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Présentation de la commune de Ploumilliau

Dossier IA22002478 réalisé en 2004

Fiche

Œuvres contenues

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1- Esquisse géographique :

Ploumilliau en 1854, pop. 3 480 habitants (source : Jollivet).

Ploumilliau en 1946, pop. 2 125 habitants (source : Insee).

Ploumilliau en 1982, pop. 2 100 habitants (source : Insee).

Ploumilliau en 1990, pop. 2 223 habitants (source : Insee).

Ploumilliau en 1999, pop. 2 173 habitants (source : Insee).

Commune littorale du département des Côtes-d´Armor, Ploumilliau, Plouillio en breton, est située dans le Trégor occidental à environ 10 kilomètres au sud-ouest de Lannion. D´une superficie totale de 3 469 hectares, elle est limitée à l´ouest par les communes de Saint-Michel-en-Grève et de Trédrez-Locquémeau, au sud et à l´est par celles de Plouzélambre, de Plouaret et de Ploubezre, au nord par celle de Ploulec´h et par la mer [fig. 1 et 2]. Ce vaste territoire situé aux frontières de l´Armor et de l´Argoat occupe une partie des plateaux du Trégor. Le relief y est peu accidenté, si ce n´est aux abords de la façade maritime, au nord, et des vallées des ruisseaux de Kerninon, du Kerdu, de Pontol, de Porz-an-Lan et de Pont-Roux qui s´encaissent fortement vers l´aval.

2- Histoire :

Le menhir du Clandy [fig. 3], les souterrains de l´Age du fer de Saint-Jean et de Kerhélary, les traces de fortifications romaines du Roudoulou et les vestiges de l´ancienne voie de Lannion à Morlaix près de Croas-Simon, attestent l´ancienneté de la présence humaine à Ploumilliau.

Ce vaste territoire est une ancienne paroisse bretonne primitive qui englobait à l´origine Trédrez et Ploulec´h. Formé à partir du mot ploue, signifiant « paroisse » en vieux-breton, le toponyme a pour éponyme saint Miliau, comte de Cornouaille et père de saint Méloir, dont le nom est, selon Bernard Tanguy, à distinguer du saint patron de la paroisse.

Paroisse du diocèse de Tréguier, elle n´est mentionnée pour la première fois qu´à la fin du 14ème siècle. Bien que son nom n´apparaisse pas dans les chartes de 1160 et de 1182 énumérant les possessions des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem et des Templiers en Bretagne, ces deux ordres étaient présents en plusieurs points de la paroisse, assurément à Saint-Jean de Brézéhan et à Keraudy, dépendant respectivement des commanderies de Plouaret et de Pont-Melvez, probablement au Christ, vocable généralement associé aux Templiers, et au Mouster, dont le nom perpétue le souvenir d´un monastère.

La paroisse a élu sa première municipalité au début de l´année 1790, puis elle a absorbé, peu de temps après, la trève de Keraudy, elle-même érigée en paroisse en 1851.

3- Le patrimoine architectural :

La présente enquête se déroule dans le cadre de l´inventaire préliminaire à l´étude du patrimoine des communes littorales du département des Côtes-d´Armor.

La chronologie des oeuvres repérées est comprise entre le Moyen Age et la 1ère moitié du 20ème siècle. Si le 19ème siècle et le début du 20ème siècle demeurent, comme dans la plupart des cas, les périodes les plus représentées, l´époque moderne (16ème-18ème siècle) fournit des témoignages architecturaux relativement importants.

L´enquête a permis de repérer un total de 212 oeuvres, dont 145 relèvent de l'architecture domestique et agricole, 32 de l'architecture religieuse, commémorative et funéraire, 7 de l´architecture du génie civil, 5 de l´architecture des équipements publics et 1 de l'architecture militaire. Au sein de ce même corpus, il convient de distinguer 22 oeuvres relevant de l´architecture domestique dite « savante ». Ces oeuvres sont en majorité des manoirs du 16ème et du 17ème siècles, mais également quelques maisons de notable du 19ème siècle dont le développement architectural et l´environnement immédiat, voire la situation géographique, font, à bien des égards, référence à l´habitat nobiliaire [fig. 4 et 5].

A la lumière de ces informations, un premier constat peut être établi pour la commune de Ploumilliau : architecture civile et religieuse de l´époque moderne constituent ici la preuve manifeste d´une réelle prospérité passée, fondée sur les activités d´une société à large composante rurale.

Au sein du corpus, 6 oeuvres ont reçu la mention « à signaler » en raison de leur statut juridique (protection au titre de la législation sur les Monuments historiques) : l´église paroissiale Saint-Milliau, l´église Notre-Dame de Keraudy, la chapelle Saint-Cado, la croix du cimetière et les croix de Coz-Douar et de Kerverder [fig. 6 à 11].

26 oeuvres ont également reçu la mention « à étudier » en fonction de critères variés tels que l´ancienneté, l´état de conservation, la typologie, l´unicité ou, à l´inverse, la représentativité.

Au sein de l´architecture domestique savante, on notera le repérage des manoirs de Lanascol [fig. 12], de Roz-Logod [fig. 13], de Keranvern [fig. 14], de Keranconan [fig. 15], de Trézao [fig. 16], et de l´Isle [fig. 17]. Ces manoirs offrent un panel des logis manoriaux inventoriés sur le territoire (logis à pièce unique par étage, de plan binaire* ou de plan ternaire* avec tour d´escalier demi-hors-oeuvre sur élévation antérieure ou postérieure, logis de type ternaire*, variante à cinq travées). Au chapitre des maisons de notable, le logis du Quinquis-Vraz [fig. 4] offre, quant à lui, un exemple représentatif de construction volumineuse repérée à cinq reprises sur le territoire (Keriou-ar-C´hoat [fig. 18], Keraudy [fig. 19], le bourg [fig. 5, 20]. Ce logis de type ternaire à cinq travées et à double orientation est construit sur un plan double en profondeur et comprend un rez-de-chaussée, deux étages habitables et un grenier.

* Logis de plan binaire : logis à deux pièces au rez-de-chaussée ou par étage.

* Logis de plan ternaire : logis à trois pièces au rez-de-chaussée ou par étage.

* Logis de type ternaire : logis à étage, à trois travées régulières, à cage d'escalier centrale contenant un escalier tournant à retours.

Au sein de l´architecture domestique et agricole, plusieurs édifices ont été sélectionnés en vue d´une étude ultérieure, essentiellement en raison de leur ancienneté et de leurs caractéristiques typologiques. On remarquera ainsi :

- au lieu-dit « Kertanguy », un logis à pièce unique par étage daté de l´année 1623 [fig. 21] ;

- au lieu-dit « Keriou-ar-C´hoat », deux logis-jumelés sur dépendance datant du 17ème siècle [fig. 22] ;

- au lieu-dit « le Cleumeur » (à la sortie du bourg après l´école communale), une ancienne ferme construite en 1613 puis agrandie à la fin du 19ème siècle [fig. 23] ;

- au lieu-dit « Kerizout », la supposée ancienne métairie noble du manoir de Kerizout, présentant un logis de plan binaire du 17ème siècle agrandi d´une aile en retour d´équerre au début du 19ème siècle [fig. 24] ;

- au lieu-dit « Kergariou », une maison à avancée à étage et à pignon datant du 17ème siècle [fig. 25] ;

- au lieu-dit « Keroual », une maison à avancée sous appentis datant du 18ème siècle [fig. 26] ;

- au lieu-dit « Convenant-Quenven », une ancienne ferme du 17ème siècle [fig. 27] ;

- au lieu-dit « Convenant-Toull-Karr » (près de Guernivinic), un logis et des dépendances en alignement construits en 1782 [fig. 28] ;

- au lieu-dit « Kernévez » (à la sortie du bourg en direction de Saint-Cado), un logis de type ternaire construit en 1791 [fig. 29] : à l'instar de deux logis (Quinquis-Gestin et Guerguilléguen) les trois travées sont complétées par des petites baies surnuméraires latérales ; cette particularité se retrouve également sur la commune voisine de Ploulec'h (Kercaradec-Izellan). Faute d'enquête approfondie, on ne sait à l'heure actuelle si cette caractéristique architecturale correspond à une disposition intérieure précise ;

- au lieu-dit « Prigent », un hangar à orthostates (piliers de granite servant de supports) daté de l´année 1839, en parfait état de conservation [fig. 30].

En dehors des oeuvres classées et inscrites au titre de la législation sur les Monuments historiques [fig. 6 à 11], l´architecture religieuse, commémorative et funéraire offre plusieurs témoignages architecturaux de qualité. Le territoire se caractérise en effet par une forte densité de croix, notamment de croix à haut fût monolithe sur socle et soubassement, érigées entre le Moyen Age et le début du 19ème siècle (23 croix repérées au total). Au sein de ce corpus, on notera tout particulièrement la présence d´une croix monolithe à branches courtes du Moyen Age au lieu-dit « la Croix-Rouge » [fig. 31], et celle de la croix de Saint-Cado datée de l´année 1650 [fig. 32]. Si l´édicule appartient au type de croix le plus répandu sur le territoire, il fait également partie, à l´instar des croix de Coz-Douar et de Kertanguy, d´un groupe très restreint de croix ornées d´un décor sculpté dans de la pierre de Kersanton ou kersantite (roche volcanique, de couleur vert sombre, à grains fins, originaire des bords de la rivière de Daoulas dans le Finistère) [fig. 33].

Au chapitre de l´architecture des équipements publics, on portera un regard attentif sur le logement des instituteurs de l´école communale dans la mesure où ce bâtiment construit au cours du 2ème quart du 20ème siècle est une oeuvre d´architecte de style régionaliste [fig. 34].

Au terme de cette présentation générale des richesses patrimoniales de la commune de Ploumilliau, on n´omettra pas de faire référence à la ligne de chemin de fer Lannion-Plestin-les-Grèves-Finistère qui permet de rattacher le nom et l´oeuvre de l´ingénieur en chef départemental des Ponts et Chaussées Louis-Auguste-Marie Harel de La Noë à l´histoire économique, sociale et architecturale de Ploumilliau. On évoquera ainsi les vestiges du tracé de la ligne particulièrement visibles dans la vallée de Kerdu [fig. 35], la présence d´un ponceau au lieu-dit « Roz-Logod », mais également, en Ploulec´h, les vestiges de la halte du Quinquis sise aux limites des territoires de Ploulec´h, de Ploubezre et de Ploumilliau [fig. 36].

Aires d'études Communes littorales des Côtes-d'Armor
Adresse Commune : Ploumilliau

Annexes

  • Témoignage de Yves Allain de Trédrez-Locquémeau à propos des forgerons de Ploumilliau et de Trédrez-Locquémeau :

    Une de mes distractions préférées était ma visite presque quotidienne à la forge de « Job ar Floc´h ». Dans la famille Le Floc´h, tous les garçons devenaient forgerons de père en fils. Félix exerçait son métier au bourg de Ploumilliau sur la route de Saint-Michel, Victor au bourg de Kéraudy et Job l'aîné sur la route de Plouaret à droite avant d'arriver au cimetière. Victor et Félix tenaient en même temps un café, comme il était d'usage à cette époque. Job n'avait pas voulu s'embarrasser d'un tel fardeau, il se consacrait entièrement à sa forge. C'était une petite maison basse, un « penty », la dernière d'une rangée de maisons contiguës, toutes identiques, la dernière étant celle de mes tantes.

    Du matin au soir, on entendait le bruit du marteau frappant l'enclume comme une cloche et sa sonorité cristalline se fondait agréablement dans le calme et la douceur des soirs d'automne. Job me recevait toujours avec le sourire, un oeil sur le fer incandescent qu'il posait délicatement sur l'enclume avant de le marteler pour lui donner sa forme.

    La pièce était obscure. Seule une toute petite fenêtre, à moitié obstruée par les toiles d'araignées laissait filtrer une lumière douce et indécise. Cette pénombre, je la trouvais un peu inquiétante. En y pénétrant, je distinguais mal la foule d'objets hétéroclites accrochés aux murs, des outils mystérieux dont l'usage m'échappait. Du matin au soir, le charbon incandescent rougeoyait dans l'énorme cheminée. La flamme activée par un énorme soufflet finissait par donner aux visiteurs l'impression d'entrer dans le domaine de Vulcain.

    Lorsque Job battait le fer d'une frappe régulière, une gerbe d'étincelles jaillissait autour de lui, véritable feu d'artifice du plus bel effet qui faisait mal aux yeux mais qui me plaisait par dessus tout. Cette féerie était brève, car il fallait très vite plonger le fer dans la braise incandescente. L'atmosphère était imprégnée d'une odeur particulière qu'on retrouvait dans toutes les forges d'autrefois : mélange compliqué de cornes brûlées, de charbon mouillé que Job déposait de temps en temps dans le foyer. Cette savante alchimie dont il avait le secret provoquait en moi un plaisir immense que j'avais du mal à définir. Job, imperturbable, battait le fer, et la blancheur blafarde de son visage se détachait curieusement dans la demi-obscurité qui régnait dans son antre.

    Le ferrage des chevaux était particulièrement intéressant. Il fallait voir avec quelle aisance il immobilisait avec une courroie la jambe du cheval pour lui interdire toute ruade. Job avait l'art de calmer la bête qui se laissait faire en toute confiance. Il émanait de lui une telle sérénité communicative qu'elle se laissait manipuler sans qu'il y ait de sa part la moindre manifestation d'hostilité. On aurait dit qu'il existait entre lui et l'animal une espèce de symbiose qui facilitait grandement son travail.

    Il saisissait la jambe du cheval entre ses cuisses, le dos tourné vers l'animal et rapidement arrachait le vieux fer à l'aide d'une tenaille. Commençait alors un travail de précision. Avec un outil tranchant, il enlevait la vieille corne et le sabot devenait propre et net. Il fallait avoir une grande connaissance du métier pour ne pas blesser l'animal. Il choisissait alors dans une impressionnante collection de fers neufs celui qui convenait le mieux à la taille du sabot. La plupart du temps, c'était de grands modèles, car les chevaux de trait bretons avaient une taille impressionnante. Leur puissance n'effrayait pas Job quoique certains animaux vicieux lui donnaient parfois du fil à retordre. Mais Job avait toujours le dernier mot !

    Le fer rougi au feu, couleur cerise, était alors appliqué bien à plat sur le sabot pour lui donner une assise parfaite. Il se dégageait alors une odeur de corne brûlée qui se répandait dans le bourg, agressant les narines sensibles de certaines commères que tout dérangeait ! Le fer posé bien à plat était solidement fixé par d'énormes clous à tête carrée qui ressortaient sur les côtés du sabot, dans la partie inerte de la corne. Quelques coups de tenaille pour les raccourcir, quelques coups de marteau pour les aplatir et le travail était terminé. La jambe immobilisée puis libérée, le cheval semblait manifester sa joie par un hennissement joyeux. Avec ses quatre pattes, il n'était pourtant pas au bout de ses peines !

    Une opération aussi intéressante était le cerclage d'une roue de charrette. Le cercle métallique à la dimension approximative de la roue était chauffé au rouge dans un énorme brasier puis encastré de force sur la roue. Job projetait ensuite de grands seaux d'eau sur le cercle. La contraction du métal emprisonnait la jante, le cerclage se terminait dans un nuage de vapeur qui mettait très longtemps à disparaître.

    Je n'eus pas le plaisir de lui rendre visite pendant toute la durée de mon séjour chez les tantes. Un jour, j'appris qu'il était très malade. La forge fut fermée. On n'entendit plus du matin au soir le bruit cristallin du marteau sur l'enclume, on ne respira plus l'odeur âcre de la corne brûlée. Quelque chose subitement manquait à notre entourage, à mon entourage devrais-je dire, car je ne pensais pas que les habitants du bourg fussent aussi sensibles que moi au chant de l'enclume et du marteau.

    Job ne fut pas longtemps malade. Quand il mourut, les tantes m'obligèrent à les accompagner chez le défunt pour réciter une prière comme il était d'usage à cette époque. Cette visite mortuaire m'impressionna beaucoup. Je n'avais que 11 ans. Etait-elle indispensable ? Je ne le crois pas. Pendant longtemps j'ai eu dans la tête l'image de Job allongé sur son lit et cette fade odeur d'eau de lavande que la famille avait dû asperger abondamment pour assainir l'atmosphère. Plusieurs années durant je n'ai jamais pu la supporter !

  • Extrait du Pilote de Thomassin, 1875 :

    La grève de Saint-Michel est appelée Lieue de Grève.

    De la Pointe de Beg-an-Fourn la côte est élevée et accore : elle court vers le Nord du monde sur une étendue de 2 milles, c´est à dire jusqu´à la Pointe de Séhar, rocher en forme de presqu´île qui forme la partie sud de la rade de Lannion.

    Les points remarquables de cette partie de côte sont :

    le clocher de Trédrez sur le haut de la côte un peu au nord de Beg-an-Fourn ;

    le clocher de Ploumilliau qui est à flèche et très élevé. Il est à 3 milles dans l´intérieur, et, de Locquirec, on le voit au-dessus de Saint-Michel-en-Grève avec quelques maisons à sa droite ;

    le moulin de Kervic, marqué sur les cartes n´existe plus ;

    le chalet à toit rouge de Séhar ou propriété de Kernic ;

    le Rocher noirâtre de la Pointe de Séhar ;

    la tourelle rouge de Kinierbel qui forme la droite de l´entrée de la rivière de Lannion (à 2 encablures de au S.S.E. sur l´extrémité du plateau de Kiniard) ;

    enfin de loin, on distingue le clocher de Ploulec´h qui se trouve dans l´intérieur à 2 milles au S.O. de Lannion.

    Au sud, on aperçoit :

    Le château Bézien, propriété blanche à six tourelles ;

    Le moulin nord (est) et le moulin sud (ouest) de Plestin ;

    La chapelle de Saint-Roc´h, au-dessus du château ;

    Les deux clochers de Lanmeur. Kernitron et celui du nord-ouest.

    Les pilotes

    Deux pilotes et un aspirant ; leurs bateaux sont à 1 mât ; ils se tiennent aux Triagoz et à la Méloine et ne conduisent qu´au Yeaudet. Les pilotes de l´île de Bas, Roscoff, Primel et Locquirec conduisent au Yeaudet.

    Le Yeaudet ou Guiodel

    C´est un bourg de pêcheurs situé à l´entrée de la rivière de Lannion sur une pointe avancée de la rive gauche. Le village ne se voit pas du large ; on ne distingue que l´église et une maison grise qui est un peu à gauche (au nord). Les caboteurs y trouvent un très bon abri dans les mauvais temps d´ouest et s´amarrent à quatre au-dessous des maisons du village dans l´Est de la pointe.

    C´est là que l´on prend les bateaux de sable pour aider les bâtiments qui vont à Lannion. On les paye ordinairement 5 francs, mais pendant la pêche du maquereau on les paye davantage. Les petits navires en prennent deux ; les bricks en prennent cinq.

  • Une gwerz jadis chantée à Ploumilliau raconte l'histoire de Saint-Efflam et du roi Arthur :

    Se promener à la Lieue de Grève ils sont allés.

    Ils sont allés se promener à la Lieue de grève

    Pour faire sortir le serpent.

    Comme ils étaient déjà prêts

    La soif du roi s´est emparée.

    Et de l´eau à boire il n´y avait pas.

    Efflam, quand il vit son besoin, Se mit en oraison.

    Trois coups sur lez roc il a frappé

    Et de l´eau à boire il y a eu.

    Quand voit le roi ce miracle

    Il se frappe trois fois la poitrine.

    Marchons hardiment désormais en notre route ;

    Je sais à quoi m´en tenir sur votre puissance.

    Alors ils sont allés à la Lieue de Grève pour faire sortir le serpent

    Le grand serpent demandait

    Quand Efflam sur lui arrivait :

    Quel genre de mort me sera infligée ?

    La tête la première dans la mer tu seras jeté.

    Dans la mer je ne serai point précipité,

    A la Roche Rouge je serai traîné.

    Près de la Roche Rouge quand il est arrivé

    La roche par la moitié s´est fendue.

    Le serpent au milieu a sauté :

    Efflam, Efflam, dites moi

    Que me donnerez vous pour me divertir ?

    Une sonnerie j´ai sur moi,

    Qui sonne à l´heure de midi,

    A midi et à minuit

    Quand les chrétiens prennent leur repos.

    Maintenant, ami, tu resteras là

    Aussi longtemps que durera la vie.

    Là tu resteras sans boire ni manger

    Aussi longtemps que j´aurai nom Efflam.

  • La voie Romaine Coz Yaudet-Lannion-Morlaix par l´intérieur :

    Gaultier du Mottay (1869) donne la description suivante de la voie romaine :

    A proximité des Landes de la justice (Lannion) se trouve la Chapelle de « St Patrice » près de laquelle est un fort tumulus (la Motta) qui ne semble avoir encore été fouillé. La voie que nous suivons a laissé non loin de cette chapelle de beaux débris qui à l´époque où nous y sommes passés (1862) étaient menacés de destruction. De larges dalles de forme allongée et parfaitement ajustées les unes près des autres, bordaient la chaussée principale dont quelques pavés échantillonnés, d´égale grosseur, étaient encore enchâssés dans un lit de gravier.

    De ce point la voie se dirige par les villages de « Pontol » et de « Resléo » vers le « Roudoullou » monticule qui commande le passage. Cette élévation dont le nom « Redoute » atteste l´ancienne appropriation, montre encore des traces de retranchements en terre.

    La voie quitte la commune de Ploumilliau au village de « Coz Lannio » et entre dans celle de Saint-Michel par le « Pont an leslac´h ». C´est à peu de distance de cette voie qu´ont été bâtis au Moyen âge, les châteaux de Kerhuel et de Portzejégou.

    Embranchement de la Voie Romaine Coz Yaudet-Lannion-Morlaix par la grève de Saint Michel :

    Cette voie suit en plusieurs points le tracé de l´actuelle route Lannion-Morlaix. Elle s´en écarte de quelques dizaines de mètres à l´ouest au niveau de « Boud Gouez » en Ploumilliau pour se rapprocher du relais de « L´Isle ». A la croisée de l´actuelle D88A vers Locquémeau, et à proximité de la « Croix rouge », de grosses dalles carrées et épaisses de près de 30 cm sont entassées et pourraient bien provenir du pavimentum de la voie.

    A ce carrefour débute un beau tronçon de près de 6 m de large entouré de hauts talus qui se poursuit jusqu'à la zone d´activité de Ploumilliau où il se confond alors avec la desserte goudronnée de cette zone jusqu´au lieu dit « Hent Meur ».

    Passant devant « Coatilliau » la voie rejoint la Départementale 786 juste après le carrefour de St Jean et avant le Menhir de « Toul an lann » où l´on retrouve d´ailleurs un morceau de talus oblique par rapport à la D788. La voie descend ensuite vers le « Vicus » de Saint Michel-en-Grève par la petite route droite passant devant le camping des capucines. Route qui a d´ailleurs conservé par tradition le nom de « Voie Romaine » et sous laquelle des vestiges romains ont été découverts.

  • 20042203711NUCB : Tableau d'assemblage des plans cadastraux parcellaires de 1817 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/14, Numplan 1.

    20042203710NUCB : Tableau d'assemblage des plans cadastraux parcellaires de 1848 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/43, Numplan 1.

    20042204289NUCB : Carte - Dans : "Usage du sol" / IPLI, Rennes : DDDE 22, DIREN Bretgane, IGN, 1977-1982 - Collection particulière

    20042204284NUCB : Carte - Dans : "Usage du sol" / IPLI, Rennes : DDDE 22, DIREN Bretgane, IGN, 1977-1982 - Collection particulière

    20042204283NUCB : Carte - Dans : "Usage du sol" / IPLI, Rennes : DDDE 22, DIREN Bretgane, IGN, 1977-1982 - Collection particulière

    20042204281NUCB : Carte - Dans : "Usage du sol" / IPLI, Rennes : DDDE 22, DIREN Bretgane, IGN, 1977-1982 - Collection particulière

    20042204282NUCB : Carte - Dans : "Usage du sol" / IPLI, Rennes : DDDE 22, DIREN Bretgane, IGN, 1977-1982 - Collection particulière

    20042204288NUCB : Carte - Dans : "Les espaces littoraux remarquables des Côtes d'Armor" / DIREN Bretagne, DDE 22, Rennes : DIREN Bretagne, 1998, p.194 - Collection particulière

    20042204285NUCB : Carte - Dans : "Les espaces littoraux remarquables des Côtes d'Armor" / DIREN Bretagne, DDE 22, Rennes : DIREN Bretagne, 1998, p.192 - Collection particulière

    20042204312NUCB : Carte - Dans : "Les espaces littoraux remarquables des Côtes d'Armor" / DIREN Bretagne, DDE 22, Rennes : DIREN Bretagne, 1998, p.195 - Collection particulière

    20042204286NUCB : Carte - Dans : "Les espaces littoraux remarquables des Côtes d'Armor" / DIREN Bretagne, DDE 22, Rennes : DIREN Bretagne, 1998, p.193 - Collection particulière

    20042204277NUCB : Carte postale - Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/14, plans cadastraux parcellaires de 1817.

    Numplan 1, tableau d'assemblage Archives départementales des Côtes-d'Armor : 4 num 1/14
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/43, plans cadastraux parcellaires de 1848.

    Numplan 1, tableau d'assemblage Archives départementales des Côtes-d'Armor : 4 num 1/43
  • AD Côtes-d'Armor : 60 S. - Ligne de chemin de fer d'intérêt général de Lannion à Plestin-les-Grèves : 60 S 1. - Biens (dossiers par commune) 60 S 1 (5). - Ploumilliau. I. - Acquisitions, 1913-1933. 60 S 2. - Travaux d'étude et de construction 60 S 2 (1). - Projet d'une ligne de Ploumilliau à Saint-Michel-en-Grève, 1860-1861. 60 S 2 (2). - Etudes, avant-projet, tracé définitif approuvé par arrêté du 4 novembre 1912, 1889-1913. 60 S 2 (3). - Etablissement des stations. Enquête, 1907-1910. 60 S 2 (4). - Enquêtes parcellaires, 1912-1920. 60 S 2 (5). - Travaux, pièces générales, réception définitive du 29 mai 1916, 1914-1918. 60 S 2 (6). - Ballastage, 1913. 60 S 2 (7). - Lignes téléphoniques, 1915. 60 S 2 (8). - Ouvrages d'art, 1913-1918. 60 S 2 (9). - Bâtiments des stations et haltes, 1913-1918. 60 S 2 (10). - Lot unique. Construction de Lannion à Plestin-les-Grèves. 60 S 3. - Exploitation (pièces générales) 60 S 3 (1). - Généralités. I. - Ouverture à l'exploitation, 1916. II. - Projet de fusion de la ligne avec le premier réseau, 1920. III. - Suppression de l'exploitation et dépose des voies, 1934-1938. 60 S 3 (2). - Convention avec les concessionnaires du deuxième réseau, 1914-1922. 60 S 3 (3). - Travaux. I. - Fourniture de traverses, 1924. 60 S 3 (4). - Marche des trains. I. - Horaires, 1916-1922. II. - Modifications d'horaires, correspondance avec l'ingénieur en chef et avec le directeur de régie, 1916-1930. III. - Voeux et réclamations, réponse de l'ingénieur en chef et du directeur, 1916-1929. 60 S 3 (5). - Service des gares et tarifs. I.- Règlements et tarifs généraux, 1918-1921. II. - Voyageurs, 1920-1929. III. - Marchandises, 1917. 60 S 4. - Exploitation (dossiers par ouvrages classés en suivant l'itinéraire) 60 S 4 (2). - Ploumilliau. Arrêt du Quinquis. Division réservée. 60 S 4 (3). - Ploumilliau et Ploulec'h. De l'arrêt du Quinquis à la station de Ploulec'h. I. - Ploumilliau. Passage à niveau du Mouster (chemin de Plouaret à Ploulec'h), 1919. 60 S 4 (4). - Ploumilliau. Station de Ploulec'h. I. - Travaux, 1925. 60 S 4 (5). - Ploumilliau. De la station de Ploulec'h à celle de Ploumilliau. Division réservée. 60 S 4 (6). - Ploumilliau. Station de Ploumilliau et passage à niveau de la station (chemin de Ploumilliau à Locquémeau). I. - Travaux, 1925. 60 S 4 (7). - Ploumilliau et Saint-Michel-en-Grève. De la station de Ploumilliau à celle de Saint-Michel-en-Grève. I. - Ploumilliau. Passage à niveau de Kerlinquen (chemin de Ploumilliau à Saint-Michel-en-Grève), 1934.

  • AD Côtes-d'Armor : 2 O 226/1-2.

    bâtiments communaux (1832-1940)
  • AD Côtes-d'Armor : fonds Frotier de La Messelière.

    60 J 228 : planches de dessins de monuments et de sculptures, recueil in-plano (Quintin-Avaugour, Corlay et Trégor-Goëlo : 40 planches) Archives départementales des Côtes-d'Armor : 60 J 228
Documents figurés
  • IGN. Carte IPLI : usage du sol, Côtes du Nord, Lannion, 1977. Paris : IGN, 1982.

Bibliographie
  • BARBIER, Pierre. Le Trégor historique et monumental. Etude historique et archéologique sur l'ancien évêché de Tréguier. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1960.

    p. 327-328
  • CORNU, Alain. Petits trains des Côtes-du-Nord. Le Mans : Editions Cénomane, 1987.

  • COUFFON, René. Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1939.

    p. 381-383
  • EQUIPEMENT. Département des Côtes-du-Nord : anciennes voies ferrées d'intérêt local. Conservation et mise en valeur du patrimoine. Saint-Brieuc : D.D.E, 1985.

    p. 26
  • GAULTIER DU MOTTAY, J., VIVIER, E. et ROUSSELOT, J. Géographie départementale des Côtes-du-Nord. Saint-Brieuc : Edition Guyon Frères, 1862.

  • GAULTIER DU MOTTAY, J. Répertoire archéologique du département des Côtes-du-Nord . Saint-Brieuc : 1872, rééd. 1884.

  • JOLLIVET, Benjamin. Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes du département. Guingamp : B. Jollivet, 1854, 4.

    p. 127-129
  • LE SAULNIER DE SAINT-JOUAN, Régis. Dictionnaire des communes du département des Côtes-d'Armor : éléments d'histoire et d'archéologie. Saint-Brieuc : Conseil Général des Côtes-d´Armor, 1990.

    p. 539-541
  • LUCAS, Désiré. Saint-Efflam. Plestin-les-Grèves : Centre culturel de Plestin.

  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Rennes : Deniel, 1853, 2.

    p. 342-343
  • TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor : origine et signification. Douarnenez : Ar Men-Le Chasse Marée, 1992.

    p. 218-220
  • THOMASSIN. Le Pilote. Paris : 1875.