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Présentation de la commune de Plouézec

Dossier IA22001049 réalisé en 2002

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

"Plouézec (...) est situé sur la baie de Paimpol, face à l'île de Bréhat et à Pors-Even décrit par Loti. C'est le pays de ces hardis marins qui partent chaque année pour les pêches lointaines d'Islande ou du Groenland. C'est le pays des belles falaises, variées d'aspect et richement découpées par la mer : c'est d'abord l'anse de Bréhec, plage de sable fin ; les pointes de Berjuls et de Minard avec Pors Pin ; la pointe de Plouézec avec le sémaphore et les belles grèves de Port Lazzo et de Boulgueff, avec leur mosaïque de galets et leurs rochers recouverts de goëmon".

L'invitation au rêve océanique et naturaliste contenue dans les lignes qui précèdent figure en introduction d'un guide souvenir édité en 1931 à des fins promotionnelles [fig. 2]. Cette invitation, si caractéristique soit-elle de la documentation touristique de l'époque par ses propos teintés de pittoresque, n'en demeure pas moins significative de la spécificité du territoire étudié et peut revêtir une valeur de témoignage historique.

Nul doute effectivement que le patrimoine naturel figure au premier rang des richesses dont peut se targuer Plouézec. La frange littorale ponctuée de pointes, de falaises et de grèves constitue l'attrait majeur de la commune par les remarquables perspectives qu'elle offre sur la mer et la côte du Goëlo [fig. 3 à 5].

En revanche, le passé maritime de la commune, et plus particulièrement le souvenir de la Grande Pêche, restent difficiles à appréhender spontanément. Et pourtant, "pays de marins", Plouézec l'a été tout autant que Paimpol sa voisine. Un seul nom suffit à démontrer l'importance de ce passé maritime. Joseph Guillaume Le Conniat (1884-1936), commandant du célèbre navire d'exploration polaire le Pourquoi Pas ? disparu en mer d'Islande en septembre 1936, n'était-il pas originaire de Plouézec ?

1- Plouézec : principaux repères : (Patrick Pichouron)

Plouézec en 1854, pop. 4147 habitants (source : Jollivet).

Plouézec en 1861, pop. 4750 habitants (source : Flouriot).

Plouézec en 1936, pop. 4007 habitants (source : Insee).

Plouézec en 1946, pop. 3787 habitants (source : Insee).

Plouézec en 1990, pop. 3143 habitants (source : Insee).

Plouézec en 1999, pop. 3181 habitants (source : Insee).

D´une superficie totale de 2788 hectares, le territoire communal est limité au nord et à l´est par la mer, au sud par les communes de Pléhédel, Plouha et Lanloup, à l´ouest par celles d´Yvias, de Kerfot et de Paimpol. Il s'apparente à un vaste plateau dont le point culminant se situe au Petit-Saint-Loup (107 mètres) et se caractérise par la présence d'un front de mer long de dix-sept kilomètres, dominé par les paysages de falaises et de landes.

Les ressources géologiques principales se répartissent de la manière suivante sur le territoire :

- Schistes légèrement métamorphisés à l'est et au sud-est de la commune.

- Grès rose dans la partie centrale de la commune.

- Argilotites gris-vert à l'ouest de la commune.

La répartition de l'habitat obéit à une logique d'occupation du territoire marquée par des hameaux très groupés au nord-est et à l'est, et par la prédominance d'un habitat dispersé à l'ouest. L'habitat groupé réunit en majorité des résidences secondaires et de très petites exploitations agricoles datant du 19e siècle. La partie ouest de la commune a conservé des maisons plus anciennes mais peu sont antérieures au 18e siècle. Les exploitations y sont de taille plus importante. Entre ces deux zones, à l'est et au sud se partagent les deux types d'exploitation avec deux gros hameaux où l'habitat est groupé : le Questel et Bréhec (site de villégiature).

Paroisse bretonne primitive, Plouézec, Ploueg-ar-Mor en breton, apparaît dès la fin du 12e siècle dans les chartes du monastère Saint-Riom sous la forme Plohozec-Goilou (1189), puis Plohodec (1198). Elle fait partie du Goëlo, dont le terme se rencontre pour la première fois sous la forme latine de Pagus Uclawensis dans la Vie de Saint-Guénolé rédigée au 9e siècle, et désigne historiquement un vaste territoire s´étendant de Bréhat à Uzel, limité à l´est par la baie de Saint-Brieuc et le Penthièvre, à l´ouest par le cours du Leff.

L'histoire de Plouézec se confond essentiellement avec celle de l'abbaye Notre-Dame de Beauport fondée en 1202 par Alain, comte de Goëlo. C'est à l'occasion de cette fondation que Plouézec, alors citée sous la forme Ploozoc, est mentionnée pour la première fois comme paroisse. C´est aussi en 1202 que Conan, frère du comte Alain, créa une foire annuelle «de 3 jours en deçà de l´octave de la Pentecôte», appelée jusqu´à la Révolution «foire aux moines», puis dénommée « foire de la Trinité». Jusqu´à la Révolution, les moines détenaient effectivement le droit de percevoir une taxe sur « le mesurage public » des denrées (sel, poisson, céréales), conformément à l´institution féodale des bénéfices. En contre-partie, ils assurèrent le service cultuel à Paimpol et dans la région, dirigèrent et aidèrent au défrichement de la forêt avoisinante, construisirent les chaussées de Poulafret et de Paimpol. Pour l´imposition des dîmes, la Charte de 1202 donna à l´abbaye le domaine des comtes du Goëlo, délimité par les îlots rocheux situés à la hauteur de la pointe de Bilfot appelés de nos jours « mats de Goëlo », « mets de Goëlo » ou « Mez Goëlo » (le mot de « meta » (borne) expliquerait par une déformation philologique l´appellation de ce petit archipel. Dans la « Très Ancienne Coutume de Bretagne », rééditée en 1896, au Glossaire, on retrouve à différentes reprises « mètre » et « mete » » pour désigner une borne, une limite).

Le droit de patronage et de présentation à l´église paroissiale fut en outre accordé en 1206 à l'abbaye Notre-Dame de Beauport par Alain de Penthièvre et Plouézec demeura prieuré-cure de l´abbaye jusqu´en 1789. Erigée en commune au début de l´année 1790, Plouézec a du céder par ordonnance du 19 décembre 1831 deux enclaves à Kerity, formées des hameaux du Guern, de la Lande-Colas, du Runiou et de Beauport pour la première, des hameaux de Kermen et du Terron pour la seconde. Le territoire communal prit alors sa configuration définitive comme en témoigne le tableau d´assemblage du cadastre établi en 1832 [fig. 1].

2- Le patrimoine architectural : (Patrick Pichouron)

La commune a fait l´objet d´un inventaire en 1976. La présente enquête, qui s´est largement inspirée de cet inventaire, a permis toutefois de repérer plusieurs édifices et édicules susceptibles d'intégrer le champ patrimonial, à l´instar de la croix de Barafot [fig. 6], du calvaire situé au cimetière [fig. 7] ou des maisons de style régionaliste construites dans la 1ère moitié du 20e siècle [fig. 8].

Le corpus repéré comprend un total de 145 oeuvres, dont 87 relèvent de l'architecture domestique et agricole, 19 de l'architecture religieuse, funéraire et commémorative, 18 de l'architecture du génie civil, 8 de l'architecture de la vie publique, 5 de l'architecture artisanale et industrielle, 4 de l'architecture commerciale, 2 de l'architecture militaire et 2 de l'architecture fiscale. En fonction de critères de datation et de conservation, mais aussi de leurs particularités architecturales ou inversement de leur représentativité, 54 oeuvres se sont vu attribuer la mention à étudier et 3 la mention à signaler (manoir de Goas Froment [fig. 9] ; croix de Paul [fig. 10] ; phare de Lost-Pic).

La chronologie du corpus s'étend du Moyen Âge à la 1ère moitié du 20e siècle, incluant une assez forte proportion d'édifices et d'édicules datant de la 2e moitié du 19e siècle et de la 1ère moitié du 20e siècle. Quelques oeuvres contribuent à élargir l´éventail chronologique du champ patrimonial plouézécain.

L´architecture médiévale, très peu représentée sur le territoire communal, ne concerne que l´architecture religieuse. Seules les croix de Barafot [fig. 5] et de Goas Froment [fig. 11] permettent d´associer l´histoire architecturale de Plouézec à cette période. Tout en sachant que cette dernière provient de la commune de Plaintel, on saisira d´autant plus la valeur patrimoniale de la première.

Le 16e siècle reste, au même titre que le Moyen Âge, peu présent dans le paysage architectural communal. La chapelle de Paul [fig. 12], édifiée par les seigneurs de Goas Froment dans la 2e moitié du 16e siècle, constitue ainsi l'unique témoin d'un siècle généralement considéré comme une grande période de construction pour la Bretagne.

Les 17e et 18e siècles offrent, en revanche, davantage de témoignages architecturaux. Plusieurs oeuvres datant de cette époque ont été présélectionnées pour une étude ultérieure.

Au sein de l'architecture domestique et agricole, on notera tout particulièrement le manoir de Goas Froment (17e-18e siècle) [fig. 9], dont les avants-corps en pans de bois et l'escalier intérieur monumental constituent des éléments d'intérêts particuliers, les demeures du Launay et du Vélénec (17e-18e siècle) [fig. 13, 14], caractérisées chacune par la présence d'un escalier en bois rampe sur rampe à balustres toscans, la maison de Kervégan (18e siècle) [fig. 15], ainsi que les anciennes possessions de l'abbaye Notre-Dame de Beauport (17e-18e siècle) [fig. 16].

L'architecture religieuse offre également de précieux témoignages architecturaux de l´époque, à l'instar de l'ancienne croix de placître (1698) accolée au chevet de l'église paroissiale saint Pierre et de la croix de la Madeleine (18e siècle) [fig. 17, 18]. Au registre des oeuvres à forte valeur patrimoniale, on signalera tout particulièrement l'ancienne croix de placître située à proximité de la chapelle de Paul, dont le thème de la Déposition de Croix sculpté au revers du croisillon constitue un thème peu fréquent dans la région [fig. 10, 19].

Le paysage architectural reste cependant marqué par une forte densité d´oeuvres datant du 19e siècle et de la 1ère moitié du 20e siècle. L´essor démographique amorcé dès le milieu du 19e siècle, soutenu principalement par l'activité de pêche à Islande, explique cette forte densité de patrimoine bâti localisée pour l´essentiel le long des voies de communication reliant le bourg aux hameaux de l´Armor Izel, de Port-Lazo et du Questel (D 54 et D 77).

Plusieurs édifices relevant de l´architecture domestique et agricole méritent ici d´être signalés tant ils reflètent un système économique à forte orientation vivrière et s´avèrent représentatifs de l´habitat rural et côtier du 19e siècle :

- Maison située au n° 20, route du Cosquer [fig. 20] ;

- Maison située au n° 21, rue de Goasjoulin [fig. 21] ;

- Maison située à Porzh Loas, inventoriée en 1976, non localisée en 2002 [fig. 22] ;

- Maison située à Kerlou, inventoriée en 1976, non localisée en 2002 [fig. 23] ;

- Maison située à Kerforn, caractérisée par la présence d´un puits engagé [fig. 24] ;

- Maison située au n° 5, rue du moulin de Craca [fig. 25] ;

- Maison située au n° 9, rue des Camélias [fig. 26] ;

- Maison située au n° 7, rue de Goasjoulin [fig. 27] ;

- Maison située au n° 22, rue Ker Bernez [fig. 28] ;

Outre l´absence ou la rareté de décor, la modestie des dimensions et la récurrence des fonctions des édifices, le principal caractère d´unité de cet habitat réside dans l´utilisation et la mise en oeuvre de matériaux locaux (moellons de schiste et de grès pour le gros-oeuvre et granite en pierre de taille pour les encadrements des ouvertures de la partie habitation).

Lorsque le plan en cour fermée prédomine (Ker Bernez, Kerminalouët, Kerforn, Goasjoulin, Kervor...) l´étroitesse des passages entre les bâtiments a souvent déterminé la construction de pans coupés arrondis dans les dépendances ou la maison [fig. 29]. Cette caractéristique se retrouve constamment dans les zones à forte densité de bâti.

Au bourg de Plouézec, on notera également l´abondance d´édifices dont le gros-oeuvre est appareillé de moellons de grès rose équarris et les encadrements des ouvertures et les chaînages d´angle de granite clair en pierre de taille. Initié dans la 1ère moitié du 19e siècle [fig. 30, 31], ce phénomène, qui tend à souligner les axes de composition des édifices et à créer un effet de polychromie caractéristique du paysage architectural de la partie agglomérée, s´est généralisé à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle [fig. 32, 33].

L´enquête a également permis de repérer des oeuvres relevant de l´architecture artisanale et industrielle. Les moulins de Craca [fig. 3] et du Mez [fig. 34], utilisés comme amer, constituent des exemples très représentatifs des moulins construits sur la côte du Goëlo au 19e siècle, se présentant sous la forme d´une tour couverte d´une charpente mobile bois sur bois, utilisant le système des toiles tendues sur châssis pour la rotation des ailes. Caractérisé par un étage à ressaut sur modillons, le moulin du Mez mériterait, à l´instar de l´opération réalisée sur le moulin de Craca, une attention particulière.

Le lavoir de Goasjoulin [fig. 35] revêt également une forte valeur patrimoniale. Cet ancien routoir à lin, attesté comme tel par les états de section du cadastre de 1832, apparaît en effet comme l´un des rares vestiges d´une activité autrefois très florissante à Plouézec.

On retiendra aussi la présence d'une ancienne forge située au Questel [fig. 36] et celle d'un ancien pressoir probablement utilisé autrefois pour la production de cidre [fig. 37].

L´architecture religieuse du 19e siècle octroie une place importante aux oeuvres réalisées par les ateliers du sculpteur Yves Hernot. Outre les croix de Keriannou (1874) et Kerforn (1897), caractéristiques de la production de cet atelier dans la 2e moitié du 19e siècle (croix sur socle et soubassement, fût écôté, Christ en ronde-bosse), il convient de signaler au cimetière la présence d'un calvaire associant au Christ les personnages de saint Jean, la sainte Vierge et sainte Madeleine [fig. 7]. Erigée lors d´une mission en 1861, cette oeuvre se distingue de la production habituelle des ateliers Hernot par son aspect monumental.

On mentionnera aussi l´existence de croix de bois comportant niche et décor sculpté représentant les instruments de la Passion au Questel ainsi qu´à Run Helliou. Si elles semblent peu anciennes, elles s´avèrent néanmoins intéressantes comme témoin de l´art religieux de l´époque [fig. 38].

Citons également l´église paroissiale Saint-Pierre reconstruite à partir de 1848 sur les plans de l´architecte briochin Alphonse Guépin, ainsi que le monument aux morts réalisé en 1921 par Elie Le Goff, sculpteur statuaire et mobilier d'églises à Saint-Brieuc [fig. 39].

Concernant l´architecture du génie civil, l´enquête a permis de repérer un certain nombre de chemins creux dont la conservation permet d´appréhender spontanément l´existence d´un paysage de bocage résultant de l´action des communautés paysannes sur leur territoire depuis le moyen âge [fig. 40]. Au regard de l´intérêt esthétique et du témoignage historique qu´ils présentent, leur valeur patrimoniale ne fait aucun doute.

On accordera enfin une place de choix à la production de Louis-Auguste-Marie Harel de la Noë, tant le viaduc de Bréhec [fig. 41], qui fut l'un des plus importants ouvrages d'art du deuxième réseau ferroviaire du département avant d'être détruit en 1972, figure parmi les oeuvres de référence de l´ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées.

3- Les objets mobiliers religieux : (Erwanna L'Harridon)

La commune de Plouézec possède un patrimoine mobilier religieux important, varié et de qualité. Le maître-autel de l'église paroissiale, avec son tableau et ses statues, constitue un élément très représentatif de cette qualité. On compte 59 objets protégés au titre des Monuments Historiques.

La chronologie du corpus s'étend du 15e siècle au 20e siècle avec une forte représentation du 18e siècle.

La statuaire constitue la majeure partie des oeuvres conservées sur la commune. Son iconographie est variée. En plus des représentations habituelles de saint Paul, saint Pierre, la Vierge à l'Enfant, sainte Anne et la Vierge de Pitié, on trouve des représentations de saints locaux comme saint Riom et saint Maudez.

Dans l'église paroissiale sont conservés plusieurs oeuvres provenant de l'Abbaye de Beauport. L'aigle lutrin, daté du 18e siècle, attribué à Yves Corlay, et deux bustes reliquaires en bois doré du 18e siècle de saint Riom et saint Maudez [fig. 42 et 43].

Le patrimoine mobilier de Plouézec présente quelques particularités. Ainsi, la chapelle du Petit-Saint-Loup conserve un chancel du 16e siècle [fig. 44]. Rares sont aujourd'hui les communes qui ont encore ce type de mobilier. Cette même chapelle et celle de Paul ont conservé les troncs à offrandes du 17e siècle [fig. 45 et 46]. Actuellement peu de communes costarmoricaines en ont encore. Enfin, dernière particularité de Plouézec : un habit de suisse en très bon état est conservé à l'église paroissiale [fig. 47]. Sur le département des Côtes d'Armor, seule la commune de Caouënnec-Lanvézéac en possède un. Un autre habit de suisse noir réservé aux enterrements était inventorié sur la commune. Il n'a pas été retrouvé lors de cet inventaire.

Le dernier point concerne le nombre important de vêtements liturgiques de la fin du 19e siècle et début 20e siècle conservés. A noter tout de même la verrière de l'église paroissiale représentant sur deux panneaux deux batailles de la première mondiale [fig. 48].

4- Le patrimoine maritime : (Guy Prigent)

L´héritage maritime de Plouézec :

L´adjectif plouézécain existait déjà dès 1857 dans le nom d´une goélette (La Plouézecaine), armée à Paimpol pour les campagnes d´Islande avec un équipage en partie constitué de marins du terroir de Plouézec. Le renouveau de la grande pêche à Islande s´est réalisé en partie grâce à cette main-d´oeuvre recrutée dans la commune la plus peuplée et la plus étendue du Goëlo. La population de Plouézec a conservé cette tradition maritime avec une forte proportion de marins de commerce retraités, enfants et petits enfants d´Islandais. Aujourd´hui, la forte pression sur les ressources naturelles par le développement des activités ostréicoles, de la plaisance et du tourisme côtier, modifie la vocation maritime de Plouézec et demande une approche intégrée de cet héritage littoral.

Plouézec dispose de deux havres : Port Lazo et Bréhec, abrités par les falaises, mais ouverts au vent du large. Dans ce premier port, ancien havre des pêcheurs islandais, reconvertis à la pêche côtière, cohabitent ostréiculture et plaisance. Port Lazo est la référence identitaire du passé maritime de Plouézec. Le port de Bréhec a davantage une vocation touristique et de loisirs depuis le 2e quart du 20e siècle.

Au havre de Port-Lazo, sont armés plus de 80 bateaux dont les équipages s´occupent pendant un certain temps à la pêche des huîtres et, le reste de l´année, à draguer les sables calcaires qui se trouvent abondamment dans ses parages et dont ils approvisionnent une grande partie du littoral, ceux qu´ils retirent de l´Ile Blanche et des « Mâts-de-Goëlo » contiennent 97% de parties fertilisantes (D´après une petite géographie populaire rédigée en 1860, Guyon, Saint-Brieuc).

Autre référence au passé maritime de Plouézec : l´église de Plouézec, donnée à Beauport en 1206 par Alain de Penthièvre, dispose de vitraux avec de superbes scènes maritimes. Prieuré-cure de Beauport jusqu´en 1789, Plouézec possédait une pêcherie dans cette enclave littorale.

La chapelle littorale de Saint-Riom, fondée par Alain d´Avaugour en 1198 est le lieu de tradition du pardon des Islandais. A noter la présence d´un ex-voto de la 1ère moitié du 20e siècle (navire « Le Pourquoi-Pas ») et de plusieurs oeuvres artistiques d´inspiration religieuse.

L´architecture littorale, militaire et commémorative :

L´architecture littorale militaire est représentée par deux monuments : un mur défensif à Boulgueff et un blockhaus sur la Pointe de Bilfot (à étudier). L´architecture commémorative est représentée par la stèle de Bilfot.

Les sites côtiers et l'architecture littorale :

Plouézec se caractérise par la richesse de son environnement littoral, qui reste cependant fragile et sensible à une urbanisation intensive sur les sites proches des falaises.

Port Lazo : les aménagements portuaires sont récents et à l´échelle du lieu (digue-jetée et petites cales). Cependant, la richesse biologique des estrans de la baie est fort convoitée. Le remembrement de la grève et sa parcellisation pour des activités ostréicoles n´évitent pas les conflits d´usage entre aquaculteurs, pêcheurs plaisanciers et pêcheurs à pied.

Intérêt biologique et ethno-écologique des landes de Minard, Berjul, Bilfot (pacage de moutons), des vallons humides et encaissés conduisant à la grève, avec des murets en pierre sèches : Traou-Fola, Porz Donan. Ces champs ouverts ont été défrichés et cultivés par les Islandais avant l´incendie de 1958 et la plantation de résineux. Intérêt biologique des îles de Plouézec où nichent les oiseaux marins (ZNIEFF de type 1).

Bréhec :

une vallée littorale encaissée entre deux falaises, bordée de boisements littoraux et de champs cultivés. Le port de Bréhec est un ancien port d´échouage pour les gabares et les sabliers. Il connaît une forte fréquentation touristique depuis le début du 20e siècle. Très belle digue-abri du 19e siècle, à signaler. Les aménagements récents de l´avant-port contribuent à la viabilité touristique de cet espace portuaire.

Un habitat rural côtier du 19e siècle, avec murs extérieurs en grès local, blanchis au lait de ciment. Remise et logis simple. Habitat dispersé et regroupé en « quartier », relativement préservé et restauré, grâce au tourisme et au retour « au pays » des retraités.

Une architecture maritime spécifique : le phare de Lost-Pic sur le rocher de Lost-Pic, face à la pointe de Bilfot, un monument à sauvegarder et à valoriser.

L´ancien sémaphore de Bilfot aujourd´hui détruit est signalé par une borne en granite, frappée d´une ancre de marine : oeuvre unique sur la commune, à étudier.

5- Le patrimoine ethnologique : (Guy Prigent)

La Grande Pêche à Islande :

Les traditions orales sont encore vivantes, liées à la Grande Pêche à Islande et aux pêches côtières et d´estran. Le patrimoine mobilier privé (objets, photos, dessins, traces écrites, lettres d´Islandais) et la toponymie littorale (le choix des noms de rue) sont les derniers témoins, avec l´architecture et les objets religieux de la « maritimité » de Plouézec.

La Grande Pêche à Islande a fait l´objet de plusieurs enregistrements audio et de recherches auprès des archives privées des familles, des collections du musée de la mer de Paimpol, du Musée d´Histoire de Reykjavick, des oeuvres de mer et Service Historique de la marine, afin de retracer l´histoire et la généalogie de certaines familles de Plouézec. La collection privée des oeuvres du peintre-douanier Louis-Marie Faudacq a permis d´illustrer certaines scènes d´échouage, de pêche côtière et de grande pêche (le départ de la flottille des Islandais). Cette épopée islandaise reste encore à étudier.

Les pêches côtières et d´estran :

Le dernier bateau témoin des activités de pêche côtière de Plouézec (Port Lazo) est le canot « Yvon », propriété de la famille Le Hoguillard. Ce bateau actuellement désarmé mériterait d´être étudié et restauré.

Aires d'études Communes littorales des Côtes-d'Armor
Adresse Commune : Plouézec

Aucun monument de la commune n'est protégé au titre de la législation des monuments historiques. La frange côtière a cependant fait l'objet de deux mesures de protection. Le littoral jusqu'à la route nationale 786, comprenant les îles de Léménez, de la Laimonde, le Grand et le Petit Mez de Goëlo, a été inscrit le 25 février 1974. L'ensemble formé par la totalité de la section B 1, une partie des sections B 2, D 1, Za, Zb, Zc et le domaine public maritime, a été classé par décret du 1er août 1979.

Sites de proctection site classé, site inscrit

Annexes

  • Extrait du pilote de Thomassin (1875), Service Historique de la Marine (Brest)  :

    Le Pilote de Thomassin représente les instructions nautiques les plus précises de cette fin du 18e siècle, pour les côtes de la Manche. Nous avons respecté l´orthographe utilisé dans cet ouvrage.

    Balisage de la baie de Paimpol et alignements :

    La baie de Paimpol est représente un vaste espace occupé par les vases, qui est compris entre la Pointe de la Trinité et la Pointe de Plouézec. L´anse de Paimpol est plus particulièrement située au nord de la Pointe de Guilben et l´anse de Beauport au sud, où les caboteurs ne vont pas mouiller. Les mouillages qui sont en dehors de la pointe de Guilben sont abrités des vents et de la mer du nord au N.E. par l´île Saint-Riom et par les rochers qui s´étendent à plus de 2 milles dans l´Est. de la Pointe de la Trinité. Ils sont abrités au Sud par la haute terre de Plouézec sur laquelle on voit le sémaphore de Bilfot et par les Torels et les Metz de Goëlo.

    Le balisage de l´anse de Paimpol est, comme celui de Bréhat et du Trieux, aussi complet que possible ; cela rend l´accès de la rade et du port on ne peut plus facile par temps clairs. Pendant le jusant et dans les mortes-eaux, les bâtiments viennent tous reconnaître la terre de Bréhec qui est saine et accore, laissant à droite les plateaux de la Basse de Saint-Brieuc et des Calemarguiers, puis ils longent la côte en suivant le lit du courant et ils passent soit au Nord de la Grande Metz de Goëlo, soit entre elle et le Torel. Souvent, ils restent à l´abri de la Pointe de Plouézec sur les vases de Portz Lazo.

    Il manque cependant sur Lost-Pighet (Ost-Pic), extrémité de la Metz ou sur Goyan, un Feu rouge bien visible, pour éclairer le plus possible dans les temps brumeux de ces parages la pointe S.E. des bancs de Bréhat, ainsi que la principale entrée de la rade, et pour signaler, pendant la nuit, Lost-Pighet que tous les navires viennent chercher, dés que le temps est un peu brumeux.

    Lorsqu´on vient à Paimpol à marée basse et qu´on est obligé de faire le tour de la Horaine, les principaux passages entre les têtes de banc se font au moyen des alignements suivants :

    Le clocher de Plouézec par le sommet rond du Torel fait passer entre Queyn Bras (2,3 m) et la basse Bec Bihan (5,50 m).

    Le clocher de Plouézec est, le plus élevé et le plus apparent de toute cette partie de la côte ; il se voit de très loin en mer, et avant toutes les autres terres, en même temps que la tour de Bodic qui est à 1 mille au N.E. de Lézardrieux. Le moulin de Runedavi en est à 530 m au Nord.N.E.

    L´alignement du moulin de Runedavid, vu par la tourelle des Charpentiers, fait passer au S.E. du sommet (1 m) de Ring Braz et sur des fonds de 7,5 m.

    Si l´on met le moulin sur Roc´h Zu, on passe presque sur le sommet ; mais si on le met à demi distance entre Roc´h Zu et la tourelle des Charpentiers, on passe sur des fonds de plus de 6 m. Il faut tenir le moulin un peu au Sud de Roc´h Zu et au Nord de la tourelle, pour avoir la plus grande profondeur.

    L´alignement du sémaphore de Bilfot par le clocher de Plouézec fait passer entre Bec Vihan et un sommet de 4,50 m.

    L´alignement du moulin de Sainte-Barbe par la chute Sud de la Grand Metz fait passer entre un banc de 4,90 m et un banc de 7,50 m.

    L´alignement des moulins de la Lande Blanche par le Nord de la Grande Metz fait passer à 3 encablures au sud du banc la plus Sud (7,50 m) et un peu plus au Nord d´une tête de 8,40 m.

    Les îles de Metz-Goëlo et Port Lazo :

    La Grande Metz n´est pas habitée. La chaussée qui la relie à Lost Pighet couvre à la demi-marée. Il vient de l´herbe sur l´île et il y a beaucoup de lapins. On mouille aussi quelquefois sur les vases de Portz lazo pour attendre le jour. C´est un très bon refuge dans les vents du S.O. au S.E. Le fond y est d´herbier et les navires y font leur souille. Il y a des trous par endroits. La petite crique de Portz Lazo se distingue très bien à cause de sa profondeur. Il y a trois maisons ; 20 bateaux de pêche restent mouillés devant à l´abri de petites jetées. Dans le mauvais temps ils coulent sans se faire de mal.

    La Pointe de Minard :

    La Pointe de Minar, élevée et à pic, et sur laquelle on aperçoit une pyramide blanche que l´on tient par celle de la Cormorandière pour passer le Raz de Bréhat à la pleine mer, ou pour éviter les Echaudés à la basse mer. Il y a un corps de garde à toucher la pyramide.

    Venant de l´Est et principalement pendant la nuit, les pilotes vont dans la baie de Bréhec jusqu´à ce qu´ils découvrent la Metz de Goëlo ouverte de la terre. C´est la seule reconnaissance possible dans le mauvais temps ; et, pendant la nuit surtout, le meilleur passage est entre la grande Metz et la Pierre du Milieu ou Pierre de demi-marée.

    De la Pointe de Minar à la Pointe de Plouha, qui en est à 4 milles dans le Sud, la côte est accore et élevée, et forme une baie peu profonde, où se trouve l´anse de Bréhec, et au S.E. d´elle une plage de près de 2 milles de long. Ces deux plages sont séparées par la Pointe de la Tour, à l´E.N.E. de laquelle se trouve à mille le Taureau (6 m), rocher surmonté d´une tourelle peinte en noir du côté de l´Ouest et en blanc sur les autres faces. Cette tourelle est sur la parie S.O.

    Cette côte est abordable à Bréhec ; avec des vents de Nord, on tient en cape sous Bréhec, et l´on pourrait faire côte à Grezillet, dans le Sud de la Pointe de la Tour.

    Les points apparents de la côte sont : au Sud de la Pointe de Minar : les maisons de la vallée de Saint-Loup, la maison de la Bécassière à Bréhec, dont on voit le pignon avec quatre fenêtres et un mur à droite, le moulin de Kerjoli au bord de la côte au-dessus de Bréhec, le sommet de l´église de Plouha.

    Bréhec :

    Bréhec est un petit village situé au milieu de l´anse formée par la Pointe de Bréhec au Nord et la Pointe de la Tour au sud, dans l´O.q.N.O. du Taureau. La grève assèche de 5 m et il y a sur la côte Nord, une jetée de 50 m qui court au Sud, et, dont la tablette est élevée de 2 m au-dessus des grandes marées. Il y vient des caboteurs apporter du charbon et prendre de la soude. Il y a à Bréhec une vingtaine de bateaux de pêche ; on y débarque beaucoup de sable et de maërl et l´on y prend des pavés pour Dinan.

    Pour Bréhec, la construction d´un quai sur la falaise Nord, allant à la naissance de la jetée pour faciliter les chargements est demandée par la population locale.

    L´accès de ce mouillage est facile ; on attend l´eau au mouillage de l´herbier, entre les deux Mine Ruz, à 600 m dans l´Est du Môle. Le seul danger de l´anse de Bréhec est le Taureau de Bréhec, rocher isolé qui découvre sur une étendue de 1 encablure au N.E. de la tourelle. Celle-ci est située sur le sommet qui est au S.O. ; le pied de la tourelle court à mi-marée. Dans les coups de vent de Nord qui prennent subitement, c´est à l´abri des pointes de Bréhec et de Minar que se tiennent les bateaux de pêche pour attendre qu´il y ait de l´eau à Portrieux.

    De la Pointe de Plouézec à la Pointe de Bec de Vir :

    Entre la Pointe de Plouézec et celle de Bec de Vir sont les points suivants : la grève de Natoret, Portz Donan ou la coulée de Minar, la Pointe de Kerlite, le village de Minar, les ravins de Minar, les deux moulins de Plouézec et de Minar ; la Pointe Troloup, le Poull-Du, anse de galets, le Port Berny au-dessous d´un moulin à vent, le Port-Pin, la pointe Berjule, - les Casse-Cou, ma Pointe de Bréhec, - la Grande Mine Ruz, la Petite Mine ruz, la jetée de Bréhec, - la vallée du moulin de Grève ou Prajou Bras, où se trouve la route de Plouézec et où sont les dépôts de sable, les maisons de Bréhec parmi lesquelles on distingue la grande maison de la Bécassière, qui se voit du Cap Fréhel.

  • Toponymie littorale de Plouézec :

    Avec le concours de l´école publique Lefèvre et de Michel Robin. La classe de CM1 de l´école A. Lefèbvre a fait une enquête pour connaître la signification des noms de villages de Plouézec. Nous avions expédié un courrier à plusieurs personnes ayant une grande connaissance de la commune de Plouézec et du Breton. Toutes les personnes qui nous ont répondu nous ont dit qu´elles n´étaient pas certaines de leurs réponses. Beaucoup de noms de villages nous sont revenus avec des points d´interrogation. D´autres avec des significations suivies de nombreux points d´interrogation. Pour ces villages qui posent problème, nous avons recueilli et noté toutes les hypothèses. Nous tenons à remercier tout particulièrement : Mr Louis Dagorn, Mr Jean Flouriot, Mr François Guézou, Mr Louis Le Floc´h, Mme Marie Madeleine Conan, Mr François Kerneff et de nombreux parents d´élèves..

    Kéraman :

    1) Ker + Hamon ? (Hamon = nom de famille) - 2) Village du beurre ?

    Kerguilaven :

    1) Kiladen = recul, retraite. Kerkiladen = endroit d´une retraite, d´une bataille perdue - 2) Village des sangsues ?

    Boulgueff :

    1) Boul peut venir de Poul = trou, mare. Gueff = pourrait venir de Gedva = poste de guet (vallée située sous Kerquestel) - 2) Peut-être de kerff = grotte, mais peu probable. Terrain friable.

    Le Vélenech :

    Melen = jaune ; melenech = blond. Douar melen = glaise. Terre jaune.

    Traou Hoat :

    Traou = le bas, Koat = bois. Le bas du bois - Traou an Argoat = locution incorrecte parce qu´il y a la répétition = An et Ar. On dit Traou ar c´hoat (voir le nom de village précédent, d´ailleurs voisin de Traou an Argoat) - Il est possible que ce soit Traou an Argat, Argat = combat. Traou an argat = vallée du combat. Et le plateau qui domine cette vallée, à l´est, s´appelle Brezel Nevez = la nouvelle guerre.

    Traou Vola :

    Traou Vola = Traou (traon) = le bas. La partie basse. Vola (nom de famille ?).

    Kerviou :

    De biou = bétail, boeufs, vaches grasses.

    Kerlou :

    Autrefois Kerhello au 19e Siècle. Le village de Hello (nom de famille).

    Kerianou :

    Du prénom Yann au pluriel = Yannou ?

    Minard :

    Signifierait «poulpe» ou «pieuvre».

    Le Launay :

    Il s´agit du village du «Wern» ou «Vern», lieu marécageux, humide, où pousse l´aulne. Cet arbre dont le nom breton est wern, pousse dans les endroits humides. Les troncs, très droits en général, servaient de mâts en bord de mer. La bonne traduction en français aurait donc été «L´Aulnaie», lieu planté d´aulnes.

    Kerjolis :

    La chapelle de la Madeleine fut bâtie par un prêtre qui avait sa propriété au sud de la chapelle. Cette propriété s´appelait «Kerjolis» et aurait donné son nom au village voisin.

    Garden Milor :

    Garden = petit chemin, venelle et de l´anglais My lord.

    Garden Park Savajou :

    Park = champ.

    Petit chemin menant au champ de la famille Savajou ?

    Pont Cadiou :

    1) Pont de Cadiou (nom de famille) - 2) Kad = pluriel Kadou = combats, batailles = le pont des batailles.

    Run Dogan :

    1) La colline de Dogan (nom de famille) ? - 2) Run d´Eogenn, de Run = Colline ou chemin en pente ; et d'Eogenn = endroit où on met le lin à rouir. Le nom signifierait le chemin en pente par où on va mettre le lin à rouir (la présence de nombreux anciens lavoirs près de ce village semble confirmer cette hypothèse).

    Kervorn, Kerforn :

    Le village du four.

    Kervégan :

    Le village de Guégan (nom de famille).

    Run David :

    Run = tertre, hauteur, colline. Chemin en pente, route sur cette hauteur de David (nom de famille).

    Run Guézennec :

    1) La colline de Guézennec (nom de famille) - 2) Guézennec = lieu abondant en arbres ? - 3) Guézennec = le combattant ?

    Run Daol :

    La hauteur plate comme une table (taol = table).

    Saint-Riom :

    Village fondé à partir d´une chapelle dédiée au moine Saint Riom venu d´Irlande au 6e siècle pour évangéliser la région.

    Traou Meur :

    Grand village du bas de la vallée = de Traou (vallée, le bas) et Meur (grand).

    Traou Kertanguy :

    Traou (bas), Ker (village), Tanguy (nom de famille) = le bas du village de Tanguy.

    Quelques noms de villages ne semblent pas soulever de problèmes quant à leur signification.

    Brezel Nevez :

    Nouvelle bataille (guerre).

    Coat Lerien :

    Coat ar Laeron = le bois des voleurs.

    Coat Saliou :

    Le bois de Saliou (nom de famille).

    Coz Porjou :

    Pors = cour, Porjou = des cours = les vieilles cours.

    Cosquer :

    Coz (vieux) ker (village) = le vieux village.

    Goajoulin :

    Goas = ruisseau, Goajou = des ruisseaux = ruisseaux pour rouir le lin. L'activité linière était autrefois très répandue à Plouézec.

    Grav Ru :

    La côte, la montée, la pente rouge.

    Grav Louédec :

    La montée de Louédec (nom de famille) de loued = grisonnant, moisi.

    Le Questel :

    Le Castel = présence d´un ancien château ou d´une motte féodale.

    Kerquestel = le village du château (de la motte féodale).

    Le Clandry = de klanv (Malade) et Ty (Maison). Lieu où l´on soignait autrefois les malades.

    Lein ar lan = le haut de la lande.

    Lan Vihan = la petite lande.

    Lan bars = la lande à Le Bars (nom de famille).

    Poul Rouzigou :

    1) Poul = trou, fosse ou mare. Rouz = roux, diminutif = rouzic, pluriel = rouzigou - 2) Poul = mare. En breton les noms de familles pouvaient se mettre au pluriel (Les Rouzigou).

    Port Donan :

    1) Porz = port, Don = profond, Donan = le plus profond - 2) Port Donan, parfois écrit «Donant» = au gaulois «Nantos» (vallée) correspond le breton «Nant» ou «Ant». De Don = profond et Ant = vallée.

    Le sens donné à ce lieu est le port de la vallée profonde, comme le confirme la topographie.

    Pors Ar Bérézed :

    Pors = espace clos, cour, à l´origine du hameau. Ar bérézed = pluriel du nom de famille «Perez», du latin Petrus qui a donné Pierre en Français, Peres ou Perez en breton. C´est donc la «cour», le hameau des dénommés Perez (il n´y a pas d´accent en breton = le «e» se prononce «é»).

    Kergolet :

    Koled = perdu, endroit isolé ?

    Run Helliou :

    En breton local, la prunelle se dit = Ili, pluriel Iliou. Run = colline ou chemin en pente ; Iliou = lieu marqué par la présence de prunelliers.

    Kerminalouet :

    1) Village de la famille Le Louet ? - 2) Ker = village, Min = pierre, Loued = gris, moisi. Village où l'on trouve des pierres grises.

    Kerbernez :

    De Bernez = Bernard ?

    Kerlohou :

    1) Indique le village où aurait vécu un dénommé «Lohou» - 2) De Lorc'h au pluriel Lorc'hou = frayeur ou fierté, orgueil ?

    An tanan :

    L´incendie, la hauteur brûlée.

    Talavéra :

    1) La campagne d´Espagne de Napoléon 1er fut sanglante. La bataille de «Talavéra» (ville de Castille sur le Tage) eut lieu en juillet 1809. Les blessés, gravement handicapés, furent parfois autorisés à ouvrir un débit de boissons. L´autorisation faisait référence au combat dans lequel ils avaient reçu leurs blessures. Ils donnèrent parfois ce nom à leur auberge. Dans notre cas, «Talavera». Le hameau alentour prit également le nom Talevéra - 2) Viendrait de bered (vered après ar) = cimetière, beredva (nécropole) et de Tal = front, façade, d´où, en façade du cimetière, de la nécropole (à noter que c´est à côté du Clandry, la maladrerie ; y a-t-il eu là un cimetière autrefois ?).

    Lan Rosted :

    La lande brûlée, grillée.

    La Madeleine :

    Village autour d´une chapelle dédiée à Marie-Madeleine. Indique l´existence d´une léproserie. Les léproseries étaient placées sous la protection de Marie-Madeleine (personnage de l´Evangile).

    Poull Du :

    La mare noire. Mare d´eau sale et noire.

    Poull Hamig :

    La mare de Hamig (Le boiteux).

    Port Lazo :

    Le port de la tuerie.

    Pors Loas :

    La cour de Loas (Nom de famille).

  • 20022215395NUCB : Plan cadastral, tableau d'assemblage, 1832 - Archives municipales de Plouézec - 1 G1.

    20022215458NUCB : Guide Souvenir, 1931 - Mairie de Plouézec - Non coté.

    20022215560NUCB : Photographie, 1976 - Dans : "Pré-inventaire du patrimoine architectural et des sites : Plouézec" / IGMRAF. Région Bretagne, Rennes : Inventaire général, 1976, p. 79 - Centre d'Information et de Documentation, DRAC Bretagne

    20022215586NUCB : Photographie, 1976 - Dans : "Pré-inventaire du patrimoine architectural et des sites : Plouézec" / IGMRAF. Région Bretagne, Rennes : Inventaire général, 1976, p. 110 - Centre d'Information et de Documentation, DRAC Bretagne

    20022215585NUCB : Photographie, 1976 - Dans : "Pré-inventaire du patrimoine architectural et des sites : Plouézec" / IGMRAF. Région Bretagne, Rennes : Inventaire général, 1976, p. 101 - Centre d'Information et de Documentation, DRAC Bretagne

    20022215409NUCB : Photographie, 2e quart 20e siècle - - Coll. Part.

    20022215772NUCB : Phototype : Carte d'assemblage IPLI Côtes d'Armor, de Ploubazlanec à Plouézec - Inventaire permanent du littoral 22, 1986 - Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20022215775NUCB : Phototype : carte d'assemblage IPLI 22 Plouézec - Cartographie IPLI 22, 1986 - Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20022215773NUCB : Phototype : légende 1 carte IPLI 22 - Inventaire permanent du littoral 22, 1986 - Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20022215774NUCB : Phototype : légende 2 carte IPLI - Cartographie IPLI 22 - Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20022215813NUCB : Phototype : détails carte du SHOM - EPSHOM, Brest

    20022215776NUCB : Phototype : cartographie pêche à pied en Trégor-Goélo, 1997 - SMVM Trégor-Goélo, 1997 - Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20022215853NUCB : Phototype : carte postale moulin du Craca - Collection privée - Collection Couleau.

    20022215814NUCB : Phototype : relevé des côtes de Paimpol par Beautemps-Beaupré (1837) - SHOM, Brest - Collection particulière - Collection particulière.

    20022215809NUCB : Phototype : carte de Tassin - Collection particulière

    20022215810NUCB : Phototype : détail carte de Bretagne (1591) - Dans : "Théâtre François. Description du pays d'Armorique a pres (à présent). Bretaigne"/ Maurice Bouguereau, 1591 - Collection particulière - Collection particulière.

    20022215812NUCB : Phototype : carte de Claas de Vries (18e siècle) - Collection particulière - Collection particulière.

    20022215808NUCB : Phototype : carte de Bretagne (1591) - Dans : "Théâtre François. Description du pays d'Armorique a pres (à présent). Bretaigne"/ Maurice Bouguereau, 1591 - Collection particulière - Collection particulière.

    20022215821NUCB : Phototype : carte postale de la vallée de Traou Fola (vallée de Craca) - Collection privée - Collection privée (Couleau).

    20022215818NUCB : Phototype : carte postale (1908), collection Couleau - Collection particulière - Collection Couleau.

    20022215811NUCB : Phototype : carte des évêchés de Bretagne (Frédérick de Witt, 1711) - Collection particulière - Collection particulière.

    20022215852NUCB : Phototype : dessin de Faudacq - Collection particulière - Collection particulière.

    20022215871NUC : Phototype : goélette en pêche - Musée d'Histoire de Reykjavik - Collection particulière

    20022215870NUC : Phototype : équipage de goélette en escale - Musée d'Histoire de Reykjavik - Collection particulière

    20022215874NUC : Phototype : gravure, goélettes échouées à Pors-Don, (Faudacq) - Collection privée

    20022215941NUCB : Phototype : lettre manuscrite - Collection particulière

    20022215943NUCB : Phototype : carte postale - Collection particulière - Collection Couleau.

    20022215945NUCB : Phototype : carte postale - Collection particulière

    20022215953NUCB : Phototype : photographie aérienne - Archives départementales des Côtes-d'Armor - Fi 14112.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales : 1 G1.

  • GUIDE SOUVENIR. Plouézec : Bréhec, Port-Lazo, Boulgueff. Au pays de Paimpol. Vannes : Imprimerie Lafolye et J. de Lamarzelle, 1931.

    p. 3
Bibliographie
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Rennes : Deniel, 1853.

    p. 324-325
  • JOLLIVET, Benjamin. Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes du département. Guingamp : B. Jollivet, 1854, 1.

    p. 287-290
  • FLOURIOT, Jean. Plouézec à ses hôtes pour faire plus ample connaissance. Plouézec : 1984.

    p. 7
  • INVENTAIRE DES MONUMENTS ET RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Pré-inventaire du patrimoine architectural et des sites : Plouézec. Rennes : Inventaire général, 1976.

  • LE SAULNIER DE SAINT JOUAN, Régis. Dictionnaire des communes du département des Côtes-d'Armor : éléments d'histoire et d'archéologie. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1990.

    p. 511-513
  • TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor : origine et signification. Douarnenez : Ar Men-Le Chasse Marée, 1992.

    p. 208-209
  • AVENIR ET NATURE A PLOUEZEC. Découvrir et aimer Plouézec. Plouha : Imprimerie du Cicero, 1989.

  • KERLEVEO, Jean. Paimpol au temps d´Islande. Lyon : Edition Chronique sociale de France, 1944.

  • KERLEVEO, Jean. Paimpol et son terroir. Rennes : Imprimerie Simon, 1971.

  • HABASQUE. Notions historiques, géographiques, statistiques et agronomiques sur le littoral du département des Côtes du Nord. Saint-Brieuc, 1832-1836, Marseille : Laffitte Reprints, 1832-1836.

  • THOMASSIN. Pilote. Paris, 1875.

  • PINOT, Jean-Pierre. Rapport sur les risques liés à l'évolution du littoral entre Penvénan et Plouha, SMVM Trégor-Goëlo. Brest : UBO, 1997.

    p. 97
  • DIREN. Les espaces littoraux remarquables du département des Côtes-d'Armor : protection et gestion. Rennes, DIREN, 1998.

    p. 120
Documents audio
  • PRIGENT, Guy. Enregistrement de Le Floch Louis. Plouézec : Le Floch Louis, 2002.

  • PRIGENT, Guy. Enregistrement de Gagne Louis. Plouézec : Gagne Louis, 2002.

  • PRIGENT, Guy. Enregistrement de Even Anaïs. Plouézec : Even Anaïs, 2002.

  • PRIGENT, Guy. Enregistrement de Jouanjean François. Plouézec : Jouanjean François, 2002.