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Présentation de la commune de Mellionnec

Dossier IA22132376 réalisé en 1969

Fiche

Dossiers de synthèse

Présentation de la commune

L'enquête

L'enquête sur le patrimoine de Mellionnec s'est déroulée en trois campagnes distantes respectivement de 30 ans et 15 ans.

- En 1969, une première enquête dite de pré-inventaire met en évidence et photographie les éléments les plus anciens de l'habitat rural. Cependant, les descriptions sont sommaires et ne mentionnent, outre les inscriptions, que la forme des ouvertures et la présence de cheminée, dont aucune n'est photographiée.

Les édifices majeurs ne font pas l'objet de description, mais de quelques photographies, Quant aux croix elles sont précisément décrites, mesurées et photographiées.

Aucune campagne de photos professionnelles ni de relevé n'a eu lieu à cette époque.

- La seconde enquête s'est déroulée en 1999, dans le cadre d'une d'une étude qui concernait les communes du bassin versant du Scorff, étude nommée "Vallée du Scorff", en vue d’une publication dans la collection "Images du patrimoine" parue en 2000. Il s’agissait d’un retour rapide pour étudier les éléments majeurs du patrimoine de la commune ainsi que d'observations plus approfondies sur l’architecture rurale. Cependant, il n’était pas question de recensement systématique. Une campagne photographique professionnelle est missionnée en vue de la publication, photos qui sont complétées de quelques clichés de chercheurs à titre documentaire. Aucun relevé n'est alors effectué.

Ajourné jusqu'en 2014-2015, l'archivage des dossiers pour leur mise en ligne a permis de relier les deux sources d’information en un même dossier, complété d un rapide retour sur le terrain pour comparaison des éléments retenus avec l'état actuel et compléments sur quelques édifices du 19e siècle non étudiés lors des deux premières enquêtes..

Introduction

La commune de Mellionnec qui compte 2422 hectares est limitrophe de deux communes morbihannaises, Langoëlan et Ploerdut et des communes costarmoricaines de Plélauff, Glomel, Lescoët-Gouarec et l'ancienne commune de Bonen. Le Scorff prend sa source dans son territoire vallonné, à proximité du village de Saint-Auny.

De la période néolithique sont conservés deux menhirs, à Cornec et Hacadour.

La paroisse dépendait sous l’ancien régime du diocèse de Vannes. Elle serait issue d'un démembrement de l'ancienne paroisse de Plélauff. Citée dès 1265 dans les Preuves de Dom Morice, la paroisse est cédée à Hervé de Léon en 1265, puis réclamée par la famille de Rohan en 1291, cette famille, seigneur de Guémené, la conservant jusqu’à la Révolution. Une charte de l'abbaye de Bon Repos mentionne la paroisse en 1278. Devenue commune en 1790, Mellionnec est rattachée au département des Côtes du Nord.

L'histoire du patrimoine communal est sans doute intimement liée à son histoire économique qui nous est inconnue. Force est de constater la grande richesse de constructions rurales conservées de la fin du 16e et du 17e siècles : durant cette période particulièrement prospère sont construites plusieurs maisons à étage, certaines réduites aujourd'hui à l'état de rez-de-chaussée (Kerzoze, Cornec), dont la mise en œuvre est souvent remarquable. Il faudrait mieux étudier la cause de cette prospérité qui ne semble pas particulière à la seule paroisse de Mellionnec, puisque l’habitat rural des communes mitoyennes de Glomel, Ploerdut ou Langoelan est aussi très riche pour cette période.

Cette richesse locale se traduit d’ailleurs dans la reconstruction en 1647 de l’église paroissiale, sous l’impulsion des seigneurs locaux, à travers les blasons des Perrien de Trégarantec entre autre (qui contribuent sans doute largement au financement de l’église), mais aussi du recteur et avec l’argent des paroissiens. La plus modeste chapelle de Saint-Auny au remarquable appareillage de pierre de taille est aussi édifiée à cette période.

Le rachat en 1676 de la grande seigneurie de Trégarantec par la famille Jégou du Laz, est un autre facteur éclairant la richesse de la contrée au 17e siècle. Ce rachat justifie la reconstruction du château à la fin du 17e siècle (1698) ; au cours du 18e siècle, la famille Jégou du Laz fait exécuter de riches décors intérieurs. Le château fut surnommé le "Versailles Breton" en raison de ses jardins : on disait jadis : « Pour faire une demeure royale il faudrait réunir : la forêt de Lorges, le château de Coatanfao et les jardins de Trégarantec ».

Beaucoup plus modeste, le manoir de Kergouran, construit pour la famillle de Saint-Noay (ou Saint-Nouay) témoigne encore de cette richesse, puisque réédifié en 1646 : à l'étage, le décor de la seconde Renaissance d'une des cheminées contraste avec son emplacement sur le mur gouttereau, hérité de l'édifice antérieur. Quant à l’escalier en pierre, il est proche de celui de Trégarantec dans des proportions plus modestes, mais sa position latérale montre qu’il s’agissait d’un projet de plus grande ampleur non achevé.

L’absence d’autres manoirs, à l’exception de celui du Poull dont ne subsiste que des vestiges dont une remarquable vasque, semble aussi significative de l’effacement de la noblesse dans ce secteur au 17e siècle.

En comparaison, les édifices des périodes antérieures sont rares. La chapelle de Hacadour, bien que de proportions modestes, est cependant une œuvre de qualité dans la tradition du gothique flamboyant breton, qui traduit l’influence de la puissante famille de Bouteville, seigneur de Coatcouraval tout proche. Elle conserve une rare tribune ancienne, mais aussi une verrière axiale remarquable de 1994, du à l'atelier Hubert de Sainte-Marie sur une carton de Mathurin Méheut, malheureusement déjà dégradée.

A proximité, se trouve le pont dit de Pitié sur le plan cadastral de 1835, autrement nommé pont de Coat Natous : probablement médiéval, ce pont constitué de deux arches en plein cintre en gros moellon est recouvert d'eau depuis le creusement du canal de Nantes à Brest.

Plus ancienne est la croix médiévale monolithe de Menez Guen, peu connue et qui pourrait marquer la séparation entre les paroisses de Mellionnec et Bonen ou plus entre les évêchés de Vannes et Saint-Brieuc. De l'époque médiévale, le fort de Hastel Braz, ancienne motte féodale mentionnée par Frotier de la Messelière en 1931 (D789 sur le plan cadastral de 1835) a disparu. Quant à la chapelle Saint-Nicolas, isolée au sud-est de Cornec, figurée sur le plan cadastral de 1835, elle a disparu.

A partir du 18e siècle, il semble que la commune tombe en déclin : elle ne compte pas d’édifices importants construits à cette époque, non plus qu’au 19e siècle, où les maisons recensées sont très modestes, souvent à deux pièces et sans étage. La chapelle domestique de Trégarantec, datée 1755, est cependant construite à cette époque.

Au manoir du Poull, les parties anciennes ont été tronquées lors de la construction du nouveau logis en 1880 qui n'est guère différent d'une maison bourgeoise : il compte surtout par son environnement et son parc à l'anglaise construit en même temps que le nouveau logis, à la charnière du 20e siècle. Le Poull, et la grosse demeure dite "château de Kerbellec" édifiée au début du 20e siècle (dessin de Frotier de la Messelière de 1931) sont les seuls édifices marquants de cette période.

Croix recensées sur la commune lors des enquêtes de 1969 et 1999

Croix de Trégarantec, en pierre de taille, 2e moitié 19e siècle. (fig.)

Reste Houanet. croix à l'état de vestiges, à l'entrée du village. Soubassement carré en pierre de taille, socle et fut monolithe, croisillon disparu. h env 290. Milieu 19e siècle

Le Poull (près de) : Croix en pierre de taille datée 1868, fût en deux parties, croisillon tombé.

Bodéalen (au sud de) : Croix de chemin, base et socle en pierre de taille, 18e siècle, fût et croix modernes.

Croix de Saint-Auny (au nord de ce village). Croix de chemin en pierre de taille figurant sur le plan de 1835 situé sur le bord de la route menant à Croaz Henchou. Emmarchement de trois marches, base et socle carré (L X l = 75), fût à écots, 18e siècle ; le croisillon a été remplacé au début du 20e siècle. (Fig.)

Sur le plan cadastral ancien est aussi mentionnée la croix de Cornec au sud de ce village, non retrouvée.

Aires d'études Bretagne
Adresse Commune : Mellionnec
Lieu-dit :

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Morbihan. Série J : 2 J 43. Tableau par paroisse des terres nobles du diocèse de Vannes d'après la réformation de 1666 par Louis GALLES.

    Archives départementales du Morbihan : 2 J 43
Documents figurés
  • A. D. Côtes d'Armor. 3P 146 Mellionnec, plan cadastral, tableau d'assemblage et plan par sections, 1835

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3P 146
Bibliographie
  • COUFFON, René. Répertoire des Eglises et Chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc, Les Presses Bretonnes, 1939-1947, 779 p.

    p. 255-256
  • Inventaire général de monuments et richesse artistiques de la France. Vallée du Scorff : Bretagne. Images du Patrimoine, n°196 , Rennes, APIB, 2000.

    p. 11, 68-71
  • TOSCER, Catherine. L'habitat rural de la Haute Vallée et ses transformations. Extrait de : Aspects de la dynamique des paysages dans la Vallée du Scorff (Morbihan). Mémoirs de la Socitété d'Histoire et d'archéologie de Bretagne, T. LXXIX, 2001

    p. 413-428
  • Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor. Collection : Le patrimoine des communes de France. Paris : Flohic éditions 1998, 2 tomes.

    p. 372-374

Liens web