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Présentation de la commune de Pacé

Dossier IA35030802 réalisé en 2004

Fiche

Œuvres contenues

Le recensement préliminaire à l'étude du patrimoine mobilier et architectural de la commune de Pacé a été réalisé, concernant l'architecture, durant les mois d'avril et de mai 2004 ; il a porté sur l'ensemble des édifices bâtis avant le milieu du 20e siècle. Les dossiers qui suivent sont classés du général, ou du thématique, au particulier. Près de la moitié des 429 immeubles de l'architecture domestique ou agricole recensés par l'Insee en 1946 est documenté individuellement, l'autre collectivement sous forme cartographique notamment. Certaines oeuvres uniques ou au contraire représentatives, portant la mention oeuvre sélectionnée ou étude souhaitable dans les observations, revêtent un intérêt supplémentaire à l'échelon communal avant qu'une étude comparative à une échelle plus large vienne étayer ce choix. Cependant leur sélection qui découle d'une problématique documentaire ne réunit pas tous les critères exclusifs constituant une valeur patrimoniale intrinsèque ; des oeuvres simplement recensées peu ou pas commentées ici peuvent laisser apparaître des intérêts singuliers.

Un pré-inventaire du patrimoine architectural et des sites avait été réalisé sous la direction de la Commission régionale de l'Inventaire en 1973 ; les édifices repérés avaient été photographiés par Jean-Claude Desdoigts, les illustrations correspondantes en noir et blanc sont restituées dans les notices ; elles rendent compte de l'évolution de l'habitat à la fin du 20e siècle.

La présentation générale restituée ci-dessous en Annexes offre une bonne synthèse des caractéristiques patrimoniales locales. Cependant seules 31 oeuvres sont documentées individuellement en fonction de leur unicité, de leur état de conservation et de leur grande ancienneté souvent antérieure au 19e siècle (Les photographies datées 1973 portent témoignage de ce choix).

La présente enquête élargit le champs chronologique du recensement jusqu'au milieu du 20e siècle -toutefois la carte annexée présente en gris, l'architecture contemporaine édifiée après les années 1950 jusqu'à nos jours- et restitue aussi exhaustivement que possible une information même sommaire sur chacun des ensembles bâtis, édifices ou édicules susceptibles de constituer un élément du patrimoine. .

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Adresse Commune : Pacé

Annexes

  • En 1973, Jean-Claude Desdoigts, sous l'égide de la Commission régionale de l'inventaire de Bretagne et du Centre national de la recherche scientifique, pour le compte de l'Agence d'urbanisme du district de l'agglomération rennaise, a réalisé un pré-inventaire du patrimoine architectural et des sites de la commune de Pacé ; une trentaine de monuments ont été distingués.

    Les conclusions qui suivent sont de l'enquêteur ainsi que les photographies en noir et blanc datant de la même année.

    PRÉSENTATION GÉNÉRALE

    Vaste, la commune de Pacé est traversée du nord au sud par la Flume, et de l´est vers l´ouest par la R.N. 12. La rivière et la route constituent deux axes majeurs qui se recoupent au Pont de Pacé, au sud-ouest du bourg.

    Géologiquement, la vallée de la Flume se trouve au contact d´un bombement de schiste briovérien à l´est et du dépôt pliocène du bassin de Rennes à l´ouest. D´autres affleurements briovériens figurent sur la carte géologique. Un peu partout, mais surtout à l´est, des limons éoliens quaternaires couvrent ce paysage façonné en croupes peu vigoureuses. Ces limons constituent de riches terres agricoles plus étendues à l´est qu´à l´ouest. Dans l´est plus riche, le bocage est fortement dégradé en raison des nécessités de l´agriculture intensive moderne et les bâtiments intéressants sont plus nombreux ; à l´ouest par contre, le paysage traditionnel piqué de modestes maisons dispersées parmi les haies vives est encore bien conservé.

    Le franchissement délicat de la N. 12 provoquera sans doute une différenciation entre le nord centré sur le bourg et un secteur sud tendant à entretenir de moins en moins de relations avec lui. Si cela commence à être perceptible dans les conversations, le paysage est loin d´en porter la trace.

    I - Les paysages

    De part et d´autre de la large vallée de la Flume, le territoire de la commune de Pacé est façonné en collines molles dont l´altitude décroît du nord vers le sud. La N. 12 constitue une simple saignée à travers trois types de paysages bien différenciés : la large vallée de la Flume, le secteur bocager de l´ouest et le pays plus découvert à l´est.

    1 - La vallée de la Flume

    Du nord au sud, la Flume étire son cours de plus en plus paresseux au fond d´une vallée trop large pour elle. Le bocage y est très bien conservé, même si on observe une tendance à la destruction des haies tout à fait au nord, autour du Petit Moulin de Tixüe.

    La vallée elle même est dissymétrique, le versant est étant plus vigoureux que celui de droite. Sur ces versants, les paysages évoluent graduellement, du bocage serré du fond aux paysages des deux parties de la commune.

    C´est sur ces versants que se localise la majeure partie de l´habitat, y compris le bourg. Encore actuellement, c´est là que la construction de maisons, parfois trop voyantes, est la plus active, surtout sur la rive droite. Si l´on n´y prend garde, le fragile équilibre du paysage risque d´être rapidement brisé par ce qui ne constitue actuellement que quelques notes discordantes.

    2 - A l´est de la Flume

    Environ les deux tiers de la commune de Pacé se trouvent sur la rive gauche de la Flume. Le paysage est constitué de croupes massives parcourues par quelques vallons.

    Le ruisseau de la Chapelle des Fougeretz conflue avec la Flume un peu au sud de Champagne. Sa vallée trop large demeure partiellement bocagère. Au sud-est, d´autres petits cours d´eau se dirigent directement vers la Vilaine ; ces ruisselets parcourent de molles vallées.

    Ce qui domine le paysage, c´est une riche agriculture pratiquée dans un décor particulièrement déboisé, surtout au nord du bourg. La disparition presque totale du bocage témoigne d´une évolution spontanée, car il n´y a pas eu de remembrement. La vue est coupée de-ci, de-là par les arbres des vergers entourant les maisons et par les quelques haies qui subsistent.

    3 - A l´ouest de la Flume

    La zone des terres situées à l´ouest de la Flume présente des paysages plus variés. Le paysage est modelé en collines plus petites, les ruisseaux y sont plus nombreux. Surtout, le bocage y est mieux conservé : les terrains paraissent moins riches, l´allure des exploitations agricoles est moins cossue. Au total, le paysage demeuré plus traditionnel reflète une pauvreté due à l´absence de placage limoneux et à l´acidité des sols élaborés sur les sables pliocènes.

    II - Les monuments

    La répartition des monuments qui constituent le patrimoine architectural de Pacé est remarquable, puisque en dehors du versant de la rive droite de la Flume on n´observe guère de monuments dans la partie ouest de la commune. A l´est par contre, la densité des monuments subsistants est nettement plus importante.

    1 - Le bourg

    Le bourg de Pacé s´agrandit rapidement du fait de l´aménagement de lotissements importants. Comme partout dans les environs de Rennes, ces adjonctions nouvelles épargnent l´essentiel d´un vieux centre regroupé autour de son église.

    Celle-ci est l´élément majeur du bourg, et peut-être de toute la commune. Elle doit être considérée comme le témoignage de la richesse durable d´une paroisse rurale étendue, située à proximité d´une grande ville.

    Le cimetière contient trois croix anciennes inscrites à l´Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

    2 - Châteaux, manoirs et maisons de maître

    (a) - Les châteaux et leurs vestiges

    La commune compte cinq châteaux ; on peut considérer que la Mandardière était un château. Hormis quelques éléments épars dans les jardins, il en subsiste un pan de mur formant le pignon d´une dépendance moderne. L´exemple de la Mandardière montre bien comment peut disparaître une construction de grande qualité : la négligence et les intempéries le dégradent fortement, puis, devenue dangereuse, elle est détruite pour des raisons de sécurité.

    Le château de la Touche Milon a été construit au 19e siècle, et il présente relativement peu d´intérêt. Par contre, du château du Petit Moulin, il subsiste une belle tour ronde du 16e siècle. Cette tour est percée de plusieurs meurtrières rondes, et les lucarnes sont couronnées de frontons triangulaires.

    Beaucoup plus importants sont les châteaux de la Rossignolière et de la Glestière. Ce dernier, inscrit à l´Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, est en excellent état par suite de sa restauration récente. Il pourrait être éventuellement acquis pour y créer un centre social ou de loisirs dans un cadre qui s´y prêterait particulièrement bien.

    Le château de la Rossignolière est également très intéressant. Il a été construit en deux étapes, au début et à la fin du 17e siècle. Son état de conservation est inquiétant. En particulier, les frontons des fenêtres du grenier sont très détériorés. La façade n´est pas remaniée mais se dégrade rapidement. L´intérieur (étage) serait également à remettre en état.

    b - Les manoirs

    Les manoirs appartiennent à des types variés. Certains sont construits en pierre, comme à la Touche Milon, alors que d´autres sont au moins partiellement en pan de bois comme le Val Morel, ou même en terre comme à Landailler.

    Ces deux derniers exemples montrent d´ailleurs très bien la complexité de la construction dans ce pays où la pierre est rare. Le Val Morel est en pierre au rez-de-chaussée (schiste ; les ouvertures sont en schiste pourpré appareillé) alors que l´étage est en pan de bois pour l´élévation antérieure et en terre pour l´élévation postérieure. On voit donc que si un grand soin était apporté à la construction de la façade, les problèmes d´approvisionnement en matériaux de constructions obligeaient les moins riches ou les plus pressés à utiliser des méthodes plus rudimentaires pour les arrières, car il ne s´agit pas nécessairement d´un signe de moindre richesse, comme le montre ce même exemple de Val Morel ; en effet, le manoir a brûlé anciennement et la partie sinistrée a été reconstruite en terre à usage de dépendance ; la charpente est encore assemblée par des chevilles de bois. Ce manoir est un exemple d´édifice modeste intéressant pour l´histoire des techniques de construction, et particulièrement l'histoire des pratiques anciennes de l´architecture noble.

    A Landailler on remarque simplement au nord un pavillon carré à un étage de même niveau que le logis principal, en pan de bois. Le niveau supérieur a été couvert d´ardoises ; sans doute récemment puisque plusieurs fenêtres sont condamnées. On y retrouve des portes en plein-cintre jumelées à encadrement bien appareillé qui constituent un thème fréquent dans la région rennaise.

    Les constructions de pierre sont assez nombreuses ; leur décor extérieur et intérieur parfois de qualité témoignent de la fortune de leurs premiers propriétaires. Remarquons simplement la fréquence des grilles des fenêtres : celles de la Grande Touche sont particulièrement remarquables.

    c - Les maisons de maître

    On a classé sous cette rubrique des maisons rurales importantes, qui sont soit d´anciennes maisons nobles (mais un long dépouillement d´archives féodales serait nécessaire pour en avoir la certitude) soit des maisons de notables.

    La Salle Verte a été construite vers 1840. Il s´agit d´un bâtiment à trois travées sans grand caractère. Lorgerais est plus ancien, mais cela ne se voit guère qu´à la charpente : le reste a en effet été fortement remanié. Remarquons que l´escalier extérieur correspond à la conception ancienne du bâtiment.

    La petite maison du Chêne Amoureux est en très mauvais état. Elle offre un bon exemple d´une particularité régionale très fréquente : la souche de cheminée se trouve décalée par rapport au faîte du toit, édifiée sur un des versants.

    On retrouve dans ces maisons deux exemples de portes jumelées en plein-cintre ; à Launay-Denieul, elles sont en bois simulant l´arc plein-cintre des portes en pierre : là encore, on retrouve la trace des difficultés d´approvisionnement en matériaux. Ces difficultés font que les constructions nobles ou les maisons de maître les plus modestes ne se différencient guère des simples fermes.

    3 - L´habitat rural

    Les exploitations agricoles sont construites en terre, à l´exception du Grand Verclé qui est en pan de bois. L´allure de ces constructions reflète très bien la situation économique passée et actuelle du terroir.

    A l´ouest, sur les terrains pauvres, on observe de petites maisons-bloc sans dépendances séparées et sans appentis. Ces constructions sont généralement très modestes et en piteux état.

    On retrouve également des maisons à grand appentis et dépendances séparées. Elles témoignent d´un degré de richesse plus grand.

    L´exemple du Plessix permet de comprendre la manière dont ces fermes ont évolué : l´habitation actuelle date du 19e siècle ; une plus ancienne construction a été édifiée à la fin du 18e siècle (toit brisé) et semblent nettement postérieure au troisième bâtiment, qui sert d´étable et pourrait avoir été l´habitation primitive. L´édifice du 18e siècle a été flanqué sur son arrière d´un grand appentis qui est peut-être une addition plus récente. La juxtaposition des bâtiments se poursuit actuellement par adjonction de porcheries modernes.

    Certaines fermes se sont ainsi constituées autour de constructions anciennes. On y observe alors des portes à arc plein-cintre, et les cheminées portent des blasons qui constituent peut-être la marque des propriétaires. Tel est le cas de la Hyptais, du Châtellier et de Launay-Morin.

    D´autres au contraire ont été sans doute conçues comme des ensembles : ainsi le Grand Verclé dont les deux bâtiments principaux (étable et habitation) sont couverts de toits brisés fin 18e siècle. Elle constitue un ensemble à côté duquel se construisent des hangars mieux adaptés aux conditions modernes d´exploitation ; il faut se réjouir que leur localisation évite de dégrader la vue d´ensemble.

    D´autres grands ensembles subsistent. On a retenu ici deux exemples : la ferme de Champagne, où se trouve une très grande cheminée à blasons, et le village du Hirdyer composé de deux fermes. Les constructions y sont très resserrées, ce qui est manifestement une gène pour l´exploitation moderne. Il est probable que l´évolution actuelle de l´agriculture vers une mécanisation toujours plus grande fasse courir de grands risques à ces constructions anciennes inadaptées.

    Conclusion

    La commune de Pacé possède un patrimoine architectural et artistique important qualitativement et quantitativement. L´agriculture est riche. De plus il s´y trouve une belle vallée qu´il semble possible d´aménager en aire de loisirs. Cette variété d´aptitudes et de dons en fait un des secteurs les plus importants du district de Rennes.

    Site du bourg

    Le bourg de Pacé est situé un peu à l´écart de la N. 12, en haut du versant est de la vallée de la Flume.

    Le noyau ancien est regroupé autour de l´église, sans doute une des plus belles des environs immédiats de Rennes. Il est bordé au sud par le petit château du Logis. Il se compose de quelques maisons anciennes, mais le site semble se dégrader du fait de la proximité des lotissements. Cela se remarque en particulier juste au nord de l´église, là où s´est établi le commerce en livre service.

    A l´ouest et au nord de ce noyau initial, des lotissements de plus en plus vastes descendent presque jusqu´à la Flume et en direction du Pont de Pacé. Ces ensembles de pavillons devraient s´intégrer au site s´ils étaient plantés de grands arbres.

    A l´est, entre le cimetière et l´église, se trouve une série de maisons en lignes qui coupent totalement la vue sur le bourg lorsqu´on arrive de Montgermont. Cela aurait pu être évité si l´orientation des bâtiments avait été mieux étudiée.

    L´agglomération de Pacé s´agrandira considérablement au cours des prochaines années. Il semble très souhaitable qu´elle s´articule non seulement autour du vieux bourg, mais aussi de l´actuel village du Pont de Pacé et peut-être d´autres lieux. Si des monuments cités dans la suite de ce dossier se trouvent dans les zones à urbaniser, il faudrait envisager de les utiliser comme centres d´animation culturelle des nouveaux quartiers.

  • 20043503830NUC : - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

Références documentaires

Documents figurés
  • Tableau d'assemblage du plan cadastral parcellaire de la commune de Pacé, terminé en 1851, sous la direction de Lesné géomètre en chef, échelle 1/10000e (A. D. d'Ille-et-Vilaine : 3 P 5437).

  • Tableau d'assemblage du plan cadastral parcellaire de la commune de Pacé, terminé en 1814, par Jouard et Demolon géomètres, échelle 1/20000e (A. D. d'Ille-et-Vilaine : 3 P 5613).

Bibliographie
  • BANÉAT, Paul. Le Département d'Ille-et-Vilaine, histoire, archéologie, monuments Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929, 4 vol.

    tome III, p. 7-28
  • VEILLOT, Claude. Pacé, quotidien. Pacé : Association Pacé d'Hier et d'Aujourd'hui, 1996.