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Présentation de la commune de Mordelles

Dossier IA35041800 réalisé en 2017

Fiche

Œuvres contenues

L'opération d'inventaire

La commune de Mordelles a fait l'objet, entre juin et août 2017, d'une opération d'inventaire de son patrimoine bâti. Cette étude s'inscrit dans le cadre de l'élaboration du futur Plan Local d'Urbanisme intercommunal de Rennes Métropole et d'une connaissance approfondie du patrimoine à l'échelle des 43 communes de l'agglomération. Ce travail vient compléter et enrichir un premier recensement déjà effectué en 1973 sur la commune. Dans le cadre d'un partenariat pluriannuel, la Région Bretagne s'est engagée à accompagner ce territoire de projet dans cette démarche de connaissance autour de son patrimoine, en vue d'une protection et d'une mise en valeur de celui-ci.

Ce recensement exhaustif des éléments bâtis de la commune antérieurs aux années 1980 s´est accompagné d´une étude des éléments remarquables ou représentatifs du patrimoine, choisis à partir de critères raisonnés portant sur l'authenticité, l'intérêt architectural et la bonne conservation des abords immédiats. Lors de la phase de recensement 356 fiches ont été réalisées. Suite à cette étape, 30 dossiers d’études monographiques ou d’ensembles représentatifs de la commune de Mordelles ont été rédigés.

Une restitution globale des données collectées, associant étroitement travail de terrain, recherche documentaire (bibliographie, archives), et analyse photographique et cartographique a été présentée aux habitants de la commune lors d'une conférence le 11 octobre 2017.

Un premier inventaire au début des années 1970

En 1973, le service de l'Inventaire du patrimoine a réalisé une enquête sur la commune de Mordelles. Cet inventaire s'inscrivait dans une étude plus large sur le canton de Mordelles. À l'époque, 40 édifices ont été recensés. La différence des chiffres du recensement entre les deux enquêtes, s'explique par l'évolution de la méthodologie de l'Inventaire. Si aujourd'hui, le recensement du patrimoine se veut exhaustif sur l'ensemble des éléments bâtis antérieurs à une génération, celui de 1973 portait principalement sur des éléments majeurs du patrimoine de la commune (église, manoirs, grandes fermes…) et leur antériorité au 19e siècle.

Les données récoltées en 1973 par le service de l'Inventaire du patrimoine ont été intégrées à cette nouvelle étude. L'intérêt majeur de ce travail réside dans une première approche patrimoniale du territoire et dans la constitution d'un fonds photographique, témoin de l’état des éléments bâtis et du paysage à cette époque.

La mise en perspective de ces photographies avec l'existant en 2017 permet de rendre compte des évolutions et des interventions sur le bâti au fil de ces quatre dernières décennies. On constate ainsi des restaurations et réhabilitations ayant participé à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine de la commune, mais aussi certains cas d’abandon ou de remaniements importants sur ces éléments bâtis.

Les photographies sont visibles sur : http://phototheque-patrimoine.bretagne.bzh/

Une vaste commune de la métropole rennaise

Mordelles est une commune située à un dizaine de kilomètres au sud-ouest de Rennes. Elle joue un rôle structurant sur le territoire de la métropole rennaise avec près de 3 000 hectares de superficie et un peu plus de 7 000 habitants (INSEE, 2014).

La commune est traversée par deux principaux cours d'eau qui forment deux vallées : le Meu et la Vaunoise. Le Meu avec son tracé sinueux et ses berges boisées matérialise la frontière sud-ouest du territoire communal avec Monfort-sur-Meu. La Vaunoise traverse quant à elle la commune du nord au sud pour se jeter dans le Meu à l'ouest du bourg. S'échelonnant de 19 à 51 mètres d'altitude, le relief est relativement peu marqué. Les versants des deux vallées sont en pente douce, même si la dénivellation est parfois sensible comme au sud du bourg.

Des entités naturelles et paysagères fortes

Les vallées du Meu et de la Vaunoise participent entièrement à l'identité paysagère de la commune et elles constituent des entités écologiques importantes qu'il est nécessaire de conserver. Ces cours d'eau sont accompagnés de nombreuses zones humides, notamment formées par des étangs au sud du territoire mordelais.

Si le réseau hydrographique structure la commune de Mordelles, la trame bocagère est un autre élément paysager à prendre compte. Représentatif des paysages ruraux du bassin de Rennes, le bocage constitué de haies continues ou discontinues d'arbres et de talus, délimite ici des parcelles irrégulières, plus ou moins denses selon les zones du territoire communal. Quelques chemins creux, des arbres émondés ainsi que plusieurs arbres remarquables disséminés près des habitations participent à ce maillage bocager.

Les espaces boisés sont peu nombreux et peu étendus. Ces derniers sont généralement implantés à proximité des nombreux châteaux et manoirs de la commune. De plus, sur ces grands domaines on note l'existence d'importants parcs paysagers, souvent réaménagés au 19e siècle comme au château de la Villedubois, et de longues allées plantées d'arbres à l'image de celle menant au château de la Haichois.

L'apport de la connaissance archéologique

Plusieurs campagnes d'archéologie préventive entamées depuis les années 1980 ont révélé une occupation ancienne sur l'actuel territoire communal. Notamment durant une période allant du Ier au Ve siècle avec la mise au jour de vestiges d'un fanum (sanctuaire romain) sur le site de la ZAC Val de Sermon, puis au haut Moyen Age avec un hameau d'époque mérovingienne (Ve-VIIIe siècle).

Une situation privilégiée le long d'un axe majeur de communication

Mordelles est citée comme paroisse dès 1032 et l'abbaye Saint-Melaine de Rennes y possédait un prieuré à partir du 12e siècle, aujourd'hui disparu. Le bourg primitif s'est installé et développé sur un plateau dominant la rivière du Meu. Cette situation est intéressante dans la mesure où elle marque un point de passage sur la rivière le long de l'ancienne voie royale Rennes-Vannes. Le bourg de Mordelles constitue dès lors un point d'étape avant d'accéder à la capitale bretonne pour les voyageurs et marchands en provenance du sud-ouest de la Bretagne. Le tracé de l'ancienne voie royale, devenue ensuite la RN24, constitue un véritable axe structurant pour le développement du centre-bourg.

Comme d'autres communes de la métropole rennaise, le bourg primitif de Mordelles a progressivement adopté une morphologie urbaine de village-rue. Au fil du temps, les constructions se sont agglomérées le long de cet axe de communication majeur que l'on nommait autrefois la "route du poisson". Si certaines constructions remontent aux 17e et 18e siècles, la plupart des éléments bâtis qui s'organisent le long de cette voie et qui structurent encore aujourd'hui le centre-bourg datent du 19e siècle.

Un territoire marqué par les constructions en terre

La qualité des sous-sols détermine l'utilisation des matériaux traditionnels dans l'architecture. Comme pour l’ensemble du bassin rennais, le territoire de Mordelles est marqué par la présence de sols argileux ou limono-argileux permettant la mise en œuvre de constructions en terre. Les habitants ont su exploiter cette ressource locale sous différentes formes : terre crue et terre cuite.

Les constructions en bauge

La bauge est une technique de construction en terre crue apparue vers la fin du 16e en Bretagne. Par son faible coût de mise en œuvre et ne nécessitant aucun coffrage, cette technique est largement représentée sur le territoire de la commune de Mordelles au cours des 18e et 19e siècles.

La bauge est un mélange de terre humidifiée extraite localement et de matière végétale (paille, bruyère) ou animale (poil de vache, crin de cheval) qui assurent le rôle de liant. Les pignons et les murs gouttereaux sont montés par des levées successives de terre, hautes de 50 à 80 cm, qu'on laisse ensuite sécher.

Les murs en bauge sont toujours édifiés sur un mur de soubassement en pierre, d'une hauteur variable selon les époques, appelé "solin". Destiné à protéger le pied de mur des eaux pluviales et empêcher les remontées d'humidité par capillarité, le solin est maçonné avec des matériaux pierreux illustrant la diversité géologique des sous-sols proches du bâti à construire.

Le torchis

L'usage de la terre crue n'est pas réservé à la construction de murs monolithes. Elle peut également être employée en tant que matériau non porteur : le torchis. Technique très ancienne, la principale utilisation du torchis concerne le remplissage des vides des structures à pan de bois visibles ou le recouvrement du lattis cachant l'ossature.

Autant utilisé à l'extérieur qu'à l'intérieur des bâtiments, le torchis est un matériau souple, d'une grande résistance mécanique et qui joue un rôle d'isolant. Bien que la composition du torchis soit variable d'une région à l'autre, il se compose généralement d'un mélange de terre argileuse et d'adjuvants divers où dominent les fibres végétales.

La brique

Une fois cuite, la terre permet de fabriquer des matériaux produits industriellement qui s'intègrent progressivement dans les constructions à partir de la seconde moitié du 19e siècle.

Ainsi, la brique tend à remplacer les traditionnelles carrées en bois des constructions en bauge. Elle est également largement employée dans la mise en œuvre des souches de cheminée et des décors qui ornent essentiellement les maisons du bourg.

Certaines constructions du territoire mordelais se distinguent par l'emploi affirmé de ce matériau dont l'usage dans l'architecture est favorisé par l'installation de briqueteries le long de la vallée de la Vilaine.

Aires d'études Rennes Métropole
Adresse Commune : Mordelles

Annexes

  • Synthèse communale :

Références documentaires

Documents d'archives
  • Dossier de pré-inventaire, Service de l'inventaire du Patrimoine de Bretagne, 1973

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel) : 196 - Mordelles
Documents figurés
  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 3 P 5424
  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 3 P 5817
Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)