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Présentation de la commune de Plouër-sur-Rance

Dossier IA22005023 réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

La conduite de l'inventaire

La commune de Plouër-sur-Rance a fait l'objet, entre mai et octobre 2015, d´un inventaire de son patrimoine bâti. Cette enquête menée par le service de l'Inventaire du patrimoine culturel de la Région Bretagne a pour but d'identifier, de localiser et d'évaluer le potentiel patrimonial de la commune au sein du territoire de projet, le parc régional Rance-Côte d'Émeraude. Ce recensement exhaustif du bâti ancien de la commune s´est accompagné d´une étude des éléments remarquables ou représentatifs du patrimoine, choisis à partir de critères raisonnés portant sur l'authenticité, l'intérêt architectural et la bonne conservation des abords immédiats. Sur les 925 œuvres recensées, 53 ont fait l'objet d'une étude documentaire plus détaillée.

Géographie et administration

La majeure partie de la commune se situe en hauteur sur une colline. En contrebas, la cale des moulins donne accès à l'estuaire de la Rance, avec son port de plaisance, son centre nautique, ses cales et son moulin à marée. La commune s'étend aussi sur une grande zone moins habitée plus à l'ouest.

Limites à l'est la Rance, au nord Langrolay, à l'ouest Pleslin, au sud Taden et Saint-Samson. 1928 hectares.

Un nouveau nom de commune

Plouër-sur-Rance vient du breton « ploe » (paroisse) et, semble-t-il, de saint Hernin ou Hern. C'est une ancienne paroisse primitive qui englobait jadis outre le territoire actuel de Plouër-sur-Rance, ceux de Pleslin, Taden, Saint-Samson et Dinan (la section de Saint-Malo).

L’église de Plouër (Ploher) est citée dès 1181. La paroisse de Plouër (Ploher) existe dès 1187 et appartient sous l'Ancien Régime au diocèse de Saint-Malo. L'ancienne paroisse de Plouër-sur-Rance avait pour subdélégation et pour ressort Dinan. Elle relevait du roi au moment de la Révolution. Durant la Révolution, la paroisse de Plouër dépendait du doyenné de Saint-Malo-de-Dinan. Plouër-sur-Rance élit sa première municipalité au début de 1790 et prend le titre de chef-lieu d'un canton depuis cette époque jusqu'en l'an X. Commune depuis 1790, Plouër-sur-Rance s'est vu rattacher en 1973 Langrolay, commune qui est redevenue autonome en 1983. Son nom devient Plouër-sur-Rance par décret du 26 octobre 1949.

Une histoire ancienne

De l'époque néolithique, le territoire de la commune conserve quelques vestiges, comme des haches en diorite ou en cuivre, ou bien des coins en bronze, et surtout une allée couverte à Bel-Even classée monument historique. La “Roche de Lesmonts”, également vestige néolithique, est le lieu d'anciennes légendes qui évoquent la construction du Mont Saint Michel. La Roche serait une des pierres lâchées par les fées chargées de les transporter au Mont. Et jusqu'au début du siècle dernier, la “Roche” fut utilisée par les demoiselles qui, pour hâter leur mariage, venaient s'y "érusser". Des enclos gallo-romains sont attestés, soit par des découvertes de vestiges, soit à la suite de prospections aériennes.

La première mention écrite de la paroisse de Plouër remonte au XIe siècle. Les premiers seigneurs connus sont les Plouër, dont Robert Brecel, mentionné dans une charte de 1095, de même que son fils Hingand de Plouër. À la fin du XIIe siècle, l'église et la paroisse figurent dans des documents relatifs aux divers revenus qu'y percevaient les moines de l'abbaye Saint-Magloire de Léhon. En 1354, pendant la guerre de cent ans, la forteresse de Péhou-Plumazon et la place forte de la Roche aux Anes furent prises par les anglais puis reprises par les troupes de Bertand Du Guesclin. Catherine de Plouër épouse en 1490 Amaury II de La Moussaye, et la terre de Plouër est érigée en comté par Henri III en 1575 au profit de la puissante famille de Gouyon-La Moussaye. La paroisse devient ainsi le centre d'une grande seigneurie s'étendant sur plusieurs paroisses (Langrolay, Saint-Samson, Saint-Lunaire, Taden, Quévert). En 1571, le protestantisme, fut introduit à Plouër suite au, mariage du seigneur de Plouër, Charles de Gouyon avec Claude de Châstel. C'est donc à Plouër qu'au XVIe siècle le comte, converti au protestantisme, installe un temple voué à être le seul centre de la religion prétendue réformée pour toute la région de Saint-Malo et de Dinan, si important que l'évêque de Saint-Malo intervient en 1664 auprès de Louis XIV pour que le sanctuaire soit détruit. En 1629, Amaury III Goujon, marquis de la Moussaye et comte de Plouër épouse Henriette Catherine de la Tour d'Auvergne, soeur du vicomte de Turenne. Elle mourut dans la religion protestante le 16 avril 1677.

Dès le XVIe siècle, la population de la paroisse se partage entre les agriculteurs, dont l'activité est régulée par Dinan, et les marins de grande pêche s'embarquant à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) pour Terre-Neuve. Au XVIIIe siècle, ce sont les héritiers d'un riche armateur malouin, Pierre de La Haye, qui administrent le comté après s'y être installés. Pendant la Révolution, le comte de Plouër émigre, mais ses biens sont respectés. C'est au cours du XIXe siècle que la population atteint son apogée. La mer occupe toujours une large place dans l'économie avec une concentration particulière autour de l'aristocratie maritime.

Châteaux forts, châteaux, manoirs : la permanence dans l’occupation de sites

Les sites d'éperon barré aménagés depuis la préhistoire sur les pointes rocheuses du littoral ou sur celles qui surplombent les bords de la Rance Maritime, montrent le plus souvent une permanence de leur occupation : ainsi à Plouër-sur-Rance, au dessus de la paroisse primitive de Plumazon, l’éperon barré de Péhou, a été occupé par une forteresse médiévale. Etablie sur un éperon barré fortifié à l’époque médiévale, l'ancien château fort de la Roche laissa la place à une malouinière édifiée au début du 18e siècle et adopte un toit brisé « à la Mansart » qui permet l’installation d’un étage de comble pleinement habitable.

A l’image de l’ensemble de l’architecture rurale, les manoirs du territoire présentent une grande diversité de types et d’époque. Les plus anciens exemples remontent au 15e siècle, comme c’est le cas des logis à salle basse sous charpente. La concentration importante de manoirs et de châteaux dans les environs de Dinan reflète le rayonnement de la ville comme ancienne résidence ducale. Dès le 15e siècle mais surtout au 16e siècle, la tour d’escalier hors œuvre devient emblématique de la maison seigneuriale. Les multiples manoirs du 17e siècle conservés sur l’ensemble du territoire illustrent l’ancrage encore fortement rural de la noblesse à cette époque. Les plus modestes se démarquent des riches maisons paysannes contemporaines par l’adoption des travées, d’un pavillon d’escalier et d’un toit à quatre pans. Les plus riches par l’ampleur de la façade du logis, l’ordonnancement des communs et des dépendances autour de la cour s’apparentent à de petits châteaux.

Les manoirs des Vaux Saint-Cyr et des Ilots semblent avoir été déclassés en ferme dès le 17e siècle.

Population

Jusqu'à une époque récente, la commune était située en dehors des grandes voies de circulation, isolée jusqu'à la construction du pont Saint-Hubert. La population plouéraise était composée essentiellement de gros propriétaires, de commandants de bateaux (pêche ou commerce), somme toute d'une élite bourgeoise qui avait des intérêts à Dinan, Saint-Malo ou Rennes.

Une grande partie de la population était formée de marins qui devaient représentés la moitié de la population masculine de Plouër au 19e siècle. Presque tous naviguent pour la pêche à la morue et s'occupent d'agriculture pendant lors séjours à terre, cependant durant l'été une grande partie des travaux de récoltes doivent être exécutés par les femmes. La marine et l'agriculture sont donc les deux principales activités de la commune, le cidre et le transport de bois ses principaux commerce.

Le développement tardif du bourg et de Port-Saint-Hubert

Les premiers cadastres napoléoniens n’indiquent pas de formation structurée du bourg, l’église paroissiale relativement isolée, quelques maisons anciennes sont situées dans son pourtour. Le développement du bourg le long des artères principales s’est étendu à partir de la deuxième moitié du 19e siècle avec la construction de la mairie et des écoles.

Quant à l’écart de Port Saint-Hubert, presque aussi important que le bourg, il existe déjà sur le plan cadastral de 1844, mais a continué à se développer pendant la deuxième moitié du 19e siècle. A partir de cette période, le bâti va progressivement s'étendre de part et d'autre de la rue principale et prendra le toponyme du pont. Les autres logis édifiés à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle se conforment au style des villas balnéaires de la côte d’Émeraude tant dans l'introduction du décor, lambrequin de toit, frise et entourage de briques que dans leur appellation.

Les maisons implantées dans les années 1950 adoptent les standards de la maison néo bretonne, à savoir une maison en pierre de taille de granite, issue des carrières locales, un plan rectangulaire avec avancée abritant l’entrée, et la reprise d’un ou de plusieurs pignons découverts.

Commerce et artisanat

Le commerce et la navigation font toute la ressource de Plouër. En 1888, les commerces principaux sont : débits de boissons, épiceries, boulangeries, boucheries, et se situent essentiellement au bourg, aux Landes, au Port Saint-Hubert, et accessoirement à la Gourbannière, le Pont Mévault, le Repos, Lizenais, Lannois, Galliène, le Petit Palis, la Giolais... Il faut donc noter l'importance de ces villages. La partie nord de Plouër est la plus fournie en petits commerces et artisans. En 1948, un recensement des commerces de Pouër mentionne 17 épiceries dont 5 se situent au village des Landes.

Aires d'études Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Plouër-sur-Rance

Références documentaires

Documents figurés
  • Tableau d'assemblage du plan cadastral parcellaire de la commune de Plouër, canton de Dinan (ouest), arrondissement de Dinan, département des Côtes-du-Nord terminé sur le terrain le 1er juin 1844 sous l'administration M. Thieullen, préfet, Mr Lechien Maire et sous la direction de Mr Forestier, directeur des contributions directes, M. Beuvière, géomètre en chef. Archives départementales des Côtes d'Armor.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor
Bibliographie
  • LEMASSON Auguste, abbé. Histoire du Pays de Dinan de 1789 à 1815. Le Pays de Dinan : Dinan, 1989

  • CHAIGNEAU-NORMAND M., La Rance industrieuse. Espace et archéologie d'un fleuve côtier, Laval, Presses Universitaires de Rennes, 2002, ISBN 2-86847-694-5.

  • Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor. Collection : Le patrimoine des communes de France. Paris : Flohic éditions 1998, 2 tomes.

Périodiques
  • Le Carrouge, n°1 à 92, revue de l'association Le Carrouge, Plouër-sur-Rance.

    Bibliothèque municipale de Dinan