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Présentation de la commune de Nostang

Dossier IA56007453 réalisé en 2009

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Nostang est la commune nord du canton de Port-Louis (doc.9 et 10) et de la communauté de communes de Blavet-Bellevue-Océan. D'une superficie de 1571 hectares et peuplée de 1252 habitants en 2007, elle est bordée au nord par Languidic et Brandérion, à l'est par Landévant, à l'ouest par Kervignac et Merlevenez, tandis que sa frontière sud est constituée de 11km de rivage sur la rivière d'Etel.

Le littoral est formé de deux bras de mer qui confluent à la pointe du Gouarde pour former un V : ce sont le Goah Guillerm, à l'ouest, et la rivière de Landévant, à l'est, qui se divise en deux branches. Ce littoral est très découpé et la mer remonte profondément à l'intérieur des terres. La ligne de rivage se perd parfois, là où la mer remonte dans les landes et les bois de pins, comme au niveau de la pointe du Rongouët ou de Légevin. Ailleurs, elle est matérialisée par des murets de pierres sèches ou des talus, édifiés dès le 19e siècle pour délimiter les terres et renforcer les berges (fig. 18 à 20), en particulier sur le pourtour de la pointe du Gouarde. Les schorres ou prés salés sont surtout développés dans l'anse du Cosquer et au sud-ouest de la pointe du Gouarde.

Le sous-sol est principalement de constitution granitique et le réseau hydrographique est dense (fig. 11 à 13). En effet, le territoire communal est entouré d'étangs naturels et artificiels et trois ruisseaux le parcourent : le ruisseau du Moulin du Palais, le ruisseau de Saint-Georges et celui du Pont du Roc'h (fig. 14) qui traverse la commune et qui prend naissance non loin de la forêt de Camors.

Le territoire est bien cultivé, accidenté et parsemé de vallons, de collines. Le point culminant de l'estuaire de la Ria se trouve d'ailleurs à Nostang dont l'altitude maximale de 54 m, se situe à Lein er Mané.

Activités agricoles et ostréicoles (fig. 15) se côtoyaient le long de la côte (fig. 17 et 18). Il existe de nombreuses fermes, mais peu sont en activité et seule une concession ostréicole datant des années 50 et fermée aujourd'hui, a été recencée.

La commune est demeurée très verte grâce à la présence de nombreux bosquets où le pin maritime domine. Il existe aussi des bois de feuillus, surtout au flanc des vallées. La fertilité des sols, en dehors des landes, justifie la présence de fermes anciennes, regroupées en hameaux, rarement isolées. Les hameaux les plus importants sont aussi dotés d´une chapelle : Saint-Cado (fig. 21, 22), Saint-Symphorien (fig. 23), Locmaria (fig. 24), Légevin et Saint-Thomin (fig. 25), qui possédait encore au début du 20e siècle une chapelle. Malgré les aménagements amenés par le remembrement, quelques chemins anciens existent encore, notamment au nord-est de Rémoulin (fig. 26).

L'urbanisation du territoire communal est modérée et n'a pratiquement pas affecté le littoral.

GEOGRAPHIE ET RAPPEL HISTORIQUE

Le plan cadastral de 1837 confirme l´existence d´un réseau de routes et de chemins, distribuant de façon dense les nombreuses fermes et hameaux du territoire. La route principale reliant Landévant à port-Louis serait un axe d'origine romaine : il est en tout cas attesté à l'époque médiévale, reliant Nostang à Loc-Pezran (ort-Louis). Des quatre moulins du Palais et de Saint-Georges, il ne reste que ceux à eau. Celui du Palais est en ruine, tandis que celui de Saint-Georges, en bon état de conservation, a fonctionné jusque dans les années 60. Avant sa destruction (postérieure à 1837) le moulin à vent se Saint-Georges, se trouvait non loin de la chapelle Saint-Bieuzy.

La commune de Nostang possédait de nombreux lieux de manoirs : Saint-Thomin, Kerguinio, Kerlieur, Kéricu, Kerlann, le Cosquer, le Gouarde, Saint-Ernan, le Rongouët, mais seuls les manoirs de Palivarc'h (milieu 16e siècle) et du Talhouët (base du 17e siècle) existent encore. Le hameau de Kerganquis est aussi un ancien lieu de manoir, ses ruines étaient encore visibles dans la 2e moitié du 20e siècle. Du manoir, il ne reste aujourd'hui que les jambages d'une porte cochère. A la place, une grange du 17e siècle et des fermes du 19e siècle ont été érigées. L'une d'entre elles, datée de 1825 a conservé une armoire murale associé à un évier (fig.27 à 30).

On notera la présence, au Vieux -Bourg, d'une dalle de pierre aux contours moulurés et ornée de deux lions tenant les armoiries de la famille Botdéru : d'azur au chevron d'or, accompagné de trois billettes d'or (fig. 31), aujourd'hui incluse dans la maçonnerie d'un muret d'une ancienne ferme. Les armoiries de cette famille, originaire de Plumelin et Carnac, citée dès 1427 dans les montres et réformations du domaine ducal, sont visibles dans le lobe supérieur du vitrail de la baie axiale de la chapelle de Locmaria. Les seigneurs influents n'étaient donc pas systématiquement localisés à Nostang mais aussi dans les communes voisines

La construction de la nationale reliant Quimper-Vannes en 1978, passant par le nord de Nostang conduit à l'isolement du hameau de Rondervec (fig. 32), bel ensemble constitué d'une ferme avec écurie datant du 2e quart du 20e siècle, tandis que la ferme ancienne est en ruine.

Contrairement à la commune voisine, Merlevenez, Nostang est peu dotée en niches à chien. Peu de croix aussi sur le territoire.

- 1 - STATISTIQUES GENERALES

Superficie de la commune : 1571 hectares.

Nombre d´écarts : 44.

Population : 1252 (recensement 2007), soit une densité de 80 habitants au km².

1843 (d'après Ogée) : 900 habitants.

1962 : 720 habitants.

1968 : 763 habitants.

1975 : 733 habitants.

1982 : 829 habitants.

1990 : 1050 habitants.

1999 : 1088 habitants.

Logements, chiffres INSEE :

En 2007 la commune compte 579 logements dont 504 résidences principales, 51 résidences secondaires et logements occasionnels, 24 logements vacants.

La part des résidences principales est de 85%.

Dans le parc des résidences principales, en 2005, la part des maisons est de 98,7% et celle des appartements de 0%.

- 2 - PATRIMOINE ARCHITECTURAL : LES ECARTS (3 dossiers)

Parmi les 44 écarts repérés, 3 sont sélectionnés (écart de Rémoulin, de Saint-Symphorien et de Saint-Thomin).

- 3 - PATRIMOINE ARCHITECTURAL : EDIFICES ETUDIES (32 dossiers)

Patrimoine religieux : 1 église, 4 chapelles, 1 croix de chemin, 1 presbytère.

Patrimoine civil : 1 fontaine publique, 2 ponts, 1 mairie école.

Patrimoine industriel : 1 moulin à eau.

Manoirs : 2 manoirs.

Château : 2 châteaux.

Maisons et fermes : 13 fermes.

- LES CHAPELLES

La commune de Nostang possédait jadis de nombreuses chapelles : Locmaria, Légevin, Saint-Thomin (dédiée à Saint Barthélémy et tombée en ruine au début du 20e siècle), Saint-Symphorien, Saint-Cado et Saint-Bieuzy, qui constituaient des frairies situées en dehors du bourg. Il y avait également une chapelle (disparue), sous l'invocation de sainte Marie-Madeleine, située à Kérioual, au bord de la mer, au sud du moulin du Palais. Comme ailleurs sur le territoire, cette chapelle était réservée aux "cacous", ces descendants des lépreux qui ne communiquaient avec aucun autre habitant de la paroisse et exerçaient le métier de cordiers. Cette chapelle existait en 1761, d'après le registre des sépultures. Les noms de Saint-Hernan, au sud, et de Locqueltas, au nord, semblent rappeler d'anciennes chapelles détruites. Il y avait en outre des chapelles privées aux châteaux de Saint-Georges et du Rongoët. En ce qui concerne les chapellenies, on ne connaît que celle de Thomas Talhoët, mentionnée dans un pouillé de 1516.

-LES CROIX

Seules quatre croix ont été répertoriées sur le territoire : une datant du 17e siècle à Locmaria (étudiée), une, avec croix datant du 16e siècle remontée dans un soubassement datant du milieu du 20e siècle à Mané-Talhouët (fig. 2), une autre située dans le cimetière, dont la base date de la limite du 18e siècle et du 19e siècle mais dont la croix date de la deuxième moitié du 20e siècle (lors du déplacement du cimetière) et enfin, la croix située au Vieux-bourg dont le soubassement est daté de 1750 mais dont la croix a été remplacée au 20e siècle (fig. 1). Aucune croix n'est répertoriée sur le plan cadastral de 1837.

- 4 - PATRIMOINE ARCHITECTURAL RECENSE : Châteaux, manoirs, maisons, fermes

Rappel : le nombre de logements est de 579 (Chiffres INSEE, 2007). Dans le parc des résidences principales, 98,7% sont des maisons et 18,5% sont achevées avant 1949.

Recensement Inventaire des logis en 2010 (maisons, fermes, manoirs, châteaux des 15e, 16e, 17e et 18e siècles) :

98 recensés, 17 sélectionnés.

CARACTERISTIQUES DE L'HABITAT RURAL DE NOSTANG

Les quelques habitations et dépendances du 16e siècle inventoriées sur la commune de Nostang se comptent sur les doigts d'une main (cf. Kerbol fig.1, Talvern, Kermarham et Palivarch). Aucune date portée n'a été relevée sur ces édifices, cependant le remploi de portes, de fenêtres et de cheminées de cette époque est courant dans les constructions plus tardives.

Si le 17e siècle est une période plus intense au niveau de la construction de l'habitat (38 fermes et maisons recensées, 3 sélectionnées et 3 dates relevées), ce n'est qu'au 18e siècle, qu'elle prend son véritable essor (52 fermes et maisons recensées, 2 sélectionnées et 4 dates relevées) encore ces édifices sont-ils pour la plupart remaniés.

SITUATION ET COMPOSITION D'ENSEMBLE

La répartition de l´habitat est dense : les écarts sont en moyenne à moins d´un kilomètre les uns des autres, sauf Kermarham un peu plus à l'écart. Le regroupement de plusieurs unités d´exploitation au sein d´un écart appelé "village" caractérise l´habitat ancien. Nombreux sont les villages composés d'une à dix fermes. Certaines d'entre-elles construites sur d'anciens lieux de manoir ou métairies reprennent les modèles d'implantation isolés de ces édifices (cf. Palivarch, Le Cosquer, Kériolar). D´autres sont plus développés, notamment les groupements autour d´une chapelle dont l´organisation est proche de celle des bourgs avec le lieu de culte au centre (cf. Saint-Symphorien, Saint-Thomin - qui possédait jusqu'au début du 20e siècle une chapelle-, Locmaria, Légevin). Mais la majorité des villages est implantée de part et d´autre d´une voie de desserte, sans réelle concertation d´ensemble. Certaines fermes ne sont pas à l'origine tournées vers la voie qui dessert le village, mais elles le sont, parfois au 19e siècle, lorsque les propriétaires souhaitent participer à la vie du village (cf. Rémoulin).

Ce changement d'orientation entraîne alors des modifications de façade. Il est aussi intéressant de noter la présence de cours communes utilisées par plusieurs fermes. Ce système est clairement visible sur les cadastres de Légevin (fig.2), Lizaloué et au Magouéro. Il existe encore quelques murets de pierres sèches délimitant des parcelles de terres et les bordures des chemins reliant les fermes les unes aux autres.

MATERIAUX ET MISE EN OEUVRE

La mise en oeuvre des façades est le plus souvent en moellons. Cependant elle peut être particulièrement soignée lorsque des moellons choisis de moyen ou grand appareil sont disposés en assises régulières, comme à Keriolar, Le Parc (fig.3) et Kérédo (fig.4 et 4 bis). Les entourages des baies y compris les jours de combles, les rampants des pignons et les souches de cheminées sont en pierre de taille.

STRUCTURE, PLANS ET ELEVATION DES FERMES

- Le logis-étable (80 repérés/11 sélections)

Sur les 80 fermes répertoriées, toutes sont des logis étable combinant de façon plus ou moins distinctes la partie réservée aux habitants et celle réservée aux animaux. Ce type d'habitat est dit à fonctions multiples car il regroupe dans un même volume les fonctions d´habitation et d´exploitation : le logis, l´étable et le grenier (fig.5). Dans tous les cas le logement communique avec l´étable, et un comble à surcroît règne sur l´ensemble. Il n´existe pas à proprement parler de logis étable à une seule porte. Même si cette appellation est conservée pour les fermes à pièce unique les plus modestes, avec porte unique en façade, il existe toujours une porte au nord pour les animaux.

Les greniers qui occupent les combles à surcroît des logis étable sont accessibles par une porte haute en façade (plus rarement en pignon). Un escalier extérieur, généralement parallèle à la façade, permet d´y accéder, cependant ils ont souvent été détruits à l´époque contemporaine.

- Le logis à fonctions multiples superposées (2 repérés/2 sélections)

(fig.7)

DEPENDANCES DES FERMES

-Les étables

Dans les fermes, le bétail occupe souvent une partie de la maison : animaux et humains peuvent cohabiter dans la même pièce, simplement séparée par une cloison haute ou basse (cf. notices du Gouarde et de Saint-Thomin). Si l´étable est indépendante, elle demeure contiguë au logis. Les dimensions varient en fonction de l´importance de l´élevage qui reflète la vraie richesse de la ferme.

-Les soues

La plupart d'entre-elles sont en appentis et incluses dans le plan du logis ou de l'étable. Néanmoins certaines dépassent du plan, comme à Kerven et Rémoulin où sont isolées et affrontées, comme à Kérédo (fig.8). Le logement du cochon est toujours séparé de celui des humains.

-Les granges

La porte charretière en plein cintre en pignon est une des caractéristiques de ces granges qui servent également de remise à charrettes. Quelques unes ont également des linteaux en bois surmontés d'un larmier. Leur fonction première est bien d´abriter les récoltes mais leur usage peut être multiple : on peut y ranger également les instruments, le pressoir, les barriques et la charrette. A Talvern (fig. 9), la grange est associée à un logement secondaire destiné aux domestiques de la ferme.

-Les puits

Chaque ferme disposait d'un puits. Ils sont majoritairement de structure circulaire avec une margelle monolithe en granite. La présence d´une superstructure à linteau sur piédroits est la forme la plus répandue. Certains font l´objet d´une ornementation soignée : linteau à deux, trois, quatre, ou cinq boules, moulures, décor géométrique, décor à caractère religieux (fig.10), têtes sculptées en haut-relief. Les exemples les plus anciens datent du 17e siècle (fig.11). D'autres puits sont encastrés directement dans la maçonnerie du mur (cf. Saint-Thomin et Kérédo, fig.12). Un puits cheval existait à Nostang (fig.13), mais il a été déplacé sur la commune d'Hennebont. Cette forme de puits est rare, seulement cinq ont été repérés, dont quatre sur le territoire de Plouhinec. Les auges placées à côté des puits sont parfois encore en place.

-Les fournils et fours à pain

Le plan cadastral de 1837, indique la présence de nombreux fours à pain. Beaucoup ont été détruits à partir du milieu du 20e siècle car ils n'étaient plus utilisés mais aussi parce qu'ils gênaient les manoeuvres agricoles. A Légevin (fig.14), le four à pain communautaire est toujours en place, non loin de la chapelle. Les fermes isolées, quant à elles, disposent le plus souvent d´un four personnel : semi-circulaires, voûté en grand appareil de granite et couvert d´une simple couche de terre. Quand le four s'accroît d'une petite pièce destinée à faire lever la pâte, on parle de "fournil" (fig.15). A Kériolar, le "fournil" possède aussi la fonction d'habitation comme en témoigne la présence d'une cheminée à chaque pignon.

STRUCTURE, PLANS ET ELEVATION DES MAISONS (4 repérées)

Les fonctions d'habitation et d'exploitation ne sont plus réunies sous le même toit. Seule la soue est construite dans le même alignement que la maison, tandis que les dépendances le sont plus loin. Ce système qui concerne des habitations datant du 18e siècle est pour l'essentiel visible au village de Rémoulin (fig.16).

STRUCTURE, PLANS ET ELEVATION DES MANOIRS (2 repérées/2 étudiés)

2 manoirs (cf. le Talhouët, et Palivarch) ont été répertoriés et étudiées sur la commune de Nostang. Le premier, dont les origines remontent au 15e siècle, a été remanié et le second, bien que peu transformé, ne peut être décrit avec plus de détails (non autorisation des propriétaires).

TOITURES

Aujourd´hui, les toitures sont majoritairement en ardoise. Celles-ci ont remplacé les couvertures en chaume. On notera les modifications de pente de toit accompagnées du rehaussement des surcroîts, liées au changement de couverture. Quelques rares fermes sont encore couvertes en chaume (fig.17).

Les plafonds des logis et des étables sont traditionnellement hourdis à quenouilles (barrasseaux) et chaulés ou recouverts d'un torchis. Cette technique offre une excellente isolation mais peu d'exemples sont encore en place (fig.18).

ESCALIER EXTERIEUR

Les textes d´archives révèlent leur existance et le plan cadastral de 1837 confirment la présence d'escaliers extérieurs desservant les greniers des logis-étables (Kerbol, Le Rest). Certains, d'après la tradition orale, étaient couverts. Cependant, suite à des modification de volume et de niveau des greniers, dans la seconde moitié du 19e siècle, des problèmes d'humidité et de circulation des engins mécaniques agricoles, au 20e siècle, bon nombre de ces escaliers massifs ont été démontés (fig.19). Actuellement on en dénombre moins de 5 en façade des logis-étable.

Ces ouvrages en pierre de taille ou moellons équarris, devaient être soignés. L´exemple le mieux conservé et le plus spectaculaire répertorié sur la commune, se situe à Saint-Thomin (voir notice). Perpendiculaire à la façade et non parallèle, comme il est coutumier de le rencontrer, cet escalier en partie couvert est finement décoré.

ORNEMENTATION

L´ornementation des façades est modeste voire inexistante, qu´il s´agisse des fermes ou des maisons. Lorsqu´elle existe elle se manifeste sur les ouvertures : linteaux et piédroits moulurés, décor floral, parfois fleur de lys, à la pointe des accolades, ou encore sous la forme de crossettes ou de masques sculptés au départ des rampants des pignons (fig.20 à 24). Les puits sont souvent ornés de tels masques, mais aussi et souvent d'ostensoirs. Les piédroits des cheminées offrent des espaces propices aux décors, comme en témoigne la cheminée de Kermarham, dont la base est sculptée des portraits des propriétaires de l'époque (fig.25).

ARMOIRE MURALE ET EVIER

Ces aménagements habituellement disparus ont pu être largement observés sur la commune (fig.26 à 31). Souvent associées à un évier peu profond depuis lequel une rigole permet l'évacuation des eaux usées vers l'extérieur, les armoires murales, ou dalles, peuvent prendre différentes formes : en plein cintre ou à compartiment. Lorsqu'elles sont en plein cintre, un léger décrochement de l'arc permet de supporter une tablette. Un espace destiné à recevoir le seau est parfois créé sous l'évier (cf. Saint-Thomin).

Aires d'études Ria d'Etel
Adresse Commune : Nostang

Selon différents auteurs, le nom de Lostang proviendrait soit de Locus stagnorum, lieu des étangs, soit de Laustenc, lost Stanc, queue de l´étang ou rivière d´Etel. L'occupation préhistorique est attestée par des fouilles de dolmens et de menhirs au 19e siècle : on note en particulier un alignement de dix-neuf menhirs (fig.1 à 3) et de quatre dolmens et un tumulus près de la rivière d'Etel au sud du bourg (fig.4 et 5), décrit par l'abbé Luco en 1881 (doc. 7). Un système de défense au moyen de digues et d'étangs artificiels aux abords du bourg actuel, édifié à l'époque gallo-romaine, grâce à la présence de la mer remontant profondément à l'intérieur des terres, est attesté. L'établissement d'un poste militaire romain, favorisé par la voie romaine Vannes-Quimper, l'est également. Pendant la période médiévale, Nostang est une grande châtellenie regroupant dix paroisses qui relevait directement du duc. Ce domaine ducal comprenait, jusqu'à la fin du XIIIème siècle, toutes les paroisses qui entourent la Ria Etel. Plus tard, le 2 mars 1438, la châtellenie est donnée par le duc Jean V à son fils Pierre. La ville était florissante, un marché important s'y tenait. Mais au XIIIe siècle, le chef-lieu est transféré dans la ville d'Hennebont après la construction de son enceinte, et Nostang amorce un lent déclin. Aux XIVe et XVe siècles, il existe une juridiction de Nostang, propriété de la seigneurie de Rouzault ou Rouault qui s'étend sur l'ensemble de l'actuel canton de Port-Louis, sauf peut-être Kervignac. Au XVIIème siècle, la sénéchaussée royale d'Hennebont s'appelait encore "Cour d'Hennebont et de Nostang". Sur le plan religieux, la paroisse dépendait du doyenné de Pou Belz. L'église paroissiale est reconstruite en 1685. Au début du 19e siècle, il existaient encore sur la commune six chapelles, dont celle, de Saint-Thomin dédiée à Saint Barthélémy, tombée en ruine au début du 20e siècle. Il y avait par ailleurs des chapelles privées aux châteaux de Saint-Georges et du Rongoët, ainsi qu'une chapelle de la Madeleine pour les cordiers, au lieu-dit de Kérioual. On comptait quatre moulins sur le territoire (doc. 3 à 6), deux à eau, le moulin du Palais et celui de Saint-Georges (qui subsiste), dépendant de la seigneurie du même nom, couplés chacun à un moulin à vent (visibles sur le plan cadastral de 1837). Ogée décrit "Naustang", paroisse de la subdélégation d'Hennebont, située à 2 lieues et demie, peuplée de 900 habitants à la fin du 18e siècle. Le territoire est riche, soigneusement cultivé et vallonné, ce qui favorise l'élevage : chaque année, quatre foires à bestiaux considérables se tenaient sur son territoire. En 1800, Nostang passe dans l'arrondissement de Lorient et depuis 1801, la commune appartient au canton de Port-Louis. Au milieu du 19e siècle la commune est le théâtre de grands chantiers routiers : la construction de la nouvelle départementale qui relie Landévant à Port-Louis entraine la construction d´un pont (doc. 8 et fig. 6 à 8). La carrière de Kerganquis servit à entretenir cette nouvelle route. Pendant la seconde Guerre mondiale, la rivière d´Etel constituant la frontière ouest de la poche de Lorient, Nostang devient une des cibles des tirs allemands : la flèche de l'église paroissiale est détruite, certains villages au sud (Kerven, Le Gouarde, Saint-Ernan) sont durement touchés. Des blockhaus sont encore visibles à Len er Mané, point le plus élevé de la commune ainsi qu'à l'ouest de Locmaria (fig. 9). Dans les années 60, les aménagements occasionnés par le remembrement conduisent à la disparition de nombreux murets et chemins anciens.

Annexes

  • AD Morbihan. Fond Galles. 2J43 : Tableau par paroisses des terres nobles du diocèse de Vannes d´après la réformation de 1666.

    NAUSTANG

    La maison de Saint-Georges, méthairie, moulins

    La méthairie de Talhouet dépendant de la méthairie de Saint-Georges

    La grande Prée nommée Prat de Kerbaulle tenue noblement.

    Le manoir et méthairie du Rangouët

    La méthairie au village de Kerbiller baillée à convenant

    La méthairie au village de Querouard baillée à convenant

    La méthairie au bourg de Nostang

    La méthairie de Querian

    Le manoir et méthairie de Pallevars

    Le manoir et méthairie de Querguinio

    La méthairie au village de Luzuin

    La méthairie au village du Cosquer

    La méthairie au village de Saint-Ternan

    La méthairie au village de Kerbillet

    Deux méthairies au village de ? appartenant au sieur de Kermadio

    Une méthairie au village du Parc.

  • 20105607825NUCA : Plan aquarellé, 1837 - Archives communales de Nostang - Plan cadastral 1837.

    20095605953NUCB : Plan aquarellé - Archives départementales du Morbihan - 3 P 195.

    20105607857NUCB : Plan aquarellé, 1837 - Archives départementales du Morbihan - 3 P 195.

    20105607858NUCB : Plan aquarellé, 1837 - Archives départementales du Morbihan - 3 P 195.

    20105607859NUCB : Plan aquarellé, 1837 - Archives départementales du Morbihan - 3 P 195.

    20105607819NUCB : Plan aquarellé, 1837 - Archives départementales du Morbihan - 3 P 195.

    20075607482NUCA : Carte, 2007 - Syndicat mixte de la Ria d'Etel

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. C. Nostang. Plans cadastraux, 1837. Plan d'assemblage. Plans par feuilles..

  • A. D. Morbihan. 1J 448. Extraits des registres paroissiaux et notes diverses sur Nostang, 1622-1793.

    Archives départementales du Morbihan : 1J 448
  • DU HALGOUET, Hervé, Notes archéologiques sur le département du Morbihan. A.D. Morbihan.

    T. II, p. 59-61
Documents figurés
  • A. M. Lorient. 16 Fi 2127. 1ère moitié 20e siècle ? Nostang. Chaumière à Kergoh. Photographie, collection Crolard.

Bibliographie
  • AUBERT, Ch-F. (V. Vattier d´Ambroyse).Le littoral de la France. Paris, 1886.

  • DANIGO, Joseph. Eglises et chapelles du doyenné de Port-Louis. S.l., 1984.

  • FLOQUET, Charles. Dictionnaire des châteaux et manoirs du Morbihan. Mayenne, Yves Floch, 1991.

  • LAIGUE, Comte René de. La noblesse bretonne au XIVe et XVe siècles. Réformations et montres. Evêché de Vannes. Rennes : Plihon, 1902. Rééd. 2001.

  • LE MENÉ, Joseph-Marie. Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes. Vannes, Galles, 1891-1894.

  • MOISAN, abbé Joseph. La propriété ecclésiastique dans le Morbihan pendant la période révolutionnaire. Vannes, Lafolye, 1901.

    p. 124-135
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de Bretagne, nouvelle édition augmentée par Marteville et Varin. Rennes, 1843.

    p. 239-240
  • RIO, Pierre Etude de l'occupation humaine entre l'estuaire du Blavet et la Ria d'Etel du Néolithique au 13e siècle Mémoire de maîtrise, sous la dir. de Mme M. Casset, Université de Bretagne Sud, 2003.

  • ROSENZWEIG, Louis. Répertoire archéologique du département du Morbihan Paris, 1863.

    p. 60-61
  • Le patrimoine des communes du Morbihan, collection le patrimoine des communes de France, s.l., Editions Flohic, 2 t., 1996.

    p. 910-912
Périodiques
  • BUFFET Henri-François. La toponymie du canton de Port-Louis. In : Annales de Bretagne.. Tome 59, numéro 2, 1952.

    p. 313-336