier recteur dont j´ai pu lire distinctement le nom et les actes, est le vénérable et discret messire Dom Bertrand Geffroy (1559). Il a été établi une fondation sur une parcelle de terre appelée "Liors ar C´hure".

    Mais dans le principe, le soin spirituel des populations chrétiennes était confié pour la grande partie, quelquefois même exclusivement, aux monastères lesquels envoyaient régulièrement quelqu´un ou quelques uns de leurs moines, procurer l´instruction et le savoir de la religion aux populations avoisinantes. Or dès le sixième siècle, Saint Tugdual avait à Tréguier un monastère d´hommes très florissant. Saint Tugdual étant évêque de toute la région, ses moines continuaient son clergé et il n´est pas douteux que Quemperven, situé seulement à deux lieues de Tréguier, n´ait reçu dès lors le bienfait de la foi chrétienne. Mais très probablement même ses habitants n´étaient comme Saint Tugdual lui-même que des immigrés bretons, chassés d´Angleterre, Breiz-Veur, par leurs ennemis, les saxons, "ar zozon" et déjà chrétiens depuis les premiers siècles de l´église.

    Enfin, et ceci mérite d´être considéré, une tradition locale rapporte que Saint Hervé avait passé quelque temps sur le territoire de Quemperven. Dans Sobineau, on lit ce qui suit à propos de Saint Hervé. Sur les notes sur Chapel ar C´hoat, on peut voir que la chapelle était autre fois chapelle Saint Hervé et existait de temps immémorial, souvenir du passage de Saint Hervé ou de l´un de ses disciples. Quelques raisons déterminèrent celui-ci (le père de Saint Hervé) à rester dans l´armorique. Il y épousa une fille à peu près de la même profession que lui (barde) appelée Rivanone, dont il eut un fils qui naquit aveugle et qui fut appelé Hoûarvé ou Harvianou Hoûari ou Houarne, car on écrit son nom de toutes ses différentes manières, la mère d´Hervé étant des environs de Lanuzan. Elle le mit au monde à Lan-Rigur (Rigur était le nom de son frère) et l´éleva dans le canton de Keran. Plus tard d´après le même historien, Rivanone se retira dans une solitude avec quelques filles et y passa saintement le reste de ses jours. Saint Hervé, voulant recevoir sa bénédiction avant qu´elle mourut, alla dans le pays d´Ack trouver un saint homme nommé Urfold qui était son parent, pour le prier de l´informer du lieu de la retraite de sa mère, afin qu´il put s´y faire conduire. Urfold eut bientôt découvert le lieu de retraite de Rivanone, pas très éloigné du sien. Sur le désir de sa mère, Hervé resta dans la solitude jusqu´à la mort de celle-ci. Dans la solitude qu´Urfold lui avait cédée et qui était nommée par les habitants San Urfold, Hervé y continua les actes de charité que faisait son parent aux enfants des environs de son ermitage, en prouvent le soin et la patience de les instruire. Enfin averti que la fin de la vie de sa mère approchait, il alla recevoir sa Bénédiction, lui fermer les yeux et l´ensevelir. Les actes ajoutent qu´il s´opéra... Hervé trop respecté à son gré à cause des actes qu´il opérait lui même résolut de changer de demeure. Il alla finalement trouvé l´évèque du Léon qui l´ordonna exorciste ; puis il bâtit un monastère du côté de Landiviziau où il finit ses jours. Dom Sabinau parlant des noms de lieux qu´il cite, met en note : "ces noms n´intéressent pas beaucoup le lecteur mais les habitants du pays du Léon pourront peut-être les reconnaître". J´oserai dire que les habitants de Quemperven pourraient mieux les reconnaître. Rien ne prouve que la patrie de Rivanone ne fut pas le pays de Tréguier.

    Lan-Vuzan, patrie de Rivanone, pourrait bien être le Lannuon actuel. Rigur où naquit Saint Hervé pourrait être LanDréger. Kerdu où il fut élevé pourrait bien être le même que Runan (Ker Anna, Run Anna). Sur le chemin de Quemperven à Runan, il y a un endroit qui s´appelle Roudarno qui pourrait signifier le chemin suivi fréquemment par Saint Hervé, "roud Houarné". La solitude où s´était retirée Rivanone, peut bien être le Trévoazan actuel en breton Trévoas, abrégé peut-être de ty Rivanone ty Riwan, Triwan. Enfin la solitude de San Urfold où s´était rétiré Sait Hervé pourrait bien être le même que le Langoat actuel, abrégé de Lan ar c´hoad ou San Urfold, qui comprenait sans doute alors tout le territoire situé entre Langoat et Quemperven. Rien n´empêcherait de croire que Saint Hervé, né en ce pays Ack, bâtit son oratoire et sa solitude en cet endroit où se trouve actuellement Quemperven, et qu´il y ait habité quelques temps avant d´aller dans le pays du Léon. Urfold avait dans sa solitude un oratoire où il priait et faisait prier les habitants, et cet oratoire pourrait bien être l´ancienne Chapelle ar C´hoat, ar Chapel Arfold qui remonte à la plus haute antiquité. Plus tard, le territoire de Quemperven prit le nom Saint Hervé, Quemperven, Kember Hervian que l´on a fini par prononcer en abrégé Quemper. Kimber signifie un territoire situé au confluent de deux rivières. Avant la délimitation définitive des paroisses, le territoire de Quemperven s´étendait sans doute jusqu´à Traou Roud, l´endroit où la petite rivière du Poulglaou, du Stéren et du Gélic se jette dans le Guindy qui forme les limites de Quemperven du nord au sud-ouest. Cette étymologie est plus vraisemblable que Kemper Vian, avec l´accent du pays sur l´E, n´aurait jamais donné Quemperven. Plus naturelle aussi que celle de M. Le Gonidec recteur de Quemperven (1700) : Campus Hervei, territoire de Saint Hervé parce que les habitants du pays n´ont jamais parlé latin, autrement ils parleraient français aujourd´hui, mais non uniquement le breton.

    Reste à expliquer le nom d´Ack donné au territoire oú se trouvait la solitude d´Urfold. Ce nom peut venir du latin aqua, eau qui serait un nom générique pour désigner les pays humides. Ce nom convient bien à tout le territoire de Troguindi, Brozoul, Trostang, oú il y beaucoup d´eau et d´humidité. Pourquoi St Hervé au lieu d´aller trouver à côté l´évèque de Tréguier, se retire-t-il au pays de Léon ? Son historien en dit la raison : c´est qu´il voulait s´éloigner de ce pays oú il était trop connu.

    L´église de Quemperven, qui a été vraisemblablement bâtie à l´emplacement d´une chapelle, serait donc une chapelle bâtie en l´honneur de Saint Hervé, à côté du lieu oú il avait vécu quelques temps. Cette chapelle fut plus tard agrandie quand on y transporta l´église paroissiale peut-être même l´église en ruine qui fut restaurée et en grande partie rebâtie au 16e siècle et dans les siècles suivants, n´était-elle autre que la chapelle assez ample bâtie en l´honneur de Sait Hervé, à côté de la Chapel ar C´hoat, laquelle était elle-même primitivement bien plus grande que l´actuelle qui date seulement de 1820. C´est ce qui expliquerait que Quemperven, sans posséder aucune relique de Sait Hervé, ait pourtant toujours eu une grande vénération pour ce saint et l´ait adopté pour son saint patron".

  • Situation et caractère particulier de la paroisse.

    "Je cite intégralement le travail de M. Le Bourdonnec : cette paroisse qui fait partie du canton de La Roche-Derrien est située à l´ouest, sud-ouest à 5000 mètres de cette ville ; à un myriamètre est-sud-est de Lannion chef lieu de notre arrondissement, et à pareille distance sud-sud-ouest de Tréguier, ancien siège d´un évêché qui porte le même nom. Ce tableau topographique dont j´insère ici une esquisse grossière mais passablement exacte donne à la paroisse dans sa plus grande étendue un diamètre de 3800 mètres et de 2700 mètres dans sa moindre largeur. Ce plan pris dans le milieu donne à l´ouest, au nord et à l´est une pente douce qui expose une grande partie de la paroisse, surtout le bourg et la position du presbytère à un vent nord et ouest extrêmement froid et impétueux. On y rencontre même dans les plus grandes chaleurs de l´été un air vif et pénétrant qui arrête en un instant la transpiration et demande, sous le rapport de l´hygiène de continuelles précautions.

    Nos limites sont formées au sud par Cavan sur un espace de 1700 mètres, au sud-ouest par Lanvézéac 1800 mètres, à l´ouest par Rospez 1200 mètres ; au nord-ouest par Lanmérin 2800 mètres, et au nord et à l´est-sud-est par Langoat sur une longueur de 5100 mètres. Je n´ai jamais fait le recensement de la population qui en 1694 montait à peine à 600 habitants d'après M. Le Gonidec recteur ; mais à présent en 1939, elle a augmenté du tiers, au moins 900 habitants.

    Presque tout le sol est cultivé. Il y en a fort peu sous bois ; tailles sous landes et prairies. L´industrie des habitants consiste dans l´agriculture, le labourage et le filage du lin, et leurs principales ressources dans la vente de froment, du lin, du fil et de la toile.

    Nb : actuellement la population chiffrée a sensiblement baissée (665 en 1913) comme dans toutes les paroisses rurales à cause de l´immigration vers les villes et de la diminution du personnel domestique par suite de l´emploi de diverses machines agricoles. Le pays, en effet l´un des plus fertiles des Côtes-du-Nord, est aussi l´un des plus avancés pour les cultures scientifiques".

  • Administrations civile et ecclésiastique de la paroisse.

    "Jadis les deux administrations civile et ecclésiastique, tout en étant distinctes, s´aidaient et se compénétraient.

    M. Le Bourdonnec dit après les divers documents anciens qu´il avait entre les mains, en particulier tout un tableau succinct des principaux rouages de cette administration telle qu´elle existait vers 1730 et jusqu´à la révolution française de 1789. Autrefois écrit-il (1730), cette paroisse était civilement administrée par douze individus auxquels on donnait le nom de libérateurs ou délibérants, on les appelait aussi les douze notables, en breton : an daouzek de´h ou mac´k, les douze maris, parce qu´ils étaient supposés gens de ports autant que possible et surtout chefs de mariage. Le conseil prenait le nom de Général de la paroisse (General ar Barouz) parcequ´il représentait la paroisse entière. Il délibérait sur tout ce qui regardait le gouvernement temporel de la paroisse, et même de l´église. Il était en rapport direct avec un sénéchal civil et criminel, la cour royale de Tréguier siégeant à Lannion.

    Note de l´auteur : le sénéchal qui exerçait la justice au nom du Roi avait à peu près la même juridiction que le tribunal de première instance de Lannion et des autres arrondissements. Au dessus de ce tribunal, il y avait pour chaque province un président qui jugeait avec le chancelier du parlement et de la province, qui jugeait en dernière instance et en appel toutes les causes, mais en dessous du sénéchal ou bailli, il y avait encore la justice seigneuriale exercée par la noblesse, chacun dans son domaine et en sa juridiction. Leur pouvoir depuis plusieurs siècles se réduisait à celui de juge de paix actuel.

    Deux seigneuries principales exerçaient leur juridiction à Quemperven le seigneur de Coatconiers et le seigneur de Trevenou-Kerlastre. Ces deux dernières seigneuries qui primitivement étaient distinctes, étaient réunies et appartenaient au Rognon de Kerkaradec. Les manoirs de Coatconiers et de Trévenou sont encore partiellement conservés. De celui de Kerlastre Convenant Cavan, il ne reste plus que l´emplacement et quelques débris. Ce dernier manoir, comme j´ai pu le constater dans les papiers de la famille de Kerlastre, Convenant Cavan, avait comme annexe une métairie ; le manoir avec sa métairie était situé sur le terrain où s´élève aujourd´hui la maison de François Carou et comprenait tout l´espace compris entre Sogel ar Beren d´un côté, le chemin de Kerlastre avec le ruisseau d´autre part, et enfin la route de Rospez à Quemperven. D´après ce que m´a expliqué François Le Carou qui, avec son père, a transformé en grande partie cet endroit, tout ce terrain était autrefois sans talus. Le manoir et la prairie étaient bâtis entre la prairie et le champ que l´on nomme aujourd´hui parc. Il y avait à côté un étang qui a été comblé en grande partie par les Carou et qui s´étendait jusqu´à 30 ou 40 mètres environ et une largeur de 10 à 15 mètres. Il ne reste plus qu´un petit coin de cet étang, lequel a conservé cependant sa profondeur primitive. Le terrain descendait en pente rapide depuis Logel ar Beren jusqu´à cet étang. L´eau de cet étang était conduite jusqu´au chemin par un conduit en pierres qui subsiste toujours, on en découvre l´extrémité dans l´étang à rouir le lin, situé dans le chemin de Kerlastre. La petite prairie actuelle était autrefois une cour de ferme. Il y a environ 30 ans existait entre le champ nommé Parc et la petite prairie un couloir en pierres de taille (2 m de haut, autant de large) qu´on appelait vulgairement An Audians qui est précisément le terme encore consacré pour désigner la juridiction du juge de paix. C´était sans doute un reste de la partie du manoir où le juge seigneurial rendait ses sentances. Enfin les Carou en déblayant le terrain ont rencontré toute une cargaison d´ardoises assez bien conservées, dont une partie couvre actuellement encore à Kerbrido la maison. De ce temps là dit le Carou, il n´y avait encore à Quemperven que le presbytère à être couvert d´ardoises. C´était donc évidemment les débris de l´ancien manoir. Les conseillers (membres du général de la paroisse) n´étaient en place que trois ans, au bout desquels chacun d´eux présentait un remplaçant qui était reçu au gré de M. le recteur du général de la paroisse.

    Note de l´auteur : tous ces membres n´étaient donc pas nommés la même année, ceux qui restaient en charge ratifiaient avec M. le recteur le choix fait par les membres sortants ou bien, comme le pense M. Le Bourdonnec, c´était le peuple lui-même en ne protestant pas, qui ratifiait avec M. le recteur le choix fait. Les séances de ce conseil se tenaient toujours à la sacristie, le dimanche après la grand-messe ; la convocation en était faite le dimanche précédent au prone. Un notaire de la part du sénéchal de Tréguier siégeant à Lannion, rapportait la délibération qui devait être lue, approuvée et signée le dimanche suivant par un individu désigné pour représenter le Général de la paroisse (c´était semble-t-il le président du conseil). Les conseillers signaient tous après lui et ceux qui ne savaient pas signer le faisaient faire pour eux par une de leur connaissance et cet incident était mentionné par le notaire.

    A leur nomination tous s´engageaient à leurs périls et risques et fortunes à payer dommages et intérêts résultant de leur absence, à se rendre exactement au conseil toutes les fois où ils seraient convoqués par M. le recteur, dans la forme voulue, hors cas d´une maladie ou d´une impossibilité qu´il eût fallu faire constater.

    Le conseil nommait aussi, outre son mandataire, un procureur spécial qui avait le nom de procureur spécial du général de la paroisse, pour instruire, solliciter, soutenir ou terminer tous les procès ou différents qui s´élèveraient entre la paroisse et des particuliers et d´autres paroisses.

    Deux paroissiens, que l´on changeait tous les ans d´après une ordonnance de Mgr l´évêque et comte de Tréguier, percevaient les rentes de l´église et devaient forcer les débiteurs à fournir de nouveaux titres. Eux-mêmes de l´agrément de M. le recteur et du général de la paroisse nommaient leurs successeurs.

    Deux notables étaient désignés par le conseil pour répartir la capitation (taxe par tête) et pareil nombre pour lever la dime.

    Tous les fonctionnaires pouvaient être forcés par une délibération du conseil avec cette clause : à leurs périls, risques et fortunes d´accepter les emplois auxquels on les nommait, à moins qu´ils ne présentassent une raison jugée suffisante pour les exempter. Cette façon d´élire les représentants de la paroisse et de l´administrer maintenait les bonnes traditions, écartaient les compétitions et les divisions, évitait les injustices et le gaspillage, trop souvent maintenant imposés aux communes par des pouvoirs centralisateurs qui ignorent absolument les besoins et les désirs des habitants. Il est assez certain que l´évêque de Tréguier nommât directement les recteurs de Quemperven. Des paroissiens (gens notables et connaisseurs) dit M. Le Bourdonnec, lesquels avaient été en charge avant et après la révolution de 1793 me l´ont dit. Je n´ai pas su que la place fut donné au concours ou pourvue autrement.

    D´après une statistique des blés de la paroisse faite au mois d´octobre 1793, M. Le Gonidec, Recteur, qui la dîme prélevait la 36ième gerbe, déclare qu´il avait vingt boisseaux de froment du poids de 78 H le boisseau, quarante boisseaux de méteil (gros blé) du poids de 75 H, quarante boisseaux d´avoine de 60 H le boisseau et vingt-quatre de blé noir de 70 H le boisseau. Tout ce blé vaudrait aujourd´hui un peu plus de 600 F. Son casuel consistant en service dont l´honoraire était d´un franc et en messes ait bien monter tout compris le bénéfice (ou traitement du recteur) aux environs de cent francs.

    Le vicaire de Quemperven (car il y eut toujours un vicaire à Quemperven jusqu´à la révolution) prenait le nom de curé annataire, probablement du nom d´annate, bénéfice annuel, parce que son traitement consistait dans la perception annuelle de un boisseau de gros blé sur chaque convenant de la paroisse (délibération du 19 octobre 1734). Ainsi le vicaire pouvait recueillir dans les 1000 kilogrammes de gros blé dont il pouvait retirer de 1220 à 1500 francs.

    Pareille somme environ provenant du casuel pouvait faire monter le traitement total du vicaire à trois ou quatre cents francs.

  • Des recteurs et des vicaires qui ont exercés le saint ministère dans la paroisse.

    Des recteurs.

    "Si l´on pouvait, dit M. Le Bourdonnec, lire exactement les anciens écrits, comme legs, fermes en terre de la fabrique, l´on verrait que Quemperven est érigé en paroisse régulière et pourvu de recteurs depuis le 13e siècle, peut-être même antérieurement à cette époque.

    Le premier recteur dont j´ai pu lire distinctement le nom et les actes, est le vénérable et discret messire Dom Bertrand Geffroy (1559). Il a établi une fondation sur une parcelle de terre appelé Liors ar C'hure. D´après le tableau que je présente ici, je me trouve à être au moins le 19e recteur de Quemperven depuis la période précitée. Généralement ils paraissent y rester assez longtemps. M. Ollivier Le Roux entre autres, y a passé au moins 37 ans. J´y suis depuis 16 ans et 8 mois écrit M. Le Bourdonnec (qui en finit par y rester 38 ans de 1825 à 1863). On l´a connu sous le nom de "person koz". Il a laissé dans la paroisse un excellent souvenir. Il était boiteux, son sacristain Jules Jolivet boitait aussi, mais dans un autre sens que lui-même, ce qui faisait quelquefois sourire les étrangers mais non les gens de la paroisse qui avaient leur recteur en grande vénération.

    J´exprimerai ici, ajoute M. Le Bourdonnec, une chose que j´ai remarquée avec plaisir et qui doit faire en moi la plus profonde impression, c´est que tous mes précédesseurs paraissent avoir été animés d´un esprtit vraiment sacerdotal. L´assiduité des paroissiens à assister aux offices, leur recueillement à l´église, leur régularité à fréquenter les sacrements, leur attachement à leur pasteur, la satisfaction qu´ils exprimaient à voir orner le saint lieu ; tout cela me porte à croire qu´il y a eu ici grands nombres de saints prêtres pour prédicateurs et modèles.

    Je ne puis néanmoins m´empêcher de faire une mention particulièrement honorable de M. Le Gonidec, mort à Quemperven en 1700 et inhumé dans l´église du côté gauche de l´autel.

    Pour connaître l´intérêt qu´il portait au bien spirituel et matériel de ses paroissiens, son zèle pour embellir l´église et les chapelles de la paroisse ; pour sentir combien il était aimant, aimable, pieux et appliqué, il suffit de lire les notes qu´il mettait chaque année à la fin de ses registres de 1686 à 1700.

    Monsieur Le Dantec avait fait reconstruire les deux ailes de l´église et formé le cul de lampe de 1757 à 1775.

    On doit le presbytère actuel aux soins de M. Huon en 1775, lequel quelques années plus tard en 1785, fit rebâtir les deux longères et les fenêtres (ou nefs collatérales de l´église). M. Huon se distinguait par son éloquence. Je l´ai appris à Morlaix, en 1829 d´un Monsieur Carne avec qui il avait étudié.

    Recteur de cette paroisse au mois de septembre 1793, Monsieur Jouannet refusa formellement de prêter serment à la constitution civile du clergé. Il s´exila en Angleterre et revint à Quemperven après le concordat de 1801, mais dénoncé pour ses opinions par A. R et quelques autres exaltés, il quitta de nouveau la paroisse en 1802. Il est mort recteur de Goméné.

    Des vicaires.

    Il y a eu constamment un vicaire à Quemperven, jusqu´au mois de septembre 1793. A cette époque, le dernier, M. Boga Charles, suivi l´exemple de son recteur en refusant de prêter serment et s´exila comme lui.

    Le nommé Dom Maurice Le Gac pourrait être natif de la paroisse (Cosquer).

    Il y chante sa première grand-messe dans l´année 1699 et y exerça son ministère, soit comme vicaire soit comme curé d´office au moins pendant 15 ans. Je ne sais pas si dans la suite il a été transféré ailleurs. Il mourut à Quemperven en avril 1715.

    Mais la plus grande gloire, peut-être, de Quemperven c´est d´avoir eu longtemps comme vicaire Dom Maudez René Le Cozannet dont je parlerai plus loin".

  • Eglise, chapelles, cimetière, reliques, confréries.

    "L´église paroissiale, nous l´avons dit, a été probablement jadis à un autre endroit.

    Au sujet de l´église actuelle, des chapelles, du presbytère, du cimetière. Voici les renseignements que fournit M. Le Bourdonnec et par ses successeurs qui ont, à sa suite, ajouté quelques notes aux cahiers de paroisse.

    L´église actuelle déjà vieille et menaçant ruine dès le 16ème siècle, a été, dans la suite, partiellement rebâtie, augmentée et rendue plus régulière.

    C´est de 1757 à 1775 que M. Le Dantec, recteur, a fait faire le cul de lampe et reconstruit les deux ailes.

    Les deux congères (ou nefs latérales) avec leurs fenêtres ont été rebâties par M. Huon, vers 1784.

    M. Le Bourdonnec fit lui même refaire tout le toit de l´église, plusieurs restaurations importantes. Ecoutons le : "L´église, dit-il, avait besoin d´être recouverte, les lattes étaient pourries et le gros bois manquait en grande part, c´est pourquoi le conseil de fabrique et le conseil municipal lui-même, ont été d´avis qu´on fit à l´église les grosses réparations dont l´urgence se faisait tant sentir ; aussi en 1852 et au commencement de 1853, tout le toit de l´église a été refait, grand nombre de pièces de gros bois ont été remplacées. Un reliquaire (en breton : eur garner) tombant en ruine et adossé à la longère sud de l´église, a été détruit et remplacé par le nouveau fond baptismal, l´ancien était dans l´encoignure où l´on renferme maintenant la fausse chasse. Enfin l´église entièrement réparée, tant à l´intérieur qu´à l´extérieur, est maintenant aussi bien qu´elle peut l'être.

    Note : d´abord pour le mobilier de l´église. A son arrivée en 1825, il trouve tout le mobilier à l´église de la grande pauvreté. Il fit tout refaire ou réparer de 1825 à 1830.

    Il y avait alors dans l´église trois confessionnaux, dont l´un au fond de l´église. Les deux autres qui sont placés dans les ailes de l´église étaient particulièrement en mauvais état à l´intérieur ; il les fit réparer.

    L´ancienne chaire (actuellement dans la chapelle de Saint Maudez) était étroite et pas facile ; l´escalier était un vrai casse-cou. Il fit faire pour 350 francs une chaire nouvelle.

    Le choeur consistait en un pupitre et trois stalles informes lacées dans l´aile nord. Il refit entièrement tout le choeur et le coffre du maître autel avec les peintures. De plus en 1850, il fit refaire le tabernacle et le marche pieds de l´autel principal, le tabernacle du grand autel étant beaucoup trop élevé, ce qui rendait l´usage incommode. Cette année (1850) on en fait faire un second dont la base est prise sur l´autel et y pénètre même. Le marchepied était aussi trop élevé et surtout trop étroit à la surface. Il y avait quatre degrés d´élévation, maintenant il n´y en a plus que trois et présente pour le célébrant plus d´assurance et de commodité.

    M. Le Bourdonnec fit aussi refaire la tribune actuelle et la chambre de l´horloge. La pendule du choeur avec sa boite date également de lui, ainsi que divers autres objets : la croix de procession au pied argenté.

    En 1843, il fit de plus refaire et peindre tous les meubles de la sacristie. Enfin l´année de sa mort (1863) il fit remplacer les vieux bancs de l´église par des chaises. Jusqu´alors, par conséquent, comme cela existe encore dans bien des endroits, chaque famille avait son banc, qu´elle louait pour l´année. L´augmentation de la population et le mauvais état de ces bancs, fut sans doute cause qu´on y renonça.

    De 1873 à 1894, M. Le Breton fit refaire les lambris et presque tout entière, la toiture de l´église, qui menaçait ruine. En 1878 il fit refaire le marchepied de l´autel et les peintures du choeur et de l´autel. Enfin en 1889, il fit faire, pour 1300 francs, un pavé neuf à l´église.

    M. Chapelle, en 1901, a refait le parquet du choeur. Comme ce choeur avec la table de communion arrivait jusqu´au milieu des arcades, M. Chapelle a réduit le choeur à ses proportions actuelles. La balustrade a été refaite également par lui, on a conservé l´ancienne que les barres tournées.

    M. Chapelle, entre 1904 et 1913, a entièrement refait toute la toiture d´ardoises de l´église et supprimé le petit clocher, avec une chochette pour appeler au catéchisme, élevé au dessus du choeur. C´est également M. Chapelle qui a fait faire, en 1895, la porte extérieure de la sacristie.

    Le chemin de croix actuel est antérieur à M. Le Bourdonnec qui l´a fait déplacé, lors de la restauration de l´église, et remplacer de nouveau, avec les mêmes indulgences d´après l´autorisation de Mgr Lemée.

    Les statues de Saint Hervé, de Saint Tugdual, de Notre-Dame de Pitié, de délivrance, de Saint Yves sont fort anciennes. Mais la plus ancienne et la plus vénérable est celle de Notre-Dame. du Bon Secours ou Notre-Dame de Quemperven, laquelle dit-on a été rapportée à l´église actuelle de l´église primitive qui existait à Kerbrido. La statue de St Hervé, d´après tous les connaisseurs, est une oeuvre remarquable par l´expression de la physionomie du Saint.

    Les autres statues sont celles de St Joseph et la Vierge des processions de M. Riou ; celles de Sainte Anne et du sacré coeur de M. Le Breton ; celle de Notre-Dame de Lourdes de M. Chapelle.

    Celle de Saint Maudez a été rapportée à l´église paroissiale, de la chapelle Saint Maudez, aujourd´hui en ruine.

    Reste à voir le clocher et les cloches. Voici ce qu´en dit M. Le Bourdonnec en 1839 : le clocher fait en campanile paraît solide, il n´a qu´une hauteur suffisante pour élever au dessus de l´église, les trois cloches d´un poids ordinaire (800, 500 et 300 kg).

    La plus grande de ces cloches fut fondue en 1687, le jour de la fête du sacrement, entre la messe matinale et la grand-messe par le fils d´un nommé René Arsul. M. Le Gonidec Jean, la fit refondre en 1697 par un ouvrier de Morlaix.

    L´ouvrier réussit parfaitement car lors de mon arrivée à Quemperven (18 février 1825) cette cloche sonnait très bien et elle était même en réputation dans le pays.

    Dans l´hiver de 1831, elle éprouva le même sort. François Gobé, l´ancien sacristain la fendit en sonnant le glas, un jour de grand froid, de glace et de neige. Nous l´avons également fait refondre à Morlaix, pour la somme d´une centaine d´écus qui furent fournis par une souscription volontaire. Un individu du conseil de la fabrique, C. Le G., avait fait tous ses efforts pour qu´elle fût refondue à Lannion. Le jour même de la bénédiction et de la mise en place, il voulut exciter le peuple de ne pas accepter la cloche. Mais le maire (Marc Salpin) et le reste des personnalités tiennent fermement que rien ne fut changé dans ce qui avait été arrêté. Cette cloche pèse un peu moins de 800 kg. Elle a pour parrain Julien Trémintin, forgeron et pour marraine Marie Rannou, veuve de Jean Marie Kerambrun, ancien maire.

    La moyenne et la petite cloche furent achetées à Lannion et mises en place en 1827 et 1828. Elles ont remplacé les deux qui avaient été enlevées par la révolution de 1793.

    Notons, ici, pour mémoire que la révolution de 1793, entre autres objets précieux, a enlevé à l´église une croix en argent massif et deux calices du même métal. Je ne peux pas dire positivement dit M Le Bourdonnec de quelle forme et de quelle valeur pouvaient être ces objets.

    J´ai compris seulement que la croix était de forme ronde et M Le Gonidec dans ses notes, que de son temps l´un des bras de cette croix était cassé. Indépendamment de sa valeur intrinsèque, elle eut été aujourd´hui, ajoute Mr Le Bourdonnec, un objet précieux sous le rapport de son antiquité.

    Le tableau du grand autel et probablement les autres datent du temps de Mr Caffarelle. Lors de sa visite et de la confirmation, en 1809, il ordonna certains changements dans la décoration de l´église et ses ordres furent exécutés avec peu d´empressement que de succès, surtout ce qui concerne le tableau du grand autel".

  • Le cimetière.

    "Autrefois, on enterrait à l´église, non seulement les prêtes mais aussi les fidèles, au moins ceux qui, par des fondations, s´étaient rendus les bienfaiteurs de l´église. C´est ce qu´atteste l´acte de décès de M. Le Gonidec, enterré en 1700, au côté gauche des marches du grand autel (arrêt du parlement en 1700 ; inhumation dans l´église).

    Je ne pourrais pas, dit M Le bourdonnec, marquer le temps, au juste où on a cessé d´enterrer à l´église. Ce qui est certain c´est que le cimetière n´a été clos de murs que de 1690 à 1700 avec des pierres que l´on faisait venir de Saint Trémeur, en Cavan, c´est à dire de la distance d´une lieue et par des chemins impraticables en saison pluvieuse. C´est ce que nous apprend M. Le Gonidec (registres). Ce recteur avait le projet de bâtir dans le cimetière un reposoir où la procession put s´arrêter, jusqu´à ce que tout le monde fût sorti de l´église, ce qui serait bien commode. Mais, outre que le cimetière est déjà trop étroit, surtout dans le temps de grande mortalité, comme en 1826, il ne présente aucun endroit propre à une pareille bâtisse.

    J´ai fait abattre en 1829 un if énorme qui s´y trouvait (voir plus haut).

    La clôture entière du cimetière, y compris le talus en terre, appartient à l´église. M. Le Bourdonnec a réparé les murs du cimetière et les a fait couvrir, coté ouest de dalles venant du Minihy. C´est de son temps également, qu´a été faite la grande barrière du cimetière. Face au portail, existait autrefois un simple escalier en pierre, semblable à ceux qui entourent la grande barrière. En 1897, pour la commodité surtout des processions, M. Chapelle la fit remplacer par la barrière actuelle.

    La croix du cimetière a été érigée et bénite, à l´occasion de la grande mission, prêchée en 1868 par les pères jésuites, du temps de M. Riou".

  • Le presbytère.

    "Je cite M. Bourdonnec.

    L´ancien presbytère, bâti dans la prairie de la chapelle de ND du Bois, sur le bord Est de l´étang, était comme l´église d´une très grande vétusté. Des vieillards entre autres François Le Houérou né en 1750, m´ont dit qu´il était bas, obscur, incommode et noirci par la fumée. Je ne sais s´il avait plus d´un étage. Il a été détruit et remplacé par une maison très régulière, quoique petite, bâtie dans une position plus agréable, moins humide, par M. Huon recteur de la paroisse, d´après une délibération du 8 octobre 1775. Ce presbytère est propriété de la fabrique (acte notarié 29 août 1787).

    En 1839, le presbytère n'avait ni cour, ni jardin muré et était presque toujours exposé à un courant de vent froid qui en rendait la position aussi désagréable, que malsaine.

    En ce temps là, aussi d´après le témoignage des plus anciens qui ont vécu dans la paroisse, la cour du presbytère était un simple où tout le monde passait pour aller à la chapelle du Bois et pour rejoindre le chemin de Kerbrido par Ker C´houaden.

    M. Le Bourdonnec exprimait à ce sujet : ne pourrait-on pas à la longue, au moyen d´une économie soutenue, faire l´acquisition du champ qui se trouve vis-à-vis, hogel ar presbytor (il a 28 ares et 70 centiares) emmurer un carré pour jardin qui serait séparé de la maison par une claire-voie ou quelque chose qui n´eut presque pas de hauteur ? Les deux murs est et ouest seraient coupés, au nord par la longère des logements et derrière le mur sud, on laisserait un petit chemin d´une largeur d´un mètre ou de deux mètres pour le passage.

    Enfin le terrain qui ne serait pas compris dans l´espace mentionné serait planté en verger et clos dans la circonférence extérieure, par un talus sur lequel s´élèverait une haie d´épines. Voilà ce que je conçois depuis 13 ou 14 ans ; voilà ce qui rendrait ce local des plus agréables et des plus commodes.

    Quelques années plus tard, ce désir était réalisé. L´année suivante 1840, les propriétaires de logel ar presbytor, Messieurs les Jean Baptiste Savidan etc...faisaient don à la fabrique de ce terrain et dès 1843 M. Le Bourdonnec parle aussi de la réalisation de son plan.

    Cette même année 1843, le nouveau jardin du presbytère a été fait devant la maison. Le vieux jardin a fourni les pierres, et la main d´oeuvre a coûté environ 90 francs.

    Le recteur paye vingt francs de rente annuelle à la fabrique pour logel ar presbytor, quoiqu´il y ait fait son jardin. En cela, il n´a ni gain ni perte puisque l´ancien jardin reste à son usage ; mais il a, en cela, l´agrément que procure un jardin bien situé.

    La prairie, où est la chapelle du bois, qu´on nomme Alexandre Rannou qui l´avait achetée au gouvernement, aux environs de 1793 et qu´il vendit ensuite à Maudez Lorou, appartenait à la fabrique. Le recteur la tenait en ferme pour la prise annuelle de 6 livres ; aujourd´hui on m´en demande 90 francs par an. Voyez quelle différence pour un espace de 50 ans au plus.

    Le petit pré du presbytère, aujourd´hui propriété presbytérale, est une partie de la grande prairie. Il fut cédé à la fabrique par ‘sieur A.R trésorier qui voulait se libérer, ainsi, envers le Trésor (contrat 19 juillet 1814).

    Le puits du presbytère et l´auge en pierre sont de M. Le Bourdonnec 1838.

    C´est également lui qui fit construire la grange du presbytère ; qui fit élargir le presbytère de 2 mètres et le rehausser d´un mètre pour y faire des mansardes. La grange fut également son oeuvre.

    M. Chapelle a fait faire le hangar du fond de la cour pour loger le bois de chauffage et transformer l´appentis et le cabinet à l´entrée de la cour. Il a également transformé en une cave et un salon, l´ancien appartement qui servait de cave et de décharge (1902)".

  • Les chapelles.

    "Je cite ici M. Le Bourdonnec 1839.

    Il y avait dans cette paroisse, deux chapelles dans un état de réparation très passable.

    La plus grande, dédiée à Saint Maudez est située au milieu du chemin vicinal conduisant de Quemperven à Caouënnec et Lannion ; appartient à la paroisse et n´a jamais été aliénée.

    L´usage est d´y chanter la messe et les vêpres, c´est à dire d´y faire le pardon le mardi de Pâques. L´on y dit quelques fois, rarement la messe sur semaine mais jamais le dimanche.

    Ce qui donne lieu à cette assemblée du mardi de Pâques c´est qu´autrefois on y donnait le bouquet (le dernier sermon) pour finir la rotation de carême (on me l´a dit).

    La seconde chapelle dédiée à la Sainte Vierge et qu´on appelle la chapelle du bois (chapela r c´hoad) est maintenant propriété particulière.

    Elle a été bâtie par Maudez Lorou, de Quemperven, aux environs de 1820 et elle remplace une chapelle du même nom, plus vaste qui était située au milieu de la prairie et qui tombait de vétusté (nous avons dit plus haut, en parlant du presbytère, que la prairie entière, avec la chapelle ancienne était propriété de la fabrique).

    Il y avait aussi, près de cette ancienne chapelle, des vieux ifs semblables à celui du cimetière, qu´on a eu de peine à exploiter tant ils avaient d´étendue et tant ils étaient vieillis par les siècles.

    C´est une consolation de constater que la dévotion à la Sainte Vierge de Quemperven a été de temps immémorial très grande puisque non seulement était vénérée et honorée dans l´église paroissiale, mais qu´elle avait depuis la plus haute antiquité dans la paroisse, une chapelle vénérée. Nous avons même quelque sujet de croire que l´origine de cette chapelle remonte au temps de Saint Hervé ; peut-être même avant, nous dit lui même celui qui l´aurait fait bâtir dans le principe.

    Il est à souhaiter qu´un mouvement si antique de la piété de nos ancêtres envers l´auguste mère de dieu ne soit pas abandonné.

    M. Le Bourdonnec ajoute : cette chapelle située dans un endroit charmant et seulement à quelques pas de l´église sert souvent de reposoir pour la procession et elle serait bien plus fréquentée si elle était à la fabrique.

    La statue de ND et celle de st Nicolas viennent évidemment de l´antique chapelle et ont même, dit-on, par leur antiquité une réelle valeur (oeuvre) du célèbre Yves Corlay.

    Le pardon de cette chapelle a lieu le dimanche qui suit le 8ème jour de septembre et j´y ai constamment chanté les vêpres à la condition que s´engage à écarter de la prairie toute espèce de désordre".

  • Le reliquaire.

    "Une boîte de coton, en forme de pochon recouverte de broderies en laine rouge et bleue, renferme deux reliquaires qui portent la date de 1450 et qui contiennent les reliques de Saint Tugdual, de Saint Yves, de Saint Maudez, de Sainte Anne et autres.

    Une chose à remarquer, c´est que tous les saints dont on y voit les reliques ont aussi leurs statues dans l´église ou les chapelles de la paroisse. Ce qui me porte à croire, avec fondement peut-être, que mes prédécesseurs se sont attachés à obtenir les reliques des saints qui sont principalement vénérés dans la localité.

    L´officiant les portait anciennement au cou, dans les processions. Pour mon compte je les crois authentiques ; mais n´ayant pu découvrir ni sceau ni marques quelconques d´authenticité les concernant, je me propose de les soumettre à l´examen et à l´approbation des supérieurs".

  • Les confréries.

    "En 1846, la confrérie du Mont Carmel a été érigée dans l´église de cette paroisse d´après l´indult du 22 décembre 1845 et une ordonnance épiscopale du 26 janvier 1846.

    D´après le même indult, le recteur de Quemperven peut appliquer les indulgences de la bonne mort aux chapelles qu´il bénira, au moins pour ceux qui seront de la confrérie.

    La confrérie du Saint Rosaire a été établie dans la paroisse par mandatement de Mgr Guy évêque de Tréguier, le 25 juillet 1750".

  • Les coutumes locales.

    "1) Les processions : les jours de la fête dieu et de la fête paroissiale l´on va processionnellement à la croix dite de l´oratoire, qui signifie reposoir dans le breton du pays (kroaz an oratoar).

    Le troisième dimanche du mois, l´on fait seulement le tour du cimetière, quand le temps le permet, mais toujours après les vêpres.

    Les jours de la st Marc et des rogations, l´on va alternativement aux chapelles selon la disposition du temps et des chemins.

    La procession de la Ste Vierge a lieu le premier dimanche du mois et le rosaire se dit en commun après la prière d´usage.

    2) Adorations : Les exercices de l´adoration se font à Quemperven les 15ème, 16ème, 17ème jours du mois de février. Ordinairement 6 à 8 prêtres y travaillent et les paroissiens s´approchent généralement des sacrements.

    3) Culte des saints et des morts : Il n´y a point ici de grandes dévotions particulières. L´une des plus marquées concerne la tombe de monsieur Le Cozannet et je ne l´ai ni autorisée, ni combattue.

    Rarement demande-t-on des messes dans les chapelles.

    Nota : cela peut venir précisément de ce qu´il n´y a dans la paroisse qu´un prêtre et que le culte des morts réclame toutes ses messes.

    M. Le Bourdonnec ajoute : les paroissiens sont attachés à leur principale église qu´ils aient, volontiers, à embellir et ils ont la louable coutume de prier et de faire prier pour leurs morts.

    4) Quête pour le pauvre à l´église : S´il arrive qu´un malheureux se trouve par accident sans ressource, s´il tombe malade par exemole et qu´il n´ait personne qui puisse le soutenir, il reste un moyen infaillible de lui procurer soulagement au moins passager : c´est de le recommander à la charité publique et de faire quêter pour lui le dimanche à la grand-messe.

    Cette quête donne, presque toujours, 4 francs au moins et 6 francs au plus. Mais pour qu´une institution aussi salutaire ne tombe point, pour que cette quête reste ainsi productive, il faut n´y avoir recours que dans les cas les plus pressants et que les gens sachent qu´on ne veut pas abuser, ni de leur confiance, ni de leur charité.

    5) Quêtes de M. le Recteur et oblations : Il est d´usage que pour supplément de traitement, le recteur fasse une quête de froment à la St Michel, une quête de beurre au printemps et même avant mon arrivée à Quemperven une quête de lard en carême. J´ai constamment fait les deux premières, mais la dernière, je n´ai pas voulu la continuer. Jamais je ne l´ai faite. Cependant je n´ai pas manqué de lard, sans en avoir acheté. Quant au tiers, dans les oblations, l´état de pauvreté extrême où j´ai trouvé l´église en arrivant dans la paroisse ; l´empressement que j´avais de faire l´acquisition des objets nécessaires à l´exercice décent du culte ne m´ont jamais permis de les prendre strictement. Depuis quelques années cependant, je prends quelque chose, à la connaissance du marguiller et c´est ainsi que faisaient mes prédécesseurs. Sans doute les paroissiens seraient disposés à faire des sacrifices pour l´embellissement de l´église et du presbytère et, sous ce rapport, ils sont des plus raisonnables mais je n´ai voulu que fort rarement avoir recours à ce moyen extraordinaire. C´est lorsqu´on a été obligé de refondre la grande cloche et de refaire l´autel et le choeur.

    6) Pratiques superstitieuses : J´ai prêché contre les neuvaines telles qu´on veut les pratiquer ici. Ainsi entendues, ces neuvaines ne sont que de vulgaire superstition.

    Elles consistent à faire quêter par un nombre déterminé d´hommes et de femmes, de garçons et de filles et dans un nombre déterminé de paroisses, l´honoraire d´une messe qui doit être dite pour obtenir la guérison d´un malade ou tout autre faveur. Je n´ai jamais accepté de pareils honoraires.

    Notes : Après le départ de Jouannet de Quemperven, il y eut à Quemperven, pendant quelques temps, un prêtre assermenté, nommé Vincent Pace, venu, on ne sait d´où qui avait, du gouvernement et de Mgr Jacob de St Brieuc, juridiction sur Quemperven, Lanvézéac, Berhet et Mantallot. Fatigué des persécutions que lui faisaient subir ses prétendus paroissiens, il offrit bientôt sa démission au conseil municipal".

  • 20122212131NUCA : Cadastre - Cadastre ancien, commune de Quemperven, 1 tableau d'assemblage et 5 feuilles, 1835 - Archives départementales des Côtes-d'Armor

    20122212132NUCA : Cadastre - Cadastre ancien, commune de Quemperven, 1 tableau d'assemblage et 5 feuilles, 1835 - Archives départementales des Côtes-d'Armor

    20122212133NUCA : Cadastre - Cadastre ancien, commune de Quemperven, 1 tableau d'assemblage et 5 feuilles, 1835 - Archives départementales des Côtes-d'Armor

    20122212134NUCA : Cadastre - Cadastre ancien, commune de Quemperven, 1 tableau d'assemblage et 5 feuilles, 1835 - Archives départementales des Côtes-d'Armor

    20122212135NUCA : Cadastre - Cadastre ancien, commune de Quemperven, 1 tableau d'assemblage et 5 feuilles, 1835 - Archives départementales des Côtes-d'Armor

    20122212136NUCA : Cadastre - Cadastre ancien, commune de Quemperven, 1 tableau d'assemblage et 5 feuilles, 1835 - Archives départementales des Côtes-d'Armor

Références documentaires

Documents d'archives
  • COLLECTIF. Annuaire des Côtes-du-Nord, chez L. Prud'homme, imprimeur-libraire, Saint-Brieuc, 1836-1880.

  • HENRY François.-Marie (Père). Dom Maudez-René Le-Cozannet ; le diocèse de Tréguier au début du XVIIIème siècle., R. Prud'homme, 1924, 302 p.

  • LE BOURDONNEC (recteur, prêtre de Quemperven de 1837 à 1860), "Archives et cahiers de la paroisse du 17e, 18e, 19e siècles".

Bibliographie
  • BIZIEN-JAGLIN, Catherine ; GALLIOU, Patrick ; KEREBEL, Hervé. PROVOST Michel (direction scientifique). Carte archéologique de la Gaule. Pré-inventaire archéologique. Côtes d'Armor. 22. Paris, 2002, 407 p.

  • GAULTIER DU MOTTAY, Joachim. Géographie départementale des Côtes-du-Nord. Paris, 1862, 844 p.

  • LINTANF, Jean-Baptiste - LORCHER, Wolfgang. Les calvaires de Quemperven, Neckar-Verlag, 2007.

  • OGEE Jean (Nouv. éd. rev. et augm. par Marteville A., Varin P). Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Rennes, Deniel, 1853, tome 2, 986 p.

  • RIGAUD, Jean-Marie (avec le concours de M. Hélary et de plusieurs instituteurs du département ; les cartes ont été dressées par M. Belhomme). Géographie historique des Côtes-du-Nord. Saint-Brieuc, 1890, 509 p.

  • Geobreiz.com, Portail géographique de la Bretagne. (Site internet : http://www.geobreizh.com).

  • Institut national de la statistique et des études économiques. Données locales : un éventail de données localisées du quartier à la région. (Site internet : http://www.insee.fr/fr/bases-de-donnees/default.asp ? page=statistiques-locales.htm).

  • KerOfis : base de données du Service Patrimoine Linguistique de l'Office Public de la Langue Bretonne. KerOfis est la base de données du Service Patrimoine Linguistique de l'Office Public de la Langue Bretonne. Cette base est utilisée quotidiennement par le service pour répondre aux besoins des collectivités bretonnes (Signalisation, traduction, études normatives). Dorénavant, elle permettra à tout un chacun de trouver la forme bretonne de son adresse ainsi que de mener gratuitement des recherches sur la toponymie de la Bretagne. (Site internet : http://www.ofis-bzh.org/).

  • Territoires et Population, deux siècles d'évolution. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui. Ce site est la mise en scène de deux siècles d´évolution des territoires et des populations communales appuyés sur la représentation du paysage français du XVIIIe siècle réalisée par les équipes Cassini. (Site internet : http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/index.htm).

Périodiques
  • DURAND René. "F. Henry (Père), Missionnaire S. M. Dom Maudez-René Le Cozannet, mort en odeur de sainteté. Nombreuses guérisons à lui attribuées (24 illustrations). Le Diocèse de Tréquier au début du18e siècle", Annales de Bretagne, n° 38-1, 1928.

    p. 227-229
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