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Présentation de la commune de Pouldouran

Dossier IA22018155 réalisé en 2013

La commune de Pouldouran est située à 4, 5 kilomètres environ au sud de Tréguier. Elle fait partie du canton de La Roche-Derrien et de la communauté de communes du Haut-Trégor. Sa surperficie est de 102 hectares pour 163 habitants (dernier recensement de 2011). Elle est limitée au sud par les communes de Troguéry et d'Hengoat, à l'est par celle de Pleudaniel, à l'ouest par celle de Minihy-Tréguier et au nord par Trédarzec et l'estuaire du Jaudy. L'ensemble du territoire est classé au titre des sites depuis février 1974 (code de l'Environnement, loi du 02 mai 1930) en raison de l'intérêt et de la valeur paysagère des espaces littoraux et rétro littoraux. L'estuaire du Jaudy fait également partie intégrante du Site Natura 2000 Trégor-Goëlo en raison de son importance écologique.

Mentionnée à partir du 15e siècle (1427), Pouldouran fait partie de l'ancien évêché de Tréguier. Elle abrite la seigneurie éponyme, propriété de François de Pouldouran en 1535, dont la famille s'éteint au 17e siècle et dont le manoir, situé autrefois près de l'église paroissiale, a disparu. Anciennement rattachée à Hengoat dont elle constitue une trève, Pouldouran élit sa première municipalité en 1790. La commune s'impose définitivement en 1845, distincte d'Hengoat.

La richesse passée du territoire est en partie liée à la qualité de la terre dont Ogée donne en 1844 le type d'exploitation : sur les 102 hectares, 80 sont exploités en terres labourables, trois en prés et pâturages, deux en vergers et jardins. Nourrie par les limons de l'estuaire, enrichie par les engrais (goémon) et les amendements (maërl) marins, les riches terres de Pouldouran et des bords du Jaudy ont permis la culture de blé et de lin contribuant ainsi à la richesse agricole locale dont les routoirs à lin et les talus-mur constituent des témoins matériels. A partir de la deuxième du 19e siècle, l'agriculture maraîchère se développe à l'instar des autres communes situées sur la Ceinture Dorée, entre Léon et Trégor. La situation du bourg en fond d'estuaire lui offre une zone abritée idéal pour l'installation, à cette époque, d'un petit port goémonier qui fonctionnera jusqu'au milieu du 20e siècle et fournira aux paysans alentours du goémon, engrais marin indispensable aux différentes cultures.

Le sous-sol communal est essentiellement composé de schiste et de grès-schisteux, pierres utilisées localement sous forme de moellon dans la construction traditionnelle. Les pierres d'encadrements et de chaînes d'angle sont taillées dans un granite extrait à une trentaine de kilomètres, aux environs de Plouaret, de l'île Grande et de Ploumanac'h. L'essentiel des toitures est aujourd'hui couverte en ardoise mais quelques dépendances ont conservé leur couverture en tuile anglaise. En effet, dans la première moitié du 20e siècle, cette tuile est rapportée d'Angleterre par voie maritime au retour des livraisons de légumes bretons sur le marché britannique.

Les chiffres du recensement de la population de 1836 donne un éclairage supplémentaire sur la réalité sociale de Pouldouran dans le deuxième quart du 19e siècle. Sur les 327 habitants, 44 sont cultivateurs, 11 sont journaliers mais aucun paysan n'est laboureur à cette date ce qui expliquerait peut-être le peu de grandes fermes à cour fermée, par ailleurs nombreuses dans les communes voisines. La domesticité attachée aux fermes concerne 17 personnes. Le nombre élevé de filandières (64) confirme la place importante occupée par le lin, à travers sa culture, son rouissage, son teillage et son activité de filage tandis que les tisserands, au nombre de cinq, montre que le tissage est une activité annexe peu pratiquée localement. Meuniers (6), aubergistes (7), cordonniers (4), lingères (3), maréchaux-ferrants (5), tailleurs (6), couturiers (5), menuisiers (5), charron, tonnelier, carrier, charpentiers (3), boulangers (4) témoignent de l'importante place occupée par les artisans, notamment dans le bourg. Alors qu'en 1836, il n'est fait mention que d'un marin, en 1851, les chiffres du recensement signalent trois marins, un matelot et trois bateliers et en 1886 seize marins annonçant ainsi la vocation de port goémonier attaché au bourg de Pouldouran.

Pouldouran se distingue par la qualité de son patrimoine paysager lié à sa situation exceptionnelle en fond d'estuaire, à l'absence de remembrement et à la préservation de structures fortement identitaires qui contribuent à la cohérence du tissu rural tels que chemins creux, talus-murs, murets et entrées de champs avec barrières. Situés en limite communale, les trois routoirs de l'anse de Gwenored constituent un ensemble remarquable qui participe également à l'identité territoriale. Ancien port goémonier, le bourg conserve son quai et ses murs-talus anti-érosion ainsi qu'un ensemble de maisons de pêcheurs et d'artisans d'intérêt local. Entourée de son cimetière, l'église paroissiale Saint-Bergat forme avec le décor peint et le mobilier qu'elle abrite un ensemble homogène représentatif du milieu du 19e siècle.

Aires d'études Schéma de cohérence territoriale du Trégor
Adresse Commune : Pouldouran

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : séries 3E/37/37 ; 3E /37/74 ; 3E/37/78 ; 3E/37/75 ; G/239AD 22
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor. Série 2 O 253/1. Bâtiments communaux de Pouldouran

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 2 O 253/1
Documents figurés
  • Sous-série 3P 258/1. Tableau d'assemblage et plans parcellaires de Pouldouran, 1835

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : Sous-série 3P 258/1
Bibliographie
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de Bretagne, nouvelle édition augmentée par Marteville et Varin. Rennes, 1843.

  • Le patrimoine des Communes des Côtes d'Armor. Paris : Flohic éditions, 1998.

Périodiques
  • Bulletins municipaux de Pouldouran n° 17 (2009), 19 (2010), 20 (2011), 23 (2012), 24 (2013)

    Mairie de Pouldouran
  • Sée Henri. L'agriculture dans les côtes-du-Nord en 1844. In : Annales de Bretagne. Tome 34, n°2, 1919, pp. 111-128

  • LE LANNOU, Maurice. "Le Trégorrois". Annales de Géographie. 1931, t. 40, n°223. pp. 24-38.

  • ANDRIEUX, Jean-Yves. "L'industrie linière du teillage en Bretagne nord (vers 1850-vers 1950) : proto-industrialisation ou industrialisation défaillante ?". Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1990, vol. 97, n° 3, p. 383-397.

  • Sée Henri. L'agriculture dans les côtes-du-Nord en 1844. In : Annales de Bretagne. Tome 34, n°2, 1919, pp. 111-128

  • ANDRIEUX, Jean-Yves, GIRAUDON, Daniel. Teilleurs de lin du Trégor : 1850-1950. Morlaix, Skol Vreizh, 1990, n° 18, 84 p.

  • GAUTIER, Elie. Tisserands de Bretagne. Morlaix, Skol Vreizh, 1988, n° 9, 96 p.

  • COUFFON, René. "Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier : nouvelles additions et corrections". Société d'émulation des Côtes-d'Armor, n° 76, 1947, p. 163-204.

Multimedia
  • Association Skol ar C'hleuzioù (ou l'Ecole des Talus). talus-bretagne.org

(c) Région Bretagne (c) Région Bretagne - Tanguy-Schroër Judith
Judith Tanguy-Schroër , né(e) Tanguy
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