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Présentation de la commune de Pordic

Dossier IA22012632 réalisé en 2008

Fiche

Œuvres contenues

1- Pordic : évolution démographique (1854-1999)  : (Patrick Pichouron)

Pordic en 1854, pop. 4 669 habitants (source : Jollivet).

Pordic en 1946, pop. 2 854 habitants (source : Insee).

Pordic en 1968, pop. 2 957 habitants (source : Insee).

Pordic en 1975, pop. 3 343 habitants (source : Insee).

Pordic en 1982, pop. 4 288 habitants (source : Insee).

Pordic en 1990, pop. 4 635 habitants (source : Insee).

Pordic en 1999, pop. 5 176 habitants (source : Insee).

2- Pordic : principaux repères : (Patrick Pichouron)

Pordic est une commune littorale du département des Côtes-d´Armor située sur la Côte du Goëlo à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de la ville de Saint-Brieuc. Bordé par la Manche à l'est, ce territoire d'une superficie totale de 2 894 hectares est limitrophe des communes de Binic au nord, de Plérin au sud et de Trégomeur et Tréméloir à l'ouest.

Paroisse du diocèse de Saint-Brieuc sous l'Ancien Régime, Pordic, dont le nom apparaît pour la première fois dans la documentation écrite vers 1160, est née avant le 13ème siècle d'un démembrement de la paroisse bretonne primitive de Plérin. Si son église figure en 1202 parmi six églises du Goëlo attribuées par le comte Alain à l'abbaye de Beauport, ce n'est qu'à partir de 1229 qu'elle est explicitement mentionnée comme paroisse. Au temporel, Pordic était une importante seigneurie dont le fief s'étendait sur Tréméloir et sur une partie de Plérin. Qualifiée de première juveigneurie de Goëlo, elle a eu pour premier seigneur Conan, fils d'Henri, seigneur du Penthièvre, et frère cadet du comte Alain.

Pordic, qui a élu sa première municipalité au début de l'année 1790, a dû céder, par ordonnance royale du 16 mai 1836, neuf écarts au profit de sa voisine Binic (écarts de la Ville-Avoine, la Roche-Martin, Sainte-Marguerite, la Tourelle, la Ville-Louais, la Ville-Hulin, l'Echaussée, le Petit-Quartier et Courtel).

3- Pordic : le patrimoine architectural : (Patrick Pichouron)

La présente enquête a été réalisée au cours des mois de mars et d'avril 2008 dans le cadre de l'opération d'inventaire préliminaire à l'étude du patrimoine des communes littorales du département des Côtes-d'Armor menée conjointement, depuis 2002, par le Conseil Général et le Conseil Régional de Bretagne (service de l'Inventaire général du patrimoine culturel).

Cette enquête a permis de procéder au repérage de plus de 400 oeuvres, parmi lesquelles 365 relèvent de l'architecture domestique et agricole, 25 de l'architecture religieuse, commémorative et funéraire, 3 de l'architecture scolaire et 3 du génie civil (voie ferrée, routes, ponts).

Au sein d'un corpus daté entre le 15ème siècle et la 2ème moitié du 20ème siècle, 11 oeuvres ont fait l'objet d'une proposition de sélection en fonction de critères de protection, d'ancienneté, de qualités architecturales, d'unicité ou de représentativité. Aucune oeuvre n'a fait l'objet d'une protection au titre de la législation sur les Monuments historiques à Pordic.

4- Pordic : le patrimoine littoral et maritime : (Guy Prigent)

La commune de Pordic dispose d'un linéaire côtier long de 6, 5 kilomètres, essentiellement constitué de côtes à falaises, avec des pointes escarpées, dont la pointe de Pordic (fortifiée au 18ème siècle), entrecoupées par quelques petites criques et le front de mer de Tournemine, au débouché d'un vallon escarpé, le 'Porfond du Gouët', qui se prolonge ensuite par la plage des Rosaires (en limite de Plérin). Son territoire se présente comme une vaste pénéplaine qui s'abaisse lentement du Sud-Ouest vers la vallée de l'Ic et remonte au Nord vers la mer, à la pointe de Pordic, au lieu dit Labrousse (altitude : 142 m). La vallée du Vau-Madec, la plus importante, échancre la côte face à Binic. Les grèves nombreuses mais peu accessibles, offrent peu d'abri pour une flottille de bateaux hors le Petit-Havre, encore appelé 'port de l'Hermot', abrité par un enrochement artificiel depuis le milieu du 19ème siècle. Les grèves d'Est en Ouest ont conservé leur dénomination locale : Tournemine ('Caméret'), Barillet, le Petit-Havre, Port-Jehan et le Vau Madec. Ce front de mer représente le premier patrimoine littoral de la commune, alors que le corps de garde de la Pointe est aujourd'hui à l'état de vestige (ultime témoignage de la défense des côtes au cours du 18ème siècle et de la position stratégique des falaises).

La maritimité active de Pordic s'est davantage exprimée au cours de la seconde moitié du 19ème siècle, en raison du développement de la grande pêche (Paimpol, Binic, le Légué) et du cabotage au long cours, où une partie de la population pordicaise a pu trouver à s'engager. En 1844, le quart de la population active était composé de marins, dont 5 capitaines au long cours, 3 capitaines au cabotage et 20 maîtres de seine (pêcheurs côtiers). Les 2/3 de la population était composé de petits cultivateurs.

L'étude des collections (objets et documents) de la famille Quéhec (Quéhé) et d'autres personnes privées (hameçons à morue) a permis de croiser différentes histoires de vie et de trajectoires professionnelles maritimes, mais aussi de révéler des stratégies et des opportunités d'orientation vers les métiers de la mer proche et lointaine. Ces vocations maritimes ont par ailleurs provoqué certaines migrations de la population maritime vers d'autres communes portuaires (Le Havre).

Les ex-voto marins, repérés dans les édifices religieux de la commune, dont une partie est classée MH, en particulier la maquette du 4 mâts barque 'Robert' ('Ville du Havre'), témoignent de la dévotion des gens de mer et de l'importance de l'activité maritime pendant les siècles passés. L'habitat littoral présente des éléments architecturaux caractéristiques de la ruralité (la soue à cochon, l'étable pour le bardot) et d'une littoralité d'usages : la pêche côtière locale (quartier de la Croix Guingard et de la Ville Louais et de la Ville Rouault), cependant peu développée en raison de l'absence de véritable port et de l'influence concurrentielle de Binic et du Légué.

Une pêcherie remarquable, abandonnée (Poissonet), a été sélectionnée, comme trace ultime d'une activité vivrière tirant partie de l'estran. Une forme en miniature de bateau navigant représentant un usage de pêche aux lignes flottantes unique sur la commune et très rare en Côtes-d'Armor, a été aussi sélectionnée. Le témoignage oral associé contribue à enrichir le patrimoine maritime local ainsi que la pratique de la langue gallèse.

Le circuit des eaux douces avec ses nombreux édicules mérite encore d'être signalé et interprété, pour rappeler les enjeux de la qualité des eaux littorales.

5- Extraits du Pilote de Thomassin : (proposés par Guy Prigent)

Port Rovaut : (Thomassin cite le Port Rovaux qui doit correspondre au Petit Havre)

En suivant la côte, à demie lieue de la pointe de Pordic, située Sud-Est, se trouve le Port Rovaut ; il n'y a que des bateaux de 6 à 7 tonneaux qui puissent en approcher, la mer y bat la côte à toutes marées, et y monte ordinairement de 8 à 10 pieds ; ce port est assez mauvais, le fond n'étant que de galets et de pierres sur lesquels les barques talonnent, ce qui les fait périr en peu de temps. Il y a dans ce port six bateaux pescheurs habitués qui fournissent à St-Brieux et ailleurs.

Port Saint-Jean :

Demy quart de lieue en suivant la côte, située comme cy dessus, se trouve le petit port Jehan (sic) dans lequel on ne peut aborder que très difficilement et avec des bateaux de 3 à 4 tonneaux, la côte est toujours fort escarpée et remplie de gros galets et rochers.

Port Vaumadec :

Un quart de lieue plus loin se trouve le port de Vaumadec situé comme cy dessus, la côte se rabaisse un peu en cette partie et laisse une crevasse qui forme ce petit port, mais les galets et rochers qui s'y trouvent empêchent toujours l'approche qui ne peut se faire qua'vaec des bateaux de 2 à 3 tonneaux, la mer se retire de la côte d'environ demy quart de lieue, elle y monte aux grandes marées de 8 à 9 pieds.

Instructions nautiques en venant du Légué :

Les marins qui viennent du Sud-Est du Légué ou de Dahouët, 'se règlent pour l'eau sur Evian' (Hervieu), rocher situé à 1 encablure de terre sur la laisse de basse mer, à 2 encablures au Sud-Est de la pointe de Pordic, entre elle et le Poissonnet, autre rocher de l'extrémité Ouest de la grève des Rosaires. Il y a apssage à terre d'Ervian. Quand il couvre, il y a 2 mètres d'eau à l'avant-port de Binic.

Lorsqu'on défile le long de terre en allant du Portrieux au Légué, les 'points les plus apparents' que l'on s'aperçoit sont : il y a une maison blanche avec des arbres, la Coudrais, le Vaumadec ; Notre-Dame de la Garde et ses grands arbres, le bois de la Croix Guingar ou de la Ville Rouault au-dessus du Havre. Le vieux fort de Pordic, la ferme Lecuyer, les deux Rosaires, le hameau Martin rès de la roche ; la maison des soeurs entourée de murs, l'avant dernière à gauche du Rosélier ; la vallée de Saint-Titol.

Aires d'études Communes littorales des Côtes-d'Armor
Adresse Commune : Pordic

Annexes

  • Témoignage oral - Danio Gérard
  • 20082211340NUCB : Tableau d'assemblage des plans cadastraux parcellaires de 1813 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/15, Numplan 1.

    20082211762NUCB : Carte postale, vers 1900 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 16 Fi 4520.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : 2 O 251/2, bâtiments communaux (1825-1939).

Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/15, plans cadastraux parcellaires de 1813.

    Numplan 1, tableau d'assemblage. Documents consultables sur le site Internet http://archives.cotesdarmor.fr
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/26, plans cadastraux parcellaires de 1847.

    Numplan 1, tableau d'assemblage. Documents consultables sur le site Internet http://archives.cotesdarmor.fr
Bibliographie
  • COUFFON, René. Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1939.

    p. 199-200
  • FLOHIC EDITIONS. Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor. Charenton-le-Pont : Flohic éditions, 1998, 2.

    p. 908-910
  • JOLLIVET, Benjamin. Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes du département. Guingamp : B. Jollivet, 1854, 1.

    p. 41-44
  • JORET, Emile. Histoire de Pordic. Lorisse Edition, 1990, réédition (1901).

  • LE SAULNIER DE SAINT-JOUAN, Régis. Dictionnaire des communes du département des Côtes-d'Armor : éléments d'histoire et d'archéologie. Saint-Brieuc : Conseil Général des Côtes-d´Armor, 1990.

    p. 579-581
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Rennes : Deniel, 1853, 2.

    p. 376-377
  • TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor : origine et signification. Douarnenez : Ar Men-Le Chasse Marée, 1992.

    p. 242-244
  • THOMASSIN, Anastase. Pilote côtier, Côtes Nord de la France, troisième partie : Des Héaux de Bréhat au cap de la Hague. Paris : Challamel aîné, 1875.

    p. 88