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Présentation de la commune de Ploemel

Dossier IA56005813 réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Introduction

La commune de Ploemel qui fait partie du canton de Belz, est la seule commune du canton qui ne possède pas de façade maritime. Limitrophe des communes de Locoal-Mendon, Erdeven au nord-et à l´ouest, de Brech au nord, de Crac´h, Carnac et la Trinité-sur-Mer au sud, la commune est aussi en limite de la ville d´Auray, à l´est ce qui a eu un fort impact sur son développement récent. Avec une superficie totale de 2479 hectares, Ploemel est une commune moyenne, la plus petite du canton avant la création de la commune d´Etel. Le bourg est situé au sud de la commune sur une éminence modeste, aspectée vers le sud (fig. 7) et se trouve à 7 kilomètres d´Auray.

Le territoire de Ploemel possède un paysage relativement plat : de vastes landes occupent le nord de la commune (landes de Rennes ou Lann Rouan), traversées par des routes anciennes rectilignes menant vers Belz, Etel et Locoal-Mendon vers le nord (fig. 4, 6). Ce secteur très peu habité au 19e siècle (et encore aujourd´hui entre Trélusson, Toulhouet et Coët Quintin) contraste avec le sud de la commune où quelques ruisseaux déterminent un léger relief de vallées accentué par quelques hauteurs (‘mané´) (Mane er Bleï au sud de Locmaria, Locmiquel, le bourg). L´hydrographie ne montre aucune rivière importante, les ruisseaux qui parfois forment la frontière communale (ruisseau de Calavret au nord et ouest, de Gouyandeur, de Pont-Le Rui au sud-est, ruisseau qui descend des landes de Rennes) n´ayant provoqué la construction d´aucun moulin à eau. Le paysage, non remembré a conservé haies et talus, champs enclos, proche de l'état du 19e siècle.

La carte géologique montre la prédominance du granite qui constitue la pierre à bâtir du secteur.

Périodes celtique et romaine

A l´instar des communes limitrophes, Ploemel conserve de nombreux vestiges mégalithiques qui révèlent une occupation très ancienne du territoire. Le Méné a relevé encore cinq menhirs dont certains ont aujourd´hui disparu : ainsi à Saint Cado, deux menhirs dont l´un de 5 m. de haut ont été détruits par un carrier en 1922. Il subsiste à Palivarh, un menhir isolé couché nomme « Er Roh Du », couché dans un talus au milieu du village.

Des trois tumuli fouillés en 1871 par l´abbé Collet, celui de Mane Bogat près de Kermarquer a révélé un dolmen à galerie aujourd´hui mis en valeur (fig. 9 et 10). A Saint-Laurent, il reste deux supports et une table du dolmen ruiné de Mane er Varquez, dans un chemin creux au sud du village. Quant aux dolmens de Mane Braz, près de Kergonvo, et de Kercret Ihuel, leurs ruines fouillées en 1871 par l´abbé Collet ont encore été vues en 1973 par l´abbé Le Tallec.

De nombreux lechs émaillent aussi le territoire, dont la « pierre du serment » juchée en 1847 au sommet du clocher, ainsi qu´un lech dans l´ancien cimetière, figurant sur le plan dressé par l´abbé Collet en 1871 qui doit servir de fût au bénitier au fond de l´église.

Des traces d´occupation romaine sous forme de pierres et tuiles à rebords se voient près de Kerganiet (‘Goh Ilis´, la vieille église), de la gare, et de Locmaria. La dénomination Goh Ilis près du cimetière, au nord de la voie ferrée est considérée par certains auteurs comme les traces d´un ancien sanctuaire ayant précédé la mise en place de la paroisse. La fontaine de Goh Ilis qui y était liée a été démolie vers 1870.

Du haut Moyen Age à la Révolution

D´après Rosenzwzeig, la paroisse serait antérieure au XIIIe siècle. Le préfixe Plou de Ploemel indique une paroisse primitive de Bretagne, mais son patronage demeure obscur, la dédicace actuelle de la paroisse à saint André pouvant ne pas être celle d´origine. Emel ou Mel qui signifie ‘chef´, désigne peut-être le nom d´un homme chef d´un groupe d´émigrés bretons. Cependant, la paroisse se trouve mentionnée au XIV et XVe siècles sous le nom de Ploeymeur (Plou meur : grande paroisse, le grand peuple ?).

C´est au haut Moyen-Âge que se met en place l´organisation religieuse du territoire. Saint Goal, qui fonde un monastère ou ermitage sur la rivière d´Etel au 7e siècle dont l´impact sur l´environnement culturel local sera très important, a donné son nom à la chapelle Saint-Goal au village de Kergal, chapelle disparue au 19e siècle et dont la croix de chemin est le témoin (fig. 11). Plus que les édifices religieux, les nombreuses croix romanes qui émaillent le territoire de la paroisse témoignent de la ferveur religieuse d´alors.

C´est à cette époque qu´on assiste à la formation du Pou Belz ou pagus Belz formé des châtellenies d´Auray et de Hennebont-Nostang. Elle correspond à une division ecclésiastique du même nom, comprise entre le Blavet et la rivière d´Auray, comprenant 18 anciennes paroisses. Calqué sur l´ancien Pagus, le doyenné est mentionné dès 1029 ; son siège initialement sur l´île de Riec en Etel fut transféré à l´église paroissiale de Mendon au début du 14e siècle. Il était partagé en 5 divisions principales, ou fiefs, dont celle de l´Argoët sous Auray, s´étendant de Carnac à Mendon.

La paroisse dépend de la sénéchaussée d´Auray. Une bonne partie des tenues relèvent de la seigneurie de Kaer, mais la plus puissante seigneurie de la paroisse est celle de Locmaria, possédée aux 12e, 13e et 14e siècles par la famille de Broérec, ramage des anciens comtes de Vannes. Leur présence est encore perceptible à la chapelle de Locmaria, avec la pierre tumulaire de Pierre de Broerec, mort en 1340 et enseveli dans la chapelle par son épouse Alix et son frère Guillaume (fig. 12). Elle passe ensuite par alliance à Charles de Lesnérac, un familier de l´entourage ducal, qui n'y réside pas, puis à la famille de Trévegat, auteur d´une partie du manoir actuel.

Les autres seigneuries sont plus modestes et ont laissé peu de traces architecturales. Elles sont au nombre de 6 : Coet Quintin, Kerverrec, Kerbernès, siège du presbytère durant le 17e siècle, Keristès, Kerganiet, ainsi que Kergo, cette dernière de constitution récente car elle n´apparaît pas dans les réformations avant la fin du 16e siècle. Seules Coet Quintin et surtout Kergo ont encore un logis de manoir, bien que très transformé ; Kergo est de plus agrémenté d´un enclos avec tourelle d´angle datée 1606 et porte charretière bien conservées. Certaines d'entre elles échoient plus tard à la puissante famille de Larlan, titulaire des seigneuries voisunes de Keravéon et Kercadio en Erdeven, et sont déclassées en métairies.

Si l'architecture seigneuriale a laissé peu de traces, il n´en est pas de même des édifices religieux, abondants et de qualité. Outre les sept chapelles des sept frairies, dont deux ont disparu, Saint-Goal à Kergal, et Saint-Michel à Locmiquel, on trouvait également les chapelles Saint-Hervé à Trélusson, la Madeleine dans les Landes de Rennes, Saint-Martin à Kerbrézel et Sainte Anne au manoir de Kergo, toutes aujourd´hui disparues. Pourtant, cinq chapelles ont survécu, soit une proportion importante pour la taille de la commune. Malgré la disparition de son choeur, ruiné, la plus ancienne, Notre-Dame de Locmaria, est un témoin précieux d´une époque peu représentée dans l´architecture religieuse bretonne, la fin du 14e siècle (fig. 13).

C'est au siècle suivant et au 16e siècle que nombre d´édifices religieux bretons sont construits ou reconstruits, et Ploemel ne fait pas exception à la règle avec quatre chapelles de la fin du 15e ou de la 1ère moitié du 16e siècle. Si elles ne sont pas exceptionnelles par leurs dimensions ou leur décor, toutes à vaisseaux uniques à l´exception de Saint-Méen, elles sont cependant intactes, très soignées dans leur mise en oeuvre en pierre de taille et représentatives du style gothique flamboyant alors en vogue. Ce sont les meilleurs exemples du canton.

L´église est plus tardive : elle a remplacé en 1835 une église dont la date de construction est inconnue.

La relative prospérité du territoire, qu´Ogée déclare fertile en grains de toutes sortes a généré un habitat rural de qualité, en particulier pour l´Ancien Régime. Bien que souvent remaniés au cours du 19e siècle, il subsiste d'intéressants exemples remontant aux 16e et 17e siècle (Trelusson, Kercret Ihuel, Kerimel, Kergonvo, fig. 14). On remarquera les maisons de prêtre conservées, habitat de qualité puisque appartenant à l'élite de la société paysanne : ainsi Keristès, Kervarquer, Kergonvo. L'abbé Le Tallec mentionne d'ailleurs le nombre important de prêtres habitant le territoire rural sous l'Ancien Régime et il est parfois difficile d'expliquer le lien entre les maisons de prêtre et la ferme dans laquelle elles sont édifiées (Kergonvo, Keristès, fig. 15), quant il ne s'agit pas de plusieurs maisons de prêtre successives dans la même exploitation (Kervarquer).

A l'opposé, les territoires de lande au nord de la commune ont hébergé dans un village avec chapelle disparue, la Madeleine, mais aussi à Kerplat, Lann Rouan (Lande de Rennes), une population de lépreux, dont la profession traditionnelle est d'être cordier, profession qu'elle conserva après l'éradication de la maladie ; ils demeurérent pourtant à part dans la société rurale. De nombreux champs dans la toponymie conservent leur souvenir : Praden Caqueu (pour cacous, mauvais), Liorh caqueu, Park er Corderie, er Blasen, ancienne place de la corderie. Leur habitat modeste s'est peu conservé à l'exception d'une maison repérée au village de Kerplat ; Ty Boquet, la ferme isolée construite sur une lande nouvellement défrichée au 19e siècle (fig. 16) révèle un patronyme, Boquet, porté par une famille de cordiers (Marie Poquet, cordier en 1762, Jacques Poquet en 1852).

Au XIXe siècle

A la Révolution, Ploemel est érigé en chef-lieu de canton, avec Erdeven comme unique dépendance, mais perd ce titre dès 1802 et est rattachée au canton de Belz. La population apporte un soutien actif à l'activité chouane et au groupe monarchiste de Cadoudal. On garde encore le souvenir de l'abbé Lomenec'h, prêtre réfractaire qui continua son ministère durant toute la période révolutionnaire : à Kergonvo se voit une des caches de ce prêtre, tandis que celle de la ferme de Kervernic a disparu avec la reconstruction de celle-ci. D'autres personnes ont continué le combat légitimiste sur le territoire soutenues par la noblesse locale et certains membres du clergé. D'une certaine manière, l'implantation scolaire se fait l'écho de cette résistance, l'école privée soutenue par les dons de la noblesse après la promulgation de la loi Ferry.

Le désenclavement partiel de la commune se fait par la création de la route départementale d'Auray à Port Louis qui traverse le nord du territoire et est achevée vers 1840. Elle ne profite pourtant pas au bourg, mais participe au mouvement de défrichement de landes (les statistiques agricoles font apparaître le défrichement de 64 hectares entre 1852 et 1861) et de création de nouvelles fermes sur ce terrain (Kerjégo, Ty Boquel). La route royale d'Auray à Quiberon, qui longe le sud de la commune est également modernisée, de même que l'embranchement de la route d'Auray vers Erdeven qui traverse le bourg.

Si l'activité constructrice reprend en milieu rural au début du 19e siècle, il s'agit cependant de constructions modestes et la grande ferme de Kervernic reste une exception. A La fin du 19e siècle, au contraire, avec l'arrivée du chemin de fer, le bourg se développe de manière importante, réunissant au chef-lieu communal les villages de Groëz Ven et Kerivallan. Dans les hameaux, ce sont souvent les logis qui sont reconstruits dans un souci d'hygiène.

L'industrie fait une unique apparition à Ploemel, avec la conserverie de poisson sur la route de Ploemel, à Pont Laurens (fig. 17, 18), en lien avec le port d'Etel tout proche ; elle est aujourd´hui désaffectée.

L'activité agricole

D'après le rapport de l'intendant des Gallois de la Tour en 1733, Ploemel fait preuve d'une bonne santé économique. L'activité agricole est principalement basée sur l'élevage et la culture céréalière. Les nombreuses étables témoignent de cette tradition ancienne d'élevage essentiellement bovin, tendance confirmée au cours du 19e siècle. Le recensement de l'agriculture de 1857 signale près de 400 chevaux et poulains, 2347 vaches, 64 boeufs de travail, 200 moutons et 267 cochons. Le nombre de chevaux comparés avec celui des boeufs de travail prouvent qu'une partie du travail agricole est déjà effectué par les chevaux, contrairement à certains secteurs du centre Morbihan. L'élevage avicole (poulets et pigeons) est également important, de même que la production mellifère. Les céréales cultivées sont : le froment vendu, pour l'essentiel, sur les marchés d'Auray et d'Hennebont puis exporté en dehors de la Bretagne, le seigle destiné à la consommation locale et deux fois plus produit que le froment, l'avoine. Bon an mal an, les quantités produites au milieu du 19e siècle varient peu et les chiffres du début du 20e siècle manquent pour analyser l'évolution. Cependant, la production de pommes de terre ne cesse d'augmenter au cours du siècle.

Ploemel aujourd'hui

Même si l'activité agricole a suivi le mouvement de déprise général en Bretagne de puis les années 60, le nombre de fermes reste encore important et le paysage reflète cette activité. En retour, le phénomène d´exode citadin est particulièrement sensible à Ploemel à cause de la proximité d'Auray et a provoqué la construction de nouveaux logis aux abords des villages anciens. D'autre part, le voisinage des plages de Carnac, la Trinité ou Erdeven, ainsi que la création d'un parcours de golf à Saint-Laurent a suscité de nombreuses restaurations d'anciens logis de fermes en résidences (Poul Bleye, fig. 19), secondaires ou non.

Les dossiers qui suivent sont classés du général ou du thématique (dossiers collectifs), au particulier (par lieu-dit). Parmi les 1155 logements et immeubles recensés par l'INSEE en 1999, 145 habitations (maisons et fermes, manoirs, presbytère) sont repérés par l'Inventaire et font l'objet d'une illustration légendée. A ces habitations s'ajoutent les écoles et les édifices religieux (10 repérés). Sur ces 155 édifices, 27 sont sélectionnés pour étude et portent la mention "sélectionné" : ce sont des bâtiments uniques ou au contraire représentatifs de l'architecture communale. Sur les 27 édicules repérés (croix, monument, fontaines et lavoirs), 16 sont sélectionnés pour étude. A ces dossiers individuels s'ajoute les 28 dossiers établis sur les écarts ou 'villages' ainsi que sur le bourg, soit par ce qu'ils conservent une structure d'implantation de l'habitat et des voies de circulation proche de l'état figuré sur les cadastres anciens, soit par ce que leurs parties constituantes (habitat ou autres constructions) sont particulièrement révélatrices de l'évolution des villages sur la commune. Enfin on ajoutera un dossier transversal, celui de la portion de la voie ferrée Auray-Quiberon, qui traverse la commune.

Parmi les 124 objets mobiliers religieux recensés (mobilier, vases sacrés, statues ...), conservés dans les églises paroissiales et les chapelles de la commune, 63 font l'objet d'un dossier individuel. Les autres objets, produits en série ou à l'état de vestige, sont simplement mentionnés dans des listes supplémentaires.

Aires d'études Ria d'Etel
Adresse Commune : Ploemel

Annexes

  • 20065606428NUCA : Plan cadastral 1845 - Mairie de Ploemel

    20065606429NUCA : Plan cadastral 1845 - Mairie de Ploemel

    20065606430NUCA : Plan cadastral 1845 - Mairie de Ploemel

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Morbihan. 2O 161/ 1337. 1853-1929. Ploemel. Travaux communaux, écoles.

  • AD Morbihan. 2O 161/ 1340. Ploemel. 1803-1934. Travaux communaux.

  • AD Morbihan. Série S. Transports. S 446. 1879-1880. Chemin de fer ligne Auray-Quiberon. Plans parcellaires et extraits de la matrice cadastrale.

  • AD Morbihan. Série S. Transports. S 26. 1843-1936. Chemin de fer Paris-Orléans. Ligne Auray-Quiberon. Acquisitions de terrains.

Bibliographie
  • COLLET, abbé Jean-Joachim. Histoire ecclésiastique et archéologique de la paroisse de Ploemel. Vannes, Galles, 1887.

    p.
  • Dictionnaire guide du patrimoine. Bretagne. Sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos. Paris : Monum Editions du patrimoine, 2002.

    p. 353-354
  • DUHEM, G., Les églises de France. Morbihan, Paris : Impr.-édit. Letouzé et Ané, 1932.

    p. 123-125
  • LAIGUE, Cte R. de. La noblesse bretonne au XIVe et XVe siècles. Evêché de Vannes. Rennes : Plihon, 1902. Rééd. 2001.

    p. 485-491
  • LE TALLEC, Frédéric. Histoire de la paroisse de Ploemel..

  • LE MENE, Joseph-Marie, Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes, Marseille : Laffitte, 1982.

    p. 110-115
  • OGEE, Jean, Dictionnaire historique et géographique de Bretagne, Mayenne : J. Floch, 1979.

    p. 302
  • ROSENZWEIG, Louis. Répertoire archéologique du département du Morbihan. Vannes : Imprimerie Impériale, 1863.

    col. 23-26
  • Le patrimoine des communes. Morbihan. Flohic éditions, 2e édition, 2000.

    p. 164-167