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Présentation de la commune de Morieux

Dossier IA22001682 réalisé en 2003

Fiche

Œuvres contenues

Morieux en 1854, pop. 668 habitants (source : Jollivet).

Morieux en 1914, pop. 623 habitants (source : AD 22).

Morieux en 1946, pop. 481 habitants (source : Insee).

Morieux en 1982, pop. 615 habitants (source : Insee).

Morieux en 1990, pop. 665 habitants (source : Insee).

Morieux en 1999, pop. 765 habitants (source : Insee).

Située dans la baie de Saint-Brieuc, la commune de Morieux s'étend sur une superficie de 754 hectares. Traversé par le Gouessant et le ruisseau de Saint-Magloire, le territoire communal est limité au nord et à l'est par la commune de Planguenoual, au sud par les communes de Coëtmieux et Andel, à l'ouest par la commune d'Hillion et au nord-ouest par la mer [fig. 1 et 2].

Histoire :

Les vestiges de l´Âge du Bronze (hache à talon et poignard en bronze) et de l´époque romaine (voie romaine de Corseul à Carhaix, tuiles à rebords et briques) mis au jour à la fin du 19e siècle témoignent de l´ancienneté de l´implantation humaine sur cette partie du littoral.

Démembrement de la paroisse bretonne primitive de Planguenoual, Morieux a élu sa première municipalité au début de l´année 1790. Bien que les documents attestent la présence d´une église et d´un recteur dès 1211, le titre de paroisse n´est expressément mentionné qu´à partir de 1244 dans un acte relatant la donation par l´évêque du diocèse de Saint-Brieuc de la chapelle Saint-Maurille à l´abbaye de Boquen. Selon Bernard Tanguy, la paroisse aurait pu même exister dès le milieu du 12e siècle. C´est du moins ce que laisse à penser la confirmation faite à cette époque par l´évêque à l´abbaye de Saint-Melaine de Rennes de la possession de la dîme qu´elle détenait en Morioch.

La graphie Moriac, attestée entre 1120 et 1126, pourrait faire référence à un toponyme d´origine gallo-romaine. Selon Bernard Tanguy, la fréquence des formes Morioc (1211, 1223, 1244, 1281, 1343), Morioch (1155-1161) et Moryoc (1292) ne plaide cependant pas en la faveur de cette hypothèse tant ces dénominations font davantage référence à un hagionyme.

Si l´ancienneté du patronage de saint Maurice, martyr d´Agaune, ne fait aucun doute, le nom évoquerait davantage celui d´un saint d´origine bretonne insulaire honoré en Irlande sous les formes Rioc et surtout Morioc, nom que l´on retrouve vers 1155-1161 lorsque qu´un dénommé Rioc donna sa dîme de Morieux à Saint-Melaine.

A l´instar des communes de la baie de Saint-Brieuc, le passé économique et social de la commune est longtemps resté rythmé par les pratiques agricoles. D´après le dictionnaire d´Ogée édité au milieu du 19e siècle, le territoire était constitué de 593 hectares de terres labourables, de 33 hectares de prés et pâtures, de 1 hectare de bois, de 19 hectares de vergers et jardins et de 59 hectares de landes et terres incultes.

Le patrimoine architectural :

La présente enquête a permis de repérer un total de 29 oeuvres, dont 9 relèvent de l'architecture domestique et agricole, 9 de l'architecture religieuse, funéraire et commémorative, 7 de l'architecture industrielle et du génie civil, 2 de l´architecture de la vie publique, 1 de l´architecture commerciale et 1 de l'architecture militaire.

La chronologie des oeuvres inventoriées s´étend du 11e siècle à la 1ère moitié du 20e siècle incluant, toute proportion gardée, un nombre assez important d´oeuvres relevant de l´architecture nobiliaire et religieuse de l´époque moderne (16e, 17e et 18e siècles).

Au sein du corpus, 3 oeuvres, dont une classée Monument Historique, ont reçu la mention « à signaler » [fig. 3, 4 et 5], et 17 oeuvres la mention « à étudier » en fonction de critères d´ancienneté, de conservation, d´unicité et de rareté. Certaines d'entre-elles ont d'ailleurs été retenues au titre de témoignage des aménagements réalisés dans la commune depuis le 19e siècle (infrastructures routières, ferroviaires et énergétiques).

Le Moyen Age :

La période médiévale, peu représentée au sein du corpus, fournit une oeuvre à forte valeur patrimoniale : l´église paroissiale Saint-Gobrien [fig. 3], essentiellement connue pour ses peintures murales de l´époque médiévale mises au jour lors des travaux de restauration intérieure entrepris de 1995 à 2002, constitue, avec sa nef à vaisseau unique du 11e siècle, un édifice caractéristique du premier âge roman dans la région.

Les Temps Modernes (16e, 17e et 18e siècles)  :

Au début de la période moderne, on signalera au sein de l´architecture religieuse la présence de la croix de Carivan [fig. 4]. Dotée d´une forte valeur patrimoniale, en raison de son état de conservation et de son décor, cette croix du 16e siècle mériterait une attention toute particulière. La croix de placître [fig. 6], située près du chevet de l´église Saint-Gobien, dressée vraisemblablement au 17e siècle et probablement déplacée à l´occasion de l´érection d´une nouvelle croix en 1875, présente également un intérêt du fait de son ancienneté.

Au chapitre de l´architecture domestique et agricole, on notera la présence du manoir des Tronchées, du manoir du Prérond et de l´ancien presbytère [fig. 7, 8 et 9]. Bien que remaniés, ces édifices datant du 17e siècle se caractérisent par un volume et un décor d'origine, aussi modeste soit-il.

Construit vraisemblablement dans la 1ère moitié du 18e siècle, le château de la Ville-Gourio [fig. 10] offre l´unique exemple sur la commune d´un type d´architecture inspirée directement du modèle de la malouinière. Son colombier, dont la construction pourrait remonter au 17e siècle, constitue également un précieux témoignage architectural.

Bien qu´inachevé, le château du Tertre-Rogon [fig. 5] ne manquera pas d´attirer les regards tant ses dimensions, sa volumétrie et son style en font un édifice relevant de l´architecture majeure. Construit pour Jean-Baptiste-Louis-Auguste Le Denays [Annexe 1], gouverneur et capitaine de Lamballe admis à l'honneur de monter dans les carrosses du Roi en 1771, le Tertre-Rogon s´impose comme un digne représentant de l´architecture classique.

La période contemporaine :

Les 19e et 20e siècles, comme dans la plupart des cas, élargissent la thématique en offrant des témoignages de l´architecture industrielle et du génie civil.

Etroitement liée au passage du Gouëssant et à l´exploitation de l´énergie hydraulique, l´architecture industrielle offre sur la commune deux témoignages de l´histoire de l´électrification du département aux Ponts-Neufs [fig. 11] et au Pont-Rolland [fig. 12].

Traversée par la ligne de chemin de fer Yffiniac-Saint-Alban dans la 1ère moitié du 20e siècle, Morieux a conservé les vestiges du chemin d´accès à la station des Ponts-Neufs situé à proximité du viaduc (en Hillion), permettant d´associer le nom de l'ingénieur en chef départemental des Ponts-et-Chaussées Harel de la Noë à l´histoire architecturale de la commune [fig. 13]. On notera également la présence d´une borne Michelin datant de la 1ère moitié du 20e siècle [fig. 14]. Situé à la sortie des Ponts-Neufs en direction d´Andel, cet édicule figure parmi les rares témoins de la mise en place d´informations routières dans la région au début du 20e siècle.

Concernant l´architecture religieuse, funéraire et commémorative de la période contemporaine, on notera le repérage d´une croix de cimetière des ateliers Hernot située à proximité immédiate des tombes des recteurs [fig. 15], ainsi que la présence du monument aux morts exécuté en partie en kersanton par l´entrepreneur Louis Charpentier en 1925 [fig. 16].

Au terme de cette présentation des richesses patrimoniales de la commune de Morieux, la chapelle Saint-Maurice-du-Bas [fig. 17] mérite une attention particulière du fait de sa situation géographique. Erigée en 1869 sur un promontoire rocheux offrant une remarquable perspective sur la grève, cette chapelle revêt une forte valeur patrimoniale à dimension paysagère et esthétique et devrait, à ce titre, inciter la préservation de l'intégrité du site qu'elle occupe.

Le patrimoine littoral de Morieux :

La limite transversale de la mer à l'embouchure du Gouessant est fixée suivant une ligne droite reliant deux rochers situés l'un dans la parcelle 209 section B de la commune d'Hillion (rive gauche), l'autre dans la parcelle 70, section, B de la commune de Morieux (rive droite). Les repères placés sur ces rochers matérialisent cette limite (décret du 31 juillet 1930 signé du ministre des Travaux publics Gaston Doumergue, AD 22, série S sup. 269).

La commune de Morieux dispose d'une façade maritime restreinte de 3 km entre l'estuaire du Gouessant et la pointe de Longue Roche, appelée communément la baie de Morieux. La vallée du Gouessant ennoyée depuis la réalisation du barrage et de l'usine en 1935 a perdu les éléments caractérisants d'une architecture d'estuaire, baignée par le flux et le reflux de la mer et la rencontre des eaux douces et des eaux salées (moulins, pêcheries). Pour exemple, la minoterie du Moulin Rolland, qui appartenait à Jean Hardouin.

Le havre de Saint-Maurice et la plage de Béliard représentent les deux sites d´accès à la mer et au rocher Roc Verde pour les pêcheurs à pied, les plaisanciers et les usagers de la plage. Les vestiges d'une ancienne pêcherie datant du 18e siècle (inspection de Le Masson du Parc en 1726) sont encore visibles à Saint-Maurice. La mytiliculture a remplacé aujourd'hui ces anciennes installations aquicoles. La toponymie locale a su conserver les caractéristiques d'un pays de bord de mer : Lermot d'en bas, pour signifier le hameau proche de la mer et Lermot d'en haut, pour évoquer le hameau qui surplombe la mer, plus proche des agriculteurs.

Une ligne de bouées de couleur jaune mouillées sur l´estran rappelle la délimitation de la réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc avec ses nouveaux usages et contraintes dans un site naturel fragile, en dépendance écologique avec les activités terrestres du bassin versant, comme l´agriculture.

Le phénomène des algues vertes affecte régulièrement les rivages de la commune, principalement à l´embouchure du Gouessant et de Saint-Maurice, pendant la période estivale. L´envasement de la baie et l´érosion des dunes et de la falaise, phénomènes naturels accélérés par certaines activités humaines, entravent actuellement le développement d´un tourisme balnéaire, malgré l´aménagement de la cale de Saint-Maurice, de la descente de Béliard et des parkings attenants.

L´absence d´autres équipements plus lourds (campings, digue) contribue à conserver l´aspect sauvage de ces sites littoraux. La présence du sentier de Grande Randonnée (GR 34) sur le sentier des falaises et son allongement jusqu'au Pont-Neuf et les étangs, représente aujourd´hui un atout pour la découverte de cette baie.

Espaces littoraux remarquables de la commune de Morieux

La commune de Morieux dispose seulement de quelques kilomètres de côtes escarpées entre l'embouchure du Gouessant et la pointe de Longue Roche. Les falaises schisteuses de Morieux-Planguenoual (13 hectares) sont bordées de landes côtières. Les villages sont en retrait du trait de côte. La côte de Saint-Maurice (70 hectares 66) située dans un petit vallon subit davantage une urbanisation diffuse. Les coteaux maritimes avec placages sablo-calcaires importants sont d'un grand intérêt botanique (présence d'espèces très rares dans le département).

L'anse de Morieux, estran sablo-vaseux (235 hectares), forme un ensemble paysager cohérent dans la continuité de la côte est de la baie de Saint-Brieuc (Réserve naturelle, ZNIEFF, ZICO). Dans ce biotope de fond de baie, on découvre une concentration naturelle d'espèces animales, frayères, nourriseries, gisements de coquillages. Cependant, le phénomène d'eutrophisation causé par les "marées vertes" réclame une meilleure maîtrise de la qualité de l'eau dans le bassin versant du Gouessant.

L'estuaire du Gouessant, encaissé et boisé (48 hectares, dont 3 hectares 62 en Domaine Public Maritime) représente un couloir de transit de l'avifaune entre la baie de Morieux et l'étang des Ponts-Neufs. Le maintien de boisements diversifiés et d'une activité agricole raisonnée participe d'une bonne gestion écologique de cet espace littoral.

Aires d'études Communes littorales des Côtes-d'Armor
Adresse Commune : Morieux

Annexes

  • Jean-Baptiste-Louis-Auguste LE DENAYS, dit le marquis du Quémadeuc :

    Arrière petit-fils d'Annibal de la Revol, gouverneur de la villle de Lamballe de 1680 à 1704. Fils de Jean-Baptiste IV Le Denays, capitaine au régiment de la Reine, et d'Elizabeth Jollivet. Epoux d'Elizabeth Charlet, héritière de la branche des Charlet d'Esbly. Né en 1746, il entra à l'Ecole Militaire du Roi en 1762, obtint le brevet de capitaine au régiment de la Reine en 1766 et fut nommé gouverneur et capitaine de la ville de Lamballe la même année. Admis à l'honneur de monter dans les carrosses du Roi en 1771, il fut maître de camp en 1774 et reçut la croix de chevalier de Saint-Louis en 1782. Il obtint à cet effet le titre de marquis du Quémadeuc.

  • 20032203802NUCB : Extrait de plans par masse de culture, 1er quart 19e siècle - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/23, Numplan 1.

    20032203801NUCB : Plans cadastraux, 1831 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/23, Numplan 1.

    20032203855NUCB : Carte postale, 1er quart 20e siècle - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 16 Fi 2597.

    20032203951NUCB : Phototype : carte manuscrite - Collection particulière

    20032203950NUCB : Phototype : carte manuscrite - Collection particulière

    20032203908NUCB : Phototype : carte manuscrite - Collection particulière

    20032203911NUCB : Phototype : carte manuscrite - Dans "Les espaces littoraux remarquables des Côtes d'Armor" / DIREN Bretagne : Rennes, 1998 - Direction départementales de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20032203906NUCB : Phototype : cartographie - Collection particulière

    20032203910NUCB : Phototype : carte manuscrite - Dans "Les espaces littoraux remarquables des Côtes d'Armor" / DIREN Bretagne : Rennes, 1998 - Direction départementales de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/23.

    Numplan 1, plans par masse de culture (s.d.) et tableau d'assemblage des plans cadastraux parcellaires (1831)
  • AD Côtes-d'Armor : 2 O 154/1.

Bibliographie
  • BREBANT, Olivier. L´Etat de l´environnement en zone confinée : l´exemple de la baie de Saint-Brieuc. Rennes : mémoire de maîtrise, 1992.

  • COUFFON, René. Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1939.

    p. 266-267
  • DIREN BRETAGNE, OUEST-AMENAGEMENT. Les espaces littoraux remarquables des Côtes d'Armor. Rennes, DIREN Bretagne, 1998.

    p. 75-77
  • GAULTIER DU MOTTAY, Joachim. Répertoire archéologique du département des Côtes-du-Nord. Saint-Brieuc : L. Prud'homme, 1884.

    p. 235-236
  • JOLLIVET, Benjamin. Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes du département. Guingamp : B. Jollivet, 1854, 2.

    p. 159-162
  • LE SAULNIER DE SAINT JOUAN, Régis. Dictionnaire des communes du département des Côtes d'Armor : éléments d'histoire et d'archéologie. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1990.

    p. 378-380
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Rennes : Deniel, 1853, 1.

    p. 59
  • PRIGENT, Guy. Pêche à pied et usages de l´estran. Catalogue de l´exposition présentée au Musée d´Art et d´Histoire de Saint-Brieuc, mai-octobre 1999. Rennes : Apogée, 1999.

  • TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes d'Armor : origine et signification. Douarnenez : Ar Men-Le Chasse Marée, 1992.

    p. 153-154